Repêchage LNH 2020 – Les nominés sont…

Repêchage LNH 2020 – Les nominés sont…

La toujours très attendue loterie du repêchage de la LNH aura lieu ce soir, mais elle aura cette fois un format bien particulier. En effet, COVID-19 et séries élargies obligent, seulement 6 formations pourront remporter une place dans le top 3 ce soir… ou plutôt, savoir qu’elles l’ont fait!

Le format choisi pour la loterie fait effectivement en sorte que si l’une des sept pires équipes au classement (les Sharks ont toutefois échangé leur choix dans la transaction d’Erik Karlsson) l’emporte, nous le saurons immédiatement. Mais pour chaque formation classée entre les 8e et 15e échelons qui serait pigée, nous n’en connaîtrons l’identité que lors de la deuxième phase de la loterie. Entre temps, cette équipe sera identifiée par une lettre de A à H et donnera 12,5% de chance à chacune des huit équipes qui aura perdu son premier tour éliminatoire, s’il a bel et bien lieu.

En fait, chaque lettre pigée ce soir accordera ce pourcentage aux équipes éliminées du premier tour, qui seront alors toutes placées sur un pied d’égalité. Ce groupe compte toutes sortes d’équipes allant des aspirants légitimes comme les Penguins et les Maple Leafs aux équipes qui n’y ont pas du tout leur place comme les Canadiens et les Blackhawks en passant par tout ce qu’il y a entre les deux. Vu les petites chances de voir une lettre choisie et le côté aléatoire de la suite des choses si ça devait arriver, concentrons-nous plutôt sur les six formations déjà connues et assurées de choisir parmi le top 9 et sur ce qu’une victoire représenterait pour chacune.  

Les 6 équipes favorites

Red Wings de Detroit : 18,5%

Les Wings viennent de connaitre une saison de misère et méritent clairement le plus d’obtenir un joueur de la trempe d’Alexis Lafrenière. L’équipe compte de bons jeunes éléments comme Dylan Larkin, Anthony Mantha, Filip Hronek, Filip Zadina et Moritz Seider, mais n’ayant pas repêché dans le top 5 depuis 1990, ils sont à la recherche d’une véritable star enfin. N’importe quel joueur du top 3 leur donnerait cet élément, mais Alexis Lafrenière serait pour eux la pierre d’assise de leur reconstruction. 

Sénateurs d’Ottawa :  13,5% + 11,5% = 25%

Quel coup de chance pour les Sénateurs! Un an après avoir vu leur propre sélection aboutir dans le top 5 dans les mains d’une autre équipe (Bowen Byram au Colorado), voilà que, contre toute attente, le premier choix obtenu des Sharks dans l’échange d’Erik Karlsson leur garantit maintenant de choisir deux fois dans le top 6 et d’excellentes chances de parler deux fois parmi les trois premières équipes, du jamais vu depuis 1999 alors que les Canucks avaient mis la main sur les jumeaux Sedin. Les Sénateurs débordent de jeunes prometteurs tant dans la LNH (Tkachuk, White, Chabot) que dans la Ligue américaine (Batherson, Brannstrom, Formenton, Norris, Brown) et même chez les espoirs (Bernard-Docker, Bowers, Pinto, Thomson). Ce qu’ils n’ont pas, c’est un véritable joueur de concession et c’est ce que Lafrenière (ou Stutzle/Byfield, à moindre essiens) leur donnerait. La simple pensée de leur top 6 offensif futur s’ils devaient choisir deux joueurs du top 3 fera peur à tous dans la conférence de l’Est! D’un autre côté, la pensée d’Eugene Melnyk qui mort la poussière a quelque chose de réjouissant en soi. 

Kings de Los Angeles : 9,5%

Après deux coupes Stanley en trois ans, les dernières années ont été difficiles à Los Angeles. Anze Kopitar et Drew Doughty sont encore les leaders, mais l’équipe a amorcé une transition qui lui a permis de renflouer la banque d’espoirs, si bien qu’elle mise maintenant sur l’une des meilleures de toute la ligue. Alex Turcotte, Gabe Vilardi et Arthur Kaliyev sont tous de futurs joueurs du top 6, mais aucun n’a le potentiel d’un Lafrenière qui deviendrait le visage d’une concession qui a connu son lot de difficultés depuis quelques saisons. Il ne serait d’ailleurs pas le ailier gauche québécois à connaitre du succès chez les Kings…

Ducks d’Anaheim : 8,5%

Décidément, l’année n’a pas été facile en Californie… Les Ducks misent aussi sur l’une des meilleures banques de jeunes attaquants du circuit et l’ajout d’un Lafrenière, Byfield ou Stutzle serait presque injuste, mais on ne se cachera pas qu’Anaheim a besoin de réjouissances après avoir sérieusement décliné depuis leur coupe Stanley et les belles années du duo Getzlaf-Perry. Le capitaine est toujours là et apprécierait certainement le regain d’énergie qu’apporterait une jeune vedette, d’autant plus qu’avec les Steel, Comtois, Terry et Zegras, les Ducks ont déjà une tonne de potentiel en attaque. 

