Loterie LNH 2020 – Qui « mérite » le plus Alexis Lafrenière?

Loterie LNH 2020 – Qui « mérite » le plus Alexis Lafrenière?

Depuis l’annonce du format de la loterie du repêchage 2020 de la LNH, puis la première phase de celle-ci — qui a conféré à une formation ayant participé aux qualifications éliminatoires la chance de repêcher au premier rang — les amateurs de hockey de partout brûlent d’impatience de connaitre l’équipe qui pourra mettre la main sur le Québécois Alexis Lafrenière.

Le format unique de la loterie de 2020 apporte toutefois son lot de particularités, à commencer par le fait qu’en procédant ainsi, la ligue donne l’opportunité à une équipe potentiellement bien nantie, du moins assez pour ne pas terminer parmi les sept pires formations du circuit, d’améliorer encore davantage sa formation. Qui plus est, des équipes ayant pour objectif un long parcours en séries ont maintenant l’espoir de se consoler avec le meilleur espoir de la cuvée 2020, même après une saison probablement pas trop éprouvante pour leurs fans.

Ces particularités nous amènent donc la question : quelle équipe mérite vraiment de gagner la loterie de ce lundi et le droit de repêcher Alexis Lafrenière? Certes, la réponse facile serait les Red Wings de Detroit ou les Sénateurs d’Ottawa, pour plus d’une raison chacun. Mais les règles étant ce qu’elles sont, je comparerai plutôt les huit formations réellement en lice pour mettre la main sur le talentueux ailier québécois et analyseront les raisons qui font d’elles, non pas une bonne ou une mauvaise destination, mais bien celles pour lesquelles ces équipes peuvent mériter de voir leur logo dans l’enveloppe de Bill Daly.

8. Penguins de Pittsburgh

Non, pas les Oilers tout de suite, vous comprendrez bientôt pourquoi. Selon moi, les Penguins ne méritent absolument pas de mettre la main sur Alexis Lafrenière cette année. Tout d’abord, ils ont présenté le septième meilleur pourcentage de victoire dans toute la LNH, cette année. En fait, s’ils avaient évolué dans l’Ouest, ils auraient bénéficié d’une exemption pour les qualifications, se classant devant les Golden Knights et les Stars. Il ne fait donc aucun sens que l’une des meilleures équipes de toute la ligue puisse repêcher au premier rang. Mais les raisons vont plus loin. En 2005, les Penguins ont bénéficié d’une loterie spéciale pour repêcher Sidney Crosby et vraisemblablement sauver la concession. 15 ans plus tard, Crosby a mené l’équipe a trois conquêtes de la Coupe Stanley et l’équipe figure toujours parmi les principaux aspirants, année après année. Certes, Crosby, Malkin et Letang ne rajeunissent pas… mais après 13 années consécutives en éliminatoires, il serait injuste que les Penguins puissent ajouter un espoir de premier plan à leur première présence hors des séries.

7. Oilers d’Edmonton

La série contre les Blackhawks a bien démontré que les Oilers auraient besoin d’un Alexis Lafrenière pour leur permettre de diversifier leur attaque, mais le méritent-ils? Certainement pas, après avoir repêché au premier rang pas moins de quatre fois depuis 2010. Taylor Hall est maintenant sous d’autres cieux et Nail Yakupov a été un échec monumental, mais Ryan Nugent-Hopkins et Connor McDavid sont bien sûr toujours avec l’équipe en plus du meilleur pointeur de la LNH cette année, Leon Draisaitl, lui-même repêché au 3e rang, en 2014. Au-delà de leur historique en matière de loterie, les Oilers ont aussi connu une excellente saison 2019-2020, compilant un pourcentage de victoire de 0,585, le 12e meilleur de la ligue. Leurs succès à la loterie de même que leurs succès la saison dernière leur donnent donc le 7e rang de notre décompte.

6. Maple Leafs de Toronto

Cet article ne fait pas que classer les équipes éligibles selon leur pourcentage de victoire, mais il se trouve que la troisième meilleure équipe éliminée des qualifications est aussi la troisième moins méritante de notre classement. En plus d’avoir connu une belle saison, ce qui discrédite le mérite des Leafs est le fait que cette équipe devait aspirer aux grands honneurs cette saison. Leur élimination aux mains des Blue Jackets a été un choc, oui, mais avant tout un échec retentissant et il serait aberrant de voir ce fiasco récompensé à la loterie. En outre, Toronto rémunère déjà ses quatre meilleurs attaquants près de 40 millions de dollars en plus de miser sur de bons jeunes joueurs de soutien pour accompagner leur excellent quatuor de Matthews, Tavares, Marner et Nylander. C’est catégorique, ils ne méritent pas d’ajouter Lafrenière.

