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Paris F1: Un record pour Lewis Hamilton?

Paris F1: Un record pour Lewis Hamilton?

Comptant déjà six victoires en carrière à Montréal, Lewis Hamilton pourrait très bien profiter de l’édition 2018 de l’épreuve canadienne pour en obtenir une septième en 11 participations. Un tel exploit ferait en sorte qu’il égaliserait l’illustre Michael Schumacher qui détient le record du nombre de victoires sur le Circuit Gilles-Villeneuve, avec sept.

Malgré ses succès sur le circuit montréalais, les adversaires directs de Lewis Hamilton pourraient l’empêcher d’égaler la marque du Baron Rouge. Les premiers en lice sont les deux Red Bull qui ont affiché un rythme effarant lors des deux premières séances d’essais libres.

Voici d’ailleurs les résultats de la deuxième séance, disputée dans des conditions qui ressembleront vraisemblablement à celles qui prévaudront en course.

Max Verstappen est celui qui a dominé les deux périodes d’essais libres avec deux meilleurs temps très convaincants, lui qui a certaines choses à se faire pardonner. Malgré le désavantage que leur confère leur moteur Renault au niveau de la puissance et de la vitesse en ligne droite, les Red Bull arrivent à se battre avec les meilleurs. Cela était en quelques sortes prévisible en considérant les admirables qualités en termes de stabilité en virage des Red Bull. Avec la présence d’une troisième zone de DRS pour la première fois, les écuries peuvent régler leur monoplace en braquant davantage leurs ailerons pour produire plus d’appuis en virage. Comme l’aileron arrière est ensuite relevé en ligne droite trois fois par tour, la traînée générée à ce moment par la voiture se voit être diminuée. Avantage Red Bull à cet égard.

Ainsi, malgré la présence de quatre parties à plein régime – les moteurs des monoplaces roulent à plein régime pendant plus de 60% du temps – il est important de bien négocier les chicanes serrées et c’est dans ce département que Red Bull se démarque. Quant à Daniel Ricciardo, il n’a pu qu’effectuer 17 tours du circuit lors de la seconde période d’essais libres à cause d’un pépin électrique. Rien à craindre toutefois, il a pu retourner en piste et signer le troisième meilleur temps, à quatre dixièmes de seconde de son coéquipier.

Néanmoins, le déficit de puissance du moteur Renault pourrait leur faire mal lors des tours lancés de qualification, là où le rythme sur un tour fait foi de tout. En partant sur la deuxième ou la troisième ligne, il faudra une combinaison de circonstances pour qu’un de Ricciardo ou Verstappen puisse l’emporter dimanche comme, par exemple, un départ canon, l’arrivée de la voiture de sécurité à un moment opportun ou une meilleure utilisation des pneus relativement à leurs rivaux.

Parlons-en des pneus. Cette semaine, Pirelli apporte les mêmes gommes qui étaient disponibles lors du Grand Prix de Monaco.

À Monaco, malgré le fait que ces pneumatiques sont les plus tendres du spectre, plusieurs pilotes ont réussi à ne faire qu’un seul arrêt aux puits en utilisant l’hyper-tendre à flanc rose. Chose qui sera difficilement possible à Montréal, là où le circuit se veut davantage exigeant pour les pneus. Dépendamment des équipes, peut-être que certains pilotes iront pour une stratégie à deux arrêts sur ce tracé qui permet bien les dépassements alors que d’autres tenteront de minimiser les interruptions aux puits.

Il est écrit dans le ciel que Mercedes devrait faire partie de la seconde catégorie. Effectivement, c’est la seule écurie qui n’a toujours pas testé les gommes hyper-tendres à Montréal, ce qui est assez annonciateur de leur jeu. À Monaco, Mercedes n’a jamais réussi à bien les faire fonctionner de manière optimale. Dans le cas où le constat sera le même lorsqu’ils les sortiront pour la première fois samedi matin, pendant la troisième séance d’essais libres, vous pouvez parier que Lewis Hamilton et Valtteri Bottas tenteront de se qualifier à l’aide de la gomme ultra-tendre, celle au milieu du spectre disponible à Montréal.

Est-ce possible sans risquer une élimination hâtive? Regardons les données provenant des tests d’aujourd’hui. Les trois meilleurs temps enregistrés pendant les deux séances sont les suivants:

  1. Max Verstappen – Red Bull: 1:12.198 avec l’hyper-tendre
  2. Kimi Raikkonen – Ferrari: 1:12.328 avec l’hyper-tendre
  3. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:12.777 avec la super-tendre

Hamilton accuse un retard d’environ 0.6 seconde sur Verstappen, mais avec la gomme la plus dure. Il est ainsi très réaliste de voir Hamilton battre facilement les temps affichés par Ferrari et Red Bull à pneumatiques égaux. Les Mercedes sont donc les favoris pour obtenir la position de tête.

Ensuite, supposons que les Mercedes n’arrivent pas à bien faire fonctionner l’hyper-tendre en qualifications, un départ des monoplaces argentées en gommes ultra-tendres n’aura rien de dramatique pour eux, alors qu’ils ont affiché, de loin, les meilleurs temps au tour avec ces pneus avec une priorité de 0.324 seconde sur Kimi Raikkonen, leur plus proche poursuivant.

  1. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:16.012 avec l’ultra-tendre, longs relais
  2. Valtteri Bottas – Mercedes: 1:16.153 avec l’ultra-tendre, longs relais
  3. Kimi Raikkonen – Ferrari : 1:16.326 avec l’ultra-tendre, longs relais

Leur domination est encore plus importante avec la gomme la plus dure des trois, alors que Hamilton a augmenté sa priorité sur Verstappen à presque une demi-seconde.

