Stroll chez Force India dès 2019?

Stroll chez Force India dès 2019?

Selon Autobild Motorsport, le richissime homme d’affaires canadien Lawrence Stroll, père de l’actuel pilote Lance Stroll, serait sur le point d’acquérir totalement ou partiellement, l’écurie de Formule 1 Sahara Force India. Il n’a pas encore été indiqué si Stroll achètera la totalité ou une portion des parts de l’équipe actuellement basée en Angleterre.

Malgré les bons résultats de Force India et de ses pilotes actuels Esteban Ocon et Sergio Perez, l’écurie n’est pas en bonne santé financièrement parlant. Deux de leurs propriétaires actuels ont des démêlés avec la justice et ne peuvent plus gérer leur joujou comme il se doit. Subrata Roy est actuellement en prison, alors que Vijay Mallya ne peut quitter le Royaume-Uni, lui qui est poursuivi en Inde pour fraude fiscale, entre autres.

Un modèle basé sur Haas

Avec l’achat éventuel de Force India par Lawrence Stroll, il est clair que son fils qui évolue actuellement pour l’écurie Williams devrait logiquement changer d’écurie pour la saison 2019. Effectivement, Lance Stroll délaisserait l’écurie britannique pour se joindre à l’équipe fraîchement acquise par son père. D’ailleurs, le paternel a des plans intéressants pour Force India: il désire en faire une «écurie B» pour Mercedes en suivant le modèle à succès de l’écurie Haas. C’est donc dire qu’à la place de tout concevoir et construire dans l’écurie même, la nouvelle gestion de Force India ferait en sorte que l’écurie achèterait plusieurs pièces en provenance de Mercedes, par exemple, comme Haas l’a fait avec Ferrari avec ses boîtes de vitesses, ses suspensions et le groupe propulseur. Haas a aussi conçu son propre chassis, mais ce dernier est manufacturé par la compagnie italienne Dallara, question de réduire les coûts d’exploitation. Tel serait le modèle suivi par Stroll.

Stroll a suggéré ce modèle pour l’écurie Williams, mais les dirigeants de l’équipe ont refusé. Williams est une écurie indépendante fière de ses racines et de son histoire et ils ont simplement refusé le fait qu’ils deviennent une «écurie B» à Mercedes.

Ainsi, par l’acquisition de Force India, Lawrence Stroll pourra mettre son plan en exécution.

Qui complétera le duo?

Advenant la confirmation de cette acquisition-clé dans le monde de la Formule 1, il faudra confirmer l’identité du pilote qui sera aux côtés de Lance Stroll. Le paternel se dit ouvert à conserver Sergio Perez, le vétéran de sept saisons en F1, au sein de l’écurie, lui qui a déjà prouvé être rapide et fiable. S’il demeure en poste, il sera un coéquipier coriace qui pourra agir comme une bonne référence en termes de vitesse et de résultats en course.

Quant à Esteban Ocon, ce dernier aurait déjà un accord de principe conclu avec l’écurie Renault. Justement, les rumeurs de son changement d’écurie ont pris de la vigueur à Hockenheim, alors que Toto Wolff et Cyril Abiteboul, patrons respectifs de Mercedes et Renault, ont été régulièrement vus ensemble lors de la fin de semaine. Ces discussions paveraient alors la voie vers un prêt d’Ocon vers l’écurie française.

 

Un Grand Prix qui promet d’être chaud

Un Grand Prix qui promet d’être chaud

La dernière semaine n’a pas été chaude uniquement au Québec, mais aussi en Angleterre, là où les températures ont constamment dépassé les normales saisonnières lors des derniers jours. Cette tendance se poursuivra demain, alors que se tiendra l’épreuve anglaise du championnat du monde de Formule 1. 

Non, Les Dépisteurs n’ont pas changé leur vocation pour les prévisions météorologiques mondiales. Mais si l’emphase est mis d’entrée de jeu sur les conditions météorologiques lors de la course de dimanche, c’est parce qu’elles sont largement inhabituelles et qu’elles pourraient s’avérer déterminantes. Mais d’abord, voici les résultats de l’épique séance de qualifications à laquelle nous avons eu droit en ce samedi matin.

98 millièmes de seconde. C’est tout ce qui sépare le top 3 qui mènera le peloton à l’extinction des feux, dimanche. Lewis Hamilton a complété un tour d’anthologie pour pouvoir signer sa cinquantième pole position au sein de l’écurie Mercedes. Son deuxième secteur a tout simplement été fumant et c’est grâce à cette performance qu’il a pu devancer Sebastian Vettel, sur Ferrari, par 44 millièmes de seconde. Ce dernier, tout comme son coéquipier Kimi Raikkonen, ont offert une prestation de qualité et pourront grandement rivaliser pour la victoire demain.

Les quatre pilotes de ces deux principales écuries devraient se livrer une chaude lutte dans le cadre de la course. Effectivement, leur rythme respectif montré en qualifications montrent hors de tout doute qu’ils seront les seuls en course, dominant de manière éloquente le reste du plateau et il en est de même si on considère les temps au tour affichés lors du vendredi après-midi, pendant les simulations de course de chaque équipe:

  • Ferrari
  • Mercedes: +0.1 s/tour
  • Red Bull: +0.5 s/tour

Ainsi, à moins d’un revirement de situation majeur, il parait évident que les Ferrari et les Mercedes seront très proches en course.

Des conditions particulières

Sauf qu’il est clair que la chaleur pourtant non-caractéristique du climat estival anglais aura un impact important sur les résultats du Grand Prix de Silverstone. Habituellement, le climat dans cette région réserve au cirque de la Formule 1 une météo parfois active, perturbée par des averses de pluie, mais surtout des conditions fraîches qui permettent aux pilotes d’attaquer les virages rapides du circuit sans se préoccuper d’une usure excessive des pneus due à la température de piste.

