Un début de rêve pour Ferrari à Monza

Un début de rêve pour Ferrari à Monza

Une semaine après la victoire éclatante de Sebastian Vettel et de Ferrari en Belgique, le grand cirque de la Formule 1 se trouve maintenant dans la région de Monza, dans le nord de l’Italie. Cette fois-ci, les qualifications se sont déroulées par temps sec avec, comme résultat, un doublé Ferrari en première ligne.

Voici les résultats de la séance de qualification:

La séance de qualifications d’aujourd’hui nous a tenus en haleine jusqu’à la toute dernière seconde. Effectivement, après la première séquence de tentatives en Q3, c’est Lewis Hamilton qui avait signé le meilleur temps et la pole position provisoire avec un tour de qualité. Les deux Ferrari de Sebastian Vettel et de Kimi Raikkonen ont toutefois monté leur performance d’un cran et ont subtilisé la première ligne avec le vétéran finlandais qui a obtenu, sous les yeux émerveillés des tifosi, la position de tête, une dix-huitième en carrière.

Le tour «le plus rapide de l’histoire»

Du coup, Raikkonen devient le plus vieux détenteur de la position de tête depuis Nigel Mansel en 1994. Ce tour est aussi le plus rapide jamais enregistré dans l’histoire de la Formule 1, avec une vitesse moyenne de 263.587 km/h.

Cette performance n’a pas fait le bonheur de tous. Sebastian Vettel semblait visiblement irrité après la conclusion de la qualification alors qu’il n’a pu signer la pole après avoir commis une petite erreur à Variante Della Roggia en effleurant le gravier à la sortie de la chicane. De plus, c’est son coéquipier qui a bénéficié cette semaine de l’aspiration.

En résumé, de manière alternée, un pilote sort devant l’autre en qualifications. Ceci permet au pilote qui suit de circuler dans une zone de basse pression dans laquelle la trainée aérodynamique se veut plus faible. Ainsi, la monoplace suiveuse gagne quelques km/h en ligne droite. C’est ce qu’on appelle «l’aspiration». Sur certains circuits comme celui de Monza, doté de longues lignes droites, le phénomène d’aspiration peut faire la différence.

Malgré le fait que Vettel n’occupera pas la première place en début d’épreuve demain, il aura toutes les chances d’aller chercher la victoire. Il faudra d’abord et avant tout un départ impeccable de la part des deux Ferrari afin de conserver leur priorité face aux Mercedes, qualifiées en deuxième ligne. Par le fait même, ils pourront mieux dicter leur stratégie de course alors que la situation serait plus délicate si une Mercedes s’était intercalée entre les deux Ferrari.

Quant au départ, les deux pilotes Ferrari sont conscients de l’importance de le faire proprement. Lorsque les journalistes ont posé la question à Raikkonen et Vettel, leur réponse se voulait éloquente et diplomate. Raikkonen a d’abord mentionné «qu’évidemment, en tant qu’équipe, nous pouvons nous battre en piste» et que «personne ne prendrait le risque d’endommager sa monture ou celle d’un autre pilote au premier virage.» Vettel a abondé dans le même sens: «c’est sûr que l’objectif est de terminer premier, peu importe qui vous affrontez. C’est aussi certain qu’il faut essayer d’éviter le contact, totalement.»

Lewis Hamilton demeure dans le coup

Parlant des Mercedes, ils ont somme toute très bien fait dans les circonstances. Après le grand coup asséné par l’écurie italienne en Belgique, l’écurie menée par Toto Wolff a fait relativement bonne figure lors des qualifications. Lewis Hamilton a été, comme à l’habitude, excellent et a même failli soutirer la position de tête. Ce fut clairement plus difficile pour Valtteri Bottas qui n’a pu faire mieux que le quatrième temps, à plus d’une demi-seconde de Vettel. À moins d’un revirement de situation, le pilote finlandais chez Mercedes ne devrait pas être dans le coup lors du Grand Prix de demain.

Lorsqu’un journaliste a demandé au grand patron de Mercedes s’il estimait avoir une chance de l’emporter, Toto Wolff a répondu qu’il y croyait «absolument». Bien sûr, une réponse contraire aurait grandement surpris, surtout de la part du chef d’orchestre qui doit garder ses troupes ragaillardies. Et effectivement, les Mercedes ont des chances légitimes de l’emporter.

