À une semaine du repêchage 2018 de la NFL, de plus en plus d’analystes prédisent une razzia sur les quarts-arrière en début de première ronde. Même si les meilleurs joueurs de l’encan sont possiblement un porteur (Saquon Barkley), un ailier défensif (Bradley Chubb) et un garde (Quenton Nelson), l’importance de la position de quart fait en sorte que les équipes en quête d’un quart d’avenir pourraient se les arracher dès le début du repêchage.

La présence des Browns, des Giants, des Broncos et des Jets dans le top 6 du prochain repêchage alimente justement cette probabilité, d’autant plus que ces derniers ont transigé avec les Colts pour s’approprier le troisième choix, en retour du sixième et de trois choix de deuxième tour. Misant déjà sur Andrew Luck, Indianapolis a ainsi frappé un grand coup sans même affecter la qualité du joueur qu’ils seront en mesure de sélectionner. Je vous présenterai mon repêchage simulé (mock draft) la semaine prochaine, mais d’ici là, voici tout de même un aperçu des quatre meilleurs quarts qui seront disponibles (et vraisemblablement sélectionnés) jeudi prochain.

Baker Mayfield – 23 ans – Oklahoma
Après une saison recrue écourtée par les blessures à Texas Tech, ses trois saisons suivantes n’ont été rien de moins qu’exceptionnelles alors qu’en trente-huit départs pour les Sooners d’Oklahoma, il a compilé un total de 12 005 verges aériennes, 117 passes de touchés contre seulement 20 interceptions de même que 18 touchés au sol. Quatrième au vote pour le trophée Heisman en 2015 et troisième en 2016, il a finalement remporté le trophée remis au meilleur joueur universitaire de l’année en 2017, par une écrasante majorité de 86% des voix disponibles, le troisième plus haut total de l’histoire. Il devenait du même coup le seul vainqueur du Heisman à n’avoir jamais été recruté (lire ici, avoir reçu une bourse) par une université.

De petite stature à 6’1″, Mayfield est le quart le plus expérimenté du groupe de 2018 et pourrait potentiellement débuter la saison comme partant, avec un livre de jeu quelque peu adapté à ses aptitudes. On parle beaucoup de lui pour son arrestation pour ivresse sur la voie publique en juin 2017, mais le quart de 23 ans est surtout un quart passionné. On questionne aussi le système offensif utilisé à Oklahoma et la possibilité que Mayfield ne puisse être à la tête d’une offensive professionnelle, mais il a pourtant tous les atouts pour s’adapter. Rarement victime de revirements, il démontre une excellente prise de décisions et une résilience impressionnante chez un aussi jeune joueur. Il semble à son meilleur le dos au mur et est un leader né. Ce qui m’impressionne le plus chez lui est toutefois sa précision. Il est possiblement le plus précis de tous les quarts de l’encan 2018, ce qu’il a démontré au « combine » et fait en plus preuve d’une mobilité très intéressante. Somme toute, il a tous les atouts pour devenir un quart de concession dans la NFL, mais devra surmonter de nombreux défis pour prouver qu’il en est capable.

Josh Allen – 22 ans – Wyoming
Natif de la Vallée Centrale de la Californie, Allen y a dominé trois sports au niveau scolaire, étant le leader de l’équipe de basketball, le quart-arrière de l’équipe de football et lançant des balles rapides à plus de 90 miles à l’heure sur l’équipe de baseball. Un peu comme Mayfield, Allen n’a tout de même pas suscité l’intérêt des recruteurs universitaires, ne recevant qu’une offre de bourse, à l’université du Wyoming.

Blessé à la clavicule lors de sa saison recrue, Allen n’a débuté que 26 matchs au niveau universitaire en trois saisons, récoltant un total de 5 066 verges de même que 44 passes de touchés et 21 interceptions. Il a aussi marqué douze touchés au sol lors de ses deux dernières saisons. Loin d’avoir des statistiques très impressionnantes, Allen a tout de même l’excuse de n’avoir pu miser sur un personnel de soutien très intéressant. Si ses statistiques ne lui rendent pas justice, l’examen visuel ne fait aucun doute, il peut être un quart partant dans la NFL. À 6’5″ et près de 240 livres, il a amplement le physique de l’emploi et a, de loin, le bras le plus puissant de la cuvée 2018. On dit aussi qu’il a une bonne attitude et qu’il est capable de grandes choses, mais que la constance et la précision sont encore à travailler dans son cas. J’ai particulièrement aimé une comparaison faite avec Philip Rivers, dans le cas d’Allen. L’espoir de 22 ans est néanmoins un tant soit peu plus athlétique que le vétéran des Chargers.