5. Rangers de New York

Tout d’abord, les Rangers ont gagné la loterie pour la 2e place l’an dernier, alors qu’ils devaient parler au 6e rang en vertu du classement. Ce gain leur a permis d’ajouter Kaapo Kakko à une équipe déjà bourrée de jeunes talentueux. De plus, la réputation de New York n’est plus à faire, si bien qu’ils n’ont jamais eu de difficulté à attirer les joueurs autonome dans la Grosse pomme, ce qui est déjà un avantage énorme. Bon, j’en conviens, ces arguments sont beaucoup moins convaincants que ceux présentés contre les trois premières formations de ce classement, mais l’équipe a tout de même aussi fini l’année avec un pourcentage de victoire de 0,564, au 18e rang du circuit, et n’aurait dû bénéficier que de 2% de chances de repêcher au tout premier rang, bien loin des 12,5% qu’ils auront lundi soir.

4. Jets de Winnipeg

Oui, les Jets ont été chanceux en 2016 en gagnant la loterie pour les faire passer du 6e au 2e rang et repêcher Patrik Laine, mais il s’agit aussi de leur seul choix du top 10 au cours des cinq dernières saisons. Sans COVID-19, les Jets auraient été les premiers exclus dans l’Ouest, terminant au 9e rang. Ayant dû négocier avec la saga Dustin Byfyglien et la perte de trois défenseurs réguliers (Byfuglien, Tyler Myers et Ben Chiarot), il s’agissait là d’une saison intéressante tout de même pour les Jets qui n’ont toutefois jamais réellement pris leur erre d’aller. Sont-ils les plus méritants? Non, mais ils n’ont rien fait non plus pour les discréditer, d’autant plus que jusqu’ici Laine s’annonce comme un bon marqueur, mais pas un joueur de concession non plus.

3. Panthers de la Floride

Bon, si on devait récompenser les partisans les plus méritants, les Panthers seraient au 8e et dernier rang de ce palmarès, vu leur apparent manque d’intérêt envers leur propre équipe. Sur le plan hockey, toutefois, le portrait est différent. Après une période sombre où ils ont repêché quatre fois dans le top 3 en cinq ans (entre 2010 et 2014), l’équipe a bataillé pour les séries chaque année, n’y participant toutefois qu’en 2016 et échouant à se qualifier lors des quatre saisons suivantes. Jonathan Huberdeau et Aleksander Barkov forment l’un des duos les plus électrisants du circuit, mais derrière eux, les Panthers bénéficieraient certainement d’un autre joueur de premier plan. Il s’agirait de la troisième fois que l’équipe repêche au tout premier rang après 1994 (Ed Jovanovski) et 2014 (Aaron Ekblad).

2. Predators de Nashville

La candidature des Predators n’est pas basée sur le calibre de leur équipe, l’une des bonnes de la LNH depuis plusieurs années, mais principalement sur leur historique de repêchage. L’équipe du Tennessee n’a repêché dans le top 10 que deux fois depuis 2004 (Colin Wilson en 2008 ; Seth Jones en 2013), mais surtout, n’a parlé dans le top 3 qu’à une reprise depuis leur arrivée dans la LNH, en 1998… et c’était cette année-là! L’équipe d’expansion avait alors vu le Lightning réclamer un attaquant de l’Océanic de Rimouski au premier rang, un certain Vincent Lecavalier. Nashville s’était alors rabattue sur David Legwand au 2e rang, le choix logique et un joueur honnête qui leur a donné plus de 500 points en tout près de 1000 matchs, mais certainement pas un joueur de première ligne. Qui plus est, l’équipe a toujours excellé à repêcher et développer les défenseurs, mais pendant ce temps, les derniers attaquants de l’équipe à atteindre le plateau des 65 points (JP Dumont et Jason Arnott) l’ont fait en 2008! Misant sur des partisans loyaux et bruyants, une équipe qui compétitionne à chaque saison, mais qui n’a jamais vraiment eu de vedette offensive, les Predators mériteraient vraiment d’ajouter un jeune comme Lafrenière cette année!

