Blues c. Stars: Rien ne sert de courir, il faut partir à point

Blues c. Stars: Rien ne sert de courir, il faut partir à point

Quelle histoire, tout de même. Alors que la majorité des gens prédisaient une reprise de la demi-finale de l’association de l’ouest de l’an dernier entre les Predators de Nashville et Les Jets de Winnipeg, ce sont plutôt leurs adversaires respectifs qui auront la chance de s’affronter à la ronde suivante. Place à une série entre les Blues de Saint-Louis et les Stars de Dallas, deux équipes en rédemption depuis le mois de janvier.

À SURVEILLER

L’attaque des Blues devra se réveiller

Nous en parlions au sujet du duel entre Nashville et Dallas. Une des clés qui permettait aux Stars de croire en leur chance face aux Predators était la contribution de leur attaque et particulièrement, celle de leurs étoiles. Une chose est sûre, leur top 3 n’a aucunement déçu : il a même complètement débordé la défensive, pourtant excellente, des Predators.

Alexander Radulov a été le meilleur joueur des siens à la, totalisant six points, dont quatre buts, en autant de rencontres. Tyler Seguin et Jamie Benn, précédemment critiqués pour leur manque d’ardeur cette année ont aussi été primordiaux aux succès des Stars, chacun récoltant respectivement six et cinq points. De plus, des attaquants comme Mats Zuccarello (quelle brillante addition des Stars) et Jason Dickinson ont assuré une production diversifiée très satisfaisante pour la troupe de Jim Montgomery.

Pour passer à travers les Stars, les Blues devront aussi voir leurs meilleurs joueurs se réveiller. L’as marqueur des Blues, Vladimir Tarasenko n’a aucun but en six matchs (deux points) et l’efficacité des centres Ryan O’Reilly et Brayden Schenn n’a pas été aussi éloquente qu’en saison régulière.

Effectivement, les Blues ont pu éliminer les Jets grâce à la contribution surprenante de Jaden Schwartz qui a marqué les quatre derniers buts des siens, incluant les trois qui ont permis aux Blues d’éliminer les Jets lors du sixième match. David Perron et Oskar Sundqvist, chacun avec quatre points, ont aussi assuré une production secondaire chez les Blues. Malgré tout, ils auront plus de chance de l’emporter si leurs meilleurs joueurs s’activaient pour rivaliser avec le trio infernal des Stars.

Les gardiens en présence

Les Stars peuvent compter sur le meilleur gardien de la ligue depuis quelques mois. En saison, Ben Bishop a montré une effarante moyenne de buts alloués de 1.98 avec un taux d’efficacité de 0.935. Croyez-le ou pas, il a encore été meilleur face aux Predators, alors qu’il n’a alloué que 1.90 but par match, tout en arrêtant 94.5% des tirs effectués par Nashville. L’attaque anémique de la formation du Tennessee a sensiblement contribué à dorer les statistiques de Bishop, originaire de Saint-Louis, mais il n’y a pas de doute à l’heure actuelle: Ben Bishop est l’homme à déjouer dans la ligue.

En ce sens, le gardien recrue des Blues Jordan Binnington aura fort à faire pour permettre aux siens de l’emporter. Il a connu une saison étincelante, mais a montré quelques signes de faiblesse en séries, particulièrement lorsque les poids lourds des Jets comme Dustin Byfuglien se sont fait insistants à son endroit. Il est clair que les Stars voudront, eux aussi, provoquer le chaos devant sa cage. Son taux d’efficacité de 0.908, inférieur à celui de Bishop par presque quatre points, devra être meilleur. Il a néanmoins effectué les arrêts clés aux bons moments pour sa formation et rien ne laisse croire qu’il laissera les Stars s’échapper avec la victoire. Tout un duel en perspective.

Leurs défenseurs numéro un

Les précédentes séries ont pu montrer l’importance qu’a un général à la défensive au sein d’une formation, alors que John Klingberg et Alex Pietrangelo ont grandement contribué aux succès de leur formation.

Le premier agit en véritable quart arrière pour les Stars, tant défensivement qu’à l’attaque avec l’avantage d’un homme. Avec six points et un différentiel de +5, Klingberg a été essentiel au passage à la seconde ronde des siens. Il est d’ailleurs supporté de très belle façon par son coéquipier de duo, le Finlandais Esa Lindell, ce dernier montrant aussi un différentiel de +5. La recrue Miro Heiskanen joue aussi avec une assurance qui surprend.

Quant au capitaine des Blues, Pietrangelo a constitué, d’une certaine façon, une surprise pour les siens en première ronde alors qu’il a été leur meilleur marqueur avec six passes en autant de parties. Il devra néanmoins avoir un meilleur support des autres défenseurs de son équipe.