Devils du New Jersey : 7,5%

Certains diront qu’il serait injuste que les Devils remportent ENCORE la loterie après l’avoir fait en 2017 et en 2019, mais il faut avouer que la perspective de voir Lafrenière aux côtés de Nico Hischier ou Jack Hughes est emballante. Détenant deux autres choix au premier tour, les Devils frapperaient un énorme coup en s’assurant un choix du top 3 cette année, complétant pour ainsi dire leur reconstruction amorcée non-officiellement avec la retraite de Martin Brodeur. La défensive a encore besoin d’aide au New Jersey, si bien qu’un choix au 5e ou 6e échelon ne ferait pas aussi mal qu’à d’autres formations des bas fonds. Jake Sanderson et Jamie Drysdale sont deux espoirs défensifs au potentiel très élevé, mais gageons qu’ils ne sont pas l’objectif premier à Newark!

Sabres de Buffalo : 6,5%

Les Sabres sont un cas particulier, eux qui semblent avoir été en reconstruction depuis près de 10 ans sans grand succès. Entre Jack Eichel et Rasmus Dahlin, la fondation de l’équipe est excessivement prometteuse et l’ajout d’un Lafrenière serait carrément du luxe. Mais pour une équipe encore sous l’effet de congédiements massifs et de la main de fer (maladroite) des Pegula, cela pourrait représenter finalement le pas en avant qui amène l’équipe vers les aspirations des partisans, en droit de s’attendre finalement à des succès après des années de mauvaise gestion tant chez les joueurs qu’au niveau du personnel. Toute aide que l’équipe peut donner à Eichel sera la bienvenue, parce qu’avouons que même après avoir remporté Dahlin il y a deux ans à peine, les Sabres ont encore besoin de toute l’aide qu’ils peuvent trouver.

Et l’autre scénario? 

Les experts en mathématiques remarqueront que les pourcentages ci-dessus ne totalisent que 75,5%. En effet, l’autre 24,5% appartient aux équipes qui perdront le premier tour éliminatoire (play-in). Si une lettre devait être pigée dans la loterie, c’est donc dire que chacune des huit équipes qui perdront leur série aura une chance sur huit (12,5%) de remplacer la lettre pigée dans l’ordre de repêchage, soit aux rangs 1 à 3. Si deux équipes sont choisies, ce même tirage sera effectué à deux reprises et la même logique s’appliquera si trois lettres sont pigées. Vous comprendrez donc que pour une équipe comme les Canadiens, les chances sont minimes de repêcher dans le top 3 et sont d’abord conditionnelles à une défaite face aux Penguins… N’empêche que le spectacle serait bien meilleur si au moins une lettre devait être présentée par Bill Daly ce soir! L’espoir pourrait alors subsister pendant quelques mois encore! 

Patience avec Jack Hughes!

Patience avec Jack Hughes!

Pour plusieurs observateurs, Jack Hughes n’a pas su livrer la marchandise à sa première saison dans la LNH. Du moins, statistiquement parlant.

Avec 21 points en 61 parties, le jeune phénomène Jack Hughes a présenté l’une des saisons recrue les plus décevantes sur le plan des statistiques pour un premier choix issu du repêchage de la LNH. Vous n’aurez sans doute aucune difficulté à trouver des fans de hockey qui l’ont déjà identifié comme un joueur qui ne sera jamais suffisamment bon pour justifier cette sélection par les Devils du New-Jersey. 

En faisant le saut aussi rapidement chez les professionnels, Hughes s’est exposé à une certaine critique. Évoluant pour le programme de développement américain des moins de 18 ans (USNTDP) l’an dernier, la marche était plutôt haute dès le départ pour lui cette saison. Il est le premier joueur de l’histoire de ce programme à avoir gradué directement vers la LNH plutôt que d’évoluer au moins une saison dans le circuit universitaire de la NCAA (ou ailleurs). Ce n’est pas rien!

