Série espoirs – Maple Leafs : un rôle important attend leurs espoirs

Série espoirs – Maple Leafs : un rôle important attend leurs espoirs

Les Maple Leafs de Toronto ont réussi à retrouver le chemin des séries éliminatoires en 2017, mais ils n’ont toujours pas gagné une ronde depuis 2004. Pour briser leur guigne, ils ont pris les grands moyens. D’abord, ils ont signé à fort prix John Tavares sur le marché des joueurs autonomes et ont octroyé à leurs deux vedettes offensives Auston Matthews et Mitchell Marner des contrats mirobolants. En cette réalité du plafond salarial, les Maple Leafs devront donc complémenter ce coûteux noyau à l’aide des jeunes joueurs qu’ils recrutent, d’où l’importance de garder un pipeline de bons espoirs. Autrement, le manque de profondeur fera crouler les Leafs qui pourront alors dire au revoir à leurs chances de se rendre loin en séries.

1. Rasmus Sandin – DG – 19 ans – Repêché en 2018 (1/29)

Le jeune défenseur suédois qui possède un nom à ne pas confondre avec le nom de l’ancien capitaine des Maple Leafs a surpris bien des gens cette année, Mike Babcock le premier, lors du camp d’entraînement. Rasmus Sandin a pu se tailler une place dans la défensive des Leafs, avant d’être rétrogradé chez les Marlies. Ce défenseur montre déjà un jeu complet qui reste à peaufiner mais il est certain qu’il reviendra sur la grande scène très prochainement. À sa première saison en Amérique, Sandin a été la pierre angulaire des Greyhounds de Sault-Sainte-Marie avec 45 points en 51 matchs. L’année suivante, il a joué 44 matchs avec les Marlies, enregistrant 28 points et a encore été meilleur en séries avec 10 points en 13 rencontres. Après une saison de peaufinage avec les Marlies, Sandin reviendra vraisemblablement à Toronto en 2020, avec une place sur le top 4 dans leur brigade.

2. Timothy Liljegren – DD – 20 ans – Repêché en 2017 (1/17)

Timothy Liljegren était pressenti pour être le quart-arrière de l’avenir lorsque les Leafs l’ont sélectionné, il y a deux ans. Bien que son avenir demeure prometteur, les attentes se sont modérées à son endroit et il demeure possible de le voir dans la LNH au sein d’une deuxième unité défensive, par exemple, tout en générant de l’attaque au sein de l’avantage numérique. Malgré des débuts modestes en Amérique (32 points en 87 rencontres), Liljegren  cumule les minutes avec les Marlies et connaît un départ intéressant cette saison avec cinq points en autant de rencontres. Si sa présente campagne se déroule bien, il risque de graduer en même temps que son compatriote Sandin. 

3. Jeremy Bracco – AD – 22 ans – Repêché en 2015 (2/61)

Jeremy Bracco est un dynamique petit ailier qui cogne aux portes de la grande ligue. Malheureusement pour lui, un embouteillage persiste sur les deux premiers trios des Maple Leafs. Il est un joueur créatif  doté d’une très bonne vision de jeu. Si Kyle Dubas décide d’échanger un joueur de la trempe de Kasperi Kapanen ou Andreas Johnsson, le jeune Bracco pourrait bien venir en renfort. Il a connu l’année de sa carrière en 2019, avec une récolte de 79 points en 75 parties avec les Marlies. Bracco demeure un joueur à risque, défensivement parlant, et a obtenu la majorité de ses points avec l’avantage d’un homme: 31 de ses 57 passes ont été amassées dans de telles conditions. 

4. Nicholas Robertson – AG – 18 ans – Repêché en 2019 (2/53)

Jolie acquisition des Maple Leafs en deuxième ronde du repêchage de cette année. Nick Robertson est un joueur qui peut jouer tant à l’aile qu’au centre, même s’il évolue actuellement à gauche. L’Américain d’origine qui évolue actuellement avec les Petes de Peterborough dans la ligue junior ontarienne fait flèche de tout bois avec 20 points, dont 12 buts en 11 matchs seulement. En plus d’afficher un talent offensif intéressant, Robertson se démarque par sa combativité en échec-avant, ce qui fait de lui un espoir bien en vue à Toronto. 

5. Ilya Mikheyev – AD – 25 ans – Signé comme agent libre (KHL)

L’ancien protégé de Bob Hartley dans la KHL a été le meilleur joueur de l’Avangard d’Omsk l’an dernier. Il était pressenti pour prolonger sa carrière professionnelle en Amérique à Montréal ou à Toronto, mais c’est finalement la formation ontarienne qui l’a signé.  En quatre saisons dans la KHL, Mikheyev a montré une progression constante et se sied très bien avec les Maple Leafs, alors qu’il a déjà amassé sept points en neuf matchs. Oui, il est relativement vieux, mais Mikheyev est exactement le genre d’acquisition que doit faire Kyle Dubas pour garder son club compétitif.

6. Trevor Moore – AG – 24 ans – Signé comme joueur universitaire en 2016

Trevor Moore est une autre belle découverte des Leafs. L’attaquant a fait ses classes à l’Université de Denver là où il a marqué 88 points en tout lors de ses deux dernières saisons là-bas. Il joue maintenant avec les Maple Leafs, au sein du troisième trio, après deux ans et demi d’apprentissage avec les Marlies. Moore est  un petit couteau suisse pour Mike Babcock, alors qu’il peut vraiment tout faire sur la glace. Il est utilisé dans toutes les conditions par son entraîneur. À seulement 775 000 dollars, le rôle de Moore pourrait être appelé à augmenter si sa progression se poursuit et si les Leafs se retrouvent dans une impasse salariale. 

7. Joseph Woll – G – 21 ans – Repêché en 2016 (3/62)

Les Leafs ne sont pas reconnus pour bien traiter leurs jeunes gardiens de buts. Tuukka Rask? Échangé à Boston. Garret Sparks? Antoine Bibeau?  Délaissés respectivement à Vegas et San Jose. Évidemment, Frederik Andersen ne demeurera pas le gardien des Maple Leafs éternellement. Les deux prochains joueurs s’inscrivent dans une tentative des Leafs de bâtir aussi par l’arrière, devant le filet. Joseph Woll est un gardien de grande taille qui a évolué avec Boston College et qui a montré un rendement de 0.919 et de 2.41 buts encaissés par match l’an dernier. Il a signé son premier contrat professionnel et a blanchi l’adversaire à son premier match avec les Marlies, dans la Ligue Américaine. Son potentiel reste à confirmer et il aura le temps de s’adapter avec les Marlies. Sa constance est une de ses qualités, ce qui est déjà un atout s’il désire un jour atteindre la grande ligue.

