Repêchage LNH 2019 – Thomas Harley

Repêchage LNH 2019 – Thomas Harley

Tout le monde aime les belles histoires et celle de Thomas Harley est particulièrement intéressante alors qu’il est passé d’un espoir médiocre à un candidat sérieux pour une sélection au premier tour dans la LNH en l’espace de huit mois seulement. 

THOMAS HARLEY
Défenseur gaucher
6pi3 | 187lb | 19 août 2001
Steelheads de Mississauga, OHL
11e patineur en Amérique du Nord
Certains analystes ou recruteurs portent une attention particulière à la date de naissance d’un joueur lors de leur évaluation. Ce n’est pas une mauvaise stratégie parce qu’entre un joueur né tout juste avant ou tout juste après la date limite du 15 septembre, il peut y avoir près d’un an de développement en moins. Le cas de Harley est donc très intéressant quand on considère qu’il a disputé toute la dernière saison âgé de 17 ans seulement et qu’il n’atteindra la majorité qu’à la mi-août. Dans ces circonstances, ses statistiques offensives au sein d’une équipe médiocre sont tout simplement phénoménales : 58 points en 68 matchs après une première saison où il n’avait pu faire mieux que 15 points en 62 rencontres. De loin en tête des siens avec 47 aides cette année, Harley s’est donc hissé dans la conversation pour le premier tour du repêchage grâce à ses aptitudes offensives indéniables qui laissent présager un bel avenir si son jeu défensif peut aussi s’améliorer avec l’âge.

En effet, en termes de mobilité et d’aptitudes avec la rondelle, peu de défenseurs de la cuvée 2019 arrivent à suivre le défenseur des Steelheads. On pourrait nommer Bowen Byram et Philip Broberg, mais la liste s’arrête là. Ses statistiques sont impressionnantes, mais il faut regarder plus loin pour voir son potentiel absolu, surtout considérant la faiblesse de son équipe la saison dernière. Il a notamment terminé deuxième dans la conférence de l’est de la Ligue de l’Ontario pour le titre de meilleur patineur et joueur le plus intelligent en plus d’avoir remporté les honneurs comme joueur le plus amélioré et meilleur défenseur offensif. Ce sondage ayant été effectué auprès des entraineurs-chefs de la OHL, il s’agit de compliments plus qu’intéressants. 

Les lacunes de Harley viennent surtout de l’autre côté de la glace. En possession de la rondelle, il se rend encore coupable de trop de revirements, parfois même dans des situations ou la bonne décision semblait pourtant évidente. Il tente aussi à l’occasion d’en faire trop, plaçant ainsi son équipe dans une position difficile. Défensivement, il n’a pas toujours les bons réflexes en termes de positionnement et devra certainement ajouter du muscle pour contrer les attaquants adverses. À 6’3″, il s’agit là d’une question de temps uniquement, toutefois. Malgré ses carences défensives, le potentiel offensif de Harley demeure très excitant et le bon groupe d’entraineurs dans la LNH préférera certainement travailler avec lui pour retirer un peu du risque de son jeu spectaculaire que de tenter d’ajouter du panache au jeu offensif d’un défenseur qui en est dépourvu. Au final, on souhaite toujours voir une progression chez un jeune joueur et le départ des vétérans Nic Hague et Vili Saarijarvi pour les rangs professionnels a vraiment permis à Harley de s’affirmer comme défenseur numéro un à Mississauga à l’âge de 17 ans. Reste maintenant à voir s’il continuera de progresser à ce rythme, ce qui, vu son jeune âge, serait franchement effrayant pour les équipes qui auront levé le nez sur lui en raison de ses carences défensives. 

Montage des meilleurs moments de Harley (#48) cette année



 

Repêchage LNH 2019 – Bowen Byram

Repêchage LNH 2019 – Bowen Byram

Si Jack Hughes et Kaapo Kakko se disputent âprement le titre de meilleur attaquant de la cuvée 2019, la discussion pour le titre de meilleur défenseur est terminée depuis longtemps. Bowen Byram a connu une deuxième moitié de saison phénoménale pour se distancer de ses plus proches poursuivants pour cet honneur.

