Repêchage LNH 2019 – Trevor Zegras

Repêchage LNH 2019 – Trevor Zegras

La cuvée 2019 du repêchage de la LNH réserve plusieurs options intéressantes pour les formations à la recherche d’un joueur de centre. Parmi la liste, nous retrouvons Trevor Zegras, un joueur qui possède une vision extraordinaire et une intelligence sur la glace qui est élite.

TREVOR ZEGRAS
Centre, États-Unis
6pi | 168 lb | 20 mars 2001
US-NTDP, USHL
6e patineur en Amérique du Nord

Ceux qui ont suivi les activités du Programme de développement américain des moins de 18 ans cette année connaissent très bien Trevor Zegras. Ce jeune joueur de centre aux mains habiles déborde de créativité et sait mettre son talent au profit de ses coéquipiers. Lorsque son coéquipier Jack Hughes était absent cette saison, c’est souvent vers lui que l’attention était portée afin de prendre les choses en main en attaque.

Trevor Zegras a su attirer le regard de bien des amateurs de hockey cette année, particulièrement en deuxième moitié de saison. La raison est fort simple, le talentueux attaquant aime créer des séquences de jeu spectaculaires qui font parler. Sur le plan du divertissement, il est ce type de joueur qui pourrait éventuellement attirer les foules au niveau professionnel en raison de sa créativité très impressionnante. Zegras est avant tout un fabricant de jeu et potentiellement il pourrait un jour devenir le meilleur de ce repêchage à ce chapitre. Sur la glace, il sait repérer les moments où il peut utiliser ses mains pour déjouer l’adversaire, profitant d’une vision du jeu qui est exceptionnelle. Lorsqu’il décide de le faire, il manoeuvre à sa guise en territoire ennemi, entraînant avec lui la pression adverse avant d’effectuer une passe à un coéquipier qui s’est libéré. À un contre un, il y a de bonnes chances qu’il ridiculise le défenseur qui tente de le contenir. Il est un bon patineur sans toutefois être le plus rapide, étant particulièrement bon dans son temps de réaction afin de bouger en zone restreinte. Sa vision du jeu en offensive est parmi les meilleures du repêchage 2019 et il en fait la démonstration régulièrement. Il tente des jeux que bien peu de joueurs oseront ou penseront à faire tout en gardant un taux de réussite ridiculement haut. L’expression ″avoir des yeux tout le tour de la tête″ prend tout son sens avec Zegras qui est capable de noter la présence de ses coéquipiers autour de lui et de minimiser certains risques reliés à son style de jeu audacieux. Il réussit d’ailleurs sans problème plusieurs passes sans regarder. Dans les situations d’avantage numérique, il est une menace constante et il utilise très bien l’espace disponible pour créer des chances de marquer à ses coéquipiers. On pourrait aller jusqu’à dire qu’à l’intérieur de la zone offensive, il est dans la discussion pour le joueur le plus menaçant parmi ceux disponible le 21 juin prochain. Il est bon à ce point!

Trevor Zegras ne possède peut-être pas le plus gros gabarit, mais il n’hésitera pas pour autant à s’impliquer physiquement, notamment le long des rampes. Bien qu’il démontre une compréhension du jeu élite, il devra continuer à améliorer le côté défensif du joueur qu’il est et apprendre à bien compensé le fait qu’il ne soit peut-être pas imposant physiquement. Son tir est assez bon, mais il ne l’utilise probablement pas assez. Un choix de jeux plus diversifié entre les passes et les lancers au filet pourrait causer de sérieux ennuis aux défenseurs qui l’affrontent. Avec la confiance qu’il affiche et ses habiletés incroyables avec la rondelle, l’américain a tout les outils nécessaires pour aspirer à devenir un centre de premier trio dans la LNH  et il sera sans aucun doute l’un des espoirs les plus divertissants à suivre au cours des prochaines années.

Montage de la saison 2018-19 de Trevor Zegras
Repêchage LNH 2019 – Nick Robertson

Repêchage LNH 2019 – Nick Robertson

On a eu droit à plusieurs duos ou même trios de frères dans la LNH depuis quelques années et en plus des frères Hughes, on pourrait aussi très bientôt voir à l’oeuvre les frères Robertson. En effet, tandis que le champion compteur de la Ligue de l’Ontario, Jason, a été choisi au 39e rang par les Stars en 2017, son petit frère Nick tentera maintenant d’améliorer ce rang de sélection en se faufilant peut-être même au premier tour! 