8. Ian Scott – G – 20 ans – Repêché en 2017 (4/110)

Ian Scott est le second gardien, repêché un an après Joseph Woll.  L’an dernier, il a été choisi comme meilleur gardien de la ligue junior de l’ouest, lui qui a présenté des statistiques effarantes de 1.83 buts encaissés par match et un taux d’efficacité de 0.932. Malheureusement, la belle histoire des Raiders de Prince-Albert s’est terminée après trois matchs dans le tournoi de la Coupe Memorial, durant lequel il n’a pas pu conserver un tel niveau de jeu. Il s’est aussi blessé avant l’entame de la présente saison. Résultat: Scott a été relégué dans la ECHL, là où il aura toutes les chances de se rétablir. Scott est un joueur athlétique et vif. À seulement 20 ans, il a encore le temps de s’affirmer comme un probable gardien partant à Toronto. 

9. Mikko Kokkonen – DG – 18 ans – Repêché en 2019 (3/84)

Mikko Kokkonen a été un choix judicieux en fin de troisième ronde, au dernier repêchage. Sans tambour ni trompette, le défenseur finlandais s’assure de bien jouer défensivement grâce à son positionnement dans son propre territoire. Même s’il n’a pas de qualités offensives flagrantes, il possède un bon tir et une bonne vision du déploiement du jeu tant à égalité numérique qu’avec l’avantage d’un homme. Il s’agit d’un projet intéressant pour les Leafs. Il s’est blessé récemment et n’a pu jouer que quatre matchs avec Jukurit jusqu’à présent.

10. Dmytro Timashov – AG – 23 ans – Repêché en 2015 (5/125)

Le seul joueur ukrainien évoluant actuellement dans la LNH est un ailier offensif qui s’est fait découvrir avec les Remparts de Québec lorsqu’il s’est amené dans la Belle Province en 2014.  À sa première campagne en Amérique, Timashov a inscrit 90 points en 66 parties. Il demeure toutefois assez unidimensionnel et la transposition de son jeu dans la LNH demeurait encore un point d’interrogation. Le petit ailier a gravi les échelons et, après trois saisons dans la LAH, Timashov a finalement et sa chance avec les Leafs cette année. Il se sert de ses capacités en possession de rondelle et de son agilité à bon escient et revendique déjà quatre points en six matchs disputés. 

Maintenant que les Maple Leafs connaissent des succès en saison régulière, ils n’ont plus l’opportunité de repêcher des joueurs surdoués comme les Nazem Kadri, William Nylander, Auston Matthews et Mitchell Marner et devront inévitablement se débrouiller avec des joueurs dont le potentiel n’est pas autant établi. Jusqu’à présent, quelques-uns de leurs choix pourraient avoir la chance de se distinguer dans la grande ligue, mais encore faut-il que les Leafs arrivent à négocier les contraintes salariales. D’ici là, la ligne sera mince entre une chance réelle de gagner la Coupe Stanley et une autre élimination hâtive des séries.  

Série espoirs – Lightning : une réputation qui s’effrite?

Série espoirs – Lightning : une réputation qui s’effrite?

Dans le monde du hockey, le Lightning de Tampa Bay jouit d’une réputation fort enviable quand vient le temps de parler de bons coups au repêchage et de signatures opportunes. Toutefois, quand on jette un regarde plus approfondi sur la banque actuelle de l’équipe, force est d’admettre que les bons coups de l’équipe commencent à dater, si bien que l’équipe ne mise plus sur la pépinière qui s’apparentait davantage à la mythique corne d’abondance, il y a de cela à peine quelques années.  Bien sûr, l’équipe floridienne continue d’être une puissance de la LNH et mise sur plusieurs des meilleurs joueurs du circuit, mais le manque de profondeur à venir pourrait lui nuire dans sa quête de la fameuse Coupe Stanley qui confirmerait enfin ses ambitieuses aspirations des dernières années. 

1. Cal Foote – DD – 20 ans – Repêché en 2017 (1/14)

Le fils d’Adam a hérité de la génétique du paternel, mais de plus d’habiletés offensives qu’Adam aurait pu rêvé. Très mobile, Cal excelle en relance et en supériorité numérique où il pourrait être le futur quart-arrière de cette équipe, même en présence de Victor Hedman. À 6pi4, il est en mesure de jouer physique, mais n’égalera jamais son père à ce chapitre. Il a toutefois beaucoup amélioré son jeu défensif depuis sa sélection au premier tour en 2017 et continue de jouer avec calme et de montrer beaucoup de confiance en possession de la rondelle même dans la Ligue américaine. Il devrait facilement obtenir un poste à Tampa l’an prochain.

2. Nolan Foote – AG – 18 ans – Repêché en 2019 (1/27)

Le Lightning a quelque peu causé la surprise en choisissant Nolan Foote au premier tour du dernier repêchage. Le petit frère de Cal était classé plus loin selon la plupart des publications et n’avait pas démontré le potentiel offensif espéré d’un joueur choisi à ce rang. Ailier de puissance typique, il mise sur un gros gabarit et n’hésite pas à s’impliquer physiquement tant en échec avant que le long des rampes ou autour du filet. Son excellent lancer lui donne le potentiel d’être un jour un attaquant de 2e ligne, mais il devra améliorer son coup de patin pour y arriver, cela étant sa grande lacune.

3. Alex Barré-Boulet – AD – 22 ans – Signé comme joueur junior en 2018

À l’issue d’une saison exceptionnelle avec l’Armada, le Québécois avait signé une entente de 3 ans avec le Lightning et a prouvé dès sa première saison professionnelle qu’il avait l’étoffe d’un attaquant de top 6 dans la LNH. Ses 34 buts et 68 aides ont représenté des sommets dans la Ligue américaine chez les recrues tandis que ses 17 buts en supériorité numérique étaient un sommet dans le circuit en entier. Travaillant toujours fort, notamment en échec avant, Barré-Boulet pourrait se tailler un poste sur un troisième trio si son jeu offensif ne se transpose pas bien dans la LNH, mais avec ses bonnes mains et son excellente vision du jeu en plus d’un coup de patin rapide, il aura d’abord la chance de jouer sur un trio offensif, peut-être dès l’an prochain!

4. Taylor Raddysh – AD – 21 ans – Repêché en 2016 (2/58)

Ayant fait la pluie et le beau temps à Erie avec Alex DeBrincat et Dylan Strome, Raddysh tentera maintenant d’être le troisième membre de l’excellent trio des Otters à atteindre la LNH. Doté d’un bon gabarit et d’un instinct de marqueur indéniable, Raddysh a le potentiel d’être un bon joueur complémentaire sur un trio offensif avec des joueurs plus talentueux que lui, ce qui ne manque pas à Tampa Bay. Son coup de patin le limitera probablement toujours à ce type de rôle toutefois, mais il excelle sur l’avantage numérique donc on peut s’attendre à le voir de bonnes saisons même au plus haut niveau ; sa saison recrue de 46 points dans la Ligue américaine en est d’ailleurs la preuve.