Or, ce ne sera définitivement pas le cas en cette fin de semaine de juillet. Des conditions comparables à celles qui prévalaient aujourd’hui seront de nouveau en vigueur pour dimanche:

Avec des températures de piste surpassant les 50 degrés celsius, il est certain que les pneus seront fortement sollicités sur le tracé de Silverstone et ce, malgré le fait que Pirelli ait amené des gommes relativement dures pour cette fin de semaine.

Ainsi, pour la première fois depuis belle lurette, une stratégie de deux arrêts pourrait être de mise dans le cadre de la course de demain. Le pilote Red Bull Daniel Ricciardo l’a lui-même dit en conférence d’après-qualifications: «Nous n’avons pas utilisé deux trains de gommes tendres en Q2, donc nous pensons que si la course nécessitera deux arrêts, nous aurons au moins un autre train de gommes tendres à utiliser. La gomme dure et trop dure […] et je serais surpris s’ils [Ferrari et Mercedes] exécutent une stratégie d’un seul arrêt.»

Il a même révélé que les monoplaces Red Bull ont été réglées pour permettre de ménager les pneus arrières, ce qui peut nuire en qualifications, mais s’avérer être la juste décision dans le cadre d’une course qui s’annonce éprouvante. «La semaine dernière [en Autriche], nous n’étions pas mauvais en course, donc on ne sait jamais,» a-t-il mentionné, en faisant référence à la victoire de son coéquipier Max Verstappen. Les deux pilotes s’élanceront de la troisième ligne demain.

De plus, Kimi Raikkonen est du même avis que le pilote australien, alors qu’il estime que les Ferrari feront bonne figure malgré les hautes températures attendues:

Par le fait même, Raikkonen semble négliger l’effet des nouvelles gommes que Pirelli ont apportées pour les Grand Prix d’Espagne, de France et d’Angleterre, sur trois circuits récemment surfacés à nouveau et qui ont des virages négociés à haute vitesse. Ces différents pneus ont une bande de roulement plus mince ce qui diminue l’effet de rétention de la chaleur dans les pneus et par le fait même, réduit la formation de cloques à la surface de ceux-ci.

Alors que les Mercedes ont complètement dominé les courses d’Espagne et de France relativement à Ferrari, la chaleur attendue dimanche risque de mêler les cartes, les monoplaces rouges écarlates étant meilleures et plus douces avec leurs pneumatiques dans de telles conditions. On l’a bien vu la semaine dernière: alors que Lewis Hamilton a été contraint d’arrêter aux puits une seconde fois, les Ferrari de Vettel et de Raikkonen ont pu rallier l’arrivée avec un seul arrêt seulement et ce, tout en signant le meilleur tour de la course, gracieuseté du pilote finlandais.

Considérant que les Ferrari et les Red Bull ont encore un train de pneus tendres neufs à leur disposition, ce qui n’est pas le cas des pilotes Mercedes, ceux-ci pourront probablement chausser à deux reprises les meilleures gommes. Ajoutez à ceci le fait que les Ferrari pourraient bien exécuter deux stratégies différentes pour déstabiliser Hamilton, surtout si elles s’avèrent plus rapide sur la piste de Silverstone et ces maigres différences pourraient permettre à Vettel de surpasser Hamilton au fil d’arrivée et du coup, offrir une première victoire pour Ferrari en Angleterre depuis 2011.

Un mot sur Williams

Encore une fois, l’écurie basée à Grove autrefois performante est sortie de qualifications avec un large bonnet d’âne. Lance Stroll et Sergei Sirotkin n’auront jamais réussi à apprivoiser leur FW41 et ont continuellement dû se battre avec leur monoplace récalcitrante. Résultat: les deux Williams se sont retrouvées dans le bac à gravier, rapidement en Q1.

Après avoir investigué sur les causes de cette instabilité déboussolante, les autorités de l’écurie Williams en sont venues à un verdict. Paddy Lowe, directeur technique de l’écurie Williams l’a expliqué ainsi: «Dans le cas des deux sorties de piste, les voitures sont entrées en virage sans appui aérodynamique généré par le diffuseur […] C’est un phénomène causé en partie par l’activation du DRS.» Ouch.

En résumé, lorsque le DRS se désactive à la fin d’une ligne droite, l’écoulement de l’air se rattache au deuxième profil de l’aileron arrière et ce changement soudain dû à la fermeture rapide du DRS cause une instabilité aérodynamique au niveau du diffuseur, responsable d’une grande partie des appuis aérodynamiques qui permettent aux pilotes de négocier les virages à vitesse prévue.

Ce grave problème montre à quel point les Williams sont hors du portrait en 2018.

Nos prédictions pour la course:

  • Sebastian Vettel remportera le Grand Prix d’Angleterre. (Cote de 3.15 sur MOJ, 3.25 sur Bet365)
  • Lewis Hamilton terminera devant Valtteri Bottas (Cote de 1.14 sur MOJ)
  • Charles Leclerc terminera devant Marcus Ericsson (Cote de 1.20 sur MOJ)
  • Pierre Gasly terminera devant Brandon Hartley (Cote de 1.35 sur MOJ)
  • Nico Hulkenberg terminera devant Carlos Sainz (Cote de 1.30 sur MOJ)
  • Fernando Alonso terminera devant Stoffel Vandoorne (Cote de 1.25 sur MOJ)
Un Grand Prix de France intrigant

Un Grand Prix de France intrigant

Pour la première fois en dix ans, la France accueille une étape de championnat du monde de Formule 1 au circuit Paul-Ricard du Castellet, au sud du pays. 28 ans ont passé entre aujourd’hui et la dernière fois où des monoplaces de F1 ont parcouru le rapide circuit français.

