Analyse: Qui est le favori à la course au titre?

Analyse: Qui est le favori à la course au titre?

Alors que nous sommes à une semaine de la fin des vacances de mi-saison en Formule 1, la patience des amateurs de course est mise à rude épreuve. N’ayez crainte, la saison exaltante à laquelle nous avons droit en 2018 reprendra dans moins de sept jours, sur le spectaculaire circuit de Spa-Francorchamps en Belgique.

C’est ainsi que reprendra de plus belle la lutte que se livrent Lewis Hamilton et Sebastian Vettel pour le titre de champion du monde de 2018. Après 12 épreuves sur 21, c’est le pilote anglais qui évolue au sein de l’écurie Mercedes qui a un avantage de 24 points sur son plus proche rival. Malgré cet intéressant avantage, Hamilton ne croit pas qu’il a déjà une main sur le précieux trophée des pilotes.

«Je ne crois pas qu’il y ait le moindre moment durant lequel vous avez vos mains sur le titre ou le trophée. Nous avons encore un long chemin à parcourir et il reste encore neuf courses,» a-t-il résumé après sa dominante victoire en Hongrie durant laquelle il s’est carrément éclipsé, loin devant le reste peloton. En fait, malgré ses récents succès et son avance sur Vettel, Hamilton se compte chanceux de pouvoir compter sur un tel coussin pour les neuf courses restantes: «Je n’aurais vraiment pas pu rêver que nous serions dans un telle position, considérant tous les facteurs et de nos performances pures relativement aux Ferrari.»

Hamilton est-il trop prudent dans ce qu’il dit? Oui et non. Il ne veut surtout pas paraître trop confiant, alors qu’il sait pertinemment que tout peut basculer très rapidement, mais il n’est pas dupe: il reconnaît le fantastique progrès chez Ferrari et appréhende avec prudence la seconde moitié de saison. Après tout, ce sont des conditions particulières qui ont permis à Hamilton de creuser un tel avantage sur Sebastian Vettel. Analyse.

Mercedes à son plus bas en Angleterre

Malgré le résultat miraculeux de Lewis Hamilton à son Grand Prix à domicile, une brillante deuxième place après que Kimi Raikkonen soit entré en collision lui, l’écurie Mercedes avait la mine déconfite à la fin de l’épreuve anglaise. Une performance dominante des Ferrari sur un terrain qui ne leur est pourtant pas propice historiquement – la dernière victoire signée par une monoplace Ferrari à Silverstone remonte à 2011 – combinée au fait que les Mercedes ont gagné toutes les éditions de ce Grand Prix disputées depuis l’introduction des moteurs hybrides a implacablement piqué au vif les dirigeants de l’opération britanno-allemande.

Toto Wolff, le patron de Mercedes, est même allé jusqu’à qualifier l’accident Raikkonen-Hamilton «d’acte délibéré» ou même «de preuve d’incompétence», des graves paroles, surtout parlant d’un des pilotes les plus propres et expérimentés du plateau en Raikkonen. Quant au protagoniste dans la course au titre, Hamilton a insinué que Ferrari utilisait «d’intéressantes tactiques» pour contrer Mercedes, alors qu’une collision impliquant une monoplace de chaque écurie est survenue en France et en Angleterre.

Cette controverse a non seulement éclipsé une course d’une brillante qualité qui a montré énormément d’action pour les spectateurs présents sur place et pour l’audience télévisuelle, mais a aussi indiqué un sentiment d’inquiétude grandissant chez Mercedes, alors qu’ils savaient pertinemment que les prochains Grand Prix en Allemagne et en Hongrie seraient davantage favorables aux Ferrari.

Allemagne: la rédemption inespérée

Les qualifications du Grand Prix d’Allemagne ne se sont pas déroulées comme prévu pour Hamilton, alors qu’une perte de pression hydraulique l’a affligé lors de la première portion des qualifications. Se contentant du 14e rang sur la grille de départ lors de la course du lendemain, Hamilton a d’abord montré une exceptionnelle progression puis, a fini par l’emporter de manière époustouflante. Une combinaison de facteurs opportuns a pavé la voie d’Hamilton vers cette miraculeuse victoire.