BOWEN BYRAM
Défenseur gaucher
6pi | 194lb | 13 juin 2001
Giants de Vancouver, WHL
2e patineur en Amérique du Nord
Après avoir donné un bel aperçu de son talent aux mondiaux U18 et au tournoi Hlinka-Gretzky en 2018, Byram a véritablement confirmé sa place comme meilleur arrière éligible au repêchage grâce à saison 2018-2019 absolument phénoménale. En tenant compte de la saison et des séries, le défenseur qui n’aura 18 ans qu’à la mi-juin a disputé 89 matchs en WHL, marquant 34 buts et ajoutant 63 aides pour un total exceptionnel de 97 points.  Au sein d’une équipe qui ne comptait qu’un autre marqueur de plus de 60 points (Davis Koch à 78), Byram a terminé l’année avec 71 incluant 43 depuis le 1er janvier, en 33 parties. Ses 26 buts en saison ont été un sommet dans le circuit pour les défenseurs tandis qu’aucun autre joueur de la Ligue de l’Ouest n’a amassé plus que ses 26 points en séries.

On n’obtient pas de telles statistiques sans talent, mais le faire en tant que défenseur à l’age de 17 ans démontre un niveau d’autant plus élevé. Le meilleur attribut de Byram est possiblement son coup de patin, lui qui semble se déplacer sans effort dans toutes les directions. Il atteint une excellente vitesse de pointe et est aussi à l’aise sans la rondelle qu’avec. Offensivement, ses passes sont précises, mais ce qui le démarque de la compétition est la facilité avec laquelle il peut transporter la rondelle pour la sortir d’une zone dangereuse et transformer le tout en une chance de marquer pour son équipe à l’autre bout. Une fois installé en attaque, Byram possède tout l’arsenal de tirs voulu chez un quart-arrière en attaque et prend généralement la bonne décision avec le disque plutôt que de n’avoir en tête que de tirer, comme certains joueurs de son âge. Son lancer des poignets est particulièrement bon et ferait rougir plusieurs attaquants de la LNH, ce n’est pas peu dire. Défensivement, son jeu est avant tout basé sur son coup de patin et son positionnement, mais il sait faire preuve de jeu physique au besoin et n’est pas à prendre à la légère lorsqu’il défend le devant du filet. Il est d’ailleurs très efficace pour couper les lignes de passe avec son bâton.

En observant Byram, on remarque que le jeune homme originaire de Cranbrook n’a pratiquement aucune faille à son jeu outre le classique besoin d’ajouter un peu à sa charpente en vue du jeu plus rude de la LNH. Mis à part cela, Byram a le potentiel d’être un défenseur de première paire à qui on confie de lourdes minutes soir après soir et dans toutes les circonstances. Sans nécessairement dire qu’il sera un jour récipiendaire du trophée Norris, on peut voir beaucoup du jeu d’un Drew Doughty quand on voit Byram a l’oeuvre, notamment par sa créativité offensive et par la facilité avec laquelle il passe de la défensive à l’offensive et vice versa. Il sera assurément choisi dans le top 5 le 21 juin prochain et transformera instantanément l’avenir défensif de la formation qui lui mettra la main dessus.

Montage des meilleurs moments de Byram en WHL cette année, incluant les séries



 

Repêchage LNH 2019 – Cam York

Repêchage LNH 2019 – Cam York

Le programme de développement de l’équipe nationale américaine vient de terminer ce qui a peut-être été la meilleure saison de son histoire et si ces succès devraient engendrer une tonne de jeunes attaquants pris au premier tour du repêchage (cinq sont classés confortablement dans le top 20 de la plupart des experts), un seul défenseur est pratiquement assuré de les y joindre : Cam York.

CAM YORK
Défenseur gaucher
5pi11 | 176lb | 5 janvier 2001
US-NTDP, USHL 
12e patineur en Amérique du Nord
Depuis quelques années, de plus en plus de joueurs nés dans le sud des États-Unis font leur entrée dans la LNH et le dernier en lice pourrait bien être York, qui a né et grandi dans la grande région de Los Angeles. Véritable quart-arrière de la formation américaine, le jeune défenseur a terminé au premier rang des pointeurs de son équipe chez les arrières avec 65 points en 63 rencontres, soit 20 de plus que le diminutif Domenick Fensore qui a pris le deuxième rang. Certes, au sein d’une formation qui misait sur les Jack Hughes, Alex Turcotte et Cole Caufield, pour ne nommer que ceux-là, les points étaient certainement plus faciles à obtenir. Il reste néanmoins que York était assez talentueux pour évoluer avec ces gars-là et bien performer aussi; il était à sa place sur la glace avec eux. 