5. Alexander Volkov – AD – 22 ans – Repêché en 2017 (2/48)

Repêché à sa deuxième année d’éligibilité, le Russe a immédiatement fait le saut dans la Ligue américaine où il s’est plus que bien débrouillé avec 23 buts et 22 aides en 75 parties. Sa deuxième saison l’a toutefois vu stagné quelque peu avec à nouveau 23 buts, en plus de 25 aides cette fois. Il a tout de même été longuement considéré lors du camp du Lightning cette saison avant de finalement être relégué à Syracuse. Ailier très complet, Volkov est efficace dans son territoire et travaille bien le long des rampes en plus d’avoir une touche de marqueur indéniable. Si les blessures frappent Tampa Bay, on pourrait le voir à l’oeuvre bientôt dans la LNH.

6. Mitchell Stephens – C – 22 ans – Repêché en 2015 (2/33)

Repêché au 33e rang après une saison d’à peine 48 points en 62 matchs en Ontario, Stephens a depuis concrétisé son statut de bon espoir de la LNH avec deux belles saisons professionnelles à Syracuse. Joueur très rapide et surtout polyvalent, l’Ontarien peut être employé à toutes les sauces et y connaitre du succès. Son excellent jeu défensif et sa ténacité en échec avant font en sorte qu’il atteindra presque assurément la LNH, mais sa vision du jeu et ses habiletés de marqueur pourraient le faire gravir les échelons jusqu’à un deuxième trio si son jeu offensif continue de progresser. Attendez-vous à le voir dans la LNH en 2020.

7. Hugo Alnefelt – G – 18 ans – Repêché en 2019 (3/71)

Tout juste repêché par l’équipe, le gardien suédois montre déjà des extraits de son énorme potentiel alors qu’il connait un début de saison exceptionnel en Ligue élite de Suède. À 6pi3 et misant sur des aptitudes physiques exceptionnelles, le Suédois pourrait se faire un nom lors du prochain Championnat du monde de hockey junior, pour lequel il sera assurément considéré. À peine âgé de 18 ans depuis quelques mois, Alnefelt a encore beaucoup de chemin à faire avant d’atteindre la LNH, mais il semble déjà être un excellent choix au repêchage, surtout s’il peut améliorer sa technique.

8. Boris Katchouk – AG – 21 ans – Repêché en 2016 (2/44)

Un ailier de bon gabarit, Katchouk a connu une belle carrière au niveau junior, marquant 91 buts en trois saisons complètes tout en représentant un défi pour l’adversaire par son jeu acharné le long des rampes et son coup de patin puissant. Arrivé chez les professionnels l’an dernier, il a eu du mal à se signaler au sein d’une excellente équipe à Syracuse, terminant la saison avec seulement 23 points, mais on s’attend à ce qu’il soit en mesure de performer beaucoup mieux à sa deuxième saison dans la Ligue américaine. S’il peut aussi améliorer son jeu défensif, on parle d’un joueur avec le potentiel de contribuer positivement sur un deuxième ou troisième trio dans la LNH.

9. Carter Verhaeghe – C – 24 ans – Acquis via échange des Islanders en 2017

Acquis des Islanders en retour du gardien letton Kristers Gudlevskis il y a deux ans, Verhaeghe est depuis devenu l’un des meilleurs joueurs de la Ligue américaine, forçant même la main du Lightning en se faisant une place à Tampa Bay à la suite du camp cette année. Joueur talentueux capable de contribuer de différentes façons, l’Ontarien montre toujours des lacunes au niveau du coup de patin, vraisemblablement la raison pour laquelle il n’avait jamais eu sa chance dans la LNH encore, malgré ses 24 ans. Suivez sa progression cette année à Tampa Bay, mais il commence à se faire tard pour lui s’il souhaite occuper un rôle sur un top 6 à terme.

10. Sammy Walker – C – 20 ans – Repêché en 2017 (7/200)

Petit attaquant de 5pi10 et seulement 150 livres, Walker a été l’une des belles histoires au camp estival du Lightning alors qu’il a fait briller son talent offensif dans les exercices intra-équipe. Faisant ses débuts au hockey universitaire à 19 ans, il y a connu une excellente saison recrue avec 26 points en 37 parties et en est déjà à cinq points après quatre rencontres cette année. Il représente un projet à long terme pour Tampa, mais avec encore trois saisons universitaires possibles, l’organisation peut se permettre d’être patiente le temps qu’il se développe.

En 2011, le Lightning mettait sous contrat Tyler Johnson et repêchait Nikita Kucherov au 2e tour et Ondrej Palat au 7e lors du repêchage.  Un an plus tard, Andrei Vasilevskiy (1ère ronde) et Cédric Paquette (4e ronde) entraient dans le giron et étaient rejoints en 2013 par l’excellent Brayden Point, appelé en 3e ronde. En 2014, l’équipe a mis sous contrat Yanni Gourde qui est devenu un joueur important, puis 2015 a marqué l’ajout de Mathieu Joseph et Anthony Cirelli aux rangs de l’équipe et ensuite… plus rien. Aucun joueur choisi par le Lightning lors des quatre derniers encans n’a participé à un seul match avec l’équipe et à part quelques exceptions, aucun ne semble en voie de devenir un joueur d’impact. Tampa devra donc redoubler d’efforts dans sa quête d’une Coupe si l’équipe ne veut pas voir cette opportunité s’envoler.

Série espoirs – Canucks : une banque d’espoirs comme ils n’en ont jamais eue

Série espoirs – Canucks : une banque d’espoirs comme ils n’en ont jamais eue

Les Canucks de Vancouver ont connu des années fastes depuis le début des années 2000. Le premier trio de l’époque, composé de Markus Naslund, Todd Bertuzzi et de Brendan Morisson a fait frémir les défensives adverses. Puis, sont arrivés les jumeaux Sedin: ces deux attaquants ont marqué à différents égards la franchise des Canucks. Malheureusement pour les gens de Vancouver, ces succès n’ont pu être traduits par la conquête d’une Coupe Stanley. Alors que le succès était au rendez-vous sur la glace, les repêchages exécrables s’enchaînaient. Il a fallu un reconstruction pour apercevoir des rayons de soleil dans le département du recrutement amateur. Brock Boeser et Elias Pettersson font oublier bien des années de vache maigre à ce niveau, tout comme les espoirs qui sont énumérés dans notre liste. 

1. Quinn Hughes – DG – 20 ans – Repêché en 2018 (1/7)

Le directeur général des Canucks Jim Benning n’en revenait pas: à son rang de sélection, le septième en tout, le défenseur Quinn Hughes était encore disponible. Doté d’une finesse incroyable, d’un sens du jeu déjà très développé et d’une vision du jeu digne des meilleurs défenseurs offensifs, Quinn Hughes a d’abord montré son grand talent au sein de la formation de l’Université du Michigan, là où il a inscrit 29 points en 37 parties comme recrue de 17 ans. Ce défenseur gaucher vient combler une véritable lacune dans l’alignement des Canucks et agira très certainement comme quart-arrière de cette formation. En 12 matchs dans la LNH, Hughes a déjà obtenu six points et, au moment d’écrire ces lignes, domine les Canucks au chapitre du Corsi, tout en n’ayant que 38% de ses départs en zone offensive. 