La clé dans le jeu de Jack Hughes a toujours été la manière qu’il puisse être dominant dans les jeux de transition. Profitant de son coup de patin élite, il peut faire mal paraître les patineurs les moins habile. Le jeune centre n’a pas connu que des mauvais moments cette saison puisqu’il a adapté cet élément de son jeu à la vitesse de la LNH. Il a pu démontrer, de matchs en matchs, son talent à l’intérieur des jeux de transition.

Hughes voit l’opportunité devant lui, profitant de l’espace avant d’attaquer le centre de la patinoire en entrée de zone.


Il prend possession de la rondelle dans son territoire et effectue les sorties et entrées de zones contrôlées, utilisant aussi sa vision du jeu pour reconnaître les bonnes opportunités de se faufiler au travers les joueurs adverses. Il n’est peut-être pas le plus fort physiquement, mais cela ne lui cause pas un problème majeur depuis ses débuts dans la LNH. Il n’est d’ailleurs pas du genre à être intimidé par le jeu robuste de toute manière, compensant son manque de maturité physique par son dévouement et sa capacité à se déplacer rapidement dans tous les sens pour se dégager de ses adversaires. 

Hughes prend la rondelle et recule au lieu de foncer vers l’entonnoir, démontrant toute sa patience avant d’effectuer la transition.


En zone offensive, Jack Hughes demeure très dynamique en possession du disque, ce qui a toujours été habituel chez lui. Il utilise son habileté à patiner, à changer de direction et à manœuvrer avec le disque pour créer des ouvertures. Cependant, dans certaines situations, il aurait intérêt à continuer de bouger avec la rondelle pour obtenir de meilleures lignes de passes. Il peut précipiter certains jeux avec une passe qui aurait pu être excellente un instant plus tard. Cela viendra avec l’expérience et son sens du jeu inné saura le guider dans cette progression. Il devra probablement aussi continuer de travailler et d’adapter son choix de jeu en attaque. Ce n’est pas qu’il n’est pas créatif, qu’il manque de vision ou de compréhension du jeu. Loin de là. C’est simplement qu’il a une très grande préférence à distribuer la rondelle à ses coéquipiers plutôt que de tirer, même lorsque le tir pourrait être la meilleure option disponible.

Hughes démontre son aisance à être en possession du disque et manoeuvre en territoire ennemi avant de prendre la décision de tirer.


Avec tout le dynamisme dans son jeu, Hughes doit et peut assurément ajouter un effet d’imprévisibilité à ses attaques. Il deviendra alors un joueur terriblement dangereux et difficile à contenir. Son tir n’est peut-être pas lourd, mais il est tout de même capable d’être précis. Même lorsqu’il n’est pas assuré de déjouer le gardien, un tir bien placé peut, par exemple, provoquer un retour de lancer et une chance de marquer initialement inexistante. Certaines de ses passes infructueuses auraient dû être un tir. Son habileté à effectuer des passes à haut risque peut lui jouer des tours parfois, il devra apprendre à gérer cet aspect avec le temps et à mieux choisir ses moments.

Hughes fait mal paraitre son adversaire avant de foncer en zone offensive et de servir un but à Nikita Gusev.


Pour revenir sur le positif dans son jeu cette saison, il faut noter le fait qu’il a été étonnamment plus efficace défensivement que la majorité des observateurs l’anticipaient. Il réussit à briser sa part de jeux en territoire défensif grâce, évidemment, à son superbe coup de patin et d’une bonne utilisation de son bâton, provoquant les reprises de possession et des relances de jeu rapide pour son équipe. Il a terminé au deuxième rang des Devils pour le nombre de revirements créés contre l’adversaire à 5 contre 5 (takeaways), à un seul de Nico Hischier qui en a eu 32. Soyons clair, il est tout sauf un futur gagnant du trophée Selke et ne sera probablement jamais le plus fiable défensivement dans son équipe. Cela n’empêche pas d’admettre qu’il y a des signes déjà positifs et réconfortants dans son jeu sans la rondelle. Sa volonté à s’impliquer est bien présente et visible. Lorsqu’il fait une mauvaise lecture du jeu initiale en zone défensive, il patine et compense rapidement.

Hughes profite de son agilité sur patin et d’un bon tir pour surprendre le gardien adverse.