1. Wild du Minnesota

Après avoir atteint le carré d’as à leur troisième saison, en 2003, le Wild n’a jamais plus franchi le deuxième tour éliminatoire. Toutefois, l’équipe ne s’est jamais complètement assise sur ses lauriers, luttant toujours pour une place en séries, y participant plus souvent qu’autrement depuis 2006. En effet, Outre leur premier choix initial en 2000, Marian Gaborik, au troisième rang, le Wild n’a parlé dans le top 5 qu’à une occasion, en 2005 (Benoit Pouliot). C’est là un fait assez incroyable pour une nouvelle équipe dans le circuit. Cette saison, l’équipe était au plus fort de la course aux séries lors de l’interruption, mais après les victoires des Canadiens, des Blackhawks et des Coyotes, leur fiche se trouve à être la pire parmi les équipes en lice pour la loterie. Parmi ces équipes, seuls les Predators ont fini l’année avec un pire différentiel de buts marqués/alloués. Finalement, depuis le départ de Gaborik en 2009, le Wild n’a jamais vraiment trouvé de nouvelle vedette offensive et bien que Kevin Fiala fasse de son mieux pour s’établir comme tel, le fait est qu’aucune équipe dans cette loterie ne mérite davantage un joueur de concession comme Lafrenière pour bâtir autour. Les fans du Wild ont attendu assez longtemps!

Crédit photo : Mathieu Bélanger

Repêchage LNH 2020 – Les nominés sont…

Repêchage LNH 2020 – Les nominés sont…

La toujours très attendue loterie du repêchage de la LNH aura lieu ce soir, mais elle aura cette fois un format bien particulier. En effet, COVID-19 et séries élargies obligent, seulement 6 formations pourront remporter une place dans le top 3 ce soir… ou plutôt, savoir qu’elles l’ont fait!

Le format choisi pour la loterie fait effectivement en sorte que si l’une des sept pires équipes au classement (les Sharks ont toutefois échangé leur choix dans la transaction d’Erik Karlsson) l’emporte, nous le saurons immédiatement. Mais pour chaque formation classée entre les 8e et 15e échelons qui serait pigée, nous n’en connaîtrons l’identité que lors de la deuxième phase de la loterie. Entre temps, cette équipe sera identifiée par une lettre de A à H et donnera 12,5% de chance à chacune des huit équipes qui aura perdu son premier tour éliminatoire, s’il a bel et bien lieu.

En fait, chaque lettre pigée ce soir accordera ce pourcentage aux équipes éliminées du premier tour, qui seront alors toutes placées sur un pied d’égalité. Ce groupe compte toutes sortes d’équipes allant des aspirants légitimes comme les Penguins et les Maple Leafs aux équipes qui n’y ont pas du tout leur place comme les Canadiens et les Blackhawks en passant par tout ce qu’il y a entre les deux. Vu les petites chances de voir une lettre choisie et le côté aléatoire de la suite des choses si ça devait arriver, concentrons-nous plutôt sur les six formations déjà connues et assurées de choisir parmi le top 9 et sur ce qu’une victoire représenterait pour chacune.  

Les 6 équipes favorites

Red Wings de Detroit : 18,5%

Les Wings viennent de connaitre une saison de misère et méritent clairement le plus d’obtenir un joueur de la trempe d’Alexis Lafrenière. L’équipe compte de bons jeunes éléments comme Dylan Larkin, Anthony Mantha, Filip Hronek, Filip Zadina et Moritz Seider, mais n’ayant pas repêché dans le top 5 depuis 1990, ils sont à la recherche d’une véritable star enfin. N’importe quel joueur du top 3 leur donnerait cet élément, mais Alexis Lafrenière serait pour eux la pierre d’assise de leur reconstruction. 

Sénateurs d’Ottawa :  13,5% + 11,5% = 25%

Quel coup de chance pour les Sénateurs! Un an après avoir vu leur propre sélection aboutir dans le top 5 dans les mains d’une autre équipe (Bowen Byram au Colorado), voilà que, contre toute attente, le premier choix obtenu des Sharks dans l’échange d’Erik Karlsson leur garantit maintenant de choisir deux fois dans le top 6 et d’excellentes chances de parler deux fois parmi les trois premières équipes, du jamais vu depuis 1999 alors que les Canucks avaient mis la main sur les jumeaux Sedin. Les Sénateurs débordent de jeunes prometteurs tant dans la LNH (Tkachuk, White, Chabot) que dans la Ligue américaine (Batherson, Brannstrom, Formenton, Norris, Brown) et même chez les espoirs (Bernard-Docker, Bowers, Pinto, Thomson). Ce qu’ils n’ont pas, c’est un véritable joueur de concession et c’est ce que Lafrenière (ou Stutzle/Byfield, à moindre essiens) leur donnerait. La simple pensée de leur top 6 offensif futur s’ils devaient choisir deux joueurs du top 3 fera peur à tous dans la conférence de l’Est! D’un autre côté, la pensée d’Eugene Melnyk qui mort la poussière a quelque chose de réjouissant en soi. 