2. Thatcher Demko – G – 23 ans – Repêché en 2014 (2/36)

Choix judicieux des Canucks en deuxième ronde en 2014. Thatcher Demko se profile comme le gardien de buts de l’avenir de la formation britanno-colombienne. Le gardien de grande taille (six pieds, quatre pouces) a fait ses classes avant de graduer à Vancouver. Après son repêchage, il a évolué pendant deux saisons à Boston College, puis trois saisons avec le club-école des Canucks, à Utica. Il a eu la chance de jouer neuf matchs à Vancouver l’an dernier et a affiché une respectable efficacité de 0.913.  L’athlétique gardien semble donc fin prêt à partager la besogne avec Jacob Markstrom et il montre déjà les dents, avec un rendement de 0.943 en trois parties devant le filet de la troupe de Travis Green.

3. Vasili Podkolzin – AD – 18 ans – Repêché en 2019 (1/10)

Vasili Podkolzin était un joueur très en vue à l’approche du repêchage de cette année, mais il a légèrement descendu dans les prévisions des experts et a finalement été sélectionné au dixième rang par les Canucks. Podkolzin est un attaquant pugnace qui joue sans relâche. Son talent offensif, combiné à sa polyvalence et à son ardeur sur la glace font de lui un élément qui sera primordial dans l’identité prochaine des Canucks. Grosso modo, il est ce que les Canucks espéraient que Jake Virtanen devienne lorsque ce dernier a été repêché, cinq ans plus tôt. Podkolzin doit encore compléter son contrat de deux ans en Russie avant de s’amener en sol nord-américain. 

4. Jett Woo – DD – 19 ans – Repêché en 2018 (2/37)

Le défenseur originaire de Saint-Boniface au Manitoba est une véritable boule d’énergie. Woo sera un couteau suisse pour la défensive des Canucks et complétera à merveille une deuxième unité ou une deuxième vague en avantage numérique tout en étant une force à court d’un homme. À son année de repêchage, une blessure l’a contraint à rater plus d’une vingtaine de matchs, mais il a rebondi de brillante façon l’année suivante en enregistrant 66 points en 62 rencontres avec Moose Jaw.  Il joue de manière robuste, mais propre, chose toujours appréciée dans la grande ligue. 

5. Nils Höglander – AG – 18 ans – Repêché en 2019 (2/40)

Choix au repêchage très intéressant des Canucks en deuxième ronde, Nils Höglander pourrait s’avérer être un coup de circuit. Même s’il ne mesure que cinq pieds et neuf pouces, le diminutif attaquant suédois a un très haut potentiel. En Suède, il évolue actuellement avec Rögle, là où il joue en compagnie de l’espoir des Hurricanes, Dominik Bokk. Il est décrit comme un joueur excessivement évasif et intelligent, alors qu’il sert souvent de savantes passes à ses coéquipiers de trio. Les Canucks bénéficiant déjà d’une profondeur intéressante en termes de jeunes attaquants, cela permettra à Höglander de se développer à l’abri des regards avant de contribuer à l’offensive à Vancouver. 

6. Tyler Madden – C – 19 ans – Repêché en 2018 (3/68)

On peut résumer le jeu de Tyler Madden en un seul mot: vitesse. Le centre de cinq pieds, onze pouces (et de 152 lb seulement!) se démarque tant par sa rapidité sur patins qu’avec la vitesse à laquelle il génère des jeux sur la glace. À prime abord, le fils de John Madden semblait être un choix peut-être hâtif en troisième ronde, mais sa première saison universitaire avec Northeastern a permis d’effacer partiellement les doutes à son sujet. Il s’est aussi démarqué lors du championnat mondial de hockey junior avec la formation des États-Unis, là où il a marqué trois buts en sept matchs. Son développement ne sera pas brusqué et les Canucks prendront vraisemblablement leur temps avec lui. 

7. Olli Juolevi – D – 21 ans – Repêché en 2016 (1/5)

À l’origine, perçu comme un des brillants défenseurs de la cuvée de 2016, Olli Juolevi est actuellement le seul joueur parmi le top 17 de ce repêchage à ne pas avoir encore joué un match dans la grande ligue. Malchanceux, Juolevi a subi une importante blessure au genou l’an dernier et cela l’a limité à 18 petits matchs en 2018. Malgré sa progression en dents de scie, les Canucks ne devront pas perdre patience à son endroit. Il suffit d’une saison dans la Ligue Américaine pour donner confiance à ce défenseur qui demeure, somme toute, un joueur polyvalent qui peut gruger de nombreuses minutes. 

8. Michael DiPietro – G – 20 ans – Repêché en 2017 (3/64)

Michael DiPietro s’est rendu à la finale de la ligue ontarienne l’an dernier avec les 67’s d’Ottawa avant de baisser pavillon face au Storm de Guelph. Malgré ses bonnes statistiques dans la OHL, c’est au championnat mondial junior de hockey que DiPietro s’est distingué avec la formation canadienne, alors qu’il a affiché une excellente moyenne de buts accordés par match de 1.23 et un pourcentage d’arrêt de 0.952. L’affrontement en quart de finale le mettant en scène avec le gardien finlandais Ukko-Pekka Luukkonen était un match d’anthologie. Avec la présence de Markstrom et de Demko à Vancouver, DiPietro aura le temps de se développer à Utica. 

9. Jack Rathbone – DG – 20 ans – Repêché en 2017 (4/95)

Jack Rathbone est un bon espoir à la défensive pour les Canucks, mais il ne se situe pas encore au niveau des Hughes, Woo et Juolevi de ce monde. Il joue pour l’Université de Harvard et a évolué aux côtés d’Adam Fox, récemment acquis par les Rangers de New York, équipe pour laquelle il joue actuellement. Il faudra voir comment Rathbone se débrouillera sans Fox. S’il peut bien paraître en menant la brigade défensive de Harvard, Rathbone verra son statut évoluer grandement dans l’organisation des Canucks. Son potentiel est définitivement là, comme le montrent ses 22 points amassés en 33 matchs lors de son année recrue à l’université, mais il demeure un projet à long terme pour les Canucks. 

10. Zack MacEwen – AD – 23 ans – Signé comme joueur junior en 2017

Le robuste ailier droit originaire de Charlottetown est rapidement devenu un joueur préféré de la foule à Vancouver lorsqu’il a joué quatre matchs l’an dernier avec les Canucks. MacEwen donne toujours le maximum sur la glace et cela est perceptible par son jeu robuste et intense. Il n’est pas le joueur le plus talentueux offensivement, mais il arrive à se débrouiller très bien sur la patinoire, comme le montre sa production offensive à Utica l’an dernier, alors qu’il a tout de même amassé 52 points en 69 parties. Il a repris de plus belle, alors qu’il revendique cinq points en quatre matchs. Il pourrait s’avérer être une pièce importante sur un des deux derniers trios à Vancouver dans un futur proche. 