1. La stratégie de Ferrari s’est retournée contre elle

Tout allait comme sur des roulettes chez Ferrari: Sebastian Vettel menait facilement la course jusqu’à la première fenêtre d’arrêts aux puits et ils se sont servis de Raikkonen comme tampon contre la progression d’Hamilton qui chaussait alors des gommes plus dures que celles de ses rivaux directs, en tête de peloton. Toutefois, comme le montre le graphique suivant, cette idée d’abord intelligente a rapidement placé Ferrari dans de beaux draps: alors que Vettel peinait avec ses pneus usés, Raikkonen allait considérablement plus rapide avec ses pneus neufs lors des tours 16 à 25.

Au final, l’inévitable est arrivé: lorsque Vettel est entré aux puits, Raikkonen l’a dépassé et menait légitimement la course! En temps normal, les dirigeants de Ferrari auraient demandé au pilote finlandais de laisser passer Vettel passer dès qu’il en avait l’occasion. Malgré le fait que les consignes d’équipes soient mal vues, celle-ci s’imposait, afin de capitaliser sur les déboires d’Hamilton en qualifications et pour permettre à Vettel de s’enfuir avec la victoire, devant ses partisans. Or, cela a pris pas moins de 15 tours (!) pour que Ferrari demande enfin à Raikkonen, de manière plutôt maladroite, de laisser passer Vettel.

2. La pluie cause la perte de Vettel

Malheureusement pour Ferrari, le mal était fait. Même si leur rythme a été bien meilleur en course que celui des Mercedes, lorsqu’il s’est mis à pleuvoir au 43e tour, les pneus des Ferrari – surtout ceux de Vettel – étaient bien trop usés pour négocier les virages du Hockenheimring sous la pluie. Et c’est là où Mercedes a parié gros, avec succès: ils ont mis des pneus ultra-tendres frais, tous chauds, tous mous, à la monoplace d’Hamilton, ce qui s’est avéré être une décision magique sous une pluie qui n’était pas assez forte pour chausser les pneus rainurés.

En un peu plus de huit tours, Hamilton a rapidement coupé de moitié l’avance qu’avait Vettel sur lui. La représentation graphique de l’écart entre Vettel et Hamilton est éloquente et montre clairement la remontée rapide du pilote anglais sur son homologue allemand.

Sur une piste de plus en plus glissante et avec des pneumatiques de moins en moins adhérents, Vettel a fait la gaffe de la saison. Il est sorti de piste dans la section du stadium, sous les yeux incrédules de ses partisans massés dans les estrades.

Le reste n’est qu’histoire. Valtteri Bottas, alors deuxième, a été appelé aux puits et a été victime d’un arrêt désastreux, puis Raikkonen est rentré au tour subséquent, laissant ainsi la voie libre pour une fantastique victoire de Lewis Hamilton au terme de la relance durant laquelle l’écurie Mercedes a demandé à Bottas de ne pas attaquer Hamilton et ainsi, sécuriser un doublé Mercedes au terme d’une course complètement tordue.

Au final, cette victoire durement acquise par Hamilton a été le fruit d’une coûteuse hésitation tactique chez Ferrari, de la malchance de Valtteri Bottas et du talent du pilote anglais en conditions mouillées. C’est de même que Lewis Hamilton a réussi à repasser en tête du championnat avec 17 points de priorité.

Par le fait même, Hamilton a poursuivi sa séquence de victoires sous la pluie, ininterrompue depuis le Grand Prix du Japon, en 2014.

Hongrie: une qualification déterminante

À première vue, le circuit sinueux du Hungaroring ne laissait aucunement présager une récidive de la brillante performance de la semaine dernière des Mercedes en Hongrie. En fait, avec leur voiture moins adaptée aux tracés serrés, il était clair que les Ferrari et les Red Bull seraient de sérieuses prétendantes à la victoire. Mais ceci, c’était avant que la pluie ne s’abatte massivement sur la capitale, Budapest.

Pendant que Sebastian Vettel et Kimi Raikkonen avaient montré leurs capacités en conditions sèches, Hamilton a été absolument impérial durant l’orage estival qui s’est abattu sur le circuit en qualifications, dominant largement, lui et son coéquipier, les Ferrari et les Red Bull. Ainsi, sur un des circuits où il est le plus ardu de dépasser, les Mercedes ont réussi à subtiliser la première ligne. Une vraie gifle au visage de Ferrari.