Josh Rosen – 21 ans – UCLA
Perçu comme un espoir cinq étoiles depuis l’école secondaire, Rosen a toujours eu les projecteurs braqués sur lui, d’abord en raison de son grand talent, mais également en raison de certains commentaires qu’il a faits, notamment au sujet des performances académiques des athlètes universitaires, qu’il jugeait non nécessaires. Blessé à l’épaule en 2016 et ayant subi une commotion cérébrale en 2017, Rosen traine une certaine réputation de joueur fragile, laquelle est sans doute attribuable à son gabarit plutôt élancé.

En trois saisons universitaires (trente matchs), il a complété près de 61% de ses passes pour des gains de 9 341 verges et 59 passes de touchés. Il a toutefois aussi lancé 26 interceptions. Doté d’habiletés naturelles indéniables, personne ne questionne le talent de Rosen, mais son attitude détachée, voire hautaine, pourrait lui nuire. Dans son cas, les entrevues seront essentielles pour rassurer l’équipe qui fera de lui son premier choix. Typique quart qui demeure dans la pochette de protection, Rosen est très limité dans son aptitude à courir avec le ballon, mais sa mécanique est excellente et il a la puissance et la précision pour devenir un excellent quart dans la NFL. Il devra toutefois convaincre une formation qu’il est la bonne personne pour l’emploi et qu’il peut rester en santé. À mon avis, cette variabilité fait de Rosen un choix risqué dans le top 10 et pourrait même le faire glisser au-delà des dix premiers joueurs choisis. D’un autre côté, son talent incroyable et son naturel avec le ballon pourraient le faire grimper aussi haut que le deuxième rang.

Sam Darnold – 20 ans – USC
Tous les trois ou quatre ans, nous avons droit à un quart de l’Université de Californie du Sud (USC) qui est perçu comme une future vedette, mais qui finit par décevoir dans la NFL. On l’a vu avec Matt Leinart, puis avec Mark Sanchez et enfin avec Matt Barkley. On se demande maintenant si Sam Darnold sera une autre démonstration de cet étrange phénomène qui semble affecter les quarts de cette université depuis le départ de Carson Palmer.

Premier joueur recrue à remporter le trophée Archie Griffin remis au joueur le plus utile à son équipe au pays, Darnold a amorcé la saison 2017 en tant que favori pour le trophée Heisman et meilleur espoir professionnel. Sa deuxième saison s’est moins bien déroulée, mais il a tout de même terminé sa carrière universitaire avec 7 229 verges, 57 passes de touchés et 22 interceptions en 24 départs, mais surtout, un impressionnant pourcentage de passes complétées de 64,9%. Plutôt inconstant, Darnold a surtout eu de la difficulté avec les revirements cette année, lançant treize interceptions et perdant neuf échappés en quatorze matchs, le deuxième plus haut total de sa division. N’ayant disputé que deux saisons au niveau universitaire, le quart de 20 ans est encore très inexpérimenté et l’équipe qui le repêchera devra faire preuve de patience pour le mettre dans une position où il pourra apprendre et connaitre du succès. Si elle y arrive, elle aura sous la main un quart extrêmement prometteur avec un potentiel très élevé, mais vu le jeune âge de Darnold, il est encore tôt pour lui apposer l’étiquette de futur quart vedette. C’est aussi valable pour ce qui est de le qualifier d’échec, toutefois.

Combien de quarts au premier tour?

Il s’agirait d’une surprise si l’un seul de ces quatre quarts était toujours disponible après le 15e rang et certains scénarios les voient même être tous choisis dans le top 10, advenant quelques transactions! Ajoutez à cela la présence de l’électrisant Lamar Jackson, et du très constant Mason Rudolph, qui devraient tous deux être choisis en deuxième moitié de première ronde et ce ne sont pas moins de six quarts-arrière qui pourraient voir leur nom appelé jeudi prochain. Cela égalerait du même coup le record de la NFL, établi en 1983. John Elway, Jim Kelly et Dan Marino avaient alors fait leur entrée dans la ligue en route vers une carrière où ils seraient nommés à un total de 23 Pro Bowls, à eux trois.

Avis aux parieurs, Mise-o-Jeu offre une cote de 2,35 si plus de cinq quarts sont choisis en première ronde. De mon point de vue, cinq sont pratiquement garantis, ce qui fait de Rudolph la clé dans un tel pari. Avec les Browns, les Giants, les Jets, les Broncos, les Cardinals et les Bills tous en quête d’un quart d’avenir, sans oublier les Patriots, Chargers, Saints et Steelers qui doivent commencer à penser à la relève derrière leur quart vedette respectif, je choisirais donc l’option plus de 5,5 quarts au premier tour. Vous pourrez voir mon analyse plus en détail la semaine prochaine lors de mon mock draft.