Somme toute, on peut dire que Jim Benning et son organisation de recrutement chez les amateurs ont réussi à redresser la barre à Vancouver. Il n’y a aucun trou apparent, tant à l’attaque, qu’à la défensive et devant le filet. De plus, les Canucks semblent avoir une propension aux tentatives de coups de circuit avec les joueurs de petite taille. Les sélections de Petrus Palmu et d’Artyom Manukyan, respectivement en 2017 et en 2018, ont fait jaser, compte tenu de leur minuscule gabarit. Malgré tout, si la ligue continue à donner plus de place à la vitesse et au talent brut, ces sélections pourraient s’avérer géniales pour les Canucks à long terme. D’ici là, Benning et compagnie devront trouver les pièces manquantes pour entourer la bande de jeunes joueurs qu’ils ont sélectionnés récemment, question de délaisser enfin l’étape de la reconstruction. 

Série espoirs – Blues : on peut pardonner aux champions!

Série espoirs – Blues : on peut pardonner aux champions!

Après avoir raté les séries de peu en 2017-2018, les Blues ont frappé un grand coup en remportant la coupe Stanley suite à une séquence irrésistible à partir du mois de janvier. Le piètre état de la banque d’espoirs de St-Louis est en quelque sorte une anomalie pour une équipe qui n’a pourtant pas échangé beaucoup de choix au cours des dernières années. Deux récents choix de premier tour, Dominik Bokk et Tage Thompson, ont toutefois été sacrifiés dans les transactions pour Ryan O’Reilly et Justin Faulk, affaiblissant ainsi une banque déjà particulièrement mal en point.

1. Jordan Kyrou – C/AD – 21 ans – Repêché en 2016 (2/35)

Patineur ultra rapide, Kyrou a vu une tuile lui tomber dessus alors qu’il a dû être opéré au genou pendant la saison morte, le condamnant à amorcer la saison dans la Ligue américaine et retardant assurément son développement quelque peu. Joueur par excellence dans la Ligue de l’Ontario en 2018, Kyrou a réussi de main de maitre sa transition au hockey professionnel avec une saison de 43 points en 47 rencontres l’an dernier. Très talentueux et excellent pour préparer la table pour ses coéquipiers, il a aussi amélioré son lancer et son jeu défensif en vue de devenir un joueur plus complet et une menace constante. Ses performances à son retour de blessure devraient déterminer à quel moment il sera promu dans la LNH, mais à ce point-ci, ça ne saurait tarder.

2. Ville Husso – G – 24 ans – Repêché en 2014 (4/94)

Ignoré à sa première année de repêchage, Husso s’est assuré de ne pas revivre ce moment en connaissant ensuite une excellente première saison professionnelle dans la Ligue élite de Finlande, en 2014. Deux très bonnes saisons plus tard, il joignait les rangs des Wolves de Chicago dans la Ligue américaine avec qui il s’est rapidement établi comme l’un des meilleurs gardiens du circuit. Sa troisième saison en Amérique, l’an dernier, a été plus difficile, mais il demeure un espoir de qualité devant le filet, lui qui est connu pour son calme, son positionnement et sa technique qui lui permettent d’être efficace sans être spectaculaire.

3. Klim Kostin – AD – 20 ans – Repêché en 2017 (1/31)

La présence de Kostin aussi haut sur cette liste est à la fois un témoignage de la faiblesse de la banque des Blues que du potentiel du joueur Russe. Maintenant à sa troisième saison depuis sa sélection au premier tour en 2017, le gros ailier semble avoir compris qu’il doit en faire plus et a commencé la saison du bon pied avec six points en cinq rencontres lors du camp d’entrainement des Blues. Ça n’a toutefois pas été suffisant pour se tailler un poste avec l’équipe, mais les Blues n’ont certainement pas abandonné dans son cas. Ils espéreront bien sûr le voir faire mieux que les 28 et 24 points qu’il a produits à ses deux premières saisons dans la LAH. Très talentueux et travaillant généralement fort, les résultats offensifs tardent toutefois à venir pour Kostin qui continue de faire preuve d’une inconstance décevante.

4.Mitch Reinke – DD – 23 ans – Signé comme agent libre collégial en 2018

Après deux bonnes saisons à Michigan Tech, le défenseur américain de 5pi11 a signé un contrat professionnel avec les Blues et a passé toute la saison 2018-2019 dans la Ligue américaine, terminant au premier rang des défenseurs recrues au niveau des points avec 45, dont 12 buts. Défenseur droitier de plus petite taille qui excelle en avantage numérique, Reinke a vu ses chances d’amorcer la saison dans la LNH anéanties quand les Blues ont fait l’acquisition de Justin Faulk pendant le camp d’entrainement. Il est donc retourné à San Antonio où il jouera à nouveau un rôle de leader en attendant une chance au plus haut niveau. Avec les Pietrangelo, Parayko et Faulk devant lui, toutefois, ça ne viendra probablement qu’en cas de blessure.

5. Scott Perunovich – DG – 21 ans – Repêché en 2018 (2/45)

Ignoré à son premier passage au repêchage, Perunovich n’a pas attendu longtemps avant d’entendre son nom en 2018 et pour cause : le défenseur avait réussi 36 points en 42 rencontres à sa première année universitaire. Après une autre bonne saison, l’Américain retournera à l’Université de Minnesota-Duluth pour y disputer une troisième campagne et on peut s’attendre à ce qu’il continue d’y faire des flammèches. Défenseur explosif sur ses patins et excellent pour transporter le disque, Perunovich n’a pas beaucoup de compétition sur le côté de gauche de la défensive et pourrait bientôt faire le saut chez les professionnels, où son dynamisme sera certainement le bienvenu. À 5pi9, toutefois, il sera toujours plus efficace si son partenaire peut s’occuper des missions défensives plus coriaces.

6. Nikita Alexandrov – C – 20 ans – Repêché en 2019 (2/62)

En repêchant encore un joueur à son deuxième passage au repêchage, les Blues espèrent avoir mis la main sur un « late-bloomer », un de ces joueurs qui éclosent sur le tard. Dans le cas d’Alexandrov, l’expression s’applique particulièrement bien considérant qu’il est né le 16 septembre ; c’est donc dire qu’il est déjà âgé de 20 ans même s’il vient tout juste d’être choisi. Un saut de 31 à 61 points avec les Islanders de Charlottetown y est certainement pour quelque chose 

7. Alexei Toropchenko – AD – 20 ans – Repêché en 2017 (4/113)

Est-ce vraiment si surprenant de voir autant d’espoirs russes chez l’équipe qui a frappé le gros lot avec Vladimir Tarasenko? Certes, celui-ci avait été un choix de premier tour, mais vous remarquerez que les autres attaquants du pays de Poutine partagent certaines aptitudes avec lui, notamment des aptitudes de marqueurs naturels indéniables. Puissant ailier de 6pi3, Toropchenko s’est fait connaitre avec le Storm de Guelph l’an dernier, en séries particulièrement. Après avoir marqué 17 buts en 62 rencontres en saison, il a presque égalé cette marque avec 16 en 28 matchs éliminatoires. Il amorcera maintenant sa carrière professionnelle où il pourra travailler sur les autres facettes de son jeu pendant quelques années.