La gifle provient surtout du fait que les Ferrari ont démontré un rythme effarant durant les périodes d’essais libres, montrant de bien meilleurs temps au tour que leur compétitrices argentées. En ce sens, la première ligne Mercedes constitue une occasion gaspillée pour Ferrari en Hongrie.

Malgré tout, l’écurie italienne a tenté le tout pour le tout en offrant à leur pilote étoile une stratégie opposée à celle des Mercedes. Débutant la course avec des gommes plus dures qu’Hamilton et Bottas, Vettel tablait sur un premier relais plus long pour ensuite chausser les ultra-tendres et espérer attaquer Hamilton lors des derniers tours de la course. Le graphique qui suit montre la progression des temps au tour de Vettel et d’Hamilton.

Après une trentaine de tours, les temps au tour de Vettel ont sensiblement augmenté, ce qui a forcé son arrêt au 40e tour. Malheureusement pour lui, une erreur des mécanos de Ferrari a fait en sorte qu’il est retourné en piste coincé derrière un Valtteri Bottas chaussé de pneus tendres déjà usés. Sur un circuit où il est difficile de dépasser, la tâche s’avérait complexe pour Vettel.

Maintenant, à quel point Vettel aurait-il pu rattraper Hamilton, avec ses pneus plus frais et plus rapides, s’il n’avait pas été retenu par le coéquipier du pilote Mercedes? Il est difficile d’y répondre avec certitude, mais certains indices nous permettent d’y voir un peu plus clair.

D’abord, il a été supposé par plusieurs que Hamilton a ménagé sa monture lors des trente derniers tours, suivant l’arrêt raté de Vettel. Selon les données telles que montrées ci-haut, cette hypothèse est sensiblement fausse: Hamilton a montré ses meilleurs tours après l’arrêt de Vettel. Si le pilote allemand avait pu appliquer de la pression sur son rival, étant chaussé de ses ultra-tendres, qu’en aurait-il été de la performance de Hamilton?

Ensuite, l’autre indicatif est le rythme relatif des deux Ferrari après leurs derniers arrêts respectifs. Vettel, avec ses gommes ultra-tendres neuves qui ont été placées sur sa monoplace au 40e tour, aurait dû être beaucoup plus rapide que son coéquipier Kimi Raikkonen qui roulait pourtant avec des pneus tendres déjà usés, après son deuxième arrêt au 39e tour. C’est pourtant le contraire qui s’est produit:

Effectivement, même en ayant l’avantage au niveau de l’âge et de la qualité des pneumatiques, Vettel a laissé l’avance de 22 secondes qu’il disposait sur Raikkonen fondre comme neige au soleil. Le rythme en course de Raikkonen après son deuxième arrêt a-t-il montré le véritable potentiel de la Ferrari?

Enfin, il est pertinent de souligner que le meilleur tour de Vettel est survenu au dernier et 70e passage, avec des gommes ultra-tendres vieilles de 30 tours en signant un temps de 1:20.056. Si Vettel a réussi à signer un tour aussi probant après avoir été coincé pendant 25 tours derrière Valtteri Bottas et l’air turbulent que la Mercedes projetait derrière elle, nuisant à l’adhérence de la Ferrari, il est permis d’imaginer des tours beaucoup plus rapides à l’air libre, si Vettel avait réussi à sortir devant Bottas.

Une fin de saison qui promet

Cette analyse des performances des Mercedes et des Ferrari peut être résumée ainsi:

  • La Ferrari a semblé légèrement meilleure que la Mercedes en Angleterre, en Allemagne et en Hongrie;
  • Les erreurs de Vettel en Allemagne et des mécanos en Hongrie ont coûté excessivement cher pour leur course au titre;
  • Pendant ce temps, Hamilton a cumulé les impressionnante performances et a capitalisé sur toutes les chances qui lui ont été offertes;
  • Les pneus et les stratégies joueront un rôle prédominant d’ici la fin de la saison.

Considérant ceci, oser prédire le gagnant de l’édition 2018 du championnat mondial de Formule 1 semble risqué. Hamilton demeure favori (cote de 1.30 sur Mise-o-jeu en date du 18 août 2018). Hamilton a bien 24 points d’avance sur Vettel, mais le simple fait de supposer que Vettel réussisse à garder sa Ferrari en piste en Allemagne change grandement la donne: +25 pour Vettel, -8 pour Hamilton au cumulatif et soudain, c’est Vettel qui préserve la tête du classement avec une priorité de neuf points. Bien sûr, la seule chose qui compte actuellement est le classement réel.