NICK ROBERTSON
Ailier gauche
5pi9 | 161lb | 11 septembre 2001
Peterborough, OHL
17e patineur en Amérique du Nord
Certains analystes accordent plus d’importance que d’autres à la date de naissance d’un joueur, mais dans le cas de Nick Robertson, il est difficile d’en faire totalement abstraction, considérant qu’il est passé à cinq jours seulement d’être éligible en 2020 plutôt que cette année! Le fait qu’il soit très jeune a évidemment un impact sur sa maturité physique, lui qui n’est déjà pas très costaud, mais d’un point de vue de recruteur, ça signifie surtout qu’il a encore beaucoup de potentiel d’amélioration et quand on considère son niveau actuel, c’est particulièrement intéressant. Évoluant pour une formation en transition, Robertson a été de loin le meilleur joueur des Petes cette année avec 55 points en 54 rencontres, devançant deux joueurs maintenant âgés de 21 ans. Le fait qu’il ait mené l’équipe avec une si faible récolte en dit long sur la qualité de son équipe, mais est tout de même révélateur quant à son talent. À mesure que la saison avançait, de plus en plus d’analystes et recruteurs l’ont vu; il est d’ailleurs passé du 30e au 17e rang chez les patineurs nord-américains selon la Centrale de recrutement de la LNH depuis la mi-saison.

Le visionnement et les données avancées le confirment, Robertson est une machine à générer de l’offensive, tant pour lui que pour ses coéquipiers. Il se classe très avantageusement dans la majorité des catégories, notamment pour les entrées de zone contrôlées, le Corsi et les opportunités de marquer générées, tout un fait d’armes à son âge. Pour y arriver, il mise avant tout sur un coup de patin explosif qui lui confère l’une des meilleures accélérations chez les espoirs de la cuvée 2019 en plus d’être très agile sur patins.  Bon fabricant de jeu, il se démarque particulièrement par la qualité de son lancer et aussi par sa fougue sur la patinoire. Cette dernière est particulièrement visible quand Robertson travaille en échec avant, où il arrive souvent à forcer l’adversaire à causer un revirement en l’embêtant avec insistance.  Elle lui sert aussi beaucoup autour du filet où il bataille ardemment pour les rondelles libres ou pour une position avantageuse pour dévier un lancer.

Les trois principaux reproches qu’on peut adresser à Robertson sont les mêmes qu’avec plusieurs joueurs de son âge: constance, jeu défensif et maturité physique. Dans son cas, le dernier élément est particulièrement important vu son très petit gabarit, mais avec sa fougue et son centre de gravité assez bas, on pourrait s’attendre à le voir jouer chez les pros autour de 185 livres sans problème. Vu son jeune âge et la taille de son frère (6’2″), l’équipe qui le repêchera espérera sans doute secrètement une poussée de croissance tardive tout de même. Pour ce qui est de la constance, ce n’est pas dû à l’effort dans son cas, mais les résultats n’ont pas toujours été au rendez-vous, mais tant qu’il travaille, ça devrait se replacer de soi-même. Finalement, la conscience défensive demeure le principal élément sur lequel il devra travailler. Son positionnement dans sa zone fait encore souvent défaut et il n’a pas toujours les bons réflexes, sa fougue lui jouant parfois des tours alors qu’il pourchasse un peu trop la rondelle. Aucune de ces lacunes ne peut être corrigée toutefois et avec tout le talent dont Nick Robertson fait preuve, il rendra certainement une formation très heureuse en fin de premier tour ou au début du deuxième. Il pourrait même surprendre et se hisser dans le top 20 si une équipe tombe en amour avec lui et à mon avis, ça ne serait pas du tout un « reach »; l’avenir nous le démontrera. 

Montage des meilleurs moments de Robertson dans la OHL cette année


 

Repêchage LNH 2019 – Vasili Podkolzin

Repêchage LNH 2019 – Vasili Podkolzin

C’est immanquable, chaque année, un joueur classé au sommet des listes d’espoirs commence à glisser vers la fin de la saison. Les Zadina (2018), Vilardi (2017), Chychrun (2016) en sont tous de bons exemples et 2019 ne fait pas exception alors que le Russe Vasili Podkolzin, qui a passé toute la saison dans le top 5 partout, glisse maintenant parfois jusqu’au milieu du premier tour.