Pour l’occasion, la journée a commencé sous une pluie intense lors de la troisième séance d’essais libres. Heureusement pour les pilotes, la pluie a cessé et seules quelques minimes averses se sont manifestées lors des qualifications, ce qui a fait en sorte que la piste était sèche en après-midi. C’est dans ces conditions que les deux Mercedes de Lewis Hamilton et de Valtteri Bottas ont réussi à se qualifier en première ligne.

Avant de poursuivre la couverture de ce qui s’est déroulé en qualifications, abordons rapidement le circuit français. Le circuit du Castellet est un circuit enchaînant longues lignes droites et courbes rapides. Après la longue ligne droite du Mistral, séparée par une chicane en son milieu, les voitures atteignent des vitesses avoisinant les 325 km/h avant de négocier le virage 10, appelé Signes, à plein régime.

Le tracé est impressionnant, certes, mais montre peu d’opportunités de dépassement, alors que la piste est relativement étroite par endroit. Effectivement, le circuit de Paul-Ricard a récemment été utilisé pour les essais privés des écuries et de Pirelli, ce qui explique la présence constante de très larges zones de dégagement. Pour ces raisons, il semble important d’avoir de bonnes qualifications afin de s’assurer d’une bonne position en course.

Pour l’occasion, Pirelli a amené ses gommes ultra-tendres (mauves), super-tendres (rouges) et tendres (jaune). La stratégie de course attendue est d’un seul arrêt et ce, malgré le haut niveau d’abrasion de la piste.

Première étape réussie pour Mercedes

Comme mentionné un peu plus tôt, les qualifications pourraient s’avérer primordiales pour la course de dimanche. Dans une telle optique, Mercedes ont tout fait pour monopoliser la première ligne et ont réussi leur mission du samedi. Lewis Hamilton a enregistré sa 75e pole position en carrière avec un temps de 1:30.032, à peine 118 millièmes de secondes plus rapide que son coéquipier Valtteri Bottas. Toute la fin de semaine, les Mercedes ont montré un rythme effarent, revigorées par le nouveau moteur qu’ils ont installé dans leurs monoplaces. La mise à jour du groupe propulseur qui devait être implantée à Montréal, il y a deux semaines, a finalement pu être installée en France. Sur un circuit aussi rapide, le changement va de soi.

Le patron de l’écurie Mercedes Toto Wolff a été éloquent après les qualifications. «Le point de mire était sur notre nouveau groupe propulseur, qui a pu être utilisé grâce à un effort exceptionnel de notre équipe à Brixworth, mais nous continuons à apprendre et à améliorer chaque partie de notre voiture. Ce travaille commence à payer,» a-t-il expliqué, optimiste pour la course de dimanche.

De l’aveu même des deux pilotes Mercedes, ils ont signé des tours «moyens» en Q3. Malgré leurs erreurs, aussi petites ont-elles été, leurs temps en qualifications et en essais libres laissent présager que leur forme sera possiblement aussi bonne en course aussi. Néanmoins, rien ne sera facile pour les Flèches d’argent. Wolff l’a bien compris, alors qu’il a mentionné que «la météo n’offre rien de certain pour demain» [NDLR: des averses isolées pourraient survenir durant l’épreuve, dimanche] tout en soulignant l’approche différente adoptée par leurs compétiteurs directs, Ferrari.

Des stratégies différentes: oui, mais… 

Parlons-en, de Ferrari. Sebastian Vettel, l’actuel meneur au championnat, s’est classé troisième pour la course après avoir affiché un retard de 371 millisecondes par rapport à Hamilton. Dans le cas des Ferrari aussi, leurs tours n’ont pas été fameux. Vettel a pu limiter les dégâts alors que Kimi Raikkonen, qui a gaffé à deux reprises, ne partira qu’au sixième échelon. Encore une fois, les Ferrari ont semblé manquer de rythme lors des essais libres, mais ils ont su remédier à la situation de brillante façon.

Contrairement à leurs compétiteurs, les deux pilotes Ferrari s’élanceront de la grille de départ chaussés de la gomme ultra-tendre, la plus performante du spectre offert par Pirelli tandis que les Mercedes et Red Bull vont partir avec les super-tendres. L’avantage de prendre le départ avec une gomme plus tendre est la meilleure performance des pneus au départ. Effectivement, les gommes les plus tendres montent plus facilement en température lors du tour de chauffe, par exemple, ce qui permet une adhérence supérieure à l’extinction des feux.

Les Ferrari se doivent donc d’avoir un bon départ et de capitaliser sur les lancements moyens potentiels des Mercedes et des Red Bull. Leur stratégie de partir sur les gommes les plus tendres nécessite un départ canon de leur part. Sinon, en restant coincé derrière les Mercedes et les Red Bull, Vettel et Raikkonen ne pourront mettre l’avantage des gommes les plus tendres à profit et les useront prématurément, à force de poursuivre leurs adversaires. Ainsi, ils seraient à risque de perdre leurs positions suite à la première séquence d’arrêts aux stands.

Peu importe la précarité de leur stratégie, Vettel demeure persuadé que les Ferrari ont leurs chances pour demain. L’écart en qualifications entre les Mercedes et les Ferrari se chiffre à quelques dixièmes de seconde au tour, mais en configuration de course, cette différence est virtuellement nulle. Le pilote allemand l’a lui-même dit en entrevue d’après-course: la Ferrari performe bien en configuration de course et le départ en ultra-tendres pourrait faire la différence pour l’écurie italienne.