  1. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:15.519 avec la super-tendre, longs relais
  2. Valtteri Bottas – Mercedes: 1:15.561 avec la super-tendre, longs relais
  3. Max Verstappen – Red Bull: 1:15.975 avec la super-tendre, longs relais

C’est donc dire que si Mercedes part avec les gommes ultra-tendres, ils tableront fort probablement sur une stratégie d’un seul arrêt qu’ils compléteront avec les super-tendres. À moins d’un désastre en qualifications ou en course, Lewis Hamilton devrait l’emporter haut la main.

À surveiller chez Mercedes: ils devaient amener à Montréal un tout nouveau moteur plus puissant que la mouture actuelle, mais ce dévoilement a plutôt été remis au Grand Prix de France, dans deux semaines, à cause d’un défaut décelé à temps. Ceci fait en sorte que les Mercedes utiliseront leur moteur pour une septième épreuve consécutive. Les dernières fois que Mercedes a dû prolonger l’utilisation de leur groupe propulseur contre leur gré, il a éclaté (Nico Rosberg en Italie, 2015 et Valtteri Bottas en Espagne, 2016).

Quant à Ferrari, ils ont connu une journée assez mitigée en ce vendredi ensoleillé. Kimi Raikkonen a très bien fait, tant au niveau des courts et longs relais, totalisant 70 tours sur le Circuit Gilles-Villeneuve. Il a continuellement talonné les meneurs au chronométrage sans toutefois les devancer. Du côté de Sebastian Vettel qui a actuellement 14 points de retard sur le meneur à la course au titre, la journée a été plus ardue. Il n’a jamais semblé confortable au volant de sa SF71H, surtout lors de la deuxième séance durant laquelle les mécanos ont longuement travaillé sur sa monoplace. Malgré tout, la Ferrari est intrigante cette fin de semaine. Vettel et Raikkonen bénéficieront d’une amélioration de leur moteur, ce qui pourrait bien leur donner l’avantage face à Mercedes et Red Bull en qualifications et en course. Leur châssis était déjà très compétitif auparavant et devrait le demeurer encore.

Il est de coutume pour Ferrari de cacher leur jeu lors de la journée du vendredi. L’équipe italienne a avoué qu’il leur manque des réponses pour la suite des choses. «Nous ne sommes pas loins, ,ême si je ne suis pas entièrement satisfait et qu’il y a encore du travail à faire» a dit Vettel au terme des essais. «En bout de compte, nous avons besoin de plus de temps pour établir un meilleur portrait de la situation. Nous resterons concentrés sur le travail à faire.»

Si on regarde leur meilleure qualification cette année, celle du Grand Prix de Chine, Vettel avait réussi à se qualifier en pole avec une avance vertigineuse de 0.58 seconde sur Hamilton. Pourtant, la veille, il n’avait jamais fait mieux que les huitième (!) et quatrième meilleurs temps lors des deux premières séances d’essais libres. Sans oublier que Vettel monte généralement son jeu d’un cran en qualifications.


Sebastian Vettel et Ferrari cachent-ils leur jeu ou tirent-ils vraiment de la patte cette fin de semaine? 

En bref:

  • Les Mercedes et Lewis Hamilton sont les favoris pour se qualifier en pole. (Cote de 2.00 sur Bet365)
  • Si Hamilton réussit à se qualifier avec l’ultra-tendre, ils pourront tenter d’exécuter un seul arrêt. Leur rythme avec les gommes les plus dures leur sera favorable et Hamilton pourra l’emporter, dimanche. (Cote de 2.20 sur Bet365)
  • Dépendamment de sa position à la fin des qualifications, Valtteri Bottas pourrait terminer sur le podium (Cote de 2.62 sur Bet365). Il a toujours eu de bons résultats à Montréal, c’est un circuit qui lui sied bien.
  • Si vous désirez y aller plus audacieusement, pariez sur les Red Bull. Avec une intervention favorable de la voiture de sécurité, une victoire de celui qui se qualifie mieux entre Daniel Ricciardo (Cote de 13.00 sur Bet365) et Max Verstappen (Cote de 6.00 sur Bet365) est très envisageable.

 

Un GP du Canada déterminant pour Red Bull

Un GP du Canada déterminant pour Red Bull

Pour la majorité des écuries qui participeront au Grand Prix du Canada cette fin de semaine, cette course en est une comme une autre. Alors que ces équipes tenteront de gruger le plus de points pour le classement au championnat du monde, une d’entre elles a un autre enjeu d’importance qui déterminera son futur en Formule 1. C’est le cas de Red Bull Racing.

Red Bull se retrouve dans cette situation parce que son accord avec le motoriste Renault tire à sa fin à la conclusion de la présente saison de Formule 1. Renault équipe Red Bull depuis la saison 2007. Le mariage entre les deux entités a toutefois mal viré récemment, particulièrement depuis 2014, année durant laquelle les nouveaux moteurs hybrides ont été implantés. Voyant que la mouture du groupe propulseur proposée par la compagnie française ne fait pas le poids face aux Mercedes et Ferrari, Red Bull a fait part de ses mécontentements de façon récurrente, salissant au passage la réputation de Renault, pourtant quadruple champion du monde avec l’écurie autrichienne entre 2010 et 2013.


Le directeur général de Renauld Cyril Abiteboul (gauche) et le clan Red Bull n’ont pas la meilleure des relations depuis 2014. 

Pour Red Bull, les moteurs Renault sont devenus les talons d’Achille de la monoplace. Moins puissants et plus lourds (!) que les groupes propulseurs proposés par Mercedes et Ferrari, ils handicapent la RB14 qui semble pourtant montrer le meilleur chassis. On l’a vu à Monaco, il n’y a pas mieux que la Red Bull en termes de stabilité et de performances en virages. Il ne leur manque que la puissance moteur pour rivaliser comme il se doit avec Mercedes et Ferrari, surtout en qualifications, là où le rythme sur un tour lancé importe.