VASILI PODKOLZIN
Ailier droit
6pi1 | 196lb | 24 juin 2001
St-Pétersbourg, VHL/MHL/KHL
2e patineur en Europe
Les amateurs de statistiques vous diront que Podkolzin n’a tout simplement pas prouvé avoir sa place aussi haut au repêchage et un bref regard à sa fiche offensive vous donnera la même impression. En effet, malgré son grand talent, Podkolzin n’a pas su se démarquer tant chez les juniors que dans les deux meilleures ligues professionnelles en Russie. Même au niveau international, ses performances ont été ordinaires malgré de très beaux flashs. Ce sont justement ces bons moments qui sauvent la mise pour le Russe. En effet, pour un joueur qui n’aura 18 ans qu’après le repêchage, le simple fait qu’il ait goûté à la KHL est un très bon signe. Nommé capitaine de l’équipe des moins de 18 ans en avril dernier, Podkolzin a déjà beaucoup d’expérience au niveau international et avec un peu plus de stabilité (il a évolué pour sept formations différentes au cours de la dernière année), il pourrait se développer en une vedette offensive dans la LNH.

Le Russe de 17 ans a en effet toutes les aptitudes offensives requises pour devenir un bon attaquant de puissance au niveau professionnel. Sans être le plus rapide, il est un patineur puissant qui atteint rapidement sa vitesse de pointe et qui est solide sur ses patins en plus d’être difficile à tasser. Il est ce qu’on peut qualifier de « monstre » en possession de rondelle et adore contrôler le jeu. Ses habiletés de passeur sont très bonnes, mais il est avant tout un marqueur grâce à d’excellentes mains et à un lancer qu’il dégaine en un instant. Podkolzin s’éloigne toutefois du stéréotype russe en ce sens qu’il ne manque pas d’intensité dans son jeu et qu’il sait s’appliquer défensivement. En fait, il excelle en échec avant et arrière et travaille toujours fort le long des rampes et pour soutenir ses défenseurs. Avec son gabarit solide et ses bons instincts dans les deux de la glace, le jeune Russe a toutes les habiletés requises et surtout, la bonne attitude pour réussir.

Ce qui pourrait le freiner est son manque de constance et sa prise de décision qui laissent parfois à désirer. Ses atouts physiques sont excellents et il sait s’en servir  plusieurs de ses bons jeux proviennent d’ailleurs de belles poussées au filet – mais il devra le faire de façon plus constante s’il souhaite continuer de progresser de niveau en niveau. La bonne nouvelle, dans son cas du moins, c’est qu’il a toujours en poche un contrat de deux ans avec le SKA de St-Pétersbourg, ce qui signifie que l’équipe qui le sélectionnera ne doit pas s’attendre à le voir en Amérique avant, au minimum, 2021-2022, alors qu’il viendra tout juste d’avoir 20 ans. Il aura ainsi tout le temps de gagner en confiance et en constance avant de faire ses débuts dans la grande ligue. S’il y arrive, Podkolzin pourrait être une véritable vedette dans la LNH avec un potentiel aussi élevé qu’un Rick Nash ou Vladimir Tarasenko.

Montage des meilleurs moments de Podkolzin au dernier tournoi Hlinka-Gretzky


 

Qui secondera Carey Price ?

Qui secondera Carey Price ?

Alors qu’on sait tous que les Canadiens de Montréal devront acquérir un défenseur d’impact gaucher s’ils veulent être de retour dans les séries éliminatoires, les performances du gardien auxiliaire Antti Niemi au cours de la dernière saison ont ajoutées un article de plus sur la liste d’épicerie de Marc Bergevin pour l’été qui s’en vient. Voici donc cinq options intéressantes pour remplacer le gardien finlandais derrière Carey Price.

Charlie Lindgren – MTL

Débutons par le choix évident et probablement celui qui aura le plus de chances possible de se faire valoir au camp, Charlie Lindgren. Le gardien de 25 ans a vite charmé les partisans montréalais à ses débuts, remportant ses cinq premières rencontres dans la LNH. Certains le voyaient déjà prendre la place de Carey Price, dans un futur rapproché.

Cependant, Lindgren est vite retombé sur terre connaissant seulement la victoire à trois reprises lors de ses 13 dernières rencontres. Ses nombreux échecs au camp d’entraînement jumelés à ses performances dessous la moyenne dans la ligue américaine l’ont un peu effacé du rôle de gardien substitut à Montréal.

