Encore cette année, le championnat mondial de hockey junior accaparera notre attention lors de la période des fêtes. Cette fois, les matchs seront disputés dans l’ouest canadien, à Victoria et à Vancouver plus précisément. L’équipe canadienne sera alors en lice pour l’obtention de sa 18e médaille d’or en une 44e participation depuis 1974.

Pour ce faire, elle devra d’abord tirer son épingle du jeu dans le groupe A dans lequel figurent aussi les formations russe, tchèque, suisse et danoise. Fait intéressant: tous les joueurs de la formation canadienne, sauf un seul, en seront à une première participation à ce championnat. Effectivement, seul le Québécois Maxime Comtois est de retour et agira comme capitaine de l’équipe canadienne.

Maxime Comtois, le leader en attaque

Le joueur natif de Longueuil est un des cinq éléments de la formation canadienne qui est issu de la LHJMQ. Ayant déjà pris part à dix matchs dans la LNH avec les Ducks d’Anaheim, récoltant sept points au passage, Maxime Comtois sera vraisemblablement un joueur d’impact pour ÉCJ. L’ailier gauche est polyvalent et sera un des hommes de confiance de l’entraîneur Tim Hunter.

Le second joueur de la LHJMQ qui attirera son lot d’attention est le jeune Alexis Lafrenière. Le plus jeune joueur de l’édition 2019 de la formation canadienne a confirmé sa place lorsque Gabriel Vilardi s’est malheureusement blessé au dos, à l’aube du début du tournoi. Comme on dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres et il aura certainement l’occasion de se faire valoir tout au long de la compétition.

Ses entraîneurs ne tarissent pas d’éloges à son endroit. Tim Hunter a dit de lui qu’il est de cette équipe «parce qu’il a le talent nécessaire». «Il ne joue pas comme un jeune de son âge. Il est agressif, joue intelligemment et avec intensité. Il n’oublie pas ses responsabilités et n’a jamais de relâchements», a-t-il ajouté. Ce championnat constitue alors une opportunité parfaite pour tous les fans de hockey de se rendre compte de l’étendue des capacités du jeune Lafrenière.

Alexis Lafrenière, avec l’Océanic de Rimouski

Autrement, Équipe Canada Junior montre une diversité intéressante à l’attaque. Les piliers à l’attaque, autre que Comtois et Lafrenière, seront les Cody Glass, Owen Tippett et Nick Suzuki.

Le premier sera décidément le premier centre de l’équipe canadienne. Glass est un joueur qui possède une panoplie de qualités, mais il fait principalement sa marque par les passes lumineuses qu’il effectue. Avec 54 points (dont 42 passes) en 26 matchs avec les Winterhawks de Portland dans la WHL, il sera le complément parfait au marqueur qu’est Owen Tippett. Ce dernier a déjà enregistré 19 buts en 23 parties avec la formation de Mississauga dans la OHL.

Nick Suzuki, un des principaux espoirs des Canadiens de Montréal, sera le pilote du deuxième trio pour l’unifolié. Capitaine de l’Attack d’Owen Sound dans la OHL, Suzuki peut jouer tant à l’aile qu’au centre et est en voie de connaître une autre saison de 100 points s’il garde le rythme qu’il affiche depuis le début de la campagne. Son compagnon de trio sera Jaret Anderson-Dolan. Le joueur repêché par les Kings de Los Angeles en 2017 a été blessé durant une bonne partie de la saison, mais a tout de même eu la chance d’avoir joué cinq parties dans la grande ligue. Il est pressenti pour un poste de joueur responsable de style « two-way » dans la LNH et s’accaparera de cette tâche à merveille avec Suzuki.

Les deux trios suivants montrent un savant mélange de finesse, de talent et de responsabilité défensive. Barrett Hayton et Shane Bowers, respectivement au sein des organisation des Coyotes et de l’Avalanche dans la LNH, seront les deux autres centres de la formation canadienne. Après avoir subi une commotion cérébrale lors du camp chez les Coyotes, Hayton connaît une saison exceptionnelle avec Sault Ste.Marie dans la OHL, avec 33 points en 20 matchs. Quant à Shane Bowers, issu de Boston University, il n’est pas particulièrement reconnu pour son talent offensif, mais il s’avère être un joueur très fiable défensivement. Hayton et lui seront les deux hommes de confiance de l’entraîneur Hunter lors des missions défensives.

À ceux-ci s’ajoutent une panoplie de joueurs intéressants comme Joseph Veleno. L’attaquant des Voltigeurs de Drummondville repêché par les Red Wings de Détroit connaît une saison hallucinante avec 54 points en seulement 28 parties disputées. Même s’il est prévu qu’il jouera sur le troisième ou quatrième trio, Veleno pourra profiter du fait qu’il affrontera les moins bonnes paires défensives adverses pour s’éclater en compagnie de joueurs qui pourront combler ses exubérances offensives, si nécessaire.

Joe Veleno au camp d’entraînement des Red Wings de Détroit

Morgan Frost est un autre joueur qui, comme Veleno, subit les contrecoups de l’excessive profondeur offensive d’ÉCJ. Il évoluera aussi sur les deux derniers trios, mais sa production de 170 points lors de ses 99 derniers matchs avec Sault Ste.Marie montre ses capacités à l’attaque. Rapide et évasif, Frost va aider à diversifier l’attaque canadienne.