Malheureusement pour les taureaux rouges, oubliez la possibilité que Mercedes ou Ferrari leur fournissent des exemplaires de leurs moteurs: ce serait l’équivalent de renforcer l’opposition! Il ne reste donc que deux choix à Red Bull.

1. Ils peuvent poursuivre avec Renault et espérer qu’ils arrivent à offrir un moteur performant d’ici 2021.

Même si le motoriste français en arrache depuis l’utilisation des moteurs hybrides, ils demeurent relativement acceptables et permettent aux Red Bull de lutter avec les ténors et les surpasser lorsque les conditions sont favorables. Toutefois, deux aspects négatifs sont à considérer.

D’abord, Red Bull n’est plus partenaire direct avec Renault comme ils l’ont été entre 2011 et 2015. Un partenariat direct est synonyme d’étroite collaboration entre l’écurie et le motoriste alors que le design de la monoplace et du moteur sont faits de concert. Depuis le retour de l’écurie Renault en 2016, Red Bull n’est plus le partenaire de prédilection du motoriste, ce qui n’est pas l’idéal lorsque le moteur joue un rôle aussi important dans la Formule 1 d’aujourd’hui.

Ensuite, Renault ne montre pas de signes d’amélioration significative. Alors que Ferrari et Mercedes enchaînent les améliorations moteur, Renault ne livre pas la marchandise en termes de performances pures. De plus, une partie de leur groupe propulseur, le MGU-K, un moteur-générateur électrique, est encore le même que celui qui a été conçu en 2016, plus lourd et moins efficace que ceux des compétiteurs. Pourquoi? Parce que Renault n’a jamais réussi à le développer en combinant performance et fiabilité. Et ceci est inacceptable pour une écurie championne du monde comme Red Bull.

Pour des explications au sujet du système de récupération d’énergie des Formule 1 hybrides, vous pouvez consulter ce lien en français

2. Tenter le tout pour le tout et faire un accord exclusif avec Honda

Honda? Le même Honda qui a fait couler la légendaire écurie McLaren entre 2015 et 2017? Ce même groupe propulseur, qualifié par Fernando Alonso de «moteur de GP2»? Pas tout à fait. Honda semble faire des avancées intéressantes comme le montrent les performances de l’écurie soeur de Red Bull, Toro Rosso.


Toro Rosso est la seule écurie qui utilise actuellement le groupe propulseur Honda

Effectivement, les performances offertes par le moteur conçu par la fameuse compagnie japonaise sont vivement à la hausse en 2018. D’abord, des essais hivernaux encourageants sans problème majeur ont laissé entrevoir une lueur d’espoir à l’approche de la nouvelle saison. Puis, Pierre Gasly y est allé d’une étincelante prestation à Bahreïn alors qu’il a terminé au quatrième rang, à la régulière. Le moteur Honda avait alors permis aux Toro Rosso de se distinguer sur les longues lignes droites du circuit de Sakhir tandis que la qualité de la monoplace dans la variété de virages que propose le tracé a fait son oeuvre.

Le principal revirement de situation est que la partie à combustion interne (le moteur à pistons lui-même) de Honda ne semble plus avoir de déficit flagrant de puissance. Effectivement, il est régulièrement arrivé de voir les Toro Rosso au sommet des tableaux pour les vitesses de pointe atteintes, devant des monoplaces motorisées par Renault. Par exemple, entre les Grand Prix de Chine de 2017 et de 2018, les voitures équipées d’un moteur Honda ont vu leur vitesse de pointe bondir d’environ 20 km/h, ce qui est considérable.

Grand Prix de Chine 2017 – Vitesses de pointe:
Fernando Alonso – McLaren Honda: 309 km/h (18e)
Stoffel Vandoorne – McLaren Honda: 317.5 km/h (16e)

Grand Prix de Chine 2018 – Vitesses de pointe:
Pierre Gasly – Scuderia Toro Rosso Honda: 339.5 km/h (5e)
Brandon Hartley – Scuderia Toro Rosso Honda: 333.2 km/h (12e)

Sachant qu’au Canada, Honda va amener une version améliorée de son moteur qui lui conférera une augmentation de 27 chevaux en termes de puissance, ils pourront prouver à Red Bull et au grand cirque de la Formule 1 qu’ils sont à prendre au sérieux. Toyoharu Tanabe, un directeur technique chez Honda a mentionné que «le circuit de Montréal est connu pour ses longues lignes droites, là où 60% du tour est parcouru à plein régime. Après les lignes droites s’enchaînent les virages lents, ce qui veut dire que la réponse de notre turbo devra aussi être cruciale.»

De plus, la combinaison proposée par Honda est plus légère et mieux adaptée pour une monoplace comme la Red Bull dont les forces résident dans une conception plus compacte et aérodynamique. Qu’en est-il du reste? L’an dernier, leurs moteurs avaient des sévères problèmes de vibrations qui causaient des bris dans le moteur, choses qui sont maintenant du passé. L’autre grand défaut du Honda réside dans la partie de récupération d’énergie de son groupe propulseur. À Melbourne, Pierre Gasly a dû abandonner pour cette raison, alors que les ingénieurs de Honda avaient décelé une anomalie avec le MGU-H du moteur.

Autrement, le choix japonais ferait du sens pour Red Bull. Exclusivité du partenariat pour eux et Toro Rosso, potentiel d’évolution plus élevé que celui de Renault et une simplification des moteurs sont plusieurs aspects qui pourraient leur redonner l’avantage en 2021. D’ici là, l’épreuve canadienne sera un banc d’essai parfait pour évaluer ce que Honda a à leur offrir. Sachant que Red Bull doit mettre leur pilote étoile Daniel Ricciardo sous contrat très prochainement et que les deux clans préféreraient connaître l’identité du motoriste avant de lancer les négociations de manière formelle, l’édition 2018 du Grand Prix du Canada risque d’être fort déterminant pour Red Bull.