Kings de Los Angeles : 9,5%

Après deux coupes Stanley en trois ans, les dernières années ont été difficiles à Los Angeles. Anze Kopitar et Drew Doughty sont encore les leaders, mais l’équipe a amorcé une transition qui lui a permis de renflouer la banque d’espoirs, si bien qu’elle mise maintenant sur l’une des meilleures de toute la ligue. Alex Turcotte, Gabe Vilardi et Arthur Kaliyev sont tous de futurs joueurs du top 6, mais aucun n’a le potentiel d’un Lafrenière qui deviendrait le visage d’une concession qui a connu son lot de difficultés depuis quelques saisons. Il ne serait d’ailleurs pas le ailier gauche québécois à connaitre du succès chez les Kings…

Ducks d’Anaheim : 8,5%

Décidément, l’année n’a pas été facile en Californie… Les Ducks misent aussi sur l’une des meilleures banques de jeunes attaquants du circuit et l’ajout d’un Lafrenière, Byfield ou Stutzle serait presque injuste, mais on ne se cachera pas qu’Anaheim a besoin de réjouissances après avoir sérieusement décliné depuis leur coupe Stanley et les belles années du duo Getzlaf-Perry. Le capitaine est toujours là et apprécierait certainement le regain d’énergie qu’apporterait une jeune vedette, d’autant plus qu’avec les Steel, Comtois, Terry et Zegras, les Ducks ont déjà une tonne de potentiel en attaque. 

Devils du New Jersey : 7,5%

Certains diront qu’il serait injuste que les Devils remportent ENCORE la loterie après l’avoir fait en 2017 et en 2019, mais il faut avouer que la perspective de voir Lafrenière aux côtés de Nico Hischier ou Jack Hughes est emballante. Détenant deux autres choix au premier tour, les Devils frapperaient un énorme coup en s’assurant un choix du top 3 cette année, complétant pour ainsi dire leur reconstruction amorcée non-officiellement avec la retraite de Martin Brodeur. La défensive a encore besoin d’aide au New Jersey, si bien qu’un choix au 5e ou 6e échelon ne ferait pas aussi mal qu’à d’autres formations des bas fonds. Jake Sanderson et Jamie Drysdale sont deux espoirs défensifs au potentiel très élevé, mais gageons qu’ils ne sont pas l’objectif premier à Newark!

Sabres de Buffalo : 6,5%

Les Sabres sont un cas particulier, eux qui semblent avoir été en reconstruction depuis près de 10 ans sans grand succès. Entre Jack Eichel et Rasmus Dahlin, la fondation de l’équipe est excessivement prometteuse et l’ajout d’un Lafrenière serait carrément du luxe. Mais pour une équipe encore sous l’effet de congédiements massifs et de la main de fer (maladroite) des Pegula, cela pourrait représenter finalement le pas en avant qui amène l’équipe vers les aspirations des partisans, en droit de s’attendre finalement à des succès après des années de mauvaise gestion tant chez les joueurs qu’au niveau du personnel. Toute aide que l’équipe peut donner à Eichel sera la bienvenue, parce qu’avouons que même après avoir remporté Dahlin il y a deux ans à peine, les Sabres ont encore besoin de toute l’aide qu’ils peuvent trouver.

Et l’autre scénario? 

Les experts en mathématiques remarqueront que les pourcentages ci-dessus ne totalisent que 75,5%. En effet, l’autre 24,5% appartient aux équipes qui perdront le premier tour éliminatoire (play-in). Si une lettre devait être pigée dans la loterie, c’est donc dire que chacune des huit équipes qui perdront leur série aura une chance sur huit (12,5%) de remplacer la lettre pigée dans l’ordre de repêchage, soit aux rangs 1 à 3. Si deux équipes sont choisies, ce même tirage sera effectué à deux reprises et la même logique s’appliquera si trois lettres sont pigées. Vous comprendrez donc que pour une équipe comme les Canadiens, les chances sont minimes de repêcher dans le top 3 et sont d’abord conditionnelles à une défaite face aux Penguins… N’empêche que le spectacle serait bien meilleur si au moins une lettre devait être présentée par Bill Daly ce soir! L’espoir pourrait alors subsister pendant quelques mois encore! 

Patience avec Jack Hughes!

Patience avec Jack Hughes!

Pour plusieurs observateurs, Jack Hughes n’a pas su livrer la marchandise à sa première saison dans la LNH. Du moins, statistiquement parlant.

Avec 21 points en 61 parties, le jeune phénomène Jack Hughes a présenté l’une des saisons recrue les plus décevantes sur le plan des statistiques pour un premier choix issu du repêchage de la LNH. Vous n’aurez sans doute aucune difficulté à trouver des fans de hockey qui l’ont déjà identifié comme un joueur qui ne sera jamais suffisamment bon pour justifier cette sélection par les Devils du New-Jersey. 