Enfin, soulignons la présence Jack Studnicka et de Brett Leason, deux éléments qui n’attirent pas l’attention à première vue mais qui seront déterminés à en mettre plein les yeux. Studnicka est un choix de troisième ronde des Bruins de Boston au dernier repêchage. Sans tambour ni trompette, il a été choisi capitaine des Generals d’Oshawa cette saison et prêche par l’exemple. Il a particulièrement impressionné par son aplomb lorsqu’il a joué quelques présences avec Brad Marchand et David Pastrnak à Boston, en pré-saison.

Brett Leason est le seul joueur éligible au repêchage qui n’a pas été sélectionné par une formation de la LNH. Il a connu une éclosion remarquée cette année, avec les Raiders de Prince-Albert, lui qui revendique 64 points en 31 parties cette année. Le grand centre de six pieds, quatre pouces voudra, à tout prix, montrer qu’il a la prestance pour un poste éventuel dans la grande ligue.

Une défensive solide

La brigade défensive canadienne est aussi complètement revampée. D’ailleurs, c’est un espoir de l’organisation du Tricolore qui aura la chance d’occuper un rôle primordial au sein de la défense du Canada. Il s’agit de Josh Brook, choix de deuxième ronde en 2017. Il est sorti de sa coquille lors du camp d’entraînement en pré-saison à Montréal, lui qui formait un tandem de qualité avec Xavier Ouellet. Le défenseur droitier qui joue à gauche excelle tant offensivement que défensivement et sera un des hommes de confiance de son entraîneur Tim Hunter qui est aussi, en passant, son pilote avec les Warriors de Moose Jaw dans la WHL.

Josh Brook a eu la chance de jouer quelques matchs avec les Canadiens en pré-saison

À Brook s’ajoutent les défenseurs Evan Bouchard et Noah Dobson, deux des meilleurs à leur position au Canada. Bouchard, qui a déjà joué pour les Oilers d’Edmonton cette année, est probablement le défenseur le plus complet d’ÉCJ. Ce grand gaillard peut s’accaparer des missions défensives difficiles et est capable de jouer de nombreuses minutes: le genre de joueur que tout entraîneur adore. Même s’il n’a joué que 13 parties avec London, il a déjà 18 points. Quant à Dobson, il affiche malheureusement de mauvaises statistiques avec le Titan d’Acadie-Bathurst, une formation en reconstruction après sa conquête de la Coupe Memorial. Peu importe, car ses habiletés sont connues de tous: rapidité et agilité sont au rendez-vous avec Dobson. Tout comme Bouchard, il est utilisable en toutes conditions et garde un rendement élevé peu importe son temps de jeu.

En plus des trois brigadiers précédents, Tim Hunter aura la chance de compter aussi sur Ty Smith, un excellent défenseur à caractère offensif. Lorsque la rondelle est sur la palette de son bâton, des choses magiques peuvent survenir. Avec 39 points en 28 matchs – rappel: c’est un défenseur – Smith peut faire mal à tout adversaire avec sa fluidité et son intelligence. Un défenseur sur mesure pour l’unité d’avantage numérique du Canada.

Quant aux autres défenseurs, ÉCJ montre à nouveau, une belle diversité dans ses choix. Jared McIsaac, joueur des Mooseheads de Halifax, connaîtra une année 2019 spéciale. D’abord, il a la chance de participer au tournoi hivernal et plus tard dans l’année, il participera à la Coupe Memorial avec les Mooseheads, alors qu’Halifax sera l’hôte du tournoi. Il est déjà reconnu pour sa contribution offensive (22 points en 23 matchs cette année), mais il sait pertinemment qu’il devra monter son jeu défensif d’un cran pour se faire valoir tant dans la formation canadienne que celle des Maritimes.

Ian Mitchell, de l’Université de Denver, est un ajout intrigant. Il n’est pas aussi flamboyant que ses compagnons, mais il est très fiable et ça, ÉCJ le sait. Mitchell est un leader important à Denver, surtout en cette année de transition alors que plusieurs de leurs éléments importants sont passés en ligue professionnelle. Il joue en toutes conditions et Tim Hunter pourra se servir de lui dans le cas où il voudra effectuer des changements dans sa formation. Quant au dernier défenseur sélectionné, Markus Phillips, il sera décidément l’arrière à caractère défensif de l’équipe.

Deux gardiens qui avaient beaucoup à prouver

Équipe Canada aura la chance de voir deux gardiens de grande qualité s’aligner pour leur équipe cette année. Michael DiPietro, après avoir essuyé un refus de participation l’an dernier, a élevé son jeu d’un cran et a été choisi gardien de l’année dans la OHL. Il a aussi remporté la Coupe Memorial avec les Spitfires de Windsor et tentera de mener le 67’s d’Ottawa à cette fin, pour une deuxième fois en carrière. Le gardien repêché par les Canucks de Vancouver a l’habitude des matchs importants et son expérience sera enrichissante pour l’alignement canadien.

Le second gardien – pour l’instant – est Ian Scott. Le cerbère de 19 ans a connu une saison 2017-2018 plutôt moyenne, mais a connu une évolution fulgurante avec les Raiders de Prince Albert et figure parmi les meilleurs de sa profession, toutes catégories confondues. Avec une fiche de 23-2-1, un pourcentage d’arrêt de 0.943 et une moyenne de buts alloués par match de 1.61, Ian Scott pourra très bien s’accaparer de la tâche de titulaire si DiPietro venait à faillir à la tâche.

Ian Scott a même marqué un but cette saison avec les Raiders