Au final, Ferrari doit voir les choses en face: les erreurs de Vettel ont permis à Hamilton de retraiter en vacances avec l’avance au championnat. Le pilote anglais a été impérial au bon moment et ce fut le contraire pour son rival allemand. En ce sens, seulement en limitant les erreurs et en capitalisant sur les opportunités qui leur sont offertes, Ferrari et Vettel devraient rattraper leur retard et lutter au plus fort de la lutte au championnat.

Ainsi, prédire le sacre de Sebastian Vettel au terme du championnat (cote de 2.60 sur Mise-o-jeu en date du 18 août 2018) s’avère être une prédiction intéressante qui pourrait en valoir la peine.

À moins, bien sûr, que le développement effectué par les écuries lors des dernières semaines ne change le portrait…

 

Fernando Alonso ne sera pas en F1 en 2019

Fernando Alonso ne sera pas en F1 en 2019

Cela fait déjà quelques mois qu’une vague impression que Fernando Alonso ne sera pas de retour en Formule 1 en 2019 flottait dans les paddocks du circuit. Aujourd’hui, ces impressions se sont confirmées. Le pilote espagnol et l’écurie McLaren le confirment: Fernando Alonso ne pilotera pas en Formule 1 en 2019.

Le pilote émérite âgé de 37 ans disputera ainsi les dernières courses de son exceptionnelle carrière cette année. Le double champion du monde en 2005 et 2006 montre un bilan provisoire de 32 victoires, 22 positions de tête et 97 podiums en 17 ans de carrière.

Le directeur de l’écurie McLaren, Zak Brown, a été très élogieux à l’endroit d’Alonso. «Fernando est non seulement un exceptionnel ambassadeur pour McLaren, mais aussi pour la Formule 1. Nous respectons sa décision, même si nous estimons qu’il est encore au sommet de sa carrière», a-t-il dit. Brown ajoute aussi que l’évaluation de son futur n’a diminué en rien la compétitivité d’Alonso en piste. Effectivement, à chaque fois que sa McLaren a terminé l’épreuve, Fernando Alonso a réussi à marquer des points.

Quant au principal intéressé, il a mentionné qu’après 17 ans «à pratiquer ce fabuleux sport, il est temps pour lui de penser à autre chose.» Il spécifie qu’il reste pleinement concentré pour le reste de la saison, alors qu’il reste encore neuf épreuves à disputer. «Voyons ce que le futur apporte: de nouveaux défis m’attendent. Je vis actuellement une excellente période de ma vie, mais je dois explorer d’autres avenues.»

Peut-être voudra-t-il consacrer sa saison 2019 à courir à temps plein dans le circuit Indycar aux États-Unis? Il ne le cache pas, Alonso désire ardemment devenir le deuxième pilote de l’histoire seulement après Graham Hill à compléter la Triple Couronne: une victoire à Monaco en Formule 1, la victoire aux 24h du Mans et la victoire aux 500 miles d’Indianapolis. Pour Alonso, il ne lui reste que la troisième étape sur sa liste à cocher.

Il a aussi pris la peine de remercier tout le monde chez McLaren: «Mon cœur demeure avec l’équipe pour toujours. Je sais qu’ils seront plus forts et meilleurs dans le futur et ce serait peut-être le bon moment pour moi pour un potentiel retour en Formule 1; cela me rendrait très heureux.»

Ainsi, Fernando Alonso semble quitter la Formule 1 le cœur relativement léger et ce, malgré ses déboires des dernières années. Qui sait, peut-être reviendra-t-il en 2020, en grande forme?

Ricciardo chez Renault dès 2019

Ricciardo chez Renault dès 2019

Surprise de taille dans le monde de la Formule 1 en ce vendredi matin: l’écurie Red Bull Racing annonce que leur pilote Daniel Ricciardo quittera à la fin de la saison 2018. Il a signé un contrat de deux ans avec l’équipe Renault et sera le partenaire de Nico Hulkenberg dès 2019.