L’adaptation aux réalités du jeu de la LNH prendra du temps pour Jack Hughes, mais les résultats viendront assurément dans son cas. Utilisé quelques fois à l’aile gauche de Nico Hischier et de Kyle Palmieri cette saison, c’est une option qui pourrait être payante pour lui à court terme. Hischier est un joueur complet et Palmieri est un franc-tireur. Son style de jeu et ses attributs font en sorte qu’il puisse contribuer à cette position avec eux. Voici d’ailleurs un peu à quoi ressemblaient les combinaisons les plus utilisées cette saison impliquant Jack Hughes:

Hall – Hughes – Palmieri
Zacha – Hughes – Simmonds
Hughes – Hischier – Palmieri
Wood – Hughes – Simmonds
Bratt – Hughes – Palmieri

Jack Hughes a plusieurs qualités recherchées chez un joueur de centre. Dans le pire des scénarios, on peut s’attendre à la possibilité de le voir se convertir en ailier qui se retrouvera dans l’élite des joueurs de la LNH pour les jeux de transition et de possession de rondelle. Toutefois, il ne faudrait pas s’emporter et croire qu’il ne pourra jamais produire offensivement. Un aspect important que les amateurs ne devraient sous-estimer c’est à quel point Jack Hughes est un fier compétiteur. C’est un trait qu’il partage aussi avec ses frères Quinn (choix des Canucks en 2018) et Luke (éligible en 2021). Ce n’est pas par hasard qu’ils sont parmi les meilleurs de leur âge respectif.

Restons calme avant de comparer Jack Hughes à Patrik Stefan. Le talent est bien présent et la patience saura récompenser éventuellement les Devils.

Hughes inscrit le but gagnant en prolongation avec un tir en finesse vers le côté opposé.
Qui est Ryan Graves ?

Qui est Ryan Graves ?

Comme vous le savez probablement déjà, le directeur-général des Canadiens de Montréal, Marc Bergevin a passé beaucoup de temps au Colorado ces derniers temps. Bien qu’il est souvent difficile de connaître les vraies intentions d’un DG qui se déplace, voilà que pour la 2e fois en moins d’une semaine, le réputé journaliste Adrian Dater, qui est à la couverture de l’Avalanche du Colorado depuis plusieurs années, a laissé entendre sur son compte Twitter que le DG du CH était plus qu’intéressé aux services du défenseur format géant, Ryan Graves. 

Acquis en février 2018 via une transaction avec les Rangers de New York, Graves est encore un inconnu ailleurs qu’au Colorado, mais sa formidable saison au côté de la jeune sensation Cale Makar commence à épater bien des gens autour de la ligue. La première chose qui saute aux yeux, mis à part son imposante stature (6”5 – 220lbs), est sa fiabilité défensive impressionnante pour un jeune joueur qui en est à sa première saison complète dans la grande ligue. 

Il est l’exemple typique du “stay at home defenseman” nouveau genre de la ligue nationale d’aujourd’hui, c’est à dire bonne mobilité (au dessus de la moyenne pour un joueur de son gabarit), bonne première passe, excelle dans sa zone, n’a pas peur de se salir les mains pour défendre ses coéquipiers quand il le faut et se sacrifie pour son équipe en bloquant nombreux lancer (122 jusqu’à maintenant). Statistique souvent sur-estimée par plusieurs, l’ancien des Remparts et des Foreurs dans la LHJMQ mène la LNH avec un différentiel incroyable de +42. Bien sûr, il profite d’une excellente attaque, ce qui rends facile l’augmentation de ce nombre, mais la vérité est que l’Avalanche a rarement pu mettre un alignement complet en santé sur la glace, ayant perdu Rantanen, Kadri, Landeskog pour plusieurs matchs à différents moments cette saison.

Offensivement, Graves connait l’une de ses meilleures saisons en carrière avec 24 points, plateau qu’il n’a atteint qu’à deux reprise, tous niveaux confondus. Les deux autres fois où il a franchi ce nombre, il a mérité les honneurs d’être sur l’équipe étoile de la coupe Memorial avec les Remparts de Québec en 2014-15, de même que sur l’équipe étoile de la AHL avec Hartford en 2015-16. Assez mobile pour joindre l’attaque en relance, sa plus grand qualité est toutefois son puissant tir. Il commence d’ailleurs de plus en plus à s’en servir, ce qui rapporte énormément cette saison, lui qui compte 8 buts à sa fiche (tous marqués à force égale). Cette arme pourrait faire de lui un outil sur un avantage numérique à moyen terme.