En faisant le saut aussi rapidement chez les professionnels, Hughes s’est exposé à une certaine critique. Évoluant pour le programme de développement américain des moins de 18 ans (USNTDP) l’an dernier, la marche était plutôt haute dès le départ pour lui cette saison. Il est le premier joueur de l’histoire de ce programme à avoir gradué directement vers la LNH plutôt que d’évoluer au moins une saison dans le circuit universitaire de la NCAA (ou ailleurs). Ce n’est pas rien!

La clé dans le jeu de Jack Hughes a toujours été la manière qu’il puisse être dominant dans les jeux de transition. Profitant de son coup de patin élite, il peut faire mal paraître les patineurs les moins habile. Le jeune centre n’a pas connu que des mauvais moments cette saison puisqu’il a adapté cet élément de son jeu à la vitesse de la LNH. Il a pu démontrer, de matchs en matchs, son talent à l’intérieur des jeux de transition.

Hughes voit l’opportunité devant lui, profitant de l’espace avant d’attaquer le centre de la patinoire en entrée de zone.


Il prend possession de la rondelle dans son territoire et effectue les sorties et entrées de zones contrôlées, utilisant aussi sa vision du jeu pour reconnaître les bonnes opportunités de se faufiler au travers les joueurs adverses. Il n’est peut-être pas le plus fort physiquement, mais cela ne lui cause pas un problème majeur depuis ses débuts dans la LNH. Il n’est d’ailleurs pas du genre à être intimidé par le jeu robuste de toute manière, compensant son manque de maturité physique par son dévouement et sa capacité à se déplacer rapidement dans tous les sens pour se dégager de ses adversaires. 

Hughes prend la rondelle et recule au lieu de foncer vers l’entonnoir, démontrant toute sa patience avant d’effectuer la transition.


En zone offensive, Jack Hughes demeure très dynamique en possession du disque, ce qui a toujours été habituel chez lui. Il utilise son habileté à patiner, à changer de direction et à manœuvrer avec le disque pour créer des ouvertures. Cependant, dans certaines situations, il aurait intérêt à continuer de bouger avec la rondelle pour obtenir de meilleures lignes de passes. Il peut précipiter certains jeux avec une passe qui aurait pu être excellente un instant plus tard. Cela viendra avec l’expérience et son sens du jeu inné saura le guider dans cette progression. Il devra probablement aussi continuer de travailler et d’adapter son choix de jeu en attaque. Ce n’est pas qu’il n’est pas créatif, qu’il manque de vision ou de compréhension du jeu. Loin de là. C’est simplement qu’il a une très grande préférence à distribuer la rondelle à ses coéquipiers plutôt que de tirer, même lorsque le tir pourrait être la meilleure option disponible.

Hughes démontre son aisance à être en possession du disque et manoeuvre en territoire ennemi avant de prendre la décision de tirer.


Avec tout le dynamisme dans son jeu, Hughes doit et peut assurément ajouter un effet d’imprévisibilité à ses attaques. Il deviendra alors un joueur terriblement dangereux et difficile à contenir. Son tir n’est peut-être pas lourd, mais il est tout de même capable d’être précis. Même lorsqu’il n’est pas assuré de déjouer le gardien, un tir bien placé peut, par exemple, provoquer un retour de lancer et une chance de marquer initialement inexistante. Certaines de ses passes infructueuses auraient dû être un tir. Son habileté à effectuer des passes à haut risque peut lui jouer des tours parfois, il devra apprendre à gérer cet aspect avec le temps et à mieux choisir ses moments.

Hughes fait mal paraitre son adversaire avant de foncer en zone offensive et de servir un but à Nikita Gusev.


Pour revenir sur le positif dans son jeu cette saison, il faut noter le fait qu’il a été étonnamment plus efficace défensivement que la majorité des observateurs l’anticipaient. Il réussit à briser sa part de jeux en territoire défensif grâce, évidemment, à son superbe coup de patin et d’une bonne utilisation de son bâton, provoquant les reprises de possession et des relances de jeu rapide pour son équipe. Il a terminé au deuxième rang des Devils pour le nombre de revirements créés contre l’adversaire à 5 contre 5 (takeaways), à un seul de Nico Hischier qui en a eu 32. Soyons clair, il est tout sauf un futur gagnant du trophée Selke et ne sera probablement jamais le plus fiable défensivement dans son équipe. Cela n’empêche pas d’admettre qu’il y a des signes déjà positifs et réconfortants dans son jeu sans la rondelle. Sa volonté à s’impliquer est bien présente et visible. Lorsqu’il fait une mauvaise lecture du jeu initiale en zone défensive, il patine et compense rapidement.

Hughes profite de son agilité sur patin et d’un bon tir pour surprendre le gardien adverse.