Le revirement de situation magistral de ces deux équipes

Au delà des statistiques et des buts marqués, il faut reconnaître l’énorme progression de ces deux formations qui semblaient en déroute totale au moment où les joueurs de la LNH allaient retrouver leur famille pour Noël.

Les Blues étaient bons derniers et on semblait complètement dépité là-bas. Puis, Jordan Binnington s’est amené et a soulevé les siens. L’entraîneur Craig Berube mérite aussi énormément de crédit pour avoir orchestré cette remontée spectaculaire en effectuant les ajustements et les changements de trio et de tactique nécessaires.

Les Stars devaient être cette sorte d’équipe axée sur l’offensive. Après un retentissant échec l’an dernier, ils semblaient partis pour une autre élimination des séries au moment où le propriétaire de l’équipe a fortement critiqué ses plus hauts salariés. Sous l’égide d’un entraîneur recrue, les Stars auraient pu s’effondrer. Ils ont plutôt opté pour un style plus méthodique et défensif, ce qui leur sied à merveille.

Au delà de l’identité du gagnant de cette série, nous devrions avoir droit à un affrontement relevé entre deux équipes qui peuvent être fières de leur progression cette année. Ceci étant dit, j’estime que cette série qui projette d’être très serrée sera, au final, remportée par les Stars (cote de 2.20) en sept rencontres (cote de 6.50).

Stars c. Predators – Une série intrigante

Stars c. Predators – Une série intrigante

Pour la première fois de l’histoire de ces deux franchises, les Stars et les Predators s’affronteront dans le cadre des séries éliminatoires. Fait cocasse: ce sont les deux formations qui ont été sélectionnées pour la prochaine édition de la Classique Hivernale de 2020. Cette série est déterminante pour les deux équipes.

À surveiller:

La production offensive des meilleurs joueurs à Dallas

Les Stars ont commencé leur saison dans de façon un peu chancelante alors que le propriétaire de la formation texane ait ouvertement pointé du doigt le rendement de ses deux meilleurs attaquants Tyler Seguin et Jordie Benn avec des déclarations vitrioliques.

Les Stars se sont depuis repris. Benn a affiché un rendement sous les attentes à l’année longue, mais attendez-vous à ce que l’intensité dans son jeu lui serve bien en séries. Quant à Tyler Seguin, il a tout de même amassé 80 points cette année. Leur apport offensif est bien complété par Alexander Radulov qui, jusqu’à présent, comble toutes les attentes chez les Stars, avec une récolte de 72 points.

Comme les Predators ont, de loin, une attaque beaucoup plus diversifiée, il faudra impérativement que ces trois joueurs constituent la locomotive offensive des Stars. Autrement, cette série se terminera très rapidement. Dallas espère aussi un coup de main de Mats Zuccarello, acquis des Rangers de New York à la date limite des transactions.

Les unités d’avantage numérique

Avoir ces trois joueurs permet aux Stars de monter une unité d’avantage numérique dans le top 10 de la ligue. L’apport des défenseurs John Klingberg et Miro Heiskanen n’est pas étranger à leurs succès dans ces conditions. Klingberg a pu obtenir 20 points en pareille situation cette saison en seulement 64 matchs. S’il n’avait pas raté de matchs et qu’il avait poursuivi sur cette tendance, Klingberg aurait été dans le top 5 des défenseurs les plus productifs lorsque les Stars ont l’avantage d’un homme avec 26 points.

Du côté de Nashville, c’est décidément le point d’interrogation le plus important qui subsiste à leur endroit. Après la saison régulière, ils ont revendiqué le pire rendement de la ligue avec un pathétique taux de réussite de 12.9%. Avec les éléments qu’ils alignent à l’attaque, mais surtout à la pointe, ce rendement est absolument déconcertant. Seuls Roman Josi et P.K. Subban ont dix points ou plus (respectivement 12 et 10) en avantage numérique. Seulement sept buts ont été marqués par des défenseurs des Preds avec l’avantage d’un homme. Il est clair que la brigade défensive devra jouer un plus grand rôle à Nashville.

Dans un contexte où chaque pénalité appelée se fait plus rare en séries éliminatoires et où les matchs sont généralement plus serrés, l’avantage numérique a davantage d’importance. Si Nashville réussit à débloquer à ce niveau, ils pourront facilement prendre l’ascendant sur Dallas.