D’abord et avant tout, comme pour Ferrari, le départ sera crucial. En partant sur la deuxième ligne, les Mercedes peuvent profiter de l’aspiration des Ferrari, un peu comme Vettel l’avait fait à Spa-Francorchamps en dépassant habilement Hamilton sur la ligne droite de Kemmel. Les 600 mètres séparant la ligne de départ au premier virage seront critiques et permettent de prendre avantage de l’aspiration.

De plus, les pilotes des Flèches d’Argent se veulent davantage optimistes relativement au Grand Prix de Belgique. Hamilton a dit «se sentir confiant du rythme de course» qu’affiche sa Mercedes tandis que Bottas estime que la W09 se comporte mieux dans les virages ici, relativement aux performances de la semaine dernière en Belgique.

Malgré tout, selon les données des essais libres de vendredi après-midi, c’est Ferrari qui a encore mieux performé sur les longues distances. Cette différence a été estimée à environ 0.4 seconde entre les deux ténors, mais il faut y mettre un bémol: la pluie du vendredi matin n’a pas permis aux écuries de tester autant qu’à l’habitude et il est important de spécifier que les quantités de carburant dans les monoplaces n’étaient peut-être pas semblables.

Et les autres?

Hormis les dominantes Ferrari et Mercedes, la course devrait s’avérer intéressante pour les autres pilotes, spécialement Daniel Ricciardo. Le pilote Red Bull débutera la course à partir de la dernière ligne sur la grille de départ à cause d’un changement de moteur.

Sa monoplace renfermera la toute nouvelle version C du moteur Renault qui devrait permettre à Ricciardo de remonter le peloton. Les prévisions annoncent un gain en temps au tour d’environ trois dixièmes de seconde. Red Bull sera toutefois la seule écurie qui testera le moteur, décrit comme étant moins fiable que sa mouture B. Après tout, l’écurie autrichienne peut se permettre ce pari, eux qui sont seuls au monde au troisième rang des constructeurs. Une sixième place serait un dénouement réaliste pour le pilote natif de Perth. Quant à son coéquipier Max Verstappen, s’il n’y a pas d’incidents à l’avant, il devrait terminer au cinquième rang.

À surveiller aussi, le pilote québécois Lance Stroll s’élancera du dixième échelon après une qualification intéressante pour l’écurie Williams. Il sera alors en position d’amasser des points pour une rare course cette année. Rappelons que Williams figure au dernier rang du championnat des constructeurs avec quatre petits points, tous obtenus par Stroll lors du Grand Prix d’Azerbaïdjan.


Il est envisageable de voir Lance Stroll récolter un ou des points lors du GP de Monza

Enfin, du point de vue stratégique, on s’attend à ce que le Grand Prix de Monza ne nécessite qu’un seul arrêt aux puits de la part des pilotes. Ceux qui partiront de la gomme super-tendre l’échangeront pour les gommes tendres et vice-versa pour ceux qui partiront chaussés des pneus tendres, en fond de grille.

Notre prédiction pour la course

*Au moment de publier, Mise-o-jeu n’avait pas indiqué ses cotes pour les paris de lutte intra-écurie.

Pour la victoire, nous favorisons les Ferrari. Vous pouvez parier en faveur de Kimi Raikkonen (Cote de 3.00 sur MOJ), détenteur de la pole position. Il semble revigoré cette saison, alors qu’il a déjà signé huit podiums cette année, le même nombre que son coéquipier. La cote est très intéressante (il est possible de tripler la mise!), mais quelques éléments pourraient davantage pointer vers une victoire de Vettel.

  • La dernière fois que Raikkonen a signé la pole position, c’était à Monaco 2017. Il avait réussi à garder sa première place jusqu’à la première séquence d’arrêts aux puits après laquelle Vettel a réussi à sortir devant lui. Effectivement, Vettel avait profité des quelques tours à l’air libre après l’arrêt de Raikkonen en signant des tours rapides ce qui, au final, lui a donné l’avantage. Le scénario identique pourrait se reproduire demain.
  • Il ne faut pas oublier que Vettel lutte actuellement pour le titre mondial et qu’il a 17 points de retard sur Lewis Hamilton. La situation idéale dans son cas serait qu’il termine premier, Raikkonen second et Hamilton troisième. de manière réaliste. Ainsi, il retrancherait dix points et porterait l’écart entre les deux rivaux à sept petits points. À quel point Ferrari est-elle à l’aise de provoquer artificiellement, stratégiquement par exemple, le changement de position entre Raikkonen et Vettel, si le Finlandais venait à conserver sa position de tête après le premier tour? Telle est la question. En Autriche, Ferrari a laissé Raikkonen bénéficier de la deuxième place au détriment de Vettel qui a terminé troisième. Mais, au fur et à mesure que la saison avance, chaque point grugé sera primordial pour la course au titre.