L’adaptation aux réalités du jeu de la LNH prendra du temps pour Jack Hughes, mais les résultats viendront assurément dans son cas. Utilisé quelques fois à l’aile gauche de Nico Hischier et de Kyle Palmieri cette saison, c’est une option qui pourrait être payante pour lui à court terme. Hischier est un joueur complet et Palmieri est un franc-tireur. Son style de jeu et ses attributs font en sorte qu’il puisse contribuer à cette position avec eux. Voici d’ailleurs un peu à quoi ressemblaient les combinaisons les plus utilisées cette saison impliquant Jack Hughes:

Hall – Hughes – Palmieri
Zacha – Hughes – Simmonds
Hughes – Hischier – Palmieri
Wood – Hughes – Simmonds
Bratt – Hughes – Palmieri

Jack Hughes a plusieurs qualités recherchées chez un joueur de centre. Dans le pire des scénarios, on peut s’attendre à la possibilité de le voir se convertir en ailier qui se retrouvera dans l’élite des joueurs de la LNH pour les jeux de transition et de possession de rondelle. Toutefois, il ne faudrait pas s’emporter et croire qu’il ne pourra jamais produire offensivement. Un aspect important que les amateurs ne devraient sous-estimer c’est à quel point Jack Hughes est un fier compétiteur. C’est un trait qu’il partage aussi avec ses frères Quinn (choix des Canucks en 2018) et Luke (éligible en 2021). Ce n’est pas par hasard qu’ils sont parmi les meilleurs de leur âge respectif.

Restons calme avant de comparer Jack Hughes à Patrik Stefan. Le talent est bien présent et la patience saura récompenser éventuellement les Devils.

Hughes inscrit le but gagnant en prolongation avec un tir en finesse vers le côté opposé.
Qui est Ryan Graves ?

Qui est Ryan Graves ?

Comme vous le savez probablement déjà, le directeur-général des Canadiens de Montréal, Marc Bergevin a passé beaucoup de temps au Colorado ces derniers temps. Bien qu’il est souvent difficile de connaître les vraies intentions d’un DG qui se déplace, voilà que pour la 2e fois en moins d’une semaine, le réputé journaliste Adrian Dater, qui est à la couverture de l’Avalanche du Colorado depuis plusieurs années, a laissé entendre sur son compte Twitter que le DG du CH était plus qu’intéressé aux services du défenseur format géant, Ryan Graves. 

Acquis en février 2018 via une transaction avec les Rangers de New York, Graves est encore un inconnu ailleurs qu’au Colorado, mais sa formidable saison au côté de la jeune sensation Cale Makar commence à épater bien des gens autour de la ligue. La première chose qui saute aux yeux, mis à part son imposante stature (6”5 – 220lbs), est sa fiabilité défensive impressionnante pour un jeune joueur qui en est à sa première saison complète dans la grande ligue. 

Il est l’exemple typique du “stay at home defenseman” nouveau genre de la ligue nationale d’aujourd’hui, c’est à dire bonne mobilité (au dessus de la moyenne pour un joueur de son gabarit), bonne première passe, excelle dans sa zone, n’a pas peur de se salir les mains pour défendre ses coéquipiers quand il le faut et se sacrifie pour son équipe en bloquant nombreux lancer (122 jusqu’à maintenant). Statistique souvent sur-estimée par plusieurs, l’ancien des Remparts et des Foreurs dans la LHJMQ mène la LNH avec un différentiel incroyable de +42. Bien sûr, il profite d’une excellente attaque, ce qui rends facile l’augmentation de ce nombre, mais la vérité est que l’Avalanche a rarement pu mettre un alignement complet en santé sur la glace, ayant perdu Rantanen, Kadri, Landeskog pour plusieurs matchs à différents moments cette saison.

Offensivement, Graves connait l’une de ses meilleures saisons en carrière avec 24 points, plateau qu’il n’a atteint qu’à deux reprise, tous niveaux confondus. Les deux autres fois où il a franchi ce nombre, il a mérité les honneurs d’être sur l’équipe étoile de la coupe Memorial avec les Remparts de Québec en 2014-15, de même que sur l’équipe étoile de la AHL avec Hartford en 2015-16. Assez mobile pour joindre l’attaque en relance, sa plus grand qualité est toutefois son puissant tir. Il commence d’ailleurs de plus en plus à s’en servir, ce qui rapporte énormément cette saison, lui qui compte 8 buts à sa fiche (tous marqués à force égale). Cette arme pourrait faire de lui un outil sur un avantage numérique à moyen terme.