Quand on voit la saison qu’il connait, on est en droit de se demander pourquoi l’Avalanche voudrait échanger Graves. La vérité, c’est que l’équipe devra bientôt choisir entre lui et Nikita Zadorov lequel fait partie de ses plans à long terme, les deux étant sans contrat après la saison. Considérant les blessures subies en attaque et la réelle opportunité de faire du bruit dans l’Ouest ce printemps, l’Avalanche aurait tout intérêt à considérer échanger le plus solide des deux jeunes défenseurs, à savoir Graves, pour du renfort en attaque, ce dont l’équipe a bien besoin en ce moment.

On dit souvent que les défenseurs ont tendance à prendre plus de temps à éclore que les autres positions. À 24 ans, le joueur originaire de la Nouvelle-Écosse semble en pleine progression constante et il sera intéressant de voir si l’Avalanche cède à la tentation d’échanger le jeune arrière pour du renfort offensif. Si tel était le cas, gagez que les Canadiens seraient certainement parmi les premiers sur le cas du défenseur format géant!

Espoirs en mouvement – Bilan du 18 février 2020

Espoirs en mouvement – Bilan du 18 février 2020

À six jours de la date limite des échanges, plusieurs transactions ont été conclues dans la LNH, mais la plupart ont impliqué des choix au repêchage plutôt que des espoirs déjà sélectionnés. En fait, le seul échange en impliquant a vu les Rangers envoyer le défenseur Joey Keane aux Hurricanes en retour de l’attaquant québécois Julien Gauthier.

Julien Gauthier – 22 ans – Ailier

Ceux qui ont un intérêt pour la Ligue américaine de hockey savent déjà à quel point Julien Gauthier est tout près de devenir un joueur régulier de la LNH. Un puissant patineur, l’ailier droit de 6’4’’ est relativement rapide pour son gabarit, démontrant un bonne implication physique dans les batailles pour les rondelles libres. Cette saison à Charlotte, le 21e choix au total de l’encan 2016 a été le meilleur buteur du club avec 26 filets en 44 parties, soit le seul joueur de l’équipe au-delà des 20 buts. Cette récolte le place aussi au quatrième rang de la AHL en date d’aujourd’hui. Définitivement, il est l’un des dangereux marqueurs de ce circuit depuis deux ans et il aurait probablement mérité une vraie opportunité dans la grande ligue depuis belle lurette.

Il ne sera jamais considéré comme un spécialiste du jeu défensif et ne deviendra pas non plus un fabricant de jeu extraordinaire, mais il y a une chose que Julien Gauthier sait très bien faire : marquer des buts. Il possède un tir du calibre de la LNH et l’utilise à bon escient, donnant beaucoup de difficulté aux gardiens lorsqu’il décide d’attaquer la zone payante près des filets adverses. Puisque les Rangers risquent de bouger Chris Kreider d’ici la date limite des échanges, l’acquisition de Gauthier vient offrir un espoir qui est prêt pour la LNH et qui combine lui aussi un excellent tir à une physicalité dans son jeu. Classé au sixième rang dans notre analyse des espoirs des Hurricanes cet automne, on peut s’attendre à voir le jeune homme de 22 ans évoluer sur le top 9 des Rangers très rapidement, voire immédiatement.

Joey Keane – 20 ans – Défenseur droit

Ne vous sentez pas mal si le nom de Joey Keane ne vous est pas familier ; il fait tout juste ses premiers pas dans le domaine des espoirs pertinents. Choisi au 3e tour par les Rangers en 2018, il connait une éclosion inespérée dans la Ligue américaine, ayant été choisi pour le match des étoiles dès ses premiers pas chez les professionnels. En fait, il produit littéralement à un meilleur rythme dans la Ligue américaine qu’à aucun moment de sa carrière chez les juniors, c’est tout dire! Ses 30 points en 49 matchs à Hartford sont d’ailleurs bons pour le 4e meilleur total du circuit chez les arrières de première année.

De taille moyenne, le défenseur américain est à son meilleur en possession de la rondelle et lorsque vient le temps de relancer l’attaque pour son équipe. La première passe de Keane est excellente et il se rend très rarement coupable de revirements, prenant généralement la bonne décision avec le disque. Sa bonne mobilité et son anticipation font en sorte qu’il ne sera jamais considéré comme un fardeau en défensive, bien que cette facette de son jeu demeure en développement. S’il peut garder le cap, Keane devrait goûter à la LNH dès la saison prochaine, d’autant plus que les Hurricanes ont un excellent historique en ce qui a trait au développement des jeunes défenseurs depuis quelques années!