 

Pour cette raison, il serait peut-être plus judicieux de miser sur Vettel (Cote de 1.45 sur MOJ).

Hamilton récidivera-t-il?

Hamilton récidivera-t-il?

Le Grand Prix de Belgique marque la fin des vacances estivales qui coupent la saison de Formule 1 en deux. C’est donc dans le magnifique décor que nous offrent les Ardennes que s’est déroulée la séance de qualification de la treizième épreuve du championnat du monde. Comme en Hongrie, c’est Lewis Hamilton qui s’est imposé de brillante façon, sous de conditions pluvieuses. 

D’entrée de jeu, voici les résultats de la surprenante séance de qualification du samedi:

Malgré le fait que les Ferrari aient monopolisé le premier échelon lors des trois séances de pratique, tout comme les deux premières portions des qualifications, Sebastian Vettel et Kimi Raikkonen ont mordu la poussière face à un Lewis Hamilton encore impérial sous la pluie, ce dernier collant plus de sept dixièmes de seconde à son plus proche poursuivant.

Pourtant, tout semblait indiquer que Ferrari avait ce qu’il fallait pour sécuriser la position de tête à l’issue des qualifications. Effectivement, le rythme sur un tour des monoplaces rouges était meilleur d’environ 0.170 seconde relativement aux Mercedes, alors que leurs cadences respectives lors des relais plus longs était virtuellement égale. Il fallait donc s’attendre à ce que les pilotes Ferrari et Lewis Hamilton s’affrontent directement pour l’obtention de la pole.

Quant à Valtteri Bottas, peu importe le résultat des qualifications, il devra s’élancer du fond de la grille à cause d’un changement de bloc propulseur interdit. Nico Hulkenberg, chez Renault, subira le même sort.

Revenons au trio de tête. Raikkonen a été le meilleur en Q1 et Vettel a signé le meilleur chrono lors de la deuxième partie. C’était toutefois avant que la pluie ne tombe sur le circuit de Spa-Francorchamps. La dernière tentative de Hamilton fut la bonne, alors qu’il a montré une maîtrise hors-pair dans le deuxième secteur du tracé belge.

Chez Ferrari, la confusion a régné: Raikkonen n’a pas eu assez de carburant dans sa monoplace pour compléter un ultime tour lancé comme Vettel, Hamilton et les deux Racing Point Force India ont pu accomplir. Dommage pour le vétéran finlandais, alors qu’il a montré d’excellentes choses en fin de semaine. Les mêmes problèmes se sont produits chez Red Bull: Max Verstappen et Daniel Ricciardo s’élanceront de la quatrième ligne.

Quant à Vettel, il a pris le blâme après la séance. Bien qu’il aurait dû battre Hamilton en signant son temps après le pilote anglais, sur une piste qui s’asséchait, il a échoué. «Je ne pense pas qu’on a donné tout ce qu’on avait lors du dernier tour. La batterie s’est vidée trop tôt et cela nous a coûté cher sur la majorité du tour,» a-t-il expliqué, en entrevue d’après-qualification.

Hamilton demeure vulnérable

Certains pourraient penser que la situation actuelle ressemble beaucoup à celle qui a prévalu en Hongrie, quatre semaines plus tôt, alors que le pilote Mercedes avait subtilisé la pole position sous la pluie avant de l’emporter somme toute facilement le lendemain. Or, ce n’est pas le cas parce que le circuit est complètement différent et car les pilotes qui lui tiendront compagnie en avant de la grille ne sont pas les mêmes.

D’abord, le circuit de Spa-Francorchamps est un très long tracé à haute vitesse qui renferme de nombreuses occasions de dépassement. Entre autres, la séquence entre le virage un (La Source) et le virage sept (Les Combes) est phénoménale et toute en vitesse, alors que les monoplaces négocient Eau Rouge, Raidillon et la longue ligne droite Kemmel. Il est donc primordial pour Hamilton de connaître un départ parfait.

Le contraire permettrait à Vettel de se rapprocher rapidement, sous effet d’aspiration, du titulaire de la pole et de tenter un dépassement à Les Combes ou même avant, dans la ligne droite Kemmel. Esteban Ocon et Sergio Perez, pilotes de Racing Point Force India équipés du performant moteur Mercedes ne seront pas à négliger aussi, alors qu’ils pourraient très bien rafler un podium inespéré pour la «nouvelle» écurie, récemment rachetée par le milliardaire canadien Lawrence Stroll.

