La mise sous contrat de Cameron Hillis par le Tricolore hier a certainement rendu le principal intéressé très heureux, mais si on se fie à une récente entrevue de Marc Bergevin, elle sonne probablement le glas pour trois autres espoirs choisis en 2018. Tous choisis après Hillis (66e), les attaquants Allan McShane (97e), Cole Fonstad (128e) et Samuel Houde (133e) verront probablement leur parcours comme espoirs des Canadiens se terminer le 1er juin prochain.

En comparant leur progression respective, on peut voir des similitudes, mais également quelques différences importantes. Tout d’abord, dans le cas d’Hillis, la direction des Glorieux a probablement rayé sa saison 2018-2019, gravement handicapée par les blessures, afin d’évaluer sa progression. Ce faisant, on voit que le jeune homme est passé d’une saison de 59 points à une de 83, atteignant de nouveaux sommets pour les matchs joués, le différentiel, les buts, les aides et les points. Ces statistiques, combinées à un niveau d’effort soutenu et à un jeu défensif mature, ont certainement aidé à démontrer le potentiel qu’a Hillis d’évoluer au niveau suivant. Pour les trois autres, ce n’est pas aussi clair.

Allan McShane

Commençons avec McShane : l’organisation aurait probablement voulu voir une certaine progression dans sa production offensive alors que le jeune homme a enchainé des saisons de 69 et 67 points après une saison de… 65 lors de son année de sélection! Dans son cas, les habiletés de passeur et même le lancer ont toujours été de haut calibre, mais avec des lacunes en termes de constance, d’implication et de coup de patin, force est d’admettre qu’il a peut-être déjà plafonné. C’est dommage parce que McShane a un excellent « QI hockey », mais vu sa progression limitée dans les deux années suivant son repêchage, il serait surprenant de le voir mériter un contrat d’entrée dans la LNH.

Cole Fonstad

Vient ensuite Fonstad qui, lui, a montré une excellente progression sur le plan statistique, égalant d’abord le total de points (73) de son année de repêchage, mais en cinq matchs de moins avant de dépasser ce total en en amassant 74 après 60 rencontres lors de l’annulation de la saison des Silvertips, dans la Ligue de l’Ouest. Dans son cas, ce n’est donc pas le manque de progression qui fait défaut, mais le manque d’outils. Petit et pas particulièrement rapide, Fonstad excelle en avantage numérique au niveau junior alors qu’il a le temps de repérer ses coéquipiers et de les rejoindre grâce à d’excellentes aptitudes de passeur, mais il n’apporte pas vraiment de contribution sur le plan défensif. Au niveau professionnel, les joueurs avec ce profil ne sont pas légion et sont souvent limité à la Ligue américaine, sauf exceptions. Il serait donc surprenant de le voir se mériter un premier contrat professionnel avant le 1er juin.

Samuel Houde

Le dernier du groupe est certainement celui qui a montré la plus belle progression depuis sa sélection : Samuel Houde. Après des saisons de 32 et 43 points, le Québécois avait déjà atteint des sommets au niveau des buts (19), des aides (33) et des points (52) en seulement 44 parties avant de voir sa saison se terminer en raison d’une blessure au poignet, puis de l’annulation de la saison. À six pieds et misant sur d’excellentes aptitudes offensives au niveau des mains et de la créativité, Houde a montré de belles choses et son jeu défensif a aussi beaucoup progressé, mais en a-t-il fait assez? Fonstad et McShane ont produit plus, mais c’est le Québécois qui semble sur la plus belle trajectoire en termes de développement.

Une option envisageable?

Sachant que les Canadiens doivent respecter un maximum de 50 contrats octroyés et qu’ils viennent de mettre sous contrat Hillis et le Russe Arsen Khisamutdinov, les chances sont faibles pour que Houde s’entende avec l’équipe d’ici au premier juin. S’il n’est pas mis sous contrat d’ici là, Houde aura une chance d’être réclamé pour une deuxième fois au repêchage. À ce point-ci de sa carrière, je doute que cela se produise. Toutefois, si les recruteurs de l’équipe aiment toujours ce qu’ils voient chez le centre de 20 ans, serait-ce farfelu de considérer lui offrir un contrat de la Ligue américaine, comme ils l’ont fait pour Liam Hawel après une belle carrière dans la Ligue de l’Ontario? Après tout, les partisans aiment voir des Québécois au sein de l’organisation et un contrat du Rocket amène bien peu de risque!