L’écurie Red Bull en attente et réaliste

Malheureusement pour l’écurie au taureau rouge, la victoire ne semble pas être un objectif réaliste pour dimanche, s’il n’y a pas de précipitations au programme. Montrant la même stratégie de course que les fulgurantes Mercedes, il leur sera très difficile de les passer à la régulière. D’abord, la présence de Vettel entre les deux équipes rend la tâche plus compliquée, puis il faut dire que le déficit de puissance dû au moteur Renault n’aide pas les choses non plus.

Christian Horner, le directeur de l’écurie a simplement dit que «Mercedes est hors de portée, surtout avec les pneus qui conviennent parfaitement à leur monoplace sur cette surface.» Toutefois, il garde espoir de pouvoir se bagarrer avec les Ferrari. «Ils prendront le départ avec un différent type de pneu par rapport à nous. On espère que cette différence nous donnera des opportunités lors de la course,» a-t-il dit. Il a poursuivi en constatant que «le pneu avant-gauche subit de grandes contraintes sur ce circuit. Si le soleil et la chaleur font leur marque, il sera intéressant de voir laquelle des deux stratégies sera la meilleure.»

La tâche s’avère donc difficile pour Max Verstappen, qualifié quatrième, et Daniel Ricciardo, cinquième. Pour une écurie dont le moteur est moins puissant que celui de ses adversaires, l’importance des réglages aérodynamiques prend tout son sens. Alors qu’il était prévu que les deux pilotes Red Bull testeraient différentes combinaisons lors des essais du samedi matin, la pluie est venue contrecarrer leurs plans, les obligeant à garder leurs réglages tels quels, sans possibilité d’amélioration.

Ricciardo, par exemple, a opté pour des réglages favorisant de plus grands appuis que ceux de son coéquipier. Il sera donc légèrement désavantagé, particulièrement au niveau de la vitesse de pointe en ligne droite. Contre les Mercedes, ce choix ne pardonnera pas…à moins qu’il pleuve.

À surveiller

  • Charles Leclerc: le jeune monégasque de 20 ans a encore une fois épaté la galerie en qualifications. Il avait déjà obtenu son meilleur résultat au Canada avec une 13e place en qualifs, mais il vient d’enregistrer son premier top 8 à bord d’une modeste Sauber. Les points sont certainement à sa portée. «Hier, ce fut un désastre. La voiture n’était pas bonne et je conduisais mal. La nuit a fait son oeuvre, les ajustements ont été apportés et ce fut beaucoup mieux aujourd’hui.»

 

  • Romain Grosjean: le vétéran français n’a toujours pas le moindre point en cette saison 2018 et le temps commence à presser. Il a bien fait cette fin de semaine, affichant même le sixième temps à la fin de Q2!… avant de malencontreusement sortir de piste en Q3. Il partira dixième et pourra enfin s’offrir ses premiers points.

 

  • L’écurie McLaren: Après un début d’année encourageant, McLaren est tout simplement méconnaissable. Clairement, leur voiture n’arrive pas à suivre le rythme sur les circuits rapides comme Montréal et Paul-Ricard. Résultat: les McLaren ont été éliminées rapidement, dès Q1. Fernando Alonso a mentionné que «tout allait bien avec l’équilibre de la voiture aujourd’hui. C’est simple, nous n’étions tout simplement pas assez rapides pour passer à Q2.» Ouch.

 

Prédictions sugérées

  • Lewis Hamilton devrait aisément remporter le Grand Prix de France. (Cote de 1.35 sur MOJ, 1.44 sur Bet365)
  • Hamilton sera accompagné de Bottas sur le podium. (Cote de 1.57 sur Bet365)
  • Carlos Sainz terminera devant Nico Hulkenberg (Cote de 1.40 sur MOJ)
  • Max Verstappen terminera devant Daniel Ricciardo (Cote de 1.55 sur MOJ)
  • Sebastian Vettel terminera devant Kimi Raikkonen (Cote de 1.14 sur MOJ)
  • Pierre Gasly terminera devant Brandon Hartley (Cote de 1.22 sur MOJ)
  • Fernando Alonso terminera devant Stoffel Vandoorne (Cote de 1.22 sur MOJ)
  • Charles Leclerc terminera devant Marcus Ericsson (Cote de 1.14 sur MOJ)
Dossier Ricciardo: McLaren saute dans la mêlée

Dossier Ricciardo: McLaren saute dans la mêlée

Alors que Daniel Ricciardo n’a toujours pas de contrat pour l’année 2019 et les suivantes, les rumeurs de déménagement vont bon train au sujet de l’actuel pilote Red Bull. Va-t-il poursuivre avec l’écurie autrichienne ou sautera-t-il chez la performante écurie Mercedes ou la légendaire Scuderia Ferrari? 

Le meilleur pilote agent libre depuis des lunes pourrait empocher le pactole l’an prochain. Red Bull voudra certainement le conserver afin de préserver le compétitif duo Ricciardo-Verstappen au moment où ils feront leur transition vers le moteur Honda, suite à une lourd processus décisionnel de leur part. Du côté de Mercedes, tout dépend de ce qui adviendra de Lewis Hamilton qui, lui aussi, n’a pas encore de contrat valide pour 2019. Toutefois, dans son cas, il semble qu’un accord soit grandement imminent entre le quadruple champion du monde et l’écurie allemande. La situation est identique pour son coéquipier, Valterri Bottas, mais Mercedes semble très satisfaite de ses services et de la relation harmonieuse entre les deux pilotes. La venue de Ricciardo, un pilote propre mais très compétitif, pourrait ramener des tensions au sein de l’écurie Mercedes, chose qu’ils désirent éviter depuis 2016, alors que Nico Rosberg et Lewis Hamilton ont eu maille à partir plus souvent qu’autrement.