Red Bull a d’abord annoncé le départ du pilote australien sur leur site internet. Daniel Ricciardo fait partie de la famille Red Bull depuis 2008 et a été promu comme pilote titulaire de l’écurie autrichienne en 2014. Depuis, il a signé sept victoires et 29 podiums en quatre ans et demi. Le directeur de l’écurie Christian Horner a remercié Ricciardo pour ses services et a souligné «respecter pleinement la décision de Ricciardo» tout en lui souhaitant «le meilleur pour son futur».

Une acquisition de taille pour Renault

La même journée, l’écurie Renault a confirmé l’embauche de Daniel Ricciardo. Pour l’équipe française, en pleine ascension depuis l’acquisition de Lotus en 2015, cette signature confirme qu’elle désire revenir au sommet de la Formule 1, comme lors des années 2005 et 2006. Il sera donc le partenaire de course de Nico Hulkenberg et formera ainsi un très solide duo avec le pilote allemand.

Jérôme Stoll, président de Renault-Sport, se veut absolument ravi de la signature: «Renault a décidé de revenir en Formule 1 pour se battre pour des championnats du monde. La signature de Ricciardo est une unique opportunité pour le groupe Renault pour accomplir cet objectif. Bienvenue à Daniel dans l’équipe, toujours en progression, mais plus motivée que jamais.»

À une époque où la Formule 1 est dominée par Mercedes et Ferrari, cette décision de Daniel Ricciardo se veut intrigante. Peut-être n’a-t-il pas confiance au combo Red Bull – Honda qui prévaudra dès 2019? Ou peut-être ne veut-il pas risquer à avoir à jouer les seconds violons chez Red Bull auprès d’un jeune Max Verstappen, véritable coqueluche de la Formule 1 et de l’écurie autrichienne.

Stroll chez Force India dès 2019?

Stroll chez Force India dès 2019?

Selon Autobild Motorsport, le richissime homme d’affaires canadien Lawrence Stroll, père de l’actuel pilote Lance Stroll, serait sur le point d’acquérir totalement ou partiellement, l’écurie de Formule 1 Sahara Force India. Il n’a pas encore été indiqué si Stroll achètera la totalité ou une portion des parts de l’équipe actuellement basée en Angleterre.

Malgré les bons résultats de Force India et de ses pilotes actuels Esteban Ocon et Sergio Perez, l’écurie n’est pas en bonne santé financièrement parlant. Deux de leurs propriétaires actuels ont des démêlés avec la justice et ne peuvent plus gérer leur joujou comme il se doit. Subrata Roy est actuellement en prison, alors que Vijay Mallya ne peut quitter le Royaume-Uni, lui qui est poursuivi en Inde pour fraude fiscale, entre autres.

Un modèle basé sur Haas

Avec l’achat éventuel de Force India par Lawrence Stroll, il est clair que son fils qui évolue actuellement pour l’écurie Williams devrait logiquement changer d’écurie pour la saison 2019. Effectivement, Lance Stroll délaisserait l’écurie britannique pour se joindre à l’équipe fraîchement acquise par son père. D’ailleurs, le paternel a des plans intéressants pour Force India: il désire en faire une «écurie B» pour Mercedes en suivant le modèle à succès de l’écurie Haas. C’est donc dire qu’à la place de tout concevoir et construire dans l’écurie même, la nouvelle gestion de Force India ferait en sorte que l’écurie achèterait plusieurs pièces en provenance de Mercedes, par exemple, comme Haas l’a fait avec Ferrari avec ses boîtes de vitesses, ses suspensions et le groupe propulseur. Haas a aussi conçu son propre chassis, mais ce dernier est manufacturé par la compagnie italienne Dallara, question de réduire les coûts d’exploitation. Tel serait le modèle suivi par Stroll.

Stroll a suggéré ce modèle pour l’écurie Williams, mais les dirigeants de l’équipe ont refusé. Williams est une écurie indépendante fière de ses racines et de son histoire et ils ont simplement refusé le fait qu’ils deviennent une «écurie B» à Mercedes.

Ainsi, par l’acquisition de Force India, Lawrence Stroll pourra mettre son plan en exécution.

Qui complétera le duo?

Advenant la confirmation de cette acquisition-clé dans le monde de la Formule 1, il faudra confirmer l’identité du pilote qui sera aux côtés de Lance Stroll. Le paternel se dit ouvert à conserver Sergio Perez, le vétéran de sept saisons en F1, au sein de l’écurie, lui qui a déjà prouvé être rapide et fiable. S’il demeure en poste, il sera un coéquipier coriace qui pourra agir comme une bonne référence en termes de vitesse et de résultats en course.