La contribution des récents ajouts des Predators

Du côté de Nashville, les ajouts de Wayne SimmondsMikael Granlund et de Brian Boyle viennent compléter de brillante façon, malgré leur production décevante jusqu’à present, l’attaque déjà polyvalente des Predators. À eux cinq, ils ne montrent qu’une production de six buts et 13 points. Néanmoins, contrairement aux Stars, Nasvhille pourra aligner quatre trios qui ont la capacité de contribuer offensivement, ce qui mettra la défensive des Stars à rude épreuve.

Les combinaisons concoctées par l’entraîneur Peter Laviolette étaient les suivantes, dans le cadre du dernier match de l’année durant lequel les Predators ont pu s’assurer du premier rang de leur division:

Forsberg – Johansen – Arvidsson
Granlund – Turris – Smith
Sissons – Bonino – Watson
Boyle – Jarnkrok – Simmonds

Deux de leurs meilleurs joueurs, Filip Forsberg et Viktor Arvidsson ont été blessés pour une longue période mais ils sont de retour à temps pour les séries. Forsberg est toujours excellent en séries, comme le montre sa production de 42 points en 55 matchs en série et Arvidsson vient de battre le record du nombre de buts marqués (34) par un joueur des Predators en seulement 58 parties jouées. Depuis que les Predators montrent un alignement complet, ils ont remporté sept de leurs dix derniers matchs, dont cinq de leurs six derniers.

Les gardiens des Stars ont le numéro des Predators

Pekka Rinne est une valeur sûre devant le filet des Predators. Il a encore connu une saison de 30 victoires et sera très certainement leur gardien d’office pour les séries. L’an dernier, il n’a pas été étincelant comme à son habitude en séries en ne montrant qu’un rendement moyen de 0.904 et une moyenne de buts alloués supérieure à 3.00.

Quant aux cerbères des Stars, les deux font actuellement très belle figure. Le gardien partant Ben Bishop est revenu de blessure et a élevé son niveau de jeu récemment, ce qui a permis aux Stars d’assurer leur présence en séries. Il a le meilleur taux d’efficacité dans la ligue (0.934) et un nombre de buts alloués par match inférieur à 2.00 (1.98). Sa santé peut en inquiéter plus d’un, alors qu’il a déjà raté 16 matchs cette année, mais avec Anton Khudobin dans les parages, les Stars peuvent encore compétitionner, du moins, avec l’adversaire.

Les Predators le savent, eux qui ont baissé deux fois pavillon contre le gardien kazakh, ce dernier n’ayant alloué qu’un seul but contre Nashville durant ces deux rencontres. Le tout, incluant une performance de 49 arrêts deux jours après Noël.

La profondeur défensive

Bishop a été bon en saison et il n’aura pas le choix d’être excellent en séries parce que d’un point de vue défensif, les Stars seront à la traîne relativement aux Predators. Il leur manque clairement de profondeur à cette position névralgique. Mis à part Klingberg et Heiskanen, il y a bien Esa Lindell. Après, plus rien. Ben Lovejoy, Taylor Fedun et Jamie Oleksiak ne sont pas des défenseurs qui auront un impact important sur le dénouement de la série.

C’est tout le contraire à Nashville, alors que les deux premières paires composées de Josi, Ryan Ellis, Subban et Mattias Ekholm peuvent dévorer des minutes de jeu à n’en plus finir. Cela fait aussi plusieurs saisons qu’ils ont la chance de jouer ensemble: leur stabilité est un gage d’efficacité. Dan Hamhuis et la recrue Dante Fabbro complètent la troisième paire d’une des meilleures brigades défensives de la LNH.

Pour toutes ces raisons, j’estime que les Predators de Nashville l’emporteront sur les Stars de Dallas en six ou sept rencontres.

Une année de rédemption pour Marc Bergevin

Une année de rédemption pour Marc Bergevin

Les transactions commencent déjà à s’effectuer entre les différents directeurs généraux dans la LNH. À quelques semaines de la date limite des échanges, il est déjà temps de s’interroger sur l’identité du DG de l’année.

Brad Treliving, dirigeant des Flames, sera fort probablement en lice, avec la fantastique transaction qu’il a effectuée avec les Hurricanes pour faire l’obtention de Noah Hanifin et d’Elias Lindholm, deux rouages importants des premiers de classe que sont les Flames cette année.

Plus près de chez nous, un certain Marc Bergevin se distingue aussi. Celui qui a été sous les feux de la rampe cet été suite à une campagne misérable a mis son poste en jeu avec ses dernières manœuvres. Jusqu’à présent, son travail porte fruit et pourrait même lui valoir la palme de DG de l’année.