Cam York est un excellent patineur, mais il n’est pas nécessairement le genre de défenseur qui transportera la rondelle d’un bout à l’autre de la patinoire à profusion. On remarque surtout la qualité de son patin par ses changements de direction et sa facilité à faire la transition de la défensive à l’offensive. Si son coup de patin l’aide énormément dans son jeu, c’est sa vision qui fait qu’il se démarque de ses pairs. York est un joueur très intelligent qui comprend bien ce qui se passe sur la patinoire; il est donc en mesure de prendre de bonnes décisions avec ou sans la rondelle. Sa première passe est possiblement la meilleure, sinon l’une des meilleures de la cuvée 2019 et il est à son aise en avantage numérique pour diriger la circulation et repérer ses coéquipiers à l’aide de ses excellentes habiletés de fabricant de jeu. 

Pour ce qui est des éléments à améliorer, York devra assurément ajouter de la masse à sa charpente afin de pouvoir contenir davantage les attaquants adverses devant le filet et le long des rampes, bien qu’il misera toujours avant tout sur sa mobilité et son positionnement en défensive. À cet effet, il est d’ailleurs assez efficace avec son bâton lorsque vient le temps de couper les lignes de passe bien qu’il pourrait être plus impliqué défensivement de façon générale. Offensivement, on ne peut lui reprocher beaucoup, mais s’il y a un endroit où sa prise de décision pourrait être meilleure, c’est pour ce qui est de choisir quand décocher un lancer. Il se rend encore trop souvent coupable de tirer sur les adversaires quand une ligne de passe était ouverte. On parle ici toutefois d’une lacune mineure à corriger pour un joueur aussi intelligent que lui et rien qui ne devrait le faire glisser lors du repêchage. À ce point-ci, il serait surprenant de voir York glisser hors du top 20 et il pourrait même être le deuxième défenseur choisi derrière Bowen Byram. Avant d’atteindre la LNH, il aura tout le temps de gagner en muscle alors qu’il rejoindra un très bon programme universitaire à l’Université du Michigan, où il pourra remplacer l’excellent Quinn Hughes, désormais avec les Canucks après deux excellentes saisons à Ann Arbor. 

Montage des meilleurs moments de York (#32) cette année



 

Repêchage LNH 2019 – Dylan Cozens

Repêchage LNH 2019 – Dylan Cozens

D’ici au 21 juin, vous verrez certainement à profusion la comparaison entre les deux gros centres de la Ligue de l’Ouest : Dylan Cozens et Kirby Dach. Les deux joueurs ont un gabarit similaire, sont nés à quelques semaines d’intervalle et ont tous deux présenté d’impressionnantes statistiques cette année. La grande question demeure toutefois… lequel sera choisi en premier au repêchage de la LNH?

DYLAN COZENS
Centre / Ailier droit
6pi3 | 180lb | 9 février 2001
Hurricanes de Lethbridge, WHL
5e patineur en Amérique du Nord
Nommé recrue de l’année dans la WHL en 2017-2018, Cozens a connu une année 2018-2019 encore meilleure. Le tout s’est amorcé avec une belle performance (cinq points en cinq rencontres) au tournoi Hlinka-Gretzky en août, puis avec des sommets dans toutes les catégories en saison (34 buts et 50 aides pour 84 points) et enfin avec un impressionnant total de neuf points en sept matchs au tournoi des moins de 18 ans en avril. Ses performances dans la WHL sont particulièrement impressionnantes, lui qui a pris la tête des pointeurs de l’équipe en plus de s’impliquer dans toutes les facettes du jeu.  

Très bon patineur, Cozens se démarque particulièrement quand on porte attention à ses changements de direction, excellents pour un joueur de sa taille. Cette agilité lui permet de se placer en position de marquer à sa guise et de gagner la fraction de seconde nécessaire pour décocher des tirs de partout. Ses 223 tirs le classent d’ailleurs au 2e rang chez les joueurs qui en sont à leur première année d’éligibilité au repêchage, tout juste derrière Connor Zary, qui a toutefois marqué 10 buts de moins malgré 4 lancers de plus. Défensivement, on remarque rapidement la maturité de Cozens; il est presque toujours au bon endroit et anticipe le jeu mieux que bien des joueurs plus âgés. Il est aussi très impressionnant sur les mises en jeu où il a maintenu un pourcentage de 49% cette saison en plus de 1000 tentatives. Finalement, son sens du hockey le sert autant en attaque qu’en défensive et combinée à ses attributs physiques, il fait de lui un espoir de premier plan qui devrait être choisi dans le top 10 du repêchage. 