Quant à Esteban Ocon, ce dernier aurait déjà un accord de principe conclu avec l’écurie Renault. Justement, les rumeurs de son changement d’écurie ont pris de la vigueur à Hockenheim, alors que Toto Wolff et Cyril Abiteboul, patrons respectifs de Mercedes et Renault, ont été régulièrement vus ensemble lors de la fin de semaine. Ces discussions paveraient alors la voie vers un prêt d’Ocon vers l’écurie française.

 

Un Grand Prix qui promet d’être chaud

Un Grand Prix qui promet d’être chaud

La dernière semaine n’a pas été chaude uniquement au Québec, mais aussi en Angleterre, là où les températures ont constamment dépassé les normales saisonnières lors des derniers jours. Cette tendance se poursuivra demain, alors que se tiendra l’épreuve anglaise du championnat du monde de Formule 1. 

Non, Les Dépisteurs n’ont pas changé leur vocation pour les prévisions météorologiques mondiales. Mais si l’emphase est mis d’entrée de jeu sur les conditions météorologiques lors de la course de dimanche, c’est parce qu’elles sont largement inhabituelles et qu’elles pourraient s’avérer déterminantes. Mais d’abord, voici les résultats de l’épique séance de qualifications à laquelle nous avons eu droit en ce samedi matin.

98 millièmes de seconde. C’est tout ce qui sépare le top 3 qui mènera le peloton à l’extinction des feux, dimanche. Lewis Hamilton a complété un tour d’anthologie pour pouvoir signer sa cinquantième pole position au sein de l’écurie Mercedes. Son deuxième secteur a tout simplement été fumant et c’est grâce à cette performance qu’il a pu devancer Sebastian Vettel, sur Ferrari, par 44 millièmes de seconde. Ce dernier, tout comme son coéquipier Kimi Raikkonen, ont offert une prestation de qualité et pourront grandement rivaliser pour la victoire demain.

Les quatre pilotes de ces deux principales écuries devraient se livrer une chaude lutte dans le cadre de la course. Effectivement, leur rythme respectif montré en qualifications montrent hors de tout doute qu’ils seront les seuls en course, dominant de manière éloquente le reste du plateau et il en est de même si on considère les temps au tour affichés lors du vendredi après-midi, pendant les simulations de course de chaque équipe:

  • Ferrari
  • Mercedes: +0.1 s/tour
  • Red Bull: +0.5 s/tour

Ainsi, à moins d’un revirement de situation majeur, il parait évident que les Ferrari et les Mercedes seront très proches en course.

Des conditions particulières

Sauf qu’il est clair que la chaleur pourtant non-caractéristique du climat estival anglais aura un impact important sur les résultats du Grand Prix de Silverstone. Habituellement, le climat dans cette région réserve au cirque de la Formule 1 une météo parfois active, perturbée par des averses de pluie, mais surtout des conditions fraîches qui permettent aux pilotes d’attaquer les virages rapides du circuit sans se préoccuper d’une usure excessive des pneus due à la température de piste.

Or, ce ne sera définitivement pas le cas en cette fin de semaine de juillet. Des conditions comparables à celles qui prévalaient aujourd’hui seront de nouveau en vigueur pour dimanche:

Avec des températures de piste surpassant les 50 degrés celsius, il est certain que les pneus seront fortement sollicités sur le tracé de Silverstone et ce, malgré le fait que Pirelli ait amené des gommes relativement dures pour cette fin de semaine.

Ainsi, pour la première fois depuis belle lurette, une stratégie de deux arrêts pourrait être de mise dans le cadre de la course de demain. Le pilote Red Bull Daniel Ricciardo l’a lui-même dit en conférence d’après-qualifications: «Nous n’avons pas utilisé deux trains de gommes tendres en Q2, donc nous pensons que si la course nécessitera deux arrêts, nous aurons au moins un autre train de gommes tendres à utiliser. La gomme dure et trop dure […] et je serais surpris s’ils [Ferrari et Mercedes] exécutent une stratégie d’un seul arrêt.»