8. Niko Mikkola – DG – 23 ans – Repêché en 2015 (5/127)

Après Reinke et Perunovich, disons que Mikkola détonne particulièrement. À 6pi5, il domine physique les autres espoirs défensifs de l’équipe et apporte une dimension complètement différente. Excellent dans son territoire et bon patineur, le Finlandais impressionne tout de même par sa prise de décision avec la rondelle, bien qu’il ne sera jamais un défenseur offensif. En effet, ses neuf points en 70 matchs à San Antonio l’an dernier n’ont rien d’impressionnant, mais avec trois saisons dans la Ligue élite de Finlande et une participation au Championnat du monde senior, Mikkola a déjà démontré qu’il est l’un des bons espoirs des Blues et il ne faudrait pas s’étonner de le voir goûter à la LNH dès cette année dans le cadre d’un rappel pour blessure.

 

9. Colten Ellis – G – 19 ans – Repêché en 2019 (3/93)

Le gardien originaire de la Nouvelle-Écosse vient de connaitre deux bonnes saisons avec l’Océanic avant de vraiment laisser sa marque en séries l’an dernier avec un pourcentage d’arrêts de 91,9%. Très agile et doté d’excellents réflexes, Ellis est un gardien agressif qui aime défier les tireurs adverses. Vu sa taille modeste pour un gardien (6pi1), cette agressivité lui joue parfois des tours, mais à son âge, il a encore le temps de parfaire sa technique et son positionnement. Il sera considéré pour un poste de gardien avec l’équipe nationale junior en décembre prochain et ne devrait pas joindre les rangs professionnels avant 2021-2022 au plus tôt.

10. Mathias Laferrière – AD – 19 ans – Repêché en 2018 (6/189)

Laferrière est un projet à long terme pour les Blues, mais sa progression depuis un an a été phénoménale. Choisi en 6e ronde après une saison de seulement 12 buts et 41 points, le Québécois a explosé pour 28 buts et 74 points l’an dernier. En fait, à première vue, son cas rappelle drôlement celui de Samuel Blais il y a quelques années ; repêché par les Blues en 6e ronde après une saison bien ordinaire, il vient de jouer un rôle dans leur conquête de la Coupe Stanley. Pour ce qui est de Laferrière, à 6pi2, il a déjà le physique de l’emploi, bien qu’il devra continuer à ajouter du muscle. Il excelle en zone offensive grâce à de bonnes mains et à une créativité intéressante et on espère le voir poursuivre sa progression offensive au sein d’une bonne équipe à Charlottetown.

Les Blues sont champions en titre de la Coupe Stanley et à ce titre, il est difficile de leur tenir rigueur pour l’état de leur banque d’espoirs, mais à ce point-ci, ils devront espérer un bon développement de leurs jeunes s’ils veulent maintenir la barque à flot au cours des prochaines années. Des joueurs comme Perunovich, Kostin et Kyrou ont un gros potentiel professionnel, mais le reste des espoirs sont surtout des projets à leur position respective et il serait bien surprenant de voir la moitié de ces joueurs réaliser ce potentiel pleinement.

Série espoirs – Sharks : des requins édentés

Série espoirs – Sharks : des requins édentés

Les Sharks de San José sont abonnés aux séries éliminatoires. Depuis la campagne de 2003-2004, les Sharks n’ont raté les séries qu’une seule fois et, plus souvent qu’autrement, ont eu un parcours très intéressant. Malheureusement pour eux, ils n’ont jamais pu remporter la Coupe Stanley malgré une participation à la finale de 2016. Tout ce succès est aussi synonyme d’une banque d’espoirs dégarnie, d’abord parce que les Sharks ont très souvent repêché tardivement, mais aussi parce qu’ils avaient tendance d’échanger leurs choix au repêchage ou leurs bons espoirs pour du renfort à la date limite des transactions. À toutes fins pratiques, les Sharks montrent probablement la pire banque de toute la ligue. 

1. Ryan Merkley – DD – 19 ans – Repêché en 2018 (1/21)

Les Sharks ont fait fi de la réputation d’enfant terrible que Ryan Merkley avait lors du repêchage de 2018 pour en faire leur première sélection cette année-là. Incroyablement talentueux et dynamique, Merkley domine complètement la OHL au chapitre des points. À son année de repêchage, il a montré une production de 67 points en 63 matchs, mais a affiché un différentiel abominable de -29. Du point de vue offensif, il a encore mieux fait la campagne suivante (71 points en 63 parties), mais il est toujours vu comme un indésirable dans le vestiaire. Il a été échangé pour la deuxième fois dans la même année, cette fois aux Knights de London, menés par une main de maître par Dale Hunter. Les Sharks doivent espérer que leur meilleur espoir affiche une maturité nouvelle. Si tel est le cas, la formation californienne aura frappé un grand coup.

2. Ivan Chekhovich – AG – 20 ans – Repêché en 2017 (7/212)

Celui qui a été considéré par les Sharks en septième ronde seulement lors de l’encan de 2017 est en voie de donner raison à Doug Wilson et son équipe. Il est tout de même étrange que l’ailier russe ait été sélectionné aussi tardivement. Après tout, à sa première saison professionnelle en Amérique, avec le Drakkar de Baie-Comeau, il a produit à un rythme d’un point par match.  Ce n’est rien d’impressionnant pour le commun des joueurs, mais pour un individu qui ne parlait pas le moindre mot en français ou en anglais avant son arrivée, c’est une production digne de mention. L’attachant attaquant s’est ensuite distingué de brillante façon l’année suivante avec 105 points, ce qui lui a valu quelques matchs avec le Barracuda de San José (AHL). À ses cinq premiers matchs professionnels, Checkhovich a marqué quatre points en cinq parties. Il devrait encore passer l’année dans la Ligue Américaine, mais sa progression fulgurante devrait lui permettre de faire sa niche avec les Sharks très prochainement. 

3. Alexander Chmelevski – C/AD – 20 ans – Repêché en 2017 (6/185)

Alexander «Sacha» Chmelevski est aussi un de ces joueurs sur qui les recruteurs parient en espérant un coup de circuit. Dans le cas de cet attaquant d’origine ukrainienne, mais né aux États-Unis, ceux des Sharks pourraient bien avoir vu juste. Tout comme Chekhovich, Chmelevski a connu une bonne saison, sans plus, lors de son année de repêchage. Et c’est l’année suivante qu’il s’est révélé, menant les 67’s d’Ottawa à la finale du championnat de l’OHL. Ses séries ont été particulièrement électrisantes (31 points en 18 parties) alors qu’il a fait la pluie et le beau temps dans la capitale nationale.  Il excelle en possession de rondelle et en zone offensive. Son jeu défensif reste à peaufiner, mais le temps ne presse pas dans son cas. 