Chez Ferrari, l’embauche de Daniel Ricciardo prendrait tout son sens. D’abord, parce que Ricciardo a des origines italiennes, ce qui est toujours un «plus» intéressant pour l’écurie du Cheval Cabré. Les derniers pilotes italiens à avoir pris le volant d’une Ferrari ont été Giancarlo Fisichella et Luca Badoer en 2009, pour remplacer Felipe Massa suite à son accident en Hongrie. Sinon, il faut remonter en 1992 avant de retrouver le dernier pilote italien régulier avec Ivan Capelli. Avec un duo Vettel-Ricciardo, Ferrari alignerait, de loin, le meilleur duo de pilotes du plateau. Il y a toutefois un hic: Sebastian Vettel apprécie grandement son coéquipier actuel Kimi Raikkonen et certaines rumeurs font état du fait que Vettel aurait un droit de veto sur son coéquipier. Pourquoi voudrait-il de celui qui l’a complètement dominé en 2014, au sein d’une écurie Red Bull qui n’en avait pourtant que pour le pilote Allemand? Enfin, il faut souligner que tout pointe vers une promotion du pilote recrue Charles Leclerc, actuellement titulaire chez Sauber, vers la grande écurie, dans quelques années. Ses performances sont telles qu’il pourrait éventuellement s’aligner pour la Scuderia en 2020. Si Ferrari n’offre qu’un contrat à court terme à Ricciardo, accepterait-il?


Charles Leclerc et Sebastian Vettel, futurs coéquipiers? 

Un invité surprise dans les négociations

Alors que tout pointe vers un renouvellement de son contrat avec l’écurie Red Bull qui vient d’annoncer qu’elle poursuivra son aventure en Formule 1 avec le moteur Honda dès 2019, d’intéressants échos font part d’une offre surprenante de la part de l’écurie McLaren. Effectivement, selon Fox Sports Australia et Sports Bild, une publication allemande, l’écurie anglaise aurait offert un contrat qui s’échelonnera sur «plusieurs années» et qui rapporterait au pilote australien, la lucrative somme de 20 millions de dollars par année. Rappelons qu’actuellement, Ricciardo a un salaire d’environ six millions, comparativement à celui de son coéquipier Max Verstappen qui en gruge dix annuellement depuis cette saison. Parmi les exigences de Ricciardo dans le cadre de ses négociations avec Red Bull, il désire au minimum le statut égal avec Verstappen, tant au niveau monétaire que sportif. Chose qui ne devrait pas être difficile à obtenir de la part de Christian Horner et de Dr. Helmut Marko.

Le problème avec l’offre de McLaren, c’est surtout l’état actuel de l’écurie. Leur dernière victoire remonte à 2012, leur dernier podium date du premier Grand Prix de 2014 et depuis, les déceptions s’accumulent. Malgré le remplacement du moteur Honda avec une unité de Renault, McLaren est à des années-lumières en termes de performances relatives à Red Bull et Renault. Pour 2019, les perspectives d’améliorations pourraient être intéressantes, considérant qu’ils auront davantage de temps pour mieux adapter leur monoplace au moteur Renault, contrairement à ce qui a été fait cette année.

Toutefois, Red Bull bénéficie clairement d’un bien meilleur châssis que celui de McLaren et sachant qu’ils opteront volontairement pour le moteur Honda dès 2019, après mûre analyse de données techniques, pourquoi Daniel Ricciardo quitterait-il? Alors que le pilote australien a clairement statué qu’il prioriserait «les chances de remporter un championnat» par rapport à l’argent, l’offre de McLaren constitue un probable coup d’épée dans l’eau. Et du côté de l’écurie anglaise, le possible départ d’Alonso pour l’Indy Car en 2019 laisserait un trou béant dans son duo de pilotes, ce qui explique pourquoi ils sont si agressifs dans le dossier Ricciardo.


Fernando Alonso sera-t-il remplacé par Daniel Ricciardo? 

Notre prévision personnelle:

  • Chez Mercedes, à moins d’une importante surprise, l’alignement reste tel quel: Lewis Hamilton prolongera son contrat actuel et Valtteri Bottas demeurera son coéquipier.
  • Chez Ferrari, les rumeurs font état qu’ils désireraient monter bientôt Charles Leclerc dans la grande écurie. Un contrat à long terme coûteux pour Ricciardo n’est pas envisageable.
  • Chez McLaren, Fernando Alonso prendra probablement sa retraite de la Formule 1 afin de compléter la Triple couronne en Indy Car dès 2019.
  • Chez Red Bull, Daniel Ricciardo demeurera au sein de l’écurie autrichienne, fort d’un lucratif accord de plusieurs années. L’administration désire le garder et l’énonce clairement.

 

Paris F1: Un record pour Lewis Hamilton?

Paris F1: Un record pour Lewis Hamilton?

Comptant déjà six victoires en carrière à Montréal, Lewis Hamilton pourrait très bien profiter de l’édition 2018 de l’épreuve canadienne pour en obtenir une septième en 11 participations. Un tel exploit ferait en sorte qu’il égaliserait l’illustre Michael Schumacher qui détient le record du nombre de victoires sur le Circuit Gilles-Villeneuve, avec sept.

Malgré ses succès sur le circuit montréalais, les adversaires directs de Lewis Hamilton pourraient l’empêcher d’égaler la marque du Baron Rouge. Les premiers en lice sont les deux Red Bull qui ont affiché un rythme effarant lors des deux premières séances d’essais libres.