Il a même révélé que les monoplaces Red Bull ont été réglées pour permettre de ménager les pneus arrières, ce qui peut nuire en qualifications, mais s’avérer être la juste décision dans le cadre d’une course qui s’annonce éprouvante. «La semaine dernière [en Autriche], nous n’étions pas mauvais en course, donc on ne sait jamais,» a-t-il mentionné, en faisant référence à la victoire de son coéquipier Max Verstappen. Les deux pilotes s’élanceront de la troisième ligne demain.

De plus, Kimi Raikkonen est du même avis que le pilote australien, alors qu’il estime que les Ferrari feront bonne figure malgré les hautes températures attendues:

Par le fait même, Raikkonen semble négliger l’effet des nouvelles gommes que Pirelli ont apportées pour les Grand Prix d’Espagne, de France et d’Angleterre, sur trois circuits récemment surfacés à nouveau et qui ont des virages négociés à haute vitesse. Ces différents pneus ont une bande de roulement plus mince ce qui diminue l’effet de rétention de la chaleur dans les pneus et par le fait même, réduit la formation de cloques à la surface de ceux-ci.

Alors que les Mercedes ont complètement dominé les courses d’Espagne et de France relativement à Ferrari, la chaleur attendue dimanche risque de mêler les cartes, les monoplaces rouges écarlates étant meilleures et plus douces avec leurs pneumatiques dans de telles conditions. On l’a bien vu la semaine dernière: alors que Lewis Hamilton a été contraint d’arrêter aux puits une seconde fois, les Ferrari de Vettel et de Raikkonen ont pu rallier l’arrivée avec un seul arrêt seulement et ce, tout en signant le meilleur tour de la course, gracieuseté du pilote finlandais.

Considérant que les Ferrari et les Red Bull ont encore un train de pneus tendres neufs à leur disposition, ce qui n’est pas le cas des pilotes Mercedes, ceux-ci pourront probablement chausser à deux reprises les meilleures gommes. Ajoutez à ceci le fait que les Ferrari pourraient bien exécuter deux stratégies différentes pour déstabiliser Hamilton, surtout si elles s’avèrent plus rapide sur la piste de Silverstone et ces maigres différences pourraient permettre à Vettel de surpasser Hamilton au fil d’arrivée et du coup, offrir une première victoire pour Ferrari en Angleterre depuis 2011.

Un mot sur Williams

Encore une fois, l’écurie basée à Grove autrefois performante est sortie de qualifications avec un large bonnet d’âne. Lance Stroll et Sergei Sirotkin n’auront jamais réussi à apprivoiser leur FW41 et ont continuellement dû se battre avec leur monoplace récalcitrante. Résultat: les deux Williams se sont retrouvées dans le bac à gravier, rapidement en Q1.

Après avoir investigué sur les causes de cette instabilité déboussolante, les autorités de l’écurie Williams en sont venues à un verdict. Paddy Lowe, directeur technique de l’écurie Williams l’a expliqué ainsi: «Dans le cas des deux sorties de piste, les voitures sont entrées en virage sans appui aérodynamique généré par le diffuseur […] C’est un phénomène causé en partie par l’activation du DRS.» Ouch.

En résumé, lorsque le DRS se désactive à la fin d’une ligne droite, l’écoulement de l’air se rattache au deuxième profil de l’aileron arrière et ce changement soudain dû à la fermeture rapide du DRS cause une instabilité aérodynamique au niveau du diffuseur, responsable d’une grande partie des appuis aérodynamiques qui permettent aux pilotes de négocier les virages à vitesse prévue.

Ce grave problème montre à quel point les Williams sont hors du portrait en 2018.

Nos prédictions pour la course:

  • Sebastian Vettel remportera le Grand Prix d’Angleterre. (Cote de 3.15 sur MOJ, 3.25 sur Bet365)
  • Lewis Hamilton terminera devant Valtteri Bottas (Cote de 1.14 sur MOJ)
  • Charles Leclerc terminera devant Marcus Ericsson (Cote de 1.20 sur MOJ)
  • Pierre Gasly terminera devant Brandon Hartley (Cote de 1.35 sur MOJ)
  • Nico Hulkenberg terminera devant Carlos Sainz (Cote de 1.30 sur MOJ)
  • Fernando Alonso terminera devant Stoffel Vandoorne (Cote de 1.25 sur MOJ)