4. Mario Ferraro – DG – 21 ans – Repêché en 2017 (2/49)

L’ex-capitaine de la formation universitaire de U-Mass Amherst devrait faire ses débuts en ligue professionnelle cette saison avec les Barracudas de San José. Bien qu’il ait joué dans l’ombre de Cale Makar là-bas, ses performances au camp d’entraînement qui vient de se clore ont donné très bonne impression. Il demeure un défenseur capable offensivement, nonobstant sa saison plus difficile à ce chapitre, mais il est surtout relativement complet, ce qui devrait lui permettre de se tailler une place dans la grande ligue plus tôt que tard, surtout si les Sharks ont des pépins salariaux.  

5. Dylan Gambrell – C – 23 ans – Repêché en 2016 (2/60)

Gambrell est plus expérimenté que les quatre espoirs énoncés précédemment. À l’âge de 23 ans, il a déjà eu la chance de disputer 11 matchs dans la LNH, n’enregistrant aucun point lors de ses apparitions. Tout de même, il a pu enregistrer 45 points en 50 rencontres lors de sa première saison avec les Barracudas dans la LAH. Il devrait pouvoir se tailler une place avec les Sharks dès cette année, lui qui a le potentiel d’occuper le poste de quatrième centre derrière les Hertl, Couture et Thornton. Les chances sont élevées qu’il soit employé dans des circonstances qui lui seront favorables afin de faciliter la transition vers la LNH, tout en lui confiant quelques missions défensives. 

6. Artemi Kniazev – DG – 18 ans – Repêché en 2019 (2/48)

Kniazev est un choix intéressant en deuxième ronde pour les Sharks cette saison. Il est considéré comme un projet à long terme, mais il a toutes les aptitudes pour devenir un défenseur offensif de qualité dans la LNH éventuellement. Son coup de patin combiné à son flair offensif fait de lui un prototype du défenseur offensif moderne. À sa première année en Amérique, Kniazev a marqué 34 points en 55 parties, ce qui est très bien. Il est prévu qu’il passe encore quelques temps à Chicoutimi pour s’acclimater au jeu nord-américain. Sa progression sera définitivement à surveiller cette année. 

7. Joachim Blichfeld – AD/AG – 21 ans – Repêché en 2016 (7/210)

L’attaquant originaire du Danmark est sorti de sa coquille lors de la dernière saison avec les Winterhawks de Portland. Entre 2016 et 2018, Blichfeld a enregistré 114 points en 109 parties. Il a explosé offensivement en 2018-2019 alors qu’il a marqué le même nombre de points en seulement 68 parties, entre autres en jouant à l’aile de Cody Glass, espoir des Golden Knights.  À son âge et à sa stature, il est attendu qu’il domine la ligue junior dans laquelle il évoluait. Il doit maintenant transposer sa progression dans la Ligue Américaine. 

8. Josef Korenar – G – 21 ans – Signé comme joueur autonome en 2018

Le gardien de buts tchèque est le meilleur espoir devant les buts pour les Sharks, de loin. À sa première année professionnelle, Korenar a partagé la tâche de garder les filets avec Antoine Bibeau et est pressenti pour s’accaparer du boulot à temps plein dès cette année. Considérant que la situation dans les filets n’est pas optimale à San José avec les performances en montagnes russes de Martin Jones et d’Aaron Dell, l’avenir de Korenar dans l’organisation pourrait être intéressant s’il arrive à progresser avec les Barracudas. 

9. Dillon Hamaliuk – AG – 18 ans – Repêché en 2019 (2/55)

Dillon Hamaliuk est un grand ailier gauche qui pourrait éventuellement faire sa niche dans la LNH comme ailier de puissance sur un troisième trio, par exemple. Hamaliuk s’est blessé après 31 matchs l’an dernier et n’a malheureusement pas pu jouer davantage lors de son année de repêchage durant laquelle il a obtenu 26 points en 31 matchs. Son gabarit devrait lui permettre de se distinguer dans les ligues mineures, alors qu’il évolue cette année avec les Rockets de Kelowna dans la WHL. Sa progression face à des joueurs plus jeunes et plus petits que lui dictera le rôle qu’il pourra accaparer éventuellement dans la LNH.

10. Yegor Spiridonov – C – 18 ans – Repêché en 2019 (4/108)

Spiridonov est un projet à long terme pour les Sharks. Le joueur de centre est encore sous contrat dans la KHL pour deux ans. La qualité première de Spiridonov est sa polyvalence, lui qui est capable de se servir de son bon gabarit pour jouer de façon insistante sur toute la surface glacée, tant à l’attaque qu’en repli.  Il garde son jeu simple et efficace, deux façons de jouer bien appréciées dans la LNH. 

Les Sharks de San José ont encore le luxe d’avoir des jeunes joueurs dans leur noyau comme Timo Meier et Tomas Hertl, mais ils se devront de les entourer avec davantage de joueurs compétitifs. Les meilleurs espoirs du groupe sont notables et pourraient connaître un bel avenir, mais comparativement à d’autres équipes de la ligue, le groupe composant le futur des Sharks n’est pas impressionnante du tout. En attendant, la Coupe Stanley demeure prenable à très court terme. 

Série espoirs – Penguins : pas la priorité!

Série espoirs – Penguins : pas la priorité!

Les Penguins ont raté les séries lors de la saison recrue de Sidney Crosby, mais ont depuis participé aux séries treize fois d’affilée, remportant la coupe Stanley trois fois en quatre présences. Pour obtenir de tels succès, les Penguins n’ont jamais hésité à échanger des choix au repêchage pour de l’aide immédiate. La preuve : ils ont repêché au premier tour en 2019 pour la première fois depuis 2014. Ce focus sur les succès immédiat a toutefois gravement entamé le capital d’espoirs de l’équipe, si bien qu’elle se retrouve maintenant avec l’une des pires banques de la ligue, sinon la pire. 

1. Samuel Poulin – AG – 18 ans – Repêché en 2019 (1/21)

Le Québécois a été un choix surprise au 21e rang, mais cadre parfaitement avec ce que les Penguins tentent de faire depuis quelques années, soit de donner des joueurs complémentaires à Sidney Crosby et Evgeni Malkin. Le fils de Patrick, qui a joué plus de 600 matchs dans la LNH, est un ailier travaillant doté d’un bon gabarit et qui excelle le long des rampes et autour du filet. Misant aussi sur un bon lancer, on pourrait qualifier Poulin d’un ailier de puissance, mais il devra travailler sur son coup de patin avant d’être considéré pour un rôle dans la LNH ; ce qui pourrait survenir dès l’an prochain ou, plus probablement, en 2020-2021.

2. Calen Addison – DD – 19 ans – Repêché en 2018 (2/53)

Défenseur de petit gabarit qui mise sur une excellente mobilité, Addison a réalisé l’exploit peu commun de répéter sa saison de repêchage au niveau des statistiques (11 buts et 54 aides), réalisant le tout en un match de moins. Efficace en défensive grâce à son positionnement et à son coup de patin, le Manitobain est avant tout un défenseur offensif qui excelle en relance et en avantage numérique. En fait, il a certainement le potentiel de se développer en un quart-arrière sur l’avantage numérique dans la LNH. Addison aime aussi jouer de façon physique, mais vu sa petite taille, il pourrait devoir changer un peu sa façon de jouer pour connaitre une plus longue carrière professionnelle.