Une situation difficile à régler

Quelques jours à peine avant le début de la présente saison, Marc Bergevin a pris une décision lourde de sens, mais prévisible: il a sonné le glas de l’ère Max Pacioretty à Montréal. L’as marqueur, ancien capitaine du club, a perdu sa touche l’an dernier et était sujet à quitter l’été suivant comme agent libre sans restriction.

Bergevin n’a jamais bronché et a réussi à obtenir de bons éléments en retour de son capitaine. Imaginez un peu les tourments au camp d’entraînement et durant la saison si Pacioretty était demeuré avec le club. «Veux-tu rester capitaine de l’équipe, Max? Aimes-tu Montréal? As-tu commencé à négocier avec Marc? Vas-tu apprendre le français? Penses-tu que Claude est le bon entraîneur pour la suite de ta carrière?»

Il était justement minuit moins une au moment où Marc Bergevin a agit. On a vu précédemment ce qui arrivait lorsqu’une équipe prenait trop de temps pour effectuer un échange avec un agent libre en devenir. Les Sabres ont largué Evander Kane à San Jose en retour de…pas grand chose. Considérant la complexité de la situation, le retour obtenu relève pratiquement du miracle: un jeune centre en Nick Suzuki, un joueur expérimenté avec un minimum de talent en Tomas Tatar et un de ces succulents choix de deuxième ronde.

Entre-temps, Max Pacioretty semble apprécié par sa nouvelle formation. Après un dur départ, parsemé de deux blessures, Pacioretty forme un trio avec Alex Tuch et Paul Stastny et il produit bien avec 20 points à ses 19 derniers matchs avec les Knights. À Montréal, Tomas Tatar a ravivé sa carrière. Si la tendance se maintient, il pourrait obtenir une récolte de 60 points cette année. Ajoutez au vétéran tchèque la venue prochaine de l’excellent Nick Suzuki qui domine le circuit junior ontarien et vous avez devant vous une très bonne transaction à court, moyen et long terme.

L’échange qui a donné le ton

Marc Bergevin a aussi procédé à une transaction qui a précédé celle de Pacioretty: il s’agit bien sûr de l’échange amenant Max Domi à Montréal. Initialement, Il s’est attiré les railleries de ceux qui voyaient cet échange comme étant un autre de ces gestes désespérés, surtout lorsqu’il a admis qu’il voyait son nouveau protégé agir comme joueur de centre à Montréal.

Après une demi saison, il faut admettre que le clan Bergevin a vu juste. Non seulement Max Domi produit-il offensivement, mais il dépasse toutes les attentes à son endroit, tant au niveau offensif qu’au niveau des responsabilités de joueur de centre qui lui ont été données. Il est vrai qu’il connaît actuellement une légère baisse de régime, mais il ne demeure pas moins que Domi a changé le portrait de l’attaque du Tricolore. Ses 43 points en 49 matchs constituent un sommet à Montréal.

Max Domi s’amuse à Montréal, comme en témoigne sa production offensive

Quant à Alex Galchenyuk, il est le second meilleur pointeur des Coyotes depuis le 1er décembre avec 15 points en 20 matchs. Contrairement à Domi, son rôle n’est pas encore complètement établi (est-il un centre ou un ailier, diantre!?), mais les Coyotes se servent de lui comme d’un atout offensif, comme il se doit. Pour le jeune attaquant américain, la situation est déjà mieux que celle qui prévalait à Montréal, alors qu’il devait se contenter d’évoluer avec le gracieux Jacob De La Rose.

De la profondeur…de qualité

En plus de ces deux transactions d’importance, Marc Bergevin a aussi ajouté quelques éléments dits de profondeur pour combler quelques lacunes dans sa formation. À l’attaque, il a ajouté l’attaquant Joel Armia qui lui a quasiment été donné par les Jets de Winnipeg. Armia, reconnu pour son jeu défensif de qualité, donne un bon coup de main au CH à égalité numérique et à court d’un homme. Il semble aussi agir comme mentor aux deux autres jeunes Finlandais dans la formation. Claude Julien se sert de lui trop souvent en avantage numérique – alors que le pauvre Armia n’a jamais enfilé l’aiguille dans de telles conditions dans la LNH – mais bon, c’est un moindre mal.

Bergevin a aussi fait appel à Kenneth Agostino, ce fameux attaquant qui a été impliqué dans la transaction Jarome Iginla à Pittsburgh. Agostino, habitué de la ligue américaine, a été rappelé en début d’année et n’a plus jamais été rétrogradé à Laval. Il respecte le système de jeu à la lettre et montre même un flair offensif qui lui était méconnu. En récompense, il joue parfois sur la deuxième vague d’avantage numérique. Bien sûr, sa venue et celle d’Armia ne révolutionnent pas le club, mais Bergevin a réussi à ajouter de la profondeur de qualité sans que ça ne lui coûte rien.