De plus, contrairement au Grand Prix de Budapest durant lequel Hamilton a grandement bénéficié de l’apport défensif de son coéquipier Valtteri Bottas, la relégation de ce dernier sur la dernière ligne en vertu de sa pénalité pour usage excessif de composants de moteur rend le pilote #44 vulnérable à une stratégie alternative de la part de Ferrari.

Justement, notre récente analyse des tactiques de Ferrari lors des Grand Prix d’Allemagne et d’Hongrie pourrait s’avérer utile pour comprendre ce que pourrait concocter l’écurie au cheval cabré lors de l’épreuve de demain. Comme d’habitude, l’usure des pneus fera certainement partie intégrante des décisions stratégiques des deux écuries.


Ferrari devra être aux aguets afin de battre stratégiquement Mercedes et Lewis Hamilton

En Allemagne, Ferrari s’est servi de Raikkonen pour bloquer la progression de Lewis Hamilton en lui imposant un arrêt aux puits hâtif. Résultat: ses premiers tours suivant son arrêt ont été excellents et lui ont permis d’être légitimement en première position après la fenêtre d’arrêts. Ferrari pourrait récidiver à Spa et faire arrêter Raikkonen hâtivement pour lui permettre de sauter Hamilton – comme il avait réussi sur son coéquipier à Hockenheim.

Et dans le cas où Hamilton répondrait du tac au tac à la stratégie de Raikkonen, cela permettrait à Vettel de courir librement en tête. Ainsi, peut-être pourra-t-il espérer coiffer son rival après la fenêtre de ravitaillement en signant des tours rapides que l’Anglais entre leurs arrêts.

En Hongrie, c’est Vettel qui a été placé sur une stratégie alternative. Son premier relais a été plus long que celui de ses concurrents et, n’eut été de la bourde d’un mécano lors de son arrêt aux stands, il aurait pu gagner du temps en effectuant son premier arrêt tardivement. Cette flexibilité dont bénéficie Ferrari pourrait faire vaciller la course en leur faveur. Après tout, il ne suffit que d’une intervention opportune de la voiture de sécurité pour donner l’avantage à l’écurie italienne, comme cela a été le cas en Australie.

Nos prédictions pour la course:

Pour la victoire, nous favorisons légèrement Sebastian Vettel. Si Ferrari joue bien ses cartes, Vettel devrait pouvoir surpasser Hamilton stratégiquement parlant, du moins. (Cote de 2.00 sur MOJ)

Lewis Hamilton demeure aussi un excellent choix (Cote de 1.75 sur MOJ) mais il devra absolument accomplir un sans-faute pour contrer la menace Ferrari. 7

Si le risque vous interpelle, un pari portant sur une victoire de Kimi Raikkonen (Cote de 8.00 sur MOJ) pourrait être intéressant. Il a eu un excellent rythme tout au long du weekend, pourrait bénéficier des aléas en course et d’une stratégie favorable de la part de Ferrari et vise certainement la signature de sa cinquième victoire en carrière en Belgique.

  • Lewis Hamilton terminera devant Valtteri Bottas (Cote de 1.12 sur MOJ)
  • Max Verstappen terminera devant Daniel Ricciardo (Cote de 1.55 sur MOJ)
  • Fernando Alonso terminera devant Stoffel Vandoorne (Cote de 1.22 sur MOJ)
  • Romain Grosjean terminera devant Kevin Magnussen (Cote de 1.55 sur MOJ)
  • Nico Hulkenberg terminera devant Carlos Sainz (Cote de 2.15 sur MOJ) – À surveiller, si Carlos Sainz part de la ligne des puits

 

Analyse: Qui est le favori à la course au titre?

Analyse: Qui est le favori à la course au titre?

Alors que nous sommes à une semaine de la fin des vacances de mi-saison en Formule 1, la patience des amateurs de course est mise à rude épreuve. N’ayez crainte, la saison exaltante à laquelle nous avons droit en 2018 reprendra dans moins de sept jours, sur le spectaculaire circuit de Spa-Francorchamps en Belgique.

C’est ainsi que reprendra de plus belle la lutte que se livrent Lewis Hamilton et Sebastian Vettel pour le titre de champion du monde de 2018. Après 12 épreuves sur 21, c’est le pilote anglais qui évolue au sein de l’écurie Mercedes qui a un avantage de 24 points sur son plus proche rival. Malgré cet intéressant avantage, Hamilton ne croit pas qu’il a déjà une main sur le précieux trophée des pilotes.