Trois déceptions en ce début de saison

Trois déceptions en ce début de saison

Le Grand Prix du Canada qui sera disputé ce dimanche marquera la fin du premier tiers de l’édition 2018 du championnat mondial de F1. Alors que Lewis Hamilton, Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo sont les trois meneurs actuels à la course au titre mondial, trois autres pilotes font actuellement piètre figure.

Max Verstappen, Red Bull Racing, 6e avec 35 points

Bien que le jeune pilote néerlandais pointe actuellement au sixième rang du classement des pilotes avec 35 points cumulés en six courses, sa saison 2018 est probablement sa plus décevante en carrière relativement aux attentes qui lui étaient réservées. Malgré d’importants pépins mécaniques hors de son contrôle en 2017, Verstappen a connu une excellente fin d’année avec des victoires dominantes en Malaisie et au Mexique. Depuis, son étoile pâlit alors qu’il multiplie les erreurs depuis le premier Grand Prix de l’année.

Il a d’abord été trop agressif lors de la première épreuve alors qu’il tentait de dépasser Kevin Magnussen et est parti en tête à queue. Sur un circuit où il est compliqué de dépasser, Verstappen a donc terminé au sixième rang, aidé par l’abandon des deux Haas. À Bahreïn, il a d’abord fait une erreur de pilotage en dérapant en virage lors de son tour de qualification, puis a effectué une manœuvre douteuse aux dépends de Lewis Hamilton en course, ce qui a provoqué la crevaison de son pneu arrière-gauche, puis son abandon. En Chine, sa tentative de dépassement trop téméraire lui a empêché de terminer sur le podium alors que Red Bull aurait pu monopoliser les deux premières marches et a aussi grandement nuit à Sebastian Vettel.

Ça ne s’est pas amélioré à Bakou, là où il a fait la chose que toute écurie déteste le plus: entrer en collision avec son propre coéquipier. Tout le long de l’épreuve, Ricciardo et Verstappen ont joué au chat et à la souris et l’inévitable s’est finalement produit alors que Verstappen a changé de trajectoire une deuxième fois lors d’une manœuvre défensive, ce qui est proscrit par le règlement, à la suite du dépassement risqué de son collègue. Enfin, à Monaco, alors que les deux taureaux rouges étaient destinées à se qualifier en première ligne, Verstappen a bêtement fracassé sa monoplace sur les rails lors des essais libres du samedi matin. Résultat: il a dû s’élancer au dernier rang, alors que son coéquipier l’a emporté de brillante façon.

Le résultat net de tout ça est que Daniel Ricciardo a environ deux fois plus de points que Verstappen, chacun en ayant respectivement 72 et 35. Depuis, plusieurs ex-pilotes et commentateurs ont rossé le jeune pilote en l’implorant d’apprendre de ses erreurs et de jauger son agressivité au volant. C’est d’ailleurs le cas du champion 2016, Nico Rosberg.

Christian Horner, le directeur sportif de l’écurie Red Bull est du même avis. Au sujet de Verstappen, Horner a mentionné que «la seule personne qui pourra corriger ce problème est Max lui-même.» Il a aussi ajouté que lui et son jeune prodige «en discutent régulièrement». «Ce qui le frustre le plus est qu’il travaille plus fort que jamais et il sent qu’il en fait peut-être un peu trop actuellement.» C’est aussi ce qui est perceptible aux yeux des analystes et des partisans. Par exemple, lors de son accident sur le circuit monégasque, Verstappen n’avait pas à pousser à ce point-là lors de la troisième séance d’essais libres. Pourquoi risquer un accident alors que les Red Bull étaient en excellente posture pour réaliser un doublé?

Max Verstappen a le talent pour rivaliser avec les meilleurs et l’a déjà clairement démontré auparavant. La RB14 n’est clairement pas vilaine et avec une meilleur concentration et une gestion du risque plus modérée, le numéro 33 pourra retrouver la forme dès la course canadienne.

Stoffel Vandoorne, McLaren, 15e avec 8 points

À sa deuxième saison complète en Formule 1, Stoffel Vandoorne, déjà 26 ans, n’arrive pas à se démarquer au volant de la McLaren équipée du moteur Renault. Alors qu’il ne possède que huit petits points, son coéquipier Fernando Alonso en a déjà 32. Il est arrivé que Vandoorne joue de malchance mais plus souvent qu’autrement, le pilote belge n’arrive pas à se comparer avantageusement à son illuste coéquipier et double champion du monde de 2005 et 2006.


Stoffel Vandoorne, dans sa MCL-33.

L’an dernier, Vandoorne a réussi à se qualifier devant Alonso à seulement trois reprises en 19 occasions. Cette année? zéro en six. Bien que Vandoorne ne soit pas extrêmement expérimenté en Formule 1, ses performances commencent à inquiéter. Certains se demandent même s’il sera encore chez McLaren l’an prochain! Justement, l’écurie anglaise a un pilote prêt à remplacer le Belge dès l’an prochain s’il le faut. Il s’agit du jeune Lando Norris, huit ans plus jeune que Vandoorne, qui agit actuellement comme pilote de réserve pour McLaren et qui mène aussi le championnat de F2, circuit immédiatement inférieur au grand cirque de la F1.

Lors des essais privés d’Espagne, suivant le Grand Prix qui s’est tenu au même endroit, la verte recrue qu’est Lando Norris a battu le meilleur temps enregistré par Vandoorne lors des qualifications, ce qui est un exploit considérable.

Bien sûr, les conditions météorologiques, les conditions de piste et les pneus chaussés par Norris ont pu faire en sorte qu’il lui a été plus simple d’accomplir ce fait d’armes, mais n’empêche: Vandoorne doit déjà sentir la pression du jeune pilote anglais sur ses épaules. Et les effets commencent déjà à se faire sentir: lors du Grand Prix de Monaco, Vandoorne a senti que sa stratégie en course a été défavorisée au profit de celle d’Alonso, chose qui n’est jamais bon signe.