Et ça, c’est sans parler de la bonne transaction qui a amené Brett Kulak à Montréal contre deux défenseurs de ligue américaine en Rinat Valiev et Matt Taormina, eux qui ne se distinguent pas à Stockton. Kulak, 25 ans, a récolté cinq points en 25 parties à Montréal, tout en montrant un différentiel de +7. Rinat qui? C’est ça.

L’importance de bien s’entourer

Hormis les mouvements de personnel dans son effectif de joueurs, le manitou du CH a aussi fait table rase à Laval. Joel Bouchard et ses associés ont revitalisé le Rocket de Laval. Oui, ils pataugent dans la deuxième moitié du classement, mais contrairement aux dernières années sous Sylvain Lefebvre, une amélioration est perceptible: ils viennent d’ailleurs de passer au delà de la barre des 0.500.

Une première série de recrues, les Jake Evans, Lukas Vejdemo, Cale Fleury et compagnie apprennent les rouages du hockey professionnel dans un meilleur environnement. Le personnel à Montréal a aussi changé.

La venue, significative, de Dominique Ducharme a aussi eu son effet sur le jeu global des Canadiens. Ses idées fraient leur chemin dans le système de jeu de Claude Julien et apportent déjà des résultats : offensivement, le CH est bien meilleur et plus dynamique. Donnons aussi crédit au vétéran entraîneur qu’est Claude Julien pour avoir apporté les ajustements qui s’imposaient. Les bons entraîneurs sont ceux qui savent s’adapter.

Dominique Ducharme et Claude Julien s’accaparent bien de leurs tâches en cette saison 2018-2019

Bâtir par le repêchage

Enfin, une vague d’optimisme entoure le département de recrutement des Canadiens. Avec une panoplie de sélections au dernier repêchage, Marc Bergevin et son équipe n’ont pas déçu. La décision de repêcher Jesperi Kotkaniemi rapporte déjà des dividendes et nous laisse enfin entrevoir une profondeur de qualité à la position de centre à Montréal. Les Alexander Romanov et Jesse Ylonen, pour ne nommer qu’eux, ont été excellents dans le cadre du dernier championnat mondial junior de hockey.

Marc Bergevin semble avoir changé de mentalité quant au repêchage et au recrutement professionnel. Exit les choix portant sur les joueurs fiables, physiques et ordinaires comme les McCarron, De La Rose et Crisp de ce monde. Rappelons qu’il avait orienté ce repêchage de 2013 vers la robustesse alors que sa formation venait de baisser pavillon face aux tonitruants Sénateurs d’Ottawa de Paul MacLean.

À l’approche de la date limite des transactions, espérons que le directeur général garde sa nouvelle approche intacte, qu’il ne dérogera pas de la deuxième version de son plan et qu’il ne surpaiera pas pour des éléments interchangeables en cédant des choix au repêchage inutilement, pourtant si précieux. Dwight King fait dire bonjour de Graz, en Autriche.

CMHJ 2019 – De nouveaux visages au sein d’Équipe Canada junior

CMHJ 2019 – De nouveaux visages au sein d’Équipe Canada junior

Encore cette année, le championnat mondial de hockey junior accaparera notre attention lors de la période des fêtes. Cette fois, les matchs seront disputés dans l’ouest canadien, à Victoria et à Vancouver plus précisément. L’équipe canadienne sera alors en lice pour l’obtention de sa 18e médaille d’or en une 44e participation depuis 1974.

Pour ce faire, elle devra d’abord tirer son épingle du jeu dans le groupe A dans lequel figurent aussi les formations russe, tchèque, suisse et danoise. Fait intéressant: tous les joueurs de la formation canadienne, sauf un seul, en seront à une première participation à ce championnat. Effectivement, seul le Québécois Maxime Comtois est de retour et agira comme capitaine de l’équipe canadienne.

Maxime Comtois, le leader en attaque

Le joueur natif de Longueuil est un des cinq éléments de la formation canadienne qui est issu de la LHJMQ. Ayant déjà pris part à dix matchs dans la LNH avec les Ducks d’Anaheim, récoltant sept points au passage, Maxime Comtois sera vraisemblablement un joueur d’impact pour ÉCJ. L’ailier gauche est polyvalent et sera un des hommes de confiance de l’entraîneur Tim Hunter.