«Je ne crois pas qu’il y ait le moindre moment durant lequel vous avez vos mains sur le titre ou le trophée. Nous avons encore un long chemin à parcourir et il reste encore neuf courses,» a-t-il résumé après sa dominante victoire en Hongrie durant laquelle il s’est carrément éclipsé, loin devant le reste peloton. En fait, malgré ses récents succès et son avance sur Vettel, Hamilton se compte chanceux de pouvoir compter sur un tel coussin pour les neuf courses restantes: «Je n’aurais vraiment pas pu rêver que nous serions dans un telle position, considérant tous les facteurs et de nos performances pures relativement aux Ferrari.»

Hamilton est-il trop prudent dans ce qu’il dit? Oui et non. Il ne veut surtout pas paraître trop confiant, alors qu’il sait pertinemment que tout peut basculer très rapidement, mais il n’est pas dupe: il reconnaît le fantastique progrès chez Ferrari et appréhende avec prudence la seconde moitié de saison. Après tout, ce sont des conditions particulières qui ont permis à Hamilton de creuser un tel avantage sur Sebastian Vettel. Analyse.

Mercedes à son plus bas en Angleterre

Malgré le résultat miraculeux de Lewis Hamilton à son Grand Prix à domicile, une brillante deuxième place après que Kimi Raikkonen soit entré en collision lui, l’écurie Mercedes avait la mine déconfite à la fin de l’épreuve anglaise. Une performance dominante des Ferrari sur un terrain qui ne leur est pourtant pas propice historiquement – la dernière victoire signée par une monoplace Ferrari à Silverstone remonte à 2011 – combinée au fait que les Mercedes ont gagné toutes les éditions de ce Grand Prix disputées depuis l’introduction des moteurs hybrides a implacablement piqué au vif les dirigeants de l’opération britanno-allemande.

Toto Wolff, le patron de Mercedes, est même allé jusqu’à qualifier l’accident Raikkonen-Hamilton «d’acte délibéré» ou même «de preuve d’incompétence», des graves paroles, surtout parlant d’un des pilotes les plus propres et expérimentés du plateau en Raikkonen. Quant au protagoniste dans la course au titre, Hamilton a insinué que Ferrari utilisait «d’intéressantes tactiques» pour contrer Mercedes, alors qu’une collision impliquant une monoplace de chaque écurie est survenue en France et en Angleterre.

Cette controverse a non seulement éclipsé une course d’une brillante qualité qui a montré énormément d’action pour les spectateurs présents sur place et pour l’audience télévisuelle, mais a aussi indiqué un sentiment d’inquiétude grandissant chez Mercedes, alors qu’ils savaient pertinemment que les prochains Grand Prix en Allemagne et en Hongrie seraient davantage favorables aux Ferrari.

Allemagne: la rédemption inespérée

Les qualifications du Grand Prix d’Allemagne ne se sont pas déroulées comme prévu pour Hamilton, alors qu’une perte de pression hydraulique l’a affligé lors de la première portion des qualifications. Se contentant du 14e rang sur la grille de départ lors de la course du lendemain, Hamilton a d’abord montré une exceptionnelle progression puis, a fini par l’emporter de manière époustouflante. Une combinaison de facteurs opportuns a pavé la voie d’Hamilton vers cette miraculeuse victoire.

1. La stratégie de Ferrari s’est retournée contre elle

Tout allait comme sur des roulettes chez Ferrari: Sebastian Vettel menait facilement la course jusqu’à la première fenêtre d’arrêts aux puits et ils se sont servis de Raikkonen comme tampon contre la progression d’Hamilton qui chaussait alors des gommes plus dures que celles de ses rivaux directs, en tête de peloton. Toutefois, comme le montre le graphique suivant, cette idée d’abord intelligente a rapidement placé Ferrari dans de beaux draps: alors que Vettel peinait avec ses pneus usés, Raikkonen allait considérablement plus rapide avec ses pneus neufs lors des tours 16 à 25.

Au final, l’inévitable est arrivé: lorsque Vettel est entré aux puits, Raikkonen l’a dépassé et menait légitimement la course! En temps normal, les dirigeants de Ferrari auraient demandé au pilote finlandais de laisser passer Vettel passer dès qu’il en avait l’occasion. Malgré le fait que les consignes d’équipes soient mal vues, celle-ci s’imposait, afin de capitaliser sur les déboires d’Hamilton en qualifications et pour permettre à Vettel de s’enfuir avec la victoire, devant ses partisans. Or, cela a pris pas moins de 15 tours (!) pour que Ferrari demande enfin à Raikkonen, de manière plutôt maladroite, de laisser passer Vettel.