Quand on voit la saison qu’il connait, on est en droit de se demander pourquoi l’Avalanche voudrait échanger Graves. La vérité, c’est que l’équipe devra bientôt choisir entre lui et Nikita Zadorov lequel fait partie de ses plans à long terme, les deux étant sans contrat après la saison. Considérant les blessures subies en attaque et la réelle opportunité de faire du bruit dans l’Ouest ce printemps, l’Avalanche aurait tout intérêt à considérer échanger le plus solide des deux jeunes défenseurs, à savoir Graves, pour du renfort en attaque, ce dont l’équipe a bien besoin en ce moment.

On dit souvent que les défenseurs ont tendance à prendre plus de temps à éclore que les autres positions. À 24 ans, le joueur originaire de la Nouvelle-Écosse semble en pleine progression constante et il sera intéressant de voir si l’Avalanche cède à la tentation d’échanger le jeune arrière pour du renfort offensif. Si tel était le cas, gagez que les Canadiens seraient certainement parmi les premiers sur le cas du défenseur format géant!

Espoirs en mouvement – Bilan du 18 février 2020

Espoirs en mouvement – Bilan du 18 février 2020

À six jours de la date limite des échanges, plusieurs transactions ont été conclues dans la LNH, mais la plupart ont impliqué des choix au repêchage plutôt que des espoirs déjà sélectionnés. En fait, le seul échange en impliquant a vu les Rangers envoyer le défenseur Joey Keane aux Hurricanes en retour de l’attaquant québécois Julien Gauthier.

Julien Gauthier – 22 ans – Ailier

Ceux qui ont un intérêt pour la Ligue américaine de hockey savent déjà à quel point Julien Gauthier est tout près de devenir un joueur régulier de la LNH. Un puissant patineur, l’ailier droit de 6’4’’ est relativement rapide pour son gabarit, démontrant un bonne implication physique dans les batailles pour les rondelles libres. Cette saison à Charlotte, le 21e choix au total de l’encan 2016 a été le meilleur buteur du club avec 26 filets en 44 parties, soit le seul joueur de l’équipe au-delà des 20 buts. Cette récolte le place aussi au quatrième rang de la AHL en date d’aujourd’hui. Définitivement, il est l’un des dangereux marqueurs de ce circuit depuis deux ans et il aurait probablement mérité une vraie opportunité dans la grande ligue depuis belle lurette.

Il ne sera jamais considéré comme un spécialiste du jeu défensif et ne deviendra pas non plus un fabricant de jeu extraordinaire, mais il y a une chose que Julien Gauthier sait très bien faire : marquer des buts. Il possède un tir du calibre de la LNH et l’utilise à bon escient, donnant beaucoup de difficulté aux gardiens lorsqu’il décide d’attaquer la zone payante près des filets adverses. Puisque les Rangers risquent de bouger Chris Kreider d’ici la date limite des échanges, l’acquisition de Gauthier vient offrir un espoir qui est prêt pour la LNH et qui combine lui aussi un excellent tir à une physicalité dans son jeu. Classé au sixième rang dans notre analyse des espoirs des Hurricanes cet automne, on peut s’attendre à voir le jeune homme de 22 ans évoluer sur le top 9 des Rangers très rapidement, voire immédiatement.

Joey Keane – 20 ans – Défenseur droit

Ne vous sentez pas mal si le nom de Joey Keane ne vous est pas familier ; il fait tout juste ses premiers pas dans le domaine des espoirs pertinents. Choisi au 3e tour par les Rangers en 2018, il connait une éclosion inespérée dans la Ligue américaine, ayant été choisi pour le match des étoiles dès ses premiers pas chez les professionnels. En fait, il produit littéralement à un meilleur rythme dans la Ligue américaine qu’à aucun moment de sa carrière chez les juniors, c’est tout dire! Ses 30 points en 49 matchs à Hartford sont d’ailleurs bons pour le 4e meilleur total du circuit chez les arrières de première année.

De taille moyenne, le défenseur américain est à son meilleur en possession de la rondelle et lorsque vient le temps de relancer l’attaque pour son équipe. La première passe de Keane est excellente et il se rend très rarement coupable de revirements, prenant généralement la bonne décision avec le disque. Sa bonne mobilité et son anticipation font en sorte qu’il ne sera jamais considéré comme un fardeau en défensive, bien que cette facette de son jeu demeure en développement. S’il peut garder le cap, Keane devrait goûter à la LNH dès la saison prochaine, d’autant plus que les Hurricanes ont un excellent historique en ce qui a trait au développement des jeunes défenseurs depuis quelques années!

Espoirs en mouvement – Bilan du 17 février 2020

Espoirs en mouvement – Bilan du 17 février 2020

À l’approche de la date limite des transactions, nous savons que plusieurs choix au repêchage et joueurs changeront d’équipe. Si tous les amateurs connaissent les plus gros noms transigés, il est souvent moins aisé de savoir qui sont les espoirs qui changent d’adresse, surtout lorsqu’ils évoluent encore dans les ligues mineures. Cette série d’articles, qui se peuplera à mesure que les échanges seront complétés d’ici au 24 février, se veut donc un aperçu de ces prospects échangés.