Le second joueur de la LHJMQ qui attirera son lot d’attention est le jeune Alexis Lafrenière. Le plus jeune joueur de l’édition 2019 de la formation canadienne a confirmé sa place lorsque Gabriel Vilardi s’est malheureusement blessé au dos, à l’aube du début du tournoi. Comme on dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres et il aura certainement l’occasion de se faire valoir tout au long de la compétition.

Ses entraîneurs ne tarissent pas d’éloges à son endroit. Tim Hunter a dit de lui qu’il est de cette équipe «parce qu’il a le talent nécessaire». «Il ne joue pas comme un jeune de son âge. Il est agressif, joue intelligemment et avec intensité. Il n’oublie pas ses responsabilités et n’a jamais de relâchements», a-t-il ajouté. Ce championnat constitue alors une opportunité parfaite pour tous les fans de hockey de se rendre compte de l’étendue des capacités du jeune Lafrenière.

Alexis Lafrenière, avec l’Océanic de Rimouski

Autrement, Équipe Canada Junior montre une diversité intéressante à l’attaque. Les piliers à l’attaque, autre que Comtois et Lafrenière, seront les Cody Glass, Owen Tippett et Nick Suzuki.

Le premier sera décidément le premier centre de l’équipe canadienne. Glass est un joueur qui possède une panoplie de qualités, mais il fait principalement sa marque par les passes lumineuses qu’il effectue. Avec 54 points (dont 42 passes) en 26 matchs avec les Winterhawks de Portland dans la WHL, il sera le complément parfait au marqueur qu’est Owen Tippett. Ce dernier a déjà enregistré 19 buts en 23 parties avec la formation de Mississauga dans la OHL.

Nick Suzuki, un des principaux espoirs des Canadiens de Montréal, sera le pilote du deuxième trio pour l’unifolié. Capitaine de l’Attack d’Owen Sound dans la OHL, Suzuki peut jouer tant à l’aile qu’au centre et est en voie de connaître une autre saison de 100 points s’il garde le rythme qu’il affiche depuis le début de la campagne. Son compagnon de trio sera Jaret Anderson-Dolan. Le joueur repêché par les Kings de Los Angeles en 2017 a été blessé durant une bonne partie de la saison, mais a tout de même eu la chance d’avoir joué cinq parties dans la grande ligue. Il est pressenti pour un poste de joueur responsable de style « two-way » dans la LNH et s’accaparera de cette tâche à merveille avec Suzuki.

Les deux trios suivants montrent un savant mélange de finesse, de talent et de responsabilité défensive. Barrett Hayton et Shane Bowers, respectivement au sein des organisation des Coyotes et de l’Avalanche dans la LNH, seront les deux autres centres de la formation canadienne. Après avoir subi une commotion cérébrale lors du camp chez les Coyotes, Hayton connaît une saison exceptionnelle avec Sault Ste.Marie dans la OHL, avec 33 points en 20 matchs. Quant à Shane Bowers, issu de Boston University, il n’est pas particulièrement reconnu pour son talent offensif, mais il s’avère être un joueur très fiable défensivement. Hayton et lui seront les deux hommes de confiance de l’entraîneur Hunter lors des missions défensives.

À ceux-ci s’ajoutent une panoplie de joueurs intéressants comme Joseph Veleno. L’attaquant des Voltigeurs de Drummondville repêché par les Red Wings de Détroit connaît une saison hallucinante avec 54 points en seulement 28 parties disputées. Même s’il est prévu qu’il jouera sur le troisième ou quatrième trio, Veleno pourra profiter du fait qu’il affrontera les moins bonnes paires défensives adverses pour s’éclater en compagnie de joueurs qui pourront combler ses exubérances offensives, si nécessaire.

Joe Veleno au camp d’entraînement des Red Wings de Détroit

Morgan Frost est un autre joueur qui, comme Veleno, subit les contrecoups de l’excessive profondeur offensive d’ÉCJ. Il évoluera aussi sur les deux derniers trios, mais sa production de 170 points lors de ses 99 derniers matchs avec Sault Ste.Marie montre ses capacités à l’attaque. Rapide et évasif, Frost va aider à diversifier l’attaque canadienne.

Enfin, soulignons la présence Jack Studnicka et de Brett Leason, deux éléments qui n’attirent pas l’attention à première vue mais qui seront déterminés à en mettre plein les yeux. Studnicka est un choix de troisième ronde des Bruins de Boston au dernier repêchage. Sans tambour ni trompette, il a été choisi capitaine des Generals d’Oshawa cette saison et prêche par l’exemple. Il a particulièrement impressionné par son aplomb lorsqu’il a joué quelques présences avec Brad Marchand et David Pastrnak à Boston, en pré-saison.