Voici d’ailleurs les résultats de la deuxième séance, disputée dans des conditions qui ressembleront vraisemblablement à celles qui prévaudront en course.

Max Verstappen est celui qui a dominé les deux périodes d’essais libres avec deux meilleurs temps très convaincants, lui qui a certaines choses à se faire pardonner. Malgré le désavantage que leur confère leur moteur Renault au niveau de la puissance et de la vitesse en ligne droite, les Red Bull arrivent à se battre avec les meilleurs. Cela était en quelques sortes prévisible en considérant les admirables qualités en termes de stabilité en virage des Red Bull. Avec la présence d’une troisième zone de DRS pour la première fois, les écuries peuvent régler leur monoplace en braquant davantage leurs ailerons pour produire plus d’appuis en virage. Comme l’aileron arrière est ensuite relevé en ligne droite trois fois par tour, la traînée générée à ce moment par la voiture se voit être diminuée. Avantage Red Bull à cet égard.

Ainsi, malgré la présence de quatre parties à plein régime – les moteurs des monoplaces roulent à plein régime pendant plus de 60% du temps – il est important de bien négocier les chicanes serrées et c’est dans ce département que Red Bull se démarque. Quant à Daniel Ricciardo, il n’a pu qu’effectuer 17 tours du circuit lors de la seconde période d’essais libres à cause d’un pépin électrique. Rien à craindre toutefois, il a pu retourner en piste et signer le troisième meilleur temps, à quatre dixièmes de seconde de son coéquipier.

Néanmoins, le déficit de puissance du moteur Renault pourrait leur faire mal lors des tours lancés de qualification, là où le rythme sur un tour fait foi de tout. En partant sur la deuxième ou la troisième ligne, il faudra une combinaison de circonstances pour qu’un de Ricciardo ou Verstappen puisse l’emporter dimanche comme, par exemple, un départ canon, l’arrivée de la voiture de sécurité à un moment opportun ou une meilleure utilisation des pneus relativement à leurs rivaux.

Parlons-en des pneus. Cette semaine, Pirelli apporte les mêmes gommes qui étaient disponibles lors du Grand Prix de Monaco.

À Monaco, malgré le fait que ces pneumatiques sont les plus tendres du spectre, plusieurs pilotes ont réussi à ne faire qu’un seul arrêt aux puits en utilisant l’hyper-tendre à flanc rose. Chose qui sera difficilement possible à Montréal, là où le circuit se veut davantage exigeant pour les pneus. Dépendamment des équipes, peut-être que certains pilotes iront pour une stratégie à deux arrêts sur ce tracé qui permet bien les dépassements alors que d’autres tenteront de minimiser les interruptions aux puits.

Il est écrit dans le ciel que Mercedes devrait faire partie de la seconde catégorie. Effectivement, c’est la seule écurie qui n’a toujours pas testé les gommes hyper-tendres à Montréal, ce qui est assez annonciateur de leur jeu. À Monaco, Mercedes n’a jamais réussi à bien les faire fonctionner de manière optimale. Dans le cas où le constat sera le même lorsqu’ils les sortiront pour la première fois samedi matin, pendant la troisième séance d’essais libres, vous pouvez parier que Lewis Hamilton et Valtteri Bottas tenteront de se qualifier à l’aide de la gomme ultra-tendre, celle au milieu du spectre disponible à Montréal.

Est-ce possible sans risquer une élimination hâtive? Regardons les données provenant des tests d’aujourd’hui. Les trois meilleurs temps enregistrés pendant les deux séances sont les suivants:

  1. Max Verstappen – Red Bull: 1:12.198 avec l’hyper-tendre
  2. Kimi Raikkonen – Ferrari: 1:12.328 avec l’hyper-tendre
  3. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:12.777 avec la super-tendre

Hamilton accuse un retard d’environ 0.6 seconde sur Verstappen, mais avec la gomme la plus dure. Il est ainsi très réaliste de voir Hamilton battre facilement les temps affichés par Ferrari et Red Bull à pneumatiques égaux. Les Mercedes sont donc les favoris pour obtenir la position de tête.

Ensuite, supposons que les Mercedes n’arrivent pas à bien faire fonctionner l’hyper-tendre en qualifications, un départ des monoplaces argentées en gommes ultra-tendres n’aura rien de dramatique pour eux, alors qu’ils ont affiché, de loin, les meilleurs temps au tour avec ces pneus avec une priorité de 0.324 seconde sur Kimi Raikkonen, leur plus proche poursuivant.

  1. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:16.012 avec l’ultra-tendre, longs relais
  2. Valtteri Bottas – Mercedes: 1:16.153 avec l’ultra-tendre, longs relais
  3. Kimi Raikkonen – Ferrari : 1:16.326 avec l’ultra-tendre, longs relais

Leur domination est encore plus importante avec la gomme la plus dure des trois, alors que Hamilton a augmenté sa priorité sur Verstappen à presque une demi-seconde.

  1. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:15.519 avec la super-tendre, longs relais
  2. Valtteri Bottas – Mercedes: 1:15.561 avec la super-tendre, longs relais
  3. Max Verstappen – Red Bull: 1:15.975 avec la super-tendre, longs relais

C’est donc dire que si Mercedes part avec les gommes ultra-tendres, ils tableront fort probablement sur une stratégie d’un seul arrêt qu’ils compléteront avec les super-tendres. À moins d’un désastre en qualifications ou en course, Lewis Hamilton devrait l’emporter haut la main.