2. La pluie cause la perte de Vettel

Malheureusement pour Ferrari, le mal était fait. Même si leur rythme a été bien meilleur en course que celui des Mercedes, lorsqu’il s’est mis à pleuvoir au 43e tour, les pneus des Ferrari – surtout ceux de Vettel – étaient bien trop usés pour négocier les virages du Hockenheimring sous la pluie. Et c’est là où Mercedes a parié gros, avec succès: ils ont mis des pneus ultra-tendres frais, tous chauds, tous mous, à la monoplace d’Hamilton, ce qui s’est avéré être une décision magique sous une pluie qui n’était pas assez forte pour chausser les pneus rainurés.

En un peu plus de huit tours, Hamilton a rapidement coupé de moitié l’avance qu’avait Vettel sur lui. La représentation graphique de l’écart entre Vettel et Hamilton est éloquente et montre clairement la remontée rapide du pilote anglais sur son homologue allemand.

Sur une piste de plus en plus glissante et avec des pneumatiques de moins en moins adhérents, Vettel a fait la gaffe de la saison. Il est sorti de piste dans la section du stadium, sous les yeux incrédules de ses partisans massés dans les estrades.

Le reste n’est qu’histoire. Valtteri Bottas, alors deuxième, a été appelé aux puits et a été victime d’un arrêt désastreux, puis Raikkonen est rentré au tour subséquent, laissant ainsi la voie libre pour une fantastique victoire de Lewis Hamilton au terme de la relance durant laquelle l’écurie Mercedes a demandé à Bottas de ne pas attaquer Hamilton et ainsi, sécuriser un doublé Mercedes au terme d’une course complètement tordue.

Au final, cette victoire durement acquise par Hamilton a été le fruit d’une coûteuse hésitation tactique chez Ferrari, de la malchance de Valtteri Bottas et du talent du pilote anglais en conditions mouillées. C’est de même que Lewis Hamilton a réussi à repasser en tête du championnat avec 17 points de priorité.

Par le fait même, Hamilton a poursuivi sa séquence de victoires sous la pluie, ininterrompue depuis le Grand Prix du Japon, en 2014.

Hongrie: une qualification déterminante

À première vue, le circuit sinueux du Hungaroring ne laissait aucunement présager une récidive de la brillante performance de la semaine dernière des Mercedes en Hongrie. En fait, avec leur voiture moins adaptée aux tracés serrés, il était clair que les Ferrari et les Red Bull seraient de sérieuses prétendantes à la victoire. Mais ceci, c’était avant que la pluie ne s’abatte massivement sur la capitale, Budapest.

Pendant que Sebastian Vettel et Kimi Raikkonen avaient montré leurs capacités en conditions sèches, Hamilton a été absolument impérial durant l’orage estival qui s’est abattu sur le circuit en qualifications, dominant largement, lui et son coéquipier, les Ferrari et les Red Bull. Ainsi, sur un des circuits où il est le plus ardu de dépasser, les Mercedes ont réussi à subtiliser la première ligne. Une vraie gifle au visage de Ferrari.

La gifle provient surtout du fait que les Ferrari ont démontré un rythme effarant durant les périodes d’essais libres, montrant de bien meilleurs temps au tour que leur compétitrices argentées. En ce sens, la première ligne Mercedes constitue une occasion gaspillée pour Ferrari en Hongrie.

Malgré tout, l’écurie italienne a tenté le tout pour le tout en offrant à leur pilote étoile une stratégie opposée à celle des Mercedes. Débutant la course avec des gommes plus dures qu’Hamilton et Bottas, Vettel tablait sur un premier relais plus long pour ensuite chausser les ultra-tendres et espérer attaquer Hamilton lors des derniers tours de la course. Le graphique qui suit montre la progression des temps au tour de Vettel et d’Hamilton.

Après une trentaine de tours, les temps au tour de Vettel ont sensiblement augmenté, ce qui a forcé son arrêt au 40e tour. Malheureusement pour lui, une erreur des mécanos de Ferrari a fait en sorte qu’il est retourné en piste coincé derrière un Valtteri Bottas chaussé de pneus tendres déjà usés. Sur un circuit où il est difficile de dépasser, la tâche s’avérait complexe pour Vettel.