Brett Leason est le seul joueur éligible au repêchage qui n’a pas été sélectionné par une formation de la LNH. Il a connu une éclosion remarquée cette année, avec les Raiders de Prince-Albert, lui qui revendique 64 points en 31 parties cette année. Le grand centre de six pieds, quatre pouces voudra, à tout prix, montrer qu’il a la prestance pour un poste éventuel dans la grande ligue.

Une défensive solide

La brigade défensive canadienne est aussi complètement revampée. D’ailleurs, c’est un espoir de l’organisation du Tricolore qui aura la chance d’occuper un rôle primordial au sein de la défense du Canada. Il s’agit de Josh Brook, choix de deuxième ronde en 2017. Il est sorti de sa coquille lors du camp d’entraînement en pré-saison à Montréal, lui qui formait un tandem de qualité avec Xavier Ouellet. Le défenseur droitier qui joue à gauche excelle tant offensivement que défensivement et sera un des hommes de confiance de son entraîneur Tim Hunter qui est aussi, en passant, son pilote avec les Warriors de Moose Jaw dans la WHL.

Josh Brook a eu la chance de jouer quelques matchs avec les Canadiens en pré-saison

À Brook s’ajoutent les défenseurs Evan Bouchard et Noah Dobson, deux des meilleurs à leur position au Canada. Bouchard, qui a déjà joué pour les Oilers d’Edmonton cette année, est probablement le défenseur le plus complet d’ÉCJ. Ce grand gaillard peut s’accaparer des missions défensives difficiles et est capable de jouer de nombreuses minutes: le genre de joueur que tout entraîneur adore. Même s’il n’a joué que 13 parties avec London, il a déjà 18 points. Quant à Dobson, il affiche malheureusement de mauvaises statistiques avec le Titan d’Acadie-Bathurst, une formation en reconstruction après sa conquête de la Coupe Memorial. Peu importe, car ses habiletés sont connues de tous: rapidité et agilité sont au rendez-vous avec Dobson. Tout comme Bouchard, il est utilisable en toutes conditions et garde un rendement élevé peu importe son temps de jeu.

En plus des trois brigadiers précédents, Tim Hunter aura la chance de compter aussi sur Ty Smith, un excellent défenseur à caractère offensif. Lorsque la rondelle est sur la palette de son bâton, des choses magiques peuvent survenir. Avec 39 points en 28 matchs – rappel: c’est un défenseur – Smith peut faire mal à tout adversaire avec sa fluidité et son intelligence. Un défenseur sur mesure pour l’unité d’avantage numérique du Canada.

Quant aux autres défenseurs, ÉCJ montre à nouveau, une belle diversité dans ses choix. Jared McIsaac, joueur des Mooseheads de Halifax, connaîtra une année 2019 spéciale. D’abord, il a la chance de participer au tournoi hivernal et plus tard dans l’année, il participera à la Coupe Memorial avec les Mooseheads, alors qu’Halifax sera l’hôte du tournoi. Il est déjà reconnu pour sa contribution offensive (22 points en 23 matchs cette année), mais il sait pertinemment qu’il devra monter son jeu défensif d’un cran pour se faire valoir tant dans la formation canadienne que celle des Maritimes.

Ian Mitchell, de l’Université de Denver, est un ajout intrigant. Il n’est pas aussi flamboyant que ses compagnons, mais il est très fiable et ça, ÉCJ le sait. Mitchell est un leader important à Denver, surtout en cette année de transition alors que plusieurs de leurs éléments importants sont passés en ligue professionnelle. Il joue en toutes conditions et Tim Hunter pourra se servir de lui dans le cas où il voudra effectuer des changements dans sa formation. Quant au dernier défenseur sélectionné, Markus Phillips, il sera décidément l’arrière à caractère défensif de l’équipe.

Deux gardiens qui avaient beaucoup à prouver

Équipe Canada aura la chance de voir deux gardiens de grande qualité s’aligner pour leur équipe cette année. Michael DiPietro, après avoir essuyé un refus de participation l’an dernier, a élevé son jeu d’un cran et a été choisi gardien de l’année dans la OHL. Il a aussi remporté la Coupe Memorial avec les Spitfires de Windsor et tentera de mener le 67’s d’Ottawa à cette fin, pour une deuxième fois en carrière. Le gardien repêché par les Canucks de Vancouver a l’habitude des matchs importants et son expérience sera enrichissante pour l’alignement canadien.