À surveiller chez Mercedes: ils devaient amener à Montréal un tout nouveau moteur plus puissant que la mouture actuelle, mais ce dévoilement a plutôt été remis au Grand Prix de France, dans deux semaines, à cause d’un défaut décelé à temps. Ceci fait en sorte que les Mercedes utiliseront leur moteur pour une septième épreuve consécutive. Les dernières fois que Mercedes a dû prolonger l’utilisation de leur groupe propulseur contre leur gré, il a éclaté (Nico Rosberg en Italie, 2015 et Valtteri Bottas en Espagne, 2016).

Quant à Ferrari, ils ont connu une journée assez mitigée en ce vendredi ensoleillé. Kimi Raikkonen a très bien fait, tant au niveau des courts et longs relais, totalisant 70 tours sur le Circuit Gilles-Villeneuve. Il a continuellement talonné les meneurs au chronométrage sans toutefois les devancer. Du côté de Sebastian Vettel qui a actuellement 14 points de retard sur le meneur à la course au titre, la journée a été plus ardue. Il n’a jamais semblé confortable au volant de sa SF71H, surtout lors de la deuxième séance durant laquelle les mécanos ont longuement travaillé sur sa monoplace. Malgré tout, la Ferrari est intrigante cette fin de semaine. Vettel et Raikkonen bénéficieront d’une amélioration de leur moteur, ce qui pourrait bien leur donner l’avantage face à Mercedes et Red Bull en qualifications et en course. Leur châssis était déjà très compétitif auparavant et devrait le demeurer encore.

Il est de coutume pour Ferrari de cacher leur jeu lors de la journée du vendredi. L’équipe italienne a avoué qu’il leur manque des réponses pour la suite des choses. «Nous ne sommes pas loins, ,ême si je ne suis pas entièrement satisfait et qu’il y a encore du travail à faire» a dit Vettel au terme des essais. «En bout de compte, nous avons besoin de plus de temps pour établir un meilleur portrait de la situation. Nous resterons concentrés sur le travail à faire.»

Si on regarde leur meilleure qualification cette année, celle du Grand Prix de Chine, Vettel avait réussi à se qualifier en pole avec une avance vertigineuse de 0.58 seconde sur Hamilton. Pourtant, la veille, il n’avait jamais fait mieux que les huitième (!) et quatrième meilleurs temps lors des deux premières séances d’essais libres. Sans oublier que Vettel monte généralement son jeu d’un cran en qualifications.


Sebastian Vettel et Ferrari cachent-ils leur jeu ou tirent-ils vraiment de la patte cette fin de semaine? 

En bref:

  • Les Mercedes et Lewis Hamilton sont les favoris pour se qualifier en pole. (Cote de 2.00 sur Bet365)
  • Si Hamilton réussit à se qualifier avec l’ultra-tendre, ils pourront tenter d’exécuter un seul arrêt. Leur rythme avec les gommes les plus dures leur sera favorable et Hamilton pourra l’emporter, dimanche. (Cote de 2.20 sur Bet365)
  • Dépendamment de sa position à la fin des qualifications, Valtteri Bottas pourrait terminer sur le podium (Cote de 2.62 sur Bet365). Il a toujours eu de bons résultats à Montréal, c’est un circuit qui lui sied bien.
  • Si vous désirez y aller plus audacieusement, pariez sur les Red Bull. Avec une intervention favorable de la voiture de sécurité, une victoire de celui qui se qualifie mieux entre Daniel Ricciardo (Cote de 13.00 sur Bet365) et Max Verstappen (Cote de 6.00 sur Bet365) est très envisageable.

 

Un GP du Canada déterminant pour Red Bull

Un GP du Canada déterminant pour Red Bull

Pour la majorité des écuries qui participeront au Grand Prix du Canada cette fin de semaine, cette course en est une comme une autre. Alors que ces équipes tenteront de gruger le plus de points pour le classement au championnat du monde, une d’entre elles a un autre enjeu d’importance qui déterminera son futur en Formule 1. C’est le cas de Red Bull Racing.

Red Bull se retrouve dans cette situation parce que son accord avec le motoriste Renault tire à sa fin à la conclusion de la présente saison de Formule 1. Renault équipe Red Bull depuis la saison 2007. Le mariage entre les deux entités a toutefois mal viré récemment, particulièrement depuis 2014, année durant laquelle les nouveaux moteurs hybrides ont été implantés. Voyant que la mouture du groupe propulseur proposée par la compagnie française ne fait pas le poids face aux Mercedes et Ferrari, Red Bull a fait part de ses mécontentements de façon récurrente, salissant au passage la réputation de Renault, pourtant quadruple champion du monde avec l’écurie autrichienne entre 2010 et 2013.


Le directeur général de Renauld Cyril Abiteboul (gauche) et le clan Red Bull n’ont pas la meilleure des relations depuis 2014. 

Pour Red Bull, les moteurs Renault sont devenus les talons d’Achille de la monoplace. Moins puissants et plus lourds (!) que les groupes propulseurs proposés par Mercedes et Ferrari, ils handicapent la RB14 qui semble pourtant montrer le meilleur chassis. On l’a vu à Monaco, il n’y a pas mieux que la Red Bull en termes de stabilité et de performances en virages. Il ne leur manque que la puissance moteur pour rivaliser comme il se doit avec Mercedes et Ferrari, surtout en qualifications, là où le rythme sur un tour lancé importe.

Malheureusement pour les taureaux rouges, oubliez la possibilité que Mercedes ou Ferrari leur fournissent des exemplaires de leurs moteurs: ce serait l’équivalent de renforcer l’opposition! Il ne reste donc que deux choix à Red Bull.