Espoirs en mouvement – Bilan du 17 février 2020

Espoirs en mouvement – Bilan du 17 février 2020

À l’approche de la date limite des transactions, nous savons que plusieurs choix au repêchage et joueurs changeront d’équipe. Si tous les amateurs connaissent les plus gros noms transigés, il est souvent moins aisé de savoir qui sont les espoirs qui changent d’adresse, surtout lorsqu’ils évoluent encore dans les ligues mineures. Cette série d’articles, qui se peuplera à mesure que les échanges seront complétés d’ici au 24 février, se veut donc un aperçu de ces prospects échangés.

Tyler Madden – 20 ans – Centre

Acquis des Canucks par les Kings dans l’échange de Tyler Toffoli, Madden occupait le 6e rang des espoirs de Vancouver lors de notre classement automnal, mais sa saison exceptionnelle dans la NCAA allait certainement lui faire gravir quelques échelons. Fort d’une saison de 19 buts et 37 points en 27 matchs et d’une participation au Championnat du monde de hockey junior, l’Américain occupe le 3e rang pour la moyenne de points par match dans le circuit universitaire américain moins de deux ans après avoir été un choix surprise au 3e tour en 2018.

Étonnamment, le fils de John Madden, récipiendaire du trophée Selke en 2001 ne démontre pas les mêmes aptitudes dans son territoire, mais compense par un instinct offensif très développé qu’il combine à de superbes habiletés avec la rondelle. Aussi adepte à préparer des jeux pour ses coéquipiers qu’à marquer, il s’est même bâti une certaine réputation pour marquer dans les moments importants. Encore très frêle à seulement 152 livres sur 5pi11, il pourrait nécessiter une troisième saison à l’Université Northeastern avant de faire le saut chez les professionnels l’année suivante. Somme toute, même s’il joint une excellente banque d’espoirs à Los Angeles, Madden devrait se trouver une place assez haute dans le classement de sa nouvelle équipe, possiblement même dans le top 5.

Nolan Foote – 19 ans – Ailier gauche

Ce n’est un secret pour personne, Tampa Bay veut un titre, mais l’échange d’un de leurs meilleurs espoirs alors qu’il était aussi près de la grande ligue a de quoi surprendre, surtout qu’il aurait pu être un superbe complément aux vedettes offensives de l’équipe. Nolan Foote n’aura pas eu la chance de côtoyer son frère Cal bien longtemps. Tampa Bay l’a en effet envoyé aux Devils en retour de Blake Coleman à peine 8 mois après l’avoir choisi au 27e rang du dernier repêchage. Un ailier de puissance qui occupait le 2e rang des espoirs du Lightning selon notre plus récent classement, Foote a hérité du gabarit de son père Adam, mais aussi de bien meilleures habiletés offensives.

De ses 36 buts l’an dernier, beaucoup ont été réussis grâce à son excellent lancer des poignets, surtout en avantage numérique où il est une menace constante. Pas le meilleur patineur, il devrait néanmoins représenter un complément parfait à Nico Hischier ou Jack Hughes, deux centres qui adorent transporter le disque et mettre la table pour leurs ailiers. De son côté, Foote pourra leur donner de l’espace grâce à son imposant gabarit de 6pi4 et à son jeu inspiré le long des rampes.  À peine âgé de 19 ans, l’attaquant en est à sa 4e saison complète dans la Ligue de l’Ouest, de loin sa meilleure, et il devrait faire le saut chez les professionnels dès l’an prochain, possiblement même dans la LNH vu son physique et son style de jeu déjà assez matures. Il a certainement sa place parmi les cinq meilleurs espoirs des Devils, possiblement même au troisième échelon.

David Quenneville – 21 ans – Défenseur droit

À la recherche d’un vétéran défenseur pour leur brigade, les Islanders ont acquis Andy Greene des Devils en retour du jeune défenseur David Quenneville et d’un choix de deuxième tour. Pas du tout comparable aux deux autres espoirs vus dans le présent article, l’arrière de 21 ans a possiblement été inclus davantage pour libérer un contrat chez les Islanders que parce que les Devils le voulaient réellement. Auteur de trois excellentes saisons offensives dans la Ligue de l’Ouest, dont une de 26 buts et 80 points, le défenseur de 5pi8 a passé toute sa première saison professionnelle dans la ECHL avant de partager la seconde entre cette ligue et la Ligue américaine, où il est régulier depuis la fin du mois de novembre.