Il ne faudrait pas le retirer de la course trop vite, puisque selon moi, le poste est à lui pour le moment. Une dernière année de contrat à prix moindre, ainsi qu’une possible perte au ballotage, le placera en tête de liste pour seconder Carey Price, lorsque le camp d’entraînement se mettra en branle en septembre prochain.

Cam Ward – CHI

Après plusieurs saisons comme gardien numéro un des Hurricanes de la Caroline, Cam Ward disputait une première saison comme gardien substitut avec les Blackhawks de Chicago. Enfin, c’est ce qu’il croyait lorsqu’il a apposé son nom au bas du contrat. Une blessure au gardien Corey Crawford est venue changer les plans. Ward a disputé 29 matchs et, malgré des statistiques peu reluisantes à l’oeil (3,67 et ,897), il a été capable de permettre à son équipe d’accumuler les points au classement (16 victoires, des points dans 20 matchs sur 32 joués).

Ses 15 quality starts (nombre de départs avec un taux d’efficacité supérieur à ,850%) sont assez remarquables lorsqu’on considère que Ward jouait derrière l’avant-dernière équipe pour les buts accordés.

Quand on compare les 4 petits quality starts que Niemi a pu donner au CH cette saison, Ward serait tout un réhaussement derrière Carey Price.

Brian Elliott – PHI

Brian Elliott a été gardien partant, pratiquement partout où il est passé dans sa carrière. Que ce soit avec les Sénateurs, les Blues, les Flames et même les Flyers, le gardien canadien a toujours rendu de fiers services à l’équipe pour laquelle il jouait.

Malheureusement, c’est en série éliminatoire que la constance manquait à Elliott, ce qui ne devrait pas être un problème à Montréal, puisqu’ils ont Carey Price. Tout comme Cam Ward, Brian Elliott n’était pas gâté avec la défense qui jouait devant lui. Les Flyers ont accordé le troisième plus haut total de buts de toute la LNH. C’est assez exceptionnel de voir qu’Elliott est quand même sorti des statistiques raisonnables (2,97 / ,907), jumelé à 12 quality starts, soit ,522 des matchs qu’il a disputés.

Un nombre de matchs moins élevés et la pression de supporter une équipe sur ses épaules en moins, pourrait être le meilleur des remèdes pour le gardien qui disputera une 12e saison dans la LNH.

Keith Kinkaid – NJ/CBJ

Après une saison de rêve où il a mené les Devils à une première participation aux séries éliminatoires depuis 2012, la saison actuelle ne s’est pas passée comme il l’aurait souhaité. Les Devils se sont vite écartés d’une place pour les séries printanières et ils ont échangé Kinkaid aux Blue Jackets de Columbus, à la date limite des transactions.

Disputant 41 matchs à chacune de ses deux dernières saisons au New Jersey, le gardien américain n’a cependant pas joué un seul match avec l’équipe de l’Ohio. Il voudra sans aucun doute prouver qu’il peut toujours donner un coup de main à une équipe à la recherche de constance chez leur gardien substitut.

Un retour dans une situation idéale à Montréal, où on lui demanderait de garder un peu moins de matchs qu’à son habitude, pourrait être un match parfait autant pour lui que pour le CH. Il a démontré dans le passé être efficace derrière une défense qui en arrache, comme c’est le cas depuis quelques années dans la grande métropole.

Chad Johnson – STL/ANA

Loin d’être un choix sexy, Johnson serait le genre d’embauche que Marc Bergevin préconise. Gardien #2 de longue date, il connait bien son rôle et pourrait être la compétition que Lindgren a besoin au camp d’entraînement.

Signer Cam Ward ou Brian Elliott voudrait probablement dire que le CH a abandonné l’idée Lindgren, et c’est pourquoi la signature possible de Chad Johnson aurait plus de sens. Un contrat d’un an à prix moindre n’engagerait le CH en rien, et ne serait pas un boulet sur la masse salariale de l’équipe montréalaise, si les performances n’y sont pas. On l’a vu dans le passé, c’est exactement ce que Bergevin a fait avec les Montoya, Niemi, Budaj pour nommer que ceux-là.