Romain Grosjean, Haas, 19e avec 0 point

La saison 2018 avait pourtant très bien commencé pour le pilote français alors qu’il avait réussi à se qualifier au septième échelon en Australie. Alors qu’il roulait en cinquième place lors de la course, une erreur de son équipe aux puits a provoqué l’abandon prématuré de Grosjean. Il était arrivé la même chose à son coéquipier Kevin Magnussen deux tours plus tôt. Ce dernier a toutefois réussi à enchaîner les performances encourageantes alors qu’il a grugé 19 points au championnat. 19 de plus que son coéquipier.


Romain Grosjean, contraint à l’abandon après son arrêt aux puits raté

En fait, la dernière fois que Grosjean a marqué des points, c’était le 8 octobre 2017 au Japon en terminant neuvième sur le circuit de Suzuka. Depuis, rien. Il y a bien eu les déboires de Haas en Australie, mais les cinq Grand Prix suivants n’ont guère été plus reluisants pour lui. En Azerbaïdjan, alors qu’il montrait une brillante sixième place après s’être élancé bon dernier, Grosjean a bêtement perdu le contrôle de sa monoplace et l’a projetée dans les murets…sous neutralisation de la course. Il a ainsi perdu huit points d’un coup.

Grosjean a atteint le fond du baril lors du premier tour du Grand Prix d’Espagne. Alors dixième sur la grille de départ, il a rapidement gagné deux positions mais a perdu le contrôle de sa Haas au troisième virage. Pour une raison inexpliquée, le pourtant expérimenté pilote a pesé massivement sur le champignon et a replacé sa monture directement sur la trajectoire des autres pilotes, provoquant un important accident et un imposant nuage de fumée. Grosjean a été lourdement sanctionné pour cet écart de conduite, écopant de trois places de pénalité au départ de l’épreuve de Monaco.

Naturellement, ses contre-performances ont alimenté les rumeurs énonçant un probable renvoi éclair de Grosjean, mais le patron de Haas, Gunther Steiner, a rapidement balayé le tout du revers de la main. «Nous n’en avons pas parlé une seconde dans l’équipe. Et je ne suis pas du genre à frapper quelqu’un à terre» a mentionné Steiner à la presse. Entre temps, le vétéran devra absolument se ressaisir car la lutte est intense dans le milieu de peloton. Chaque point perdu par Grosjean pourrait nuire au classement final de Haas, en bataille constante avec Renault, McLaren et Force India.

Un travail inachevé pour Daniel Ricciardo

Un travail inachevé pour Daniel Ricciardo

Comme à chaque année en Formule 1, la dernière fin de semaine du mois de mai est synonyme du Grand Prix de Monaco. Les vingt voitures des dix écuries participant au championnat mondial défileront dans les rues de la Principauté afin de mettre la main sur la victoire tant convoitée, particulièrement celle-ci. Alors que ce circuit énormément des virages serrés et un tracé sinueux, les qualifications font figure de moment primordial pour toutes les équipes qui désireront placer leurs montures favorablement sur la grille de départ. 

Voici les résultats de la séance de qualifications du Grand Prix de Monaco:

Les faits saillants de la séance de qualifications

Une deuxième chance pour Ricciardo

Jusqu’à présent, une écurie se distingue comme étant particulièrement efficace: il s’agit de Red Bull. Effectivement, lors des deux séances d’essais libres qui se sont déroulées jeudi, Daniel Ricciardo et Max Verstappen ont respectivement obtenu le premier et le deuxième meilleur temps chronométré. À l’occasion du 250e Grand Prix de l’histoire de l’excellente écurie autrichienne, Red Bull se positionne donc comme les favoris pour l’emporter dimanche. Sur un circuit où la puissance du moteur n’a pas son importance habituelle et où la maniabilité de la monoplace doit être exemplaire, Ricciardo et Verstappen ont tout pour maximiser le nombre de points accordés à Red Bull à la fin de ce prestigieux Grand Prix.

Malheureusement pour Red Bull, Max Verstappen est entré en collision avec le muret lors de la troisième séance d’essais libres et a lourdement endommagé sa monoplace.

Alors que ses mécanos s’affairaient à réparer sa monture, il n’a pas pu participer à la séance de qualification et partira ainsi au vingtième et dernier rang lors du Grand Prix de demain. Red Bull visait une première ligne complète mais ils n’ont pas pu compter sur leur pilote néerlandais. De l’autre côté du garage, Ricciardo a parcouru la piste à toute vitesse, établissant le record du tour avec un temps de 1:10.810. C’est la deuxième pole position du pilote australien, alors qu’il avait obtenu sa première à Monaco aussi, en 2016.

Ce rythme effarant affiché par les taureaux rouges est de bonne augure pour eux, mais particulièrement pour Ricciardo. En 2016, il avait enregistré la pole position avant de finalement terminer au deuxième rang le lendemain, à la suite d’une erreur ridicule de son équipe qui n’avait pas sorti les pneumatiques à temps pour son arrêt aux puits. Il a d’ailleurs dit aux caméras après la qualification à quel point il est «très content» de sa performance, mais qu’il ne sera pas satisfait tant qu’il ne repartira pas de Monaco «avec le gros trophée».

Les stratégies seront primordiales

Justement, les pneus risquent encore de jouer un rôle déterminant lors de la course. En Espagne, le changement des pneus apporté par Pirelli avait fait beaucoup jaser. À Monaco, Pirelli permet l’utilisation des trois gommes les plus tendres aux dix écuries, dont la nouvelle gomme hyper-tendre (oui, ces appellations commencent à être exagérées).