Pour un défenseur de sa taille, s’il ne produit pas offensivement, ça sera très difficile de garder un poste chez les professionnels, d’autant plus que son coup de patin est dans la moyenne, sans plus. Souvent dépassé défensivement, Quenneville devra montrer qu’il a plus d’une facette à son jeu ou bien sa carrière LNH disparaitra avant d’avoir vu le jour. Avec encore une saison à faire à son contrat d’entrée, tout espoir n’est pas perdu, mais il serait très surprenant de le voir un jour atteindre la grande ligue. Une carrière en Europe est bien plus probable dans son cas.

CMHJ 2020 – Les joueurs à surveiller

CMHJ 2020 – Les joueurs à surveiller

Pour bien des amateurs de hockey, le temps de fêtes rime avec la présentation du Championnat mondial de hockey junior. Il représente ainsi un bon moment pour suivre les vedettes de demain dans la LNH.

Chaque année, le CMHJ présente des moments effervescents qui resteront gravés dans la mémoire des fans du monde du hockey. Comme à chaque édition, plusieurs joueurs méritent une attention particulière pour une raison ou une autre. Afin de se familiariser un peu avec ces espoirs présents, voici une liste de 10 joueurs à surveiller durant le tournoi.

Cole Caufield
États-Unis | Ailier droit
15e au total par Montréal en 2019

« Goal » Caufield n’a plus besoin de présentation. L’espoir qui dégaine plus vite que son ombre aura l’occasion de jouer un rôle prédominant au sein de la formation américaine. Présentement, il est le joueur de la NCAA ayant la meilleure moyenne de points par matchs (1,11) parmi les joueurs repêchés en juin dernier dans la Ligue Nationale de Hockey. Proactif dans sa prise de décision sur la patinoire, Caufield fait la démonstration de son grand talent de marqueur à chaque fois qu’on lui en donne l’occasion. Il brille à chaque opportunité qu’il a de représenter son pays dans une compétition internationale et on peut s’attendre à la même chose lors des prochains jours.

Yaroslav Askarov
Russie | Gardien
Éligible au repêchage de 2020

Vous êtes fan de gardiens de buts et ne connaissez toujours pas Yaroslav Askarov? Assurez-vous de pouvoir admirer le talentueux cerbère, lui qui a la réputation de pouvoir gagner des parties à lui-seul. Possédant un esprit très compétitif, il excelle pour suivre les trajectoires de la rondelle devant lui et de ne pas se compromettre afin de couvrir ses angles. Il a d’ailleurs permis à la Russie de remporter la médaille d’or à la Coupe Hlinka cet été et il sera très difficile de ne pas lui faire confiance pour le Championnat mondial junior. 

Tim Stützle
Allemagne | Centre
Éligible au repêchage de 2020

Prévu dans le top 10 du prochain repêchage de la LNH, Stützle sera la tête d’affiche de l’attaque allemande pour le tournoi. Il évolue présentement dans la ligue professionnelle en Allemagne et a récolté 23 points en 25 parties. Il ne cesse d’attirer l’attention du monde du hockey par ses habiletés, notamment son rapide coup de patin. C’est un excellent fabricant de jeu qui est aussi capable de marquer des buts qui sauront se retrouver dans les jeux de la semaine. Le jeune qui aura 18 ans au cours du mois de janvier devra être à son meilleur pour permettre à sa nation de faire belle figure durant le tournoi.

Lucas Raymond
Suède | Ailier gauche
Éligible au repêchage de 2020

L’un des plus bels espoirs du prochain repêchage. Lucas Raymond est habitué de bien performer sur la scène internationale, lui qui a notamment eu un rôle important dans la conquête de l’or par la Suède aux Championnats du monde des moins de 18 ans. Il a un coup de patin excellent, lui permettant notamment de battre ses adversaires lors des premières enjambées. Il est très créatif et peut être très spectaculaire en possession du disque. Bien que son utilisation moindre avec Frõlunda dans la SHL cette saison puisse laisser sur son appétit, le jeune tire tout de même son épingle du jeu avec les occasions qu’il a. Capable de jouer sur les deux ailes, Raymond pourrait profiter du CMHJ pour solidifier sa place dans le top 5 des projections du repêchage 2020.