Maintenant, à quel point Vettel aurait-il pu rattraper Hamilton, avec ses pneus plus frais et plus rapides, s’il n’avait pas été retenu par le coéquipier du pilote Mercedes? Il est difficile d’y répondre avec certitude, mais certains indices nous permettent d’y voir un peu plus clair.

D’abord, il a été supposé par plusieurs que Hamilton a ménagé sa monture lors des trente derniers tours, suivant l’arrêt raté de Vettel. Selon les données telles que montrées ci-haut, cette hypothèse est sensiblement fausse: Hamilton a montré ses meilleurs tours après l’arrêt de Vettel. Si le pilote allemand avait pu appliquer de la pression sur son rival, étant chaussé de ses ultra-tendres, qu’en aurait-il été de la performance de Hamilton?

Ensuite, l’autre indicatif est le rythme relatif des deux Ferrari après leurs derniers arrêts respectifs. Vettel, avec ses gommes ultra-tendres neuves qui ont été placées sur sa monoplace au 40e tour, aurait dû être beaucoup plus rapide que son coéquipier Kimi Raikkonen qui roulait pourtant avec des pneus tendres déjà usés, après son deuxième arrêt au 39e tour. C’est pourtant le contraire qui s’est produit:

Effectivement, même en ayant l’avantage au niveau de l’âge et de la qualité des pneumatiques, Vettel a laissé l’avance de 22 secondes qu’il disposait sur Raikkonen fondre comme neige au soleil. Le rythme en course de Raikkonen après son deuxième arrêt a-t-il montré le véritable potentiel de la Ferrari?

Enfin, il est pertinent de souligner que le meilleur tour de Vettel est survenu au dernier et 70e passage, avec des gommes ultra-tendres vieilles de 30 tours en signant un temps de 1:20.056. Si Vettel a réussi à signer un tour aussi probant après avoir été coincé pendant 25 tours derrière Valtteri Bottas et l’air turbulent que la Mercedes projetait derrière elle, nuisant à l’adhérence de la Ferrari, il est permis d’imaginer des tours beaucoup plus rapides à l’air libre, si Vettel avait réussi à sortir devant Bottas.

Une fin de saison qui promet

Cette analyse des performances des Mercedes et des Ferrari peut être résumée ainsi:

  • La Ferrari a semblé légèrement meilleure que la Mercedes en Angleterre, en Allemagne et en Hongrie;
  • Les erreurs de Vettel en Allemagne et des mécanos en Hongrie ont coûté excessivement cher pour leur course au titre;
  • Pendant ce temps, Hamilton a cumulé les impressionnante performances et a capitalisé sur toutes les chances qui lui ont été offertes;
  • Les pneus et les stratégies joueront un rôle prédominant d’ici la fin de la saison.

Considérant ceci, oser prédire le gagnant de l’édition 2018 du championnat mondial de Formule 1 semble risqué. Hamilton demeure favori (cote de 1.30 sur Mise-o-jeu en date du 18 août 2018). Hamilton a bien 24 points d’avance sur Vettel, mais le simple fait de supposer que Vettel réussisse à garder sa Ferrari en piste en Allemagne change grandement la donne: +25 pour Vettel, -8 pour Hamilton au cumulatif et soudain, c’est Vettel qui préserve la tête du classement avec une priorité de neuf points. Bien sûr, la seule chose qui compte actuellement est le classement réel.

Au final, Ferrari doit voir les choses en face: les erreurs de Vettel ont permis à Hamilton de retraiter en vacances avec l’avance au championnat. Le pilote anglais a été impérial au bon moment et ce fut le contraire pour son rival allemand. En ce sens, seulement en limitant les erreurs et en capitalisant sur les opportunités qui leur sont offertes, Ferrari et Vettel devraient rattraper leur retard et lutter au plus fort de la lutte au championnat.

Ainsi, prédire le sacre de Sebastian Vettel au terme du championnat (cote de 2.60 sur Mise-o-jeu en date du 18 août 2018) s’avère être une prédiction intéressante qui pourrait en valoir la peine.

À moins, bien sûr, que le développement effectué par les écuries lors des dernières semaines ne change le portrait…

 

Fernando Alonso ne sera pas en F1 en 2019

Fernando Alonso ne sera pas en F1 en 2019

Cela fait déjà quelques mois qu’une vague impression que Fernando Alonso ne sera pas de retour en Formule 1 en 2019 flottait dans les paddocks du circuit. Aujourd’hui, ces impressions se sont confirmées. Le pilote espagnol et l’écurie McLaren le confirment: Fernando Alonso ne pilotera pas en Formule 1 en 2019.