1. Ils peuvent poursuivre avec Renault et espérer qu’ils arrivent à offrir un moteur performant d’ici 2021.

Même si le motoriste français en arrache depuis l’utilisation des moteurs hybrides, ils demeurent relativement acceptables et permettent aux Red Bull de lutter avec les ténors et les surpasser lorsque les conditions sont favorables. Toutefois, deux aspects négatifs sont à considérer.

D’abord, Red Bull n’est plus partenaire direct avec Renault comme ils l’ont été entre 2011 et 2015. Un partenariat direct est synonyme d’étroite collaboration entre l’écurie et le motoriste alors que le design de la monoplace et du moteur sont faits de concert. Depuis le retour de l’écurie Renault en 2016, Red Bull n’est plus le partenaire de prédilection du motoriste, ce qui n’est pas l’idéal lorsque le moteur joue un rôle aussi important dans la Formule 1 d’aujourd’hui.

Ensuite, Renault ne montre pas de signes d’amélioration significative. Alors que Ferrari et Mercedes enchaînent les améliorations moteur, Renault ne livre pas la marchandise en termes de performances pures. De plus, une partie de leur groupe propulseur, le MGU-K, un moteur-générateur électrique, est encore le même que celui qui a été conçu en 2016, plus lourd et moins efficace que ceux des compétiteurs. Pourquoi? Parce que Renault n’a jamais réussi à le développer en combinant performance et fiabilité. Et ceci est inacceptable pour une écurie championne du monde comme Red Bull.

Pour des explications au sujet du système de récupération d’énergie des Formule 1 hybrides, vous pouvez consulter ce lien en français

2. Tenter le tout pour le tout et faire un accord exclusif avec Honda

Honda? Le même Honda qui a fait couler la légendaire écurie McLaren entre 2015 et 2017? Ce même groupe propulseur, qualifié par Fernando Alonso de «moteur de GP2»? Pas tout à fait. Honda semble faire des avancées intéressantes comme le montrent les performances de l’écurie soeur de Red Bull, Toro Rosso.


Toro Rosso est la seule écurie qui utilise actuellement le groupe propulseur Honda

Effectivement, les performances offertes par le moteur conçu par la fameuse compagnie japonaise sont vivement à la hausse en 2018. D’abord, des essais hivernaux encourageants sans problème majeur ont laissé entrevoir une lueur d’espoir à l’approche de la nouvelle saison. Puis, Pierre Gasly y est allé d’une étincelante prestation à Bahreïn alors qu’il a terminé au quatrième rang, à la régulière. Le moteur Honda avait alors permis aux Toro Rosso de se distinguer sur les longues lignes droites du circuit de Sakhir tandis que la qualité de la monoplace dans la variété de virages que propose le tracé a fait son oeuvre.

Le principal revirement de situation est que la partie à combustion interne (le moteur à pistons lui-même) de Honda ne semble plus avoir de déficit flagrant de puissance. Effectivement, il est régulièrement arrivé de voir les Toro Rosso au sommet des tableaux pour les vitesses de pointe atteintes, devant des monoplaces motorisées par Renault. Par exemple, entre les Grand Prix de Chine de 2017 et de 2018, les voitures équipées d’un moteur Honda ont vu leur vitesse de pointe bondir d’environ 20 km/h, ce qui est considérable.

Grand Prix de Chine 2017 – Vitesses de pointe:
Fernando Alonso – McLaren Honda: 309 km/h (18e)
Stoffel Vandoorne – McLaren Honda: 317.5 km/h (16e)

Grand Prix de Chine 2018 – Vitesses de pointe:
Pierre Gasly – Scuderia Toro Rosso Honda: 339.5 km/h (5e)
Brandon Hartley – Scuderia Toro Rosso Honda: 333.2 km/h (12e)

Sachant qu’au Canada, Honda va amener une version améliorée de son moteur qui lui conférera une augmentation de 27 chevaux en termes de puissance, ils pourront prouver à Red Bull et au grand cirque de la Formule 1 qu’ils sont à prendre au sérieux. Toyoharu Tanabe, un directeur technique chez Honda a mentionné que «le circuit de Montréal est connu pour ses longues lignes droites, là où 60% du tour est parcouru à plein régime. Après les lignes droites s’enchaînent les virages lents, ce qui veut dire que la réponse de notre turbo devra aussi être cruciale.»

De plus, la combinaison proposée par Honda est plus légère et mieux adaptée pour une monoplace comme la Red Bull dont les forces résident dans une conception plus compacte et aérodynamique. Qu’en est-il du reste? L’an dernier, leurs moteurs avaient des sévères problèmes de vibrations qui causaient des bris dans le moteur, choses qui sont maintenant du passé. L’autre grand défaut du Honda réside dans la partie de récupération d’énergie de son groupe propulseur. À Melbourne, Pierre Gasly a dû abandonner pour cette raison, alors que les ingénieurs de Honda avaient décelé une anomalie avec le MGU-H du moteur.

Autrement, le choix japonais ferait du sens pour Red Bull. Exclusivité du partenariat pour eux et Toro Rosso, potentiel d’évolution plus élevé que celui de Renault et une simplification des moteurs sont plusieurs aspects qui pourraient leur redonner l’avantage en 2021. D’ici là, l’épreuve canadienne sera un banc d’essai parfait pour évaluer ce que Honda a à leur offrir. Sachant que Red Bull doit mettre leur pilote étoile Daniel Ricciardo sous contrat très prochainement et que les deux clans préféreraient connaître l’identité du motoriste avant de lancer les négociations de manière formelle, l’édition 2018 du Grand Prix du Canada risque d’être fort déterminant pour Red Bull.