Repêchage LNH 2019 – Ryan Suzuki

Repêchage LNH 2019 – Ryan Suzuki

Le tour d’horizon des meilleurs espoirs du repêchage 2019 de la LNH se poursuit cette fois-ci avec Ryan Suzuki, un joueur de centre au potentiel offensif très intéressant.

RYAN SUZUKI
Centre, Canada
6pi | 172 lb | 28 mai 2001
Barrie, OHL
18e patineur en Amérique du Nord

Ça ne date pas d’hier que Ryan Suzuki est considéré comme un joueur prometteur au hockey. Le premier choix au total dans la Ligue de hockey junior de l’Ontario en 2017 est un formidable fabricant de jeu et il en a fait la démonstration au cours des dernières années. Peu importe où il se retrouve dans les différents classements, tous s’entendront pour dire qu’il possède plusieurs outils qui l’aideront à se rendre à la LNH.

Ryan Suzuki représente l’un des plus beaux espoirs du prochain repêchage lorsqu’il est question des fabricants de jeu. Vraiment, son talent de passeur est tout près d’être considéré élite. Sa vision et son sens du jeu sont ses qualités prédominantes, ce qui lui permet d’être menaçant en possession du disque en zone offensive. Ces deux atouts l’aident grandement à voir le jeu se développer en avance et agir en conséquence plus rapidement que le fait la moyenne des joueurs. Lorsqu’il contrôle la rondelle, il peut faire preuve d’une grande patience pour permettre à ses coéquipiers de se positionner pour ensuite obtenir des lignes de passes idéales. Le joueur de centre réussit aussi à distribuer le disque dans des situations plus à risque. Il possède un contrôle de la rondelle très fluide et parfois démontre une belle créativité, étant capable de feinter sans problème pour se créer de l’espace et embêter les défenseurs adverses. Jusqu’ici, on aurait l’impression de lire une description de son frère Nick, l’espoir des Canadiens de Montréal. Toutefois, il existe des différences entre les deux sur la patinoire. Ryan est un superbe patineur, meilleur que son frère. Il profite entre autres d’une grande agilité, ce qui l’aide dans ses déplacements et ses changements de directions. Il ne faut pas négliger qu’il est aussi plutôt rapide. Sa vision et son coup de patin lui permettent d’être excellent dans le jeu de transition, se démarquant notamment pour les entrées et sorties de zones contrôlées. Contrairement à Nick, son tir n’est peut-être pas aussi menaçant en général, mais il demeure tout de même assez bon en termes de précision. Le jeu défensif du jeune Suzuki semble sous-estimé par certains. Encore une fois, son excellent sens du jeu l’aide grandement à bien se positionner et à lire adéquatement les situations qui se déroulent devant lui. Son anticipation l’aide à intercepter des passes en zone défensive ou encore à subtiliser le disque directement du porteur. Il met l’effort nécessaire pour effectuer de bon repli et presser les attaques adverses.

Personne ne doute du talent que possède Ryan Suzuki. Il pourrait réellement devenir l’un des meilleurs fabricants de jeu de ce repêchage. Cependant, un aspect du jeu de Suzuki dérange certains observateurs et il s’agit de son habitude à préférer le jeu en périphérie. Il n’est pas celui que vous croiserez souvent en l’intérieur de la zone dangereuse, soit la partie entre les cercles des mises en jeu. Toutefois, lorsqu’il décide de le faire, il est capable de bien s’aventurer dans cette partie payante de la patinoire, notamment en gagnant les espaces libres grâce à l’aide de ses excellentes mains. On l’accuse parfois à tort de ne pas avoir un bon tir quand en fait c’est surtout qu’il ne l’utilise pas assez. Il est devenu quelque peu prévisible dans sa préférence à passer plutôt que de tirer. En devenant plus fort, en se salissant le nez un peu plus et en faisant confiance un peu plus à son tir, Suzuki pourrait devenir un vrai bon centre offensif chez les professionnels.


Montage de la saison 2018-19 de Ryan Suzuki



Repêchage LNH 2019 – Arthur Kaliyev

Repêchage LNH 2019 – Arthur Kaliyev

Lorsqu’un joueur à sa première année d’éligibilité marque plus de 50 buts et produit plus de 100 points dans la Ligue canadienne, on s’attend à le voir au sommet des espoirs pour son année. Ce n’est toutefois pas le cas pour l’intrigant Arthur Kaliyev, qui est plutôt vu comme un choix de deuxième moitié du premier tour, pourquoi donc?