Étrangement, des informations contradictoires quant à la durabilité de ces gommes sont sorties lors des derniers jours. D’abord, le directeur de la division sportive de Pirelli a affirmé que dans le cadre du Grand Prix de Monaco, l’hyper-tendre pourrait être capable de résister à la distance totale de course, ce qui est très incroyable considérant que ces pneumatiques ont été conçus afin qu’ils soient utilisés majoritairement dans des conditions de qualifications sur les circuits qui montrent une faible abrasion, comme celui de Monte Carlo. Mario Isola a mentionné que «l’hyper-tendre devrait pouvoir courir 77 tours, sans arrêt» ce qui signifie que vraisemblablement, les pilotes n’auront besoin que d’effectuer un seul arrêt.

Pas si vite. Le lendemain, les pilotes Mercedes ont affirmé le contraire. Le journaliste Will Buxton a recueilli les commentaires de Lewis Hamilton et de Valtteri Bottas lors des essais du jeudi. Ils ont tous les deux indiqué qu’ils ne pensent pas que le pronostic de Pirelli est réaliste, estimant que les hyper-tendres ne pourraient que parcourir «six ou sept tours, au plus».

C’est donc dire qu’encore une fois, l’inconnu subsiste autour de l’utilisation optimale des pneumatiques. Dans un endroit comme Monaco où la position en piste et la stratégie font foi de tout – les trois derniers détenteurs de la position de tête n’ont pas réussi à l’emporter à cause de fautes stratégiques – il sera primordial de ne pas user de manière démesurée les gommes que chausseront les pilotes.

La stratégie optimale semble évidente: conserver les hyper-tendres le plus longtemps qui soit sans voir ses temps au tour décliner, puis rentrer aux puits dès que l’occasion se présente, comme lorsqu’une voiture de sécurité se déploie. La gestion de la circulation en course sera aussi cruciale. Retourner en piste avec des pneus neufs, mais derrière des voitures plus lentes serait contre-productif sur ce tracé, là où il est extrêmement ardu de dépasser.

Point d’interrogation chez Mercedes

Sachant cela, il était intéressant de voir les Mercedes tenter de se qualifier lors de Q2 à l’aide de la gomme ultra-tendre, la deuxième du spectre offert par Pirelli à Monaco. Effectivement, le top 10 prend le départ avec les pneus utilisés lors du meilleur tour enregistré en Q2. C’est peut-être révélateur du fait qu’ils usent beaucoup trop l’hyper-tendre et qu’ils ne pourront pas l’utiliser très longtemps. Dans le cas échéant, l’après-midi pourrait être difficile pour les Flèches d’Argent, alors qu’ils seraient forcés de chausser les gommes plus dures, moins performantes, pour une durée plus longue que leurs adversaires.

Du côté de Red Bull, vous pouvez parier que toutes les stratégies possibles seront analysées et qu’ils seront certains de bien préparer leurs arrêts pour ne pas que le scénario de 2016 se reproduise à nouveau. Malgré la très bonne tenue des Ferrari et de Sebastian Vettel, qualifié deuxième en ayant été le seul à offrir un semblant d’opposition à Ricciardo en qualifications, si le pilote Red Bull sort du premier virage en tête, les chances sont très élevées qu’il soit couronné au terme de l’épreuve monégasque.

Voici nos prédictions pour demain :

Pour la victoire:

  • Victoire de Daniel Ricciardo (cote de 1.22)

Autres:

  • Sebastian Vettel terminera devant Kimi Raikkonen (cote de 1.10)
  • Lewis Hamilton terminera devant Valtteri Bottas (cote de 1.12)
  • Fernando Alonso terminera devant Stoffel Vandoorne (cote de 1.22)
  • Carlos Sainz terminera devant Nico Hulkenberg (cote de 1.20)
  • Charles Leclerc terminera devant Marcus Ericsson (cote de 1.25)
Discorde entre Pirelli et Ferrari

Discorde entre Pirelli et Ferrari

Le Grand Prix d’Espagne de la semaine dernière a montré une domination totale de Lewis Hamilton et de Mercedes vis-à-vis ses plus proches rivales, en particulier Ferrari. La Scuderia n’a pu faire mieux qu’une quatrième position dans une épreuve dans laquelle ses monoplaces rouges n’ont jamais semblé être dans le coup. 

La raison principale de cette débâcle chez Ferrari a à voir avec les gommes de pneu offertes par Pirelli, le manufacturier officiel de la F1, et leur utilisation par l’écurie italienne. Étrangement, selon les performances offertes lors des dernières courses, Ferrari a mieux su gérer l’usure des pneumatiques, alors que Mercedes souffrait d’une plage d’opération optimale des pneus Pirelli trop petite relativement à ses adversaires. On l’a vu lors des qualifications en Chine: Mercedes n’a jamais réussi à bien exploiter les pneus, ce qui a permis à Ferrari de monopoliser très facilement la première ligne.

En fait, les problèmes expérimentés avec les pneus de Pirelli remontent aux essais hivernaux. Le circuit de Catalunya étant un tracé présentant des virages rapides, cela en fait un des circuits les plus exigeants pour les pneumatiques. En ajoutant à cela le fait que les voitures actuelles figurent parmi les plus efficaces du point de vue aérodynamique et que la surface de la piste a été entièrement refaite, il était clair que les voitures allaient pouvoir y battre des records. Justement, le temps de 1:18:441 enregistré par Daniel Ricciardo lors de la course est le record du tour absolu dans de telles conditions.

Des essais hivernaux déterminants

Retournons aux essais pré-saison. Justement, un phénomène inquiétant impliquant les pneumatiques survenait parmi plusieurs écuries, dont Mercedes. C’est la formation de cloques sur les pneus (en anglais, tire blistering). L’image qui suit montre l’apparence d’un pneu qui montre de tels dommages.