Rasmus Kupari
Finlande | Centre
20e choix au total en 2018 par Los Angeles

Le joueur de centre a fait ses débuts en Amérique du Nord cette saison, amassant huit points en 27 parties dans la Ligue Américaine de hockey. Kupari est capable d’avoir un impact dans les deux sens du jeu et de démontrer sa grande versatilité selon le style de jeu qu’il se doit de jouer. Il sera le premier centre de la formation finlandaise pour le tournoi. Il s’agit d’une troisième présence au CMHJ et il tentera de mener la Finlande dans leur défense de la médaille d’or acquise l’an dernier.

Alexander Romanov
Russie | Défenseur
38e choix au total en 2018 par Montréal

Le défenseur du tournoi l’an dernier, Romanov arrive cette fois-ci avec beaucoup de pression car les regards seront tournés vers lui afin de répéter ses exploits qui avaient été surprenants. Bien que techniquement il ne soit pas le plus offensif, il est capable de bien lire le jeu et de repérer les opportunités qui se présentent à lui en territoire ennemi. Il patine bien et n’a pas peur du jeu physique, lui qui n’hésite jamais pour distribuer des mises en échec. La Russie présente une belle formation et Romanov sera encore une fois un élément clé des succès de l’équipe.

Ville Heinola
Finlande | Défenseur
20e choix au total en 2019 par Winnipeg

Le mobile défenseur a goûté à la LNH au début de la saison, présentant une performance de cinq points en huit parties quelques mois après son repêchage. Il arrivera au CMHJ avec la confiance de pouvoir faire une différence dans le tournoi. Heinola ne fait pas beaucoup d’erreurs, il a une excellente lecture du jeu et ne fait pas dans la dentelle. Il garde les jeux simples et distribue le disque aisément. Si la Finlande veut avoir une chance de faire bonne impression dans les prochaines semaines, il faudra que Heinola figure parmi les meilleurs défenseurs du tournoi comme il se doit.

Grigori Denisenko
Russie | Ailier gauche
15e choix au total en 2018 par la Floride

C’est une deuxième présence au tournoi pour Denisenko. Le capitaine de la formation russe a les capacités d’avoir un impact majeur dans une rencontre, lui qui déborde de talent. Il a un excellent contrôle de la rondelle ainsi qu’une vision du jeu qui lui permet de repérer ses coéquipiers facilement. Il a aussi un tir vif, ce qui force les gardiens à se méfier de l’option qu’il choisira en possession du disque en zone offensive. L’an dernier, il a récolté neuf points en sept parties au CMHJ et on peut s’attendre à ce qu’il soit un sérieux prétendant au titre de meilleur pointeur à l’édition 2020 de ce tournoi.

Trevor Zegras
États-Unis | Centre
9e choix au total en 2019 par Anaheim

Un joueur qui a un très haut potentiel de pouvoir divertir les partisans. Zegras peut être un magicien avec la rondelle et distribuer de savantes passes à ses coéquipiers. Sa vision du jeu est superbe et il démontre une belle implication dans toutes les sphères du jeu. Cette année à l’Université de Boston dans la NCAA, il a réussi à accumuler 17 points en 16 rencontres. Il pourrait être utilisé au centre ainsi qu’à l’aile durant le tournoi et il aura son mot à dire dans le parcours de la formation américaine au CMHJ.

Alexis Lafrenière
Canada | Ailier gauche
Éligible au repêchage de 2020

Lafrenière est l’un des deux meilleurs espoirs disponibles au prochain repêchage. Définitivement, il possède les outils et le coffre pour tout mettre en place en vue d’une carrière fructueuse. Très dangereux à un contre un, il a les habiletés requises pour faire mal paraître les défenseurs lorsqu’il fonce vers le filet en possession du disque. Le jeune ailier créatif aura la pression de transporter l’attaque canadienne durant le tournoi et de faire la différence, ce qu’il est amplement capable de faire.


Bonus :
Quinton Byfield
Canada | Centre
Éligible au repêchage de 2020

On ne peut mentionner Lafrenière sans faire de même pour Byfield. Il est au plus fort de la course pour être sélectionné au premier rang du prochain repêchage de la LNH. Il aura 18 ans seulement au mois d’août et de la manière qu’il domine la OHL cette saison, tous les arguments sont valables pour l’identifier comme le plus bel espoir de l’encan 2020. Sur le plan du présent tournoi, il sera utilisé à l’aile gauche pour commencer. Auteur de 57 points en 30 matchs cette année à Sudbury, le grand patineur présente une combinaison de puissance et de finesse comme on le voit rarement.