L’attaquant originaire du Yukon est un joueur très complet qui a bien peu de failles à son jeu, mais malgré ses 50 mentions d’aide, il serait erroné de le qualifier de centre qui se spécialise dans la préparation de jeux pour ses coéquipiers. Il est avant tout un marqueur qui fait aussi très bien plusieurs choses. Une fois à maturité physique, Cozens devrait être un phénomène physique impressionnant, mais pour l’instant, il demeure trop élancé, ce qui le rend plus facile à séparer du disque. Il devra aussi améliorer sa constance, qui lui a fait défaut au cours de la saison et en séries. Il a en effet traversé une séquence de douze matchs où il n’a récolté que cinq points, puis en a amassé dans 15 matchs de suite. En conclusion, si certains le voient davantage à l’aile dans la LNH, pour moi il ne fait aucun doute que le futur de Cozens est au centre, où il pourra maximiser l’impact de son excellent jeu défensif et être un centre qui est une menace pour marquer en tout temps. D’ailleurs, son directeur général à Lethbridge a évoqué le nom de Jeff Carter pour le décrire et je dois dire que je suis assez d’accord avec cette comparaison, les deux joueurs présentant plusieurs similarités.

Montage des meilleurs moments de Cozens en WHL cette année



 

Repêchage LNH 2019 – Kirby Dach

Repêchage LNH 2019 – Kirby Dach

On aura beau dire que la LNH change et met l’accent sur la vitesse depuis quelques années, mais ce n’est pas de sitôt que les équipes cracheront sur les centres droitiers de 6’4″ aux habiletés de passeur indéniables. C’est ce qu’est Kirby Dach et ce sont ces aptitudes qui feront de lui un choix du top 10 cette année. 

KIRBY DACH
Centre
6pi4 | 198lb | 21 janvier 2001
Blades de Saskatoon, WHL
3e patineur en Amérique du Nord
Repêché tout juste après Peyton Krebs  lors du repêchage bantam de la WHL en 2016, Dach pourrait bien coiffer son rival lors de la séance de sélection du 21 juin prochain. Doté du gabarit rêvé pour un premier pivot dans la LNH, l’Albertain de 18 ans est actuellement l’attaquant canadien le mieux classé selon la majorité des publications et pourrait entendre son nom aussi haut que le troisième rang au total, après les excellents Jack Hughes et Kaapo Kakko. Statistiquement, il a connu une excellente deuxième saison en WHL, passant de 46 à 73 points, mais la principale amélioration est venue des buts où il a fait passer son faible total de 7 à 25. Sa fiche de 3 buts et 23 aides en avantage numérique démontre tout de même sa vraie nature : il est avant tout un fabricant de jeu.

Le physique de Dach le sert beaucoup dans son style de jeu, alors qu’il excelle en protection de rondelle le long des rampes et pour gagner du temps avant de rejoindre un coéquipier en position de marquer. Sa vision du jeu est excellente, tout comme sa prise de décision, lui qui se rend rarement coupable de revirements. Défensivement, Dach est très solide et pourrait très bien être un centre qu’un entraineur envoie sur la patinoire en infériorité numérique ou en fin de match pour défendre une avance contre les meilleurs éléments adverses. Sa longue portée le sert très bien et il comprend bien où il doit se placer pour que sa taille maximise sa couverture défensive. Au niveau junior, sa taille lui permet déjà de gagner la majorité de ses batailles pour la rondelle et il devrait continuer d’exceller dans cette facette au niveau suivant à mesure qu’il ajoute du poids à sa charpente.

En 2018-2019, Dach a beaucoup amélioré l’une de ses lacunes du passé, son lancer. C’est donc encourageant de penser qu’avec de l’effort et un bon entrainement, il pourrait aussi améliorer d’autres facettes de son jeu qui sont moins reluisantes, notamment son accélération, qui est dans la moyenne seulement. Il devra aussi redoubler d’efforts pour ce qui est du travail sur les mises en jeu, lui qui s’est maintenu à un piètre 41% lors de ses deux saisons dans la WHL. Son style de jeu et ses aptitudes font de lui le prototype parfait du centre sur un top 6, mais avec un aussi bas pourcentage, les entraineurs pourraient hésiter à lui confier les plus importantes responsabilités dans les moments importants. Heureusement pour lui, c’est une lacune qui se travaille très bien avec un bon enseignant. Finalement, pour un joueur de sa taille, Dach n’est pas le plus physique et il pourrait décevoir des amateurs qui s’attendent à voir une nouvelle version d’Eric Lindros, mais son jeu est avant tout basé sur la patience et le contrôle la rondelle, donc ce n’est pas tant une critique qu’une mise en garde à cet effet.  Dans tous les cas, Dach est presque assuré d’entendre son nom parmi les dix premiers choix du repêchage 2019 et sera un joueur très intéressant à suivre au cours des prochaines années. 

Montage des meilleurs moments de Dach en WHL cette année