Des cloques se sont formées sur les pneus de la voiture de Valterri Bottas lors des essais hivernaux à Barcelone

Les cloques se forment généralement lorsque la monoplace parcourt à grande vitesse des virages nécessitant de grands appuis aérodynamiques, ce qu’on retrouve beaucoup en Espagne. À ce moment, la bande de roulement du pneu – pas le pneu lui-même – surchauffe, ce qui cause la formation de cloques à sa surface. Comme cette chaleur n’est pas transférée au cœur du pneu, les performances en adhérence sont faibles. De plus, puisque le circuit a été surfacé à neuf, le nouveau revêtement cause moins d’usure «conventionnelle» au pneu.

C’est donc dire que cette combinaison de facteurs aurait permis aux écuries d’utiliser les pneus plus longtemps qu’en temps normal, mais davantage assujettis à la formation de cloques par accumulation de chaleur dans la bande de roulement du pneu. Ainsi, Pirelli a pris la décision de réduire l’épaisseur de cet élément crucial du pneu, ce qui réduit la formation de cloques. Ce changement sera à nouveau en vigueur lors des Grands Prix de France et d’Allemagne, deux circuits à haute vitesse dont le revêtement a aussi été renouvelé récemment.

Le volte-face de Ferrari

Sebastian Vettel avait alors tourné au ridicule ces cloques sur les pneus des Mercedes, entre autres. Il avait alors estimé qu’il était «normal» que «chaque équipe tente d’inciter le manufacturier de pneus à fournir des gommes qui fonctionnent le mieux avec leur voiture» tout en ajoutant que Ferrari «trouve que Pirelli a fait un bon travail dans sa sélection de gommes». Néanmoins, toutes les écuries, y compris Ferrari, ont accepté le changement d’épaisseur expliqué plus tôt, tel que proposé par Pirelli.

«Mercedes n’a rien demandé de particulier. Cette idée provient de Pirelli après avoir constaté la formation de cloques sur les pneus durant les essais hivernaux. Oui, Mercedes a subi plusieurs de ces épisodes, mais d’une façon ou d’une autre, toutes les écuries ont aperçu ce phénomène sur leurs pneus» a expliqué un représentant du manufacturier italien. Toutefois, après le Grand Prix du Bahreïn, la position de Ferrari énoncée par le patron Maurizio Arrivabene a changé: ils étaient désormais contre le changement proposé par Pirelli. Or, la production des nouveaux pneus était déjà entamée, et la FIA a décidé, avec le support de Pirelli, de confirmer le changement d’épaisseur de la bande de roulement pour les courses d’Espagne, de France et d’Allemagne et ce, même sans l’unanimité des écuries impliquées.

Arrivabene a mis le feu aux poudres en émettant des commentaires et reproches envers Pirelli en Espagne, comme quoi ils auraient cédé aux pressions de l’écurie Mercedes quant au changement. Voyant à quel point Mercedes a dominé en qualifications et en course, la critique était facile, mais il n’en était rien.

Un Vettel posé et serein

La semaine suivant le Grand Prix de Barcelone, une séance d’essais permise durant la saison 2018 qui s’est aussi déroulée sur le circuit de Catalunya a tempéré les critiques de la Scuderia envers Pirelli. Rappelons que durant la course, Sebastian Vettel a été contraint à effectuer deux arrêts aux puits, contrairement à ses adversaires directs. Il a d’abord été pensé que cette stratégie douteuse qui l’a relégué du deuxième au quatrième rang a été le fruit d’une mauvaise estimation, mais Vettel a finalement avoué que Ferrari n’aurait jamais pu conclure le Grand Prix sans un second changement de pneu. «Nous ne réussissions pas à faire durer les pneus. Il était clair que nous devions retourner aux puits une deuxième fois, c’était la bonne chose à faire» a-t-il dit aux médias après la course.

À la suite des essais, le pilote allemand a finalement apporté son «soutien» à Pirelli en annonçant que même avec les pneus dont la bande de roulement est plus épaisse, Ferrari aurait été hors du portrait pour la victoire. Justement, les deux types de pneus ont été à la disposition des écuries et Ferrari a pu essayer à nouveau les deux gommes sur le même circuit et dans des conditions similaires. Le constat a été le suivant: les anciennes gommes s’usaient encore plus rapidement.

«Après ces tests, les résultats sont clairs […] Si les pneus « normaux » avaient été utilisés en course, nous aurions probablement été pires encore. Le choix de Pirelli était le bon et la faute nous revient» a énoncé Vettel, bon joueur. Optimiste, il croit que Ferrari aura les solutions pour résoudre ce problème: «c’est bien d’avoir ces tests à notre disposition pour comparer et je crois que nous avons quelques idées. C’est maintenant à nous d’agir.»


Maurizio Arrivabene et Sebastian Vettel ont émis des commentaires différents au sujet de la décision de Pirelli de changer les pneus pour le GP d’Espagne

Au final, le revirement de situation de Barcelone montre à nouveau que l’utilisation des pneus jouera un rôle prépondérant dans le déroulement du championnat mondial de Formule 1 en 2018. À présent, Mercedes et Ferrari ont, tous les deux, vécu des problèmes importants avec la plage d’utilisation des pneumatiques, à un moment ou un autre. Alors que Vettel est demeuré cordial dans ses propos, Maurizio Arrivabene a été assez cinglant, ce qui pourrait endommager la relation entre les deux compagnies italiennes et peut-être même entre Pirelli et le cirque de la Formule 1 lui-même.

 

Paris F1: le vent changera-t-il la donne?

Paris F1: le vent changera-t-il la donne?

Nous avons encore eu droit à une séance de qualifications pleine de rebondissements aujourd’hui, à Bakou. Le théâtre de la course la plus folle de 2017 réservera encore quelques surprises aux pilotes qui s’élanceront de la grille de départ demain, à 8h10 HAE. 