3. Pierre-Olivier Joseph – DG – 20 ans – Acquis via échange des Coyotes en 2019

Défenseur très mobile, Joseph n’a pas connu le développement escompté depuis sa sélection au premier tour par les Coyotes en 2017. Faisant maintenant le saut chez les professionnels, il sera intéressant de voir s’il est en mesure bien adapter son jeu, lui qui est encore plutôt frêle pour sa taille. Efficace dans son territoire et capable de bien relancer et appuyer l’attaque, le Québécois était un morceau important de la transaction envoyant Phil Kessel en Arizona et devra maintenant prouver aux Penguins qu’il est de calibre pour la Ligue américaine et bientôt, la Ligue nationale.

4. Filip Hållander – AG – 19 ans – Repêché en 2018 (2/58)

Souvent comparé à l’espoir du Tricolore Jacob Olofsson, repêché deux rangs avant lui, Hållander s’est jusqu’ici mieux développé que son compatriote. Bon patineur qui se débrouille bien dans toutes les phases de jeu, le Suédois peut jouer au centre comme à l’aile et est connu pour son bon travail le long des rampes et en repli défensif. La grande question dans son cas demeure le niveau offensif qu’il pourra atteindre, mais sa première saison en Ligue élite de Suède a prouvé qu’il avait le potentiel pour un jour jouer sur un deuxième trio, s’il poursuit dans cette veine. Autrement, ses autres aptitudes feront de lui un joueur très fiable sur un troisième trio.

5. Sam Miletic – AG – 22 ans – Signé comme joueur junior en 2017

Derrière un top 4, somme toute, raisonnable, Miletic n’est pas exactement un excellent espoir de top 5, mais il est le meilleur que les Penguins ont. Après trois saisons ordinaires en Ontario, il a signé un premier contrat professionnel avec les Penguins à l’automne 2017. Il les a ensuite récompensés avec une saison de 36 buts et 92 points, de loin sa meilleure. Ses succès ont démontré qu’il était prêt pour la Ligue américaine et il a à nouveau passé le test avec brio, amassant 35 points en 49 matchs, la deuxième meilleure moyenne de points par matchs de l’équipe parmi les espoirs du club. À 6pi1 et 200 livres, Miletic a le physique pour la LNH et son jeu défensif mature pourrait contribuer à faire de lui un bon joueur de troisième ligne, possiblement dès 2020-2021. Si sa progression offensive se poursuit, il pourrait même aspirer à plus!

6. Kasper Björkqvist – AG – 22 ans – Repêché en 2016 (2/61)

Un autre ailier mieux adapté à un rôle complémentaire qu’un rôle de meneur de jeu, le Finlandais est un joueur avec le physique, le coup de patin et le style pour la LNH bien que son potentiel offensif continue de susciter les questions. À sa troisième saison universitaire, ses 30 points en 42 rencontres ont néanmoins représenté un sommet en carrière, tout comme ses 17 buts. Capitaine à Providence, il fera maintenant le saut dans la Ligue américaine où on espérera voir la suite de sa progression offensive tout en continuant son jeu complet.

7. Nathan Légaré – AD – 18 ans – Repêché en 2019 (3/74)

Légaré est loin d’être un joueur parfait, mais quand on marque 45 buts et 87 points dans la LHJMQ à son année de repêchage, on attire certainement l’attention. Pas un excellent patineur ni le joueur le plus alerte défensivement, Légaré compense par un effort constant et un style de jeu intense en tout temps. Dangereux autour du filet, il peut aussi marquer grâce à un très bon lancer des poignets, tout en étant une menace constante pour appliquer une solide mise en échec. Légaré ne pourra atteindre la LNH sans travailler sur son coup de patin, mais s’il y arrive, il pourrait y jouer un rôle sur une deuxième ou troisième ligne d’ici deux ou trois ans.

8. Justin Almeida – C – 20 ans – Repêché en 2018 (5/129)

Repêché par les Penguins à sa deuxième année d’éligibilité, Almeida a répondu avec une saison exceptionnelle de 111 points en 64 rencontres avec les Warriors de Moose Jaw avant de complètement disparaitre en séries, ne récoltant aucun point pendant que son équipe était éliminée en 4 rencontres au premier tour. Attaquant de petite taille très créatif avec la rondelle, Almeida est aussi très rapide et possède des mains habiles qui lui permettent d’être une menace constante avec la rondelle en sa possession. Son style le confine toutefois à occuper un rôle offensif dans la LNH, donc la prochaine saison, sa première dans la Ligue américaine, en dira long sur ses chances d’un jour y arriver.

9. Jordy Bellerive – C – 20 ans – Signé comme joueur junior en 2017

Après s’être mérité un contrat à la suite du camp d’été des Penguins, Bellerive a poursuivi sa belle carrière dans la Ligue de l’Ouest avec des saisons de 92 et 83 points avant de faire le saut dans la LAH pour trois rencontres en fin de saison l’an dernier. Un joueur rapide et intense, Bellerive est aussi un bon fabricant de jeu bien qu’on ignore pour le moment à quel point son jeu offensif se transposera bien au niveau professionnel. À tout le moins, son leadership et son travail acharné pourraient lui ouvrir les portes de la LNH dans un rôle de soutien à moyen terme.

10. Sam Lafferty – AG – 24 ans – Signé comme joueur collégial en 2018

Mis sous contrat par les Penguins après sa quatrième saison à la prestigieuse université Brown, Lafferty a bien réussi sa rentrée professionnelle avec 49 points en 70 rencontres avec Wilkes-Barre/Scranton. Efficace dans son territoire et bon fabricant de jeu, Lafferty mise sur sa rapidité pour connaitre du succès, tant en attaque qu’en défense. Outre son coup de patin, l’Américain n’a pas vraiment de facette de son jeu où il est dominant, mais il fait tout bien et pourrait devenir un favori des entraineurs au niveau professionnel s’il arrive à y trouver sa niche. À 24 ans, toutefois, il devra faire vite y arriver! S’il n’obtient pas quelques matchs à Pittsburgh cette saison, ça sera déjà un signe qu’il n’est potentiellement plus dans les plans.

Quand on mise sur Sidney Crosby et Evgeni Malkin, c’est assez logique de repêché surtout des ailiers et des défenseurs pour les complémenter. C’est justement ce qu’on retrouve en plus grand nombre dans la banque des Penguins, mais avec les deux vedettes qui vieillissent, Pittsburgh devra bientôt commencer à penser à la transition et ça commence par de bonnes sélections au repêchage, ce qui n’a pas été leur fort au cours des dernières années. Cela explique d’ailleurs possiblement le fait que quatre des espoirs du top dix n’ont même pas été repêchés par l’équipe!