Tyler Madden – 20 ans – Centre

Acquis des Canucks par les Kings dans l’échange de Tyler Toffoli, Madden occupait le 6e rang des espoirs de Vancouver lors de notre classement automnal, mais sa saison exceptionnelle dans la NCAA allait certainement lui faire gravir quelques échelons. Fort d’une saison de 19 buts et 37 points en 27 matchs et d’une participation au Championnat du monde de hockey junior, l’Américain occupe le 3e rang pour la moyenne de points par match dans le circuit universitaire américain moins de deux ans après avoir été un choix surprise au 3e tour en 2018.

Étonnamment, le fils de John Madden, récipiendaire du trophée Selke en 2001 ne démontre pas les mêmes aptitudes dans son territoire, mais compense par un instinct offensif très développé qu’il combine à de superbes habiletés avec la rondelle. Aussi adepte à préparer des jeux pour ses coéquipiers qu’à marquer, il s’est même bâti une certaine réputation pour marquer dans les moments importants. Encore très frêle à seulement 152 livres sur 5pi11, il pourrait nécessiter une troisième saison à l’Université Northeastern avant de faire le saut chez les professionnels l’année suivante. Somme toute, même s’il joint une excellente banque d’espoirs à Los Angeles, Madden devrait se trouver une place assez haute dans le classement de sa nouvelle équipe, possiblement même dans le top 5.

Nolan Foote – 19 ans – Ailier gauche

Ce n’est un secret pour personne, Tampa Bay veut un titre, mais l’échange d’un de leurs meilleurs espoirs alors qu’il était aussi près de la grande ligue a de quoi surprendre, surtout qu’il aurait pu être un superbe complément aux vedettes offensives de l’équipe. Nolan Foote n’aura pas eu la chance de côtoyer son frère Cal bien longtemps. Tampa Bay l’a en effet envoyé aux Devils en retour de Blake Coleman à peine 8 mois après l’avoir choisi au 27e rang du dernier repêchage. Un ailier de puissance qui occupait le 2e rang des espoirs du Lightning selon notre plus récent classement, Foote a hérité du gabarit de son père Adam, mais aussi de bien meilleures habiletés offensives.

De ses 36 buts l’an dernier, beaucoup ont été réussis grâce à son excellent lancer des poignets, surtout en avantage numérique où il est une menace constante. Pas le meilleur patineur, il devrait néanmoins représenter un complément parfait à Nico Hischier ou Jack Hughes, deux centres qui adorent transporter le disque et mettre la table pour leurs ailiers. De son côté, Foote pourra leur donner de l’espace grâce à son imposant gabarit de 6pi4 et à son jeu inspiré le long des rampes.  À peine âgé de 19 ans, l’attaquant en est à sa 4e saison complète dans la Ligue de l’Ouest, de loin sa meilleure, et il devrait faire le saut chez les professionnels dès l’an prochain, possiblement même dans la LNH vu son physique et son style de jeu déjà assez matures. Il a certainement sa place parmi les cinq meilleurs espoirs des Devils, possiblement même au troisième échelon.

David Quenneville – 21 ans – Défenseur droit

À la recherche d’un vétéran défenseur pour leur brigade, les Islanders ont acquis Andy Greene des Devils en retour du jeune défenseur David Quenneville et d’un choix de deuxième tour. Pas du tout comparable aux deux autres espoirs vus dans le présent article, l’arrière de 21 ans a possiblement été inclus davantage pour libérer un contrat chez les Islanders que parce que les Devils le voulaient réellement. Auteur de trois excellentes saisons offensives dans la Ligue de l’Ouest, dont une de 26 buts et 80 points, le défenseur de 5pi8 a passé toute sa première saison professionnelle dans la ECHL avant de partager la seconde entre cette ligue et la Ligue américaine, où il est régulier depuis la fin du mois de novembre.

Pour un défenseur de sa taille, s’il ne produit pas offensivement, ça sera très difficile de garder un poste chez les professionnels, d’autant plus que son coup de patin est dans la moyenne, sans plus. Souvent dépassé défensivement, Quenneville devra montrer qu’il a plus d’une facette à son jeu ou bien sa carrière LNH disparaitra avant d’avoir vu le jour. Avec encore une saison à faire à son contrat d’entrée, tout espoir n’est pas perdu, mais il serait très surprenant de le voir un jour atteindre la grande ligue. Une carrière en Europe est bien plus probable dans son cas.