Le second gardien – pour l’instant – est Ian Scott. Le cerbère de 19 ans a connu une saison 2017-2018 plutôt moyenne, mais a connu une évolution fulgurante avec les Raiders de Prince Albert et figure parmi les meilleurs de sa profession, toutes catégories confondues. Avec une fiche de 23-2-1, un pourcentage d’arrêt de 0.943 et une moyenne de buts alloués par match de 1.61, Ian Scott pourra très bien s’accaparer de la tâche de titulaire si DiPietro venait à faillir à la tâche.

Ian Scott a même marqué un but cette saison avec les Raiders

Bob Boughner, le prochain à partir?

Bob Boughner, le prochain à partir?

Contrairement à l’an dernier, les entraîneurs de la LNH se font remercier assez allègrement en ce premier quart de saison. Après John Stevens à Los Angeles, Joel Quenneville à Chicago, Mike Yeo à Saint-Louis et Todd McLellan à Edmonton, le prochain instructeur à perdre son emploi pourrait être Bob Boughner. 

Bob Boughner, 47 ans, a été choisi pour agir comme entraîneur-chef des Panthers de la Floride l’an dernier. Après un départ très lent, les Panthers ont connu un regain de vie à la fin de la dernière campagne pour finalement se classer au neuvième rang de l’association de l’est. Alors qu’on pouvait s’attendre à des résultats encourageants cette année, c’est plutôt le contraire qui se produit: défensive à la traîne et neuvième plus haut total de buts accordés dans la ligue et ce, en dépit du fait que les Panthers n’aient joué que 19 matchs jusqu’à présent.

La plateforme Mise-o-jeu propose d’ailleurs une cote extrêmement avantageuse de 11.00 si Boughner est bel et bien le prochain instructeur à être limogé. 

À la recherche d’un électrochoc

Avec la blessure importante de Vincent Trocheck qui complique ce début de saison déjà ardu, c’est dans ce contexte que le directeur général Dale Tallon pourrait être tenté d’apporter un changement drastique à son équipe qui est pourtant supérieure sur papier que le rendement qu’elle présente actuellement, alors que la formation floridienne pointe au 29e rang dans le circuit Bettman. À l’instar des Blues et des Kings, les deux seules équipes derrière les Panthers au classement, Tallon pourrait lui aussi renvoyer son instructeur dans l’espoir d’entrevoir un électrochoc qui réveillera ses joueurs, mais surtout qui arrivera à améliorer leur rendement défensif. Pendant ce temps, les gardiens Roberto Luongo et James Reimer voient leurs statistiques personnelles en souffrir grandement: les deux cerbères sont en voie de connaître leur pire saison en carrière en terme de pourcentage d’arrêt.

Deux vieux routiers sont disponibles

Dans cette optique, quelques candidats pourraient remplacer Boughner. Entre autres, l’excellent Joel Quenneville est actuellement disponible après avoir été renvoyé par les Blackhawks. Quenneville est l’entraîneur qui a mené Chicago à trois titres de championnat en 2010, 2013 et 2015. Justement, c’était Dale Tallon qui avait l’avait engagé en 2009 alors qu’il était directeur général de la formation de l’Illinois. Serait-il tenté de répéter l’expérience avec une jeune équipe qui fait vaguement penser à la version 2009-2010 des Blackhawks?

Sinon, les Panthers pourraient emprunter l’avenue choisie par les Oilers d’Edmonton cette semaine en convoitant les services d’un vieux routier qui n’a plus à faire ses preuves. Un certain Darryl Sutter est aussi libre. Le vétéran instructeur a mené les Kings de Los Angeles à deux coupes Stanley en 2012 et en 2014 avec un alignement composé de joueurs lourds et talentueux, deux qualificatifs qu’on pourrait utiliser pour décrire les Panthers actuels. Sous Sutter et sa rigueur en défensive, il est presque certain que les Luongo et Reimer de ce monde bénéficieront de davantage de support de la part de leurs coéquipiers.

Un contexte «favorable»

Alors que la division Atlantique est plus compétitive que ce qui était prévu, Tallon pourrait décider d’effectuer un changement rapidement en début de saison, afin d’avoir assez de temps pour rattraper les rivaux directs des Panthers. C’est à ce moment que les matchs en main qu’ils possèdent vis-à-vis leurs adversaires pourraient s’avérer critiques. De plus, les Panthers n’ont gagné qu’un seul de leurs quatre derniers matchs et bénéficieront, dès samedi, d’une séquence de huit matchs consécutifs à domicile. Un moment parfait pour qu’un nouvel entraîneur puisse imposer le système de jeu de son choix, avec des entraînements à domicile, au moment voulu et sans la fatigue indue par les vols vers d’autres villes.