Le pilote émérite âgé de 37 ans disputera ainsi les dernières courses de son exceptionnelle carrière cette année. Le double champion du monde en 2005 et 2006 montre un bilan provisoire de 32 victoires, 22 positions de tête et 97 podiums en 17 ans de carrière.

Le directeur de l’écurie McLaren, Zak Brown, a été très élogieux à l’endroit d’Alonso. «Fernando est non seulement un exceptionnel ambassadeur pour McLaren, mais aussi pour la Formule 1. Nous respectons sa décision, même si nous estimons qu’il est encore au sommet de sa carrière», a-t-il dit. Brown ajoute aussi que l’évaluation de son futur n’a diminué en rien la compétitivité d’Alonso en piste. Effectivement, à chaque fois que sa McLaren a terminé l’épreuve, Fernando Alonso a réussi à marquer des points.

Quant au principal intéressé, il a mentionné qu’après 17 ans «à pratiquer ce fabuleux sport, il est temps pour lui de penser à autre chose.» Il spécifie qu’il reste pleinement concentré pour le reste de la saison, alors qu’il reste encore neuf épreuves à disputer. «Voyons ce que le futur apporte: de nouveaux défis m’attendent. Je vis actuellement une excellente période de ma vie, mais je dois explorer d’autres avenues.»

Peut-être voudra-t-il consacrer sa saison 2019 à courir à temps plein dans le circuit Indycar aux États-Unis? Il ne le cache pas, Alonso désire ardemment devenir le deuxième pilote de l’histoire seulement après Graham Hill à compléter la Triple Couronne: une victoire à Monaco en Formule 1, la victoire aux 24h du Mans et la victoire aux 500 miles d’Indianapolis. Pour Alonso, il ne lui reste que la troisième étape sur sa liste à cocher.

Il a aussi pris la peine de remercier tout le monde chez McLaren: «Mon cœur demeure avec l’équipe pour toujours. Je sais qu’ils seront plus forts et meilleurs dans le futur et ce serait peut-être le bon moment pour moi pour un potentiel retour en Formule 1; cela me rendrait très heureux.»

Ainsi, Fernando Alonso semble quitter la Formule 1 le cœur relativement léger et ce, malgré ses déboires des dernières années. Qui sait, peut-être reviendra-t-il en 2020, en grande forme?

Ricciardo chez Renault dès 2019

Ricciardo chez Renault dès 2019

Surprise de taille dans le monde de la Formule 1 en ce vendredi matin: l’écurie Red Bull Racing annonce que leur pilote Daniel Ricciardo quittera à la fin de la saison 2018. Il a signé un contrat de deux ans avec l’équipe Renault et sera le partenaire de Nico Hulkenberg dès 2019.

Red Bull a d’abord annoncé le départ du pilote australien sur leur site internet. Daniel Ricciardo fait partie de la famille Red Bull depuis 2008 et a été promu comme pilote titulaire de l’écurie autrichienne en 2014. Depuis, il a signé sept victoires et 29 podiums en quatre ans et demi. Le directeur de l’écurie Christian Horner a remercié Ricciardo pour ses services et a souligné «respecter pleinement la décision de Ricciardo» tout en lui souhaitant «le meilleur pour son futur».

Une acquisition de taille pour Renault

La même journée, l’écurie Renault a confirmé l’embauche de Daniel Ricciardo. Pour l’équipe française, en pleine ascension depuis l’acquisition de Lotus en 2015, cette signature confirme qu’elle désire revenir au sommet de la Formule 1, comme lors des années 2005 et 2006. Il sera donc le partenaire de course de Nico Hulkenberg et formera ainsi un très solide duo avec le pilote allemand.

Jérôme Stoll, président de Renault-Sport, se veut absolument ravi de la signature: «Renault a décidé de revenir en Formule 1 pour se battre pour des championnats du monde. La signature de Ricciardo est une unique opportunité pour le groupe Renault pour accomplir cet objectif. Bienvenue à Daniel dans l’équipe, toujours en progression, mais plus motivée que jamais.»

À une époque où la Formule 1 est dominée par Mercedes et Ferrari, cette décision de Daniel Ricciardo se veut intrigante. Peut-être n’a-t-il pas confiance au combo Red Bull – Honda qui prévaudra dès 2019? Ou peut-être ne veut-il pas risquer à avoir à jouer les seconds violons chez Red Bull auprès d’un jeune Max Verstappen, véritable coqueluche de la Formule 1 et de l’écurie autrichienne.