ARTHUR KALIYEV
Ailier gauche
6pi2 | 170lb | 26 juin 2001
Bulldogs de Hamilton, OHL
7e patineur en Amérique du Nord
Peu d’espoirs de premier tour viennent avec autant de points d’interrogation que Kaliyev et contrairement à ce que son nom pourrait laisser présager, sa nationalité n’en est même pas une. Après une très bonne saison recrue au cours de laquelle il avait marqué 31 buts avant d’atteindre l’âge de 17 ans, l’Américain d’origine ouzbèke (il a déménagé à Staten Island en bas âge) a carrément explosé en 2018-2019 avec 51 buts et autant d’aides pour finir la saison avec 102 points, de loin le plus haut total pour un espoir à sa première année d’éligibilité. Évoluant pour une équipe ordinaire, Kaliyev a marqué 21% des buts et participé à 42% de l’offensive de son équipe, lui conférant le deuxième rang dans la OHL à ces deux chapitres, derrière le géant Justin Brazeau, de plus de trois ans son ainé! Tout cela est encore plus impressionnant quand on considère que Kaliyev n’atteindra la majorité au Canada qu’après le repêchage. Comment diantre un joueur aussi productif peut-il ne pas être mieux classé par la majorité des publications? 

Tout d’abord, pour un joueur avec des statistiques aussi monstrueuses, Kaliyev n’est pas le joueur le plus explosif ou le plus spectaculaire en possession de la rondelle. Il a de très bonnes mains, mais n’est pas le genre de joueur qui traversera souvent la patinoire avec la rondelle sur sa lame en déjouant trois ou quatre adversaires. En fait, on pourrait presque qualifier le jeune Américain de sournois. Malgré sa charpente plus qu’intéressante à 6’2″ et 190 livres, il arrive souvent à se faire oublier dans les zones dangereuses d’où il peut ensuite décocher son lancer foudroyant. Il est, possiblement sans conteste, le meilleur tireur de la cuvée 2019 et se classerait probablement même dans le premier quart parmi les joueurs de la LNH en ce moment; c’est dire combien son lancer est menaçant. Il a d’ailleurs été voté comme ayant le meilleur lancer et le lancer le plus puissant par les entraineurs de l’association est de la Ligue de l’Ontario en plus d’avoir nommé le deuxième plus dangereux autour du filet, derrière Brazeau. Cela s’explique par son excellente dextérité à courte distance du filet, laquelle lui permet de marquer beaucoup de buts sur des déviations ou des retours de lancer. En outre, ses aptitudes de fabricant de jeu se sont améliorées cette année, mais ne vous méprenez pas, Kaliyev est un franc tireur pur et dur et outre Cole Caufield, je peine à voir qui a les atouts pour marquer plus de buts à son apogée dans la LNH.

J’ai dit plutôt que Kaliyev a beaucoup de lacunes, mais celle qui ressort le plus est son manque presque total d’implication en zone défensive. Il s’est amélioré en cours d’année, mais demeure plus souvent qu’autrement invisible dans son territoire en partie en raison d’un positionnement déficient, mais surtout pour ce qui est de l’effort qu’il consacre à cette phase de jeu. On aimerait le voir plus impliqué dans toutes les facettes, surtout avec son gabarit qui lui permet pourtant de gagner tant de batailles pour le disque en zone offensive. Finalement, sans lui reprocher le fait qu’il soit aussi dominant en avantage numérique, le fait que seulement 57% de ses points aient été réussis à égalité numérique soulève tout de même certaines questions dans son cas. D’un autre côté, il a pris le 2e rang de la OHL pour les buts en avantage numérique et le 3e pour les points et dans le pire des cas, pourrait bien se développer en un spécialiste de l’avantage numérique dans la LNH; il faut donc en prendre et en laisser avec ce type de statistiques. Somme toute, Arthur Kaliyev est l’un des joueurs les plus intrigants du prochain encan et personne ne serait surpris si, dans 10 ans, il était en fait le meilleur marqueur issu de la cuvée 2019. Après tout, il n’a que 17 ans et sa progression jusqu’ici a été fulgurante, malgré les lacunes évidentes à son jeu. Reste à voir quelle équipe sera prête à prendre un risque sur le talentueux jeune homme.

Montage des meilleurs moments de Kaliyev dans la OHL cette année