Pour une troisième course d’affilée en 2018, ce sera Sebastian Vettel qui s’élancera de la position de tête. C’est la première fois depuis 2013 que le pilote allemand réussit un pareil exploit. C’est aussi un fait inédit pour Ferrari en 10 ans.

Voici les résultats de la séance de qualifications du Grand Prix de Bakou:

Les faits saillants de la séance de qualifications

Une lutte à trois

Comme il a été mentionné dans le cadre de notre analyse, plus tôt cette semaine, il semble que les trois écuries de pointe soient assez proches entre elles pour espérer, à chaque Grand Prix ou presque, une bataille mettant en scène les trois meilleures équipes. Cela semble à nouveau être le cas à Bakou et ce, malgré le tracé atypique du circuit urbain de la capitale de l’Azerbaïdjan. Les chronos inscrits en Q3 le prouvent: le top 5 s’est classifié dans la même demi-seconde, alors que Kimi Raikkonen suit après, ce dernier ayant gaffé à la fin de son tour. N’eut été cette erreur, Raikkonen se serait certainement qualifié sur la première ligne, alors qu’il venait d’inscrire les meilleurs secteurs 1 et 2.

Même s’il s’est qualifié en pole position, Sebastian Vettel devra faire attention au duo de pilotes qui se trouve derrière lui car il sera suivi par Lewis Hamilton et Valtteri Bottas, les deux pilotes Mercedes. Alors que le coéquipier de Vettel s’est qualifié seulement sixième, son absence à l’avant de la grille laisse la voie libre à une attaque potentielle des Mercedes.

Rappelons-nous de la tactique chanceuse des Ferrari en Australie. Alors qu’Hamilton menait facilement la course, Ferrari a opté pour des stratégies différentes pour Raikkonen et Vettel, alors respectivement deuxième et troisième. Lorsque la voiture de sécurité est sortie, Vettel en a alors profité pour exécuter son seul arrêt, revenant du coup devant la Mercedes de Hamilton. Le scénario inverse pourrait se reproduire à Bakou, alors que Vettel est seul, sans défense, devant les deux Mercedes qui pourraient être tentées par l’utilisation de deux stratégies différentes pour empêcher une victoire Ferrari. Pour cette raison, il est difficile de prédire avec assurance une victoire de Sebastian Vettel, particulièrement parce qu’un revirement de situation peut survenir si vite à Bakou. Bottas l’a d’ailleurs mentionné avec justesse après la séance de qualifications.

La même tactique pourrait être utilisée par l’écurie Red Bull, alors que leurs deux pilotes sont bien placés aux quatrième et cinquième positions. Daniel Ricciardo, récent vainqueur du Grand Prix de Chine et dernier gagnant de la rocambolesque édition 2017 de la course de Bakou, cherchera à poursuivre sur sa lancée en menaçant dès le départ les trois pilotes devant lui. Son coéquipier Max Verstappen, à peine 83 millièmes de seconde plus lent que l’Australien, a bien des choses à se faire pardonner. Un sans-faute lors de la course de demain lui permettrait de se remettre en bonne posture pour le championnat.

Des conditions de courses spéciales

D’après Pirelli, le manufacturier de pneumatiques utilisés en Formule 1, le circuit de Bakou n’est pas très dur sur les pneus, ce qui fait en sorte que les gommes supertendres (flanc rouge) et tendres (flanc jaune) ne devraient pas s’user très rapidement. De plus, le niveau d’adhérence sur le circuit urbain est relativement faible, ce qui accroît l’importance de la température des pneus au départ.

Sachant tout cela, le départ de demain pourrait s’avérer intéressant. Voici la liste des trains de pneus qui seront utilisés par les pilotes qualifiés dans le top 10.

Les cinq meneurs débuteront donc la course chaussés de gommes plus dures que celles qui seront utilisées par les cinq pilotes suivants. Alors qu’un temps nuageux et frais est prévu pour demain à Bakou, l’avantage de gomme pourrait être plus importante que prévue au départ, ce qui pourrait rendre vulnérable un ou plusieurs pilotes du top 5, advenant un mauvais départ de leur part.

Autre particularité de la course de demain: du temps très venteux est prévu. Effectivement, des vents soutenus d’environ 50 km/h pourraient balayer la ville de Bakou, ainsi que des rafales pouvant atteindre les 74 km/h. Pour des voitures hautement aérodynamiques sensibles à la moindre perturbation de l’écoulement d’air autour d’elles, ce temps venteux sera particulièrement traître pour les pilotes, ce qui pourrait provoquer certaines erreurs involontaires, particulièrement en freinage et en négociation de virages.

Daniel Ricciardo confirme le tout, alors qu’il a mentionné après la qualification que «lorsque le temps est venteux, la voiture est horrible. Hier [NDLR: vendredi], il ventait peu mais aujourd’hui, la voiture était moins plaisante à conduire. Il vente beaucoup et il fera plus froid. Donc, simplement le fait de gérer convenablement les pneus sera un défi en soi et si nous y arrivons, je crois que nous avons une voiture qui pourra bien se conduire en course.»

Une chose est sûre: la course de demain offrira son lot de rebondissements, et certaines écuries comme Force India (Perez septième, Ocon huitième) et Williams (Stroll dixième, Sirotkin onzième) pourraient en profiter, elles qui montrent une forme bien meilleure que celle affichée dernièrement.

Voici nos prédictions pour demain :

Pour la victoire:

  • Choix le plus probable: Victoire de Sebastian Vettel (cote de 1.85)
  • Choix plus audacieux: Victoire de Valtteri Bottas (cote de 11.00)

Autres:

  • Sebastian Vettel terminera devant Kimi Raikkonen (cote de 1.13)
  • Kevin Magnussen terminera devant Romain Grosjean (cote de 1.35)
  • Fernando Alonso terminera devant Stoffel Vandoorne (cote de 1.22)
  • Esteban Ocon terminera devant Sergio Perez (cote de 1.60)