Les premières rondes d’un repêchage de fantasy football appartiennent souvent aux porteurs et aux receveurs. Vous ne voulez donc pas vous tromper à ces positions en choisissant un joueur qui vous décevra par rapport à son rang de sélection.

Voici donc quatre porteurs qui sont présentement surévalués dans les repêchages fantasy.

Jerick McKinnon – SF – 30,4 (14e)

J’ai longuement hésité à inclure McKinnon dans cet article parce qu’il est un joueur que j’adore, mais à ce point-ci, je dois l’inclure. Je rappelle d’ailleurs qu’il ne s’agit pas d’une liste de joueurs à éviter, mais bien de joueurs qui sont actuellement surévalués par les poolers. L’ancien porteur des Vikings a connu quelques matchs exceptionnels l’an dernier et plusieurs voient en lui un énorme potentiel sous les ordres du gourou offensif qu’est Kyle Shanahan. Je pense qu’il sera effectivement très bon et pourrait exploser comme Devonta Freeman à Atlanta; les deux ont d’ailleurs le même gabarit. La différence est que McKinnon est qu’en quatre ans, McKinnon n’a jamais eu à être LE joueur clé dans le champ-arrière et les fois où on le lui a demandé, ses performances au sol sont restées ordinaires. Avec Matt Breida dans le portrait pour lui voler des occasions aériennes, je ne suis pas convaincu que McKinnon pourra performer suffisamment pour justifier un rang de sélection aussi haut, devant les Joe Mixon et Jordan Howard, notamment.

Derrick Henry – TEN – 44,9 (18e)

Les Titans misent sur l’une des meilleures lignes à l’attaque de la ligue et sur un quart qui a lancé plus d’interceptions que de passes de touché l’an passé; à 24 ans, Henry devrait donc être pressenti comme une future vedette en fantasy. Deux arrivées chez les Titans changent toutefois complètement la donne dans son cas. La première et la plus évidente est celle de Dion Lewis, avec qui Henry devra partager la charge dans le champ arrière. De stature complètement différente, l’ancien des Patriots verra beaucoup d’action dans le jeu aérien et servira comme une option beaucoup plus dynamique pour contrebalancer le style en puissance d’Henry. L’autre changement de taille est l’embauche du coordonnateur offensif Matt Lafleur, anciennement avec les Rams. Ancien entraineur des quarts-arrière, il aura certainement de grandes ambitions pour Marcus Mariota, ce qui devrait apporter un style beaucoup plus balancé à une équipe qui courait 45% du temps, le 8e plus haut total de la NFL. Lewis a un certain historique de blessures et son absence signifierait beaucoup plus d’action pour Henry, mais à ce point-ci, le potentiel fantasy du jeune porteur est limité, surtout qu’il n’est pas du tout une option dans le jeu aérien (11 réceptions en 17 tentatives en 2017).

Jay Ajayi – PHI – 49,1 (20e)

Si vous avez sélectionné Ajayi l’an dernier après sa saison exceptionnelle à Miami en 2016, il est probablement déjà sur votre blacklist pour 2018, mais ça ne l’empêche pas d’être choisi en moyenne au 20e rang des porteurs du circuit en fantasy. Bien sûr, à ce point d’un repêchage, les options évidentes ne sont pas légion et tous les joueurs portent un risque, mais dans le cas d’Ajayi, ce sont plusieur facteurs qui me refroidissent à son égard. La présence de Darren Sproles, de retour en pleine forme, et de Corey Clement lui rendra la tâche très difficile cette année. Ces deux joueurs lui sont largement supérieurs dans le jeu aérien et limiteront son temps passé sur le terrain. En effet, Doug Pederson aime utiliser plusieurs porteurs de ballon dans un match, selon les situations, si bien que depuis son arrivée en poste à Philadelphie, aucun porteur (sauf Sproles) n’a été utilisé plus de 43 jeux dans un match. On pourrait croire qu’à tout le moins, les courses à la ligne des buts pourraient augmenter la valeur d’Ajayi, mais même avec le départ de LeGarrette Blount, qui a porté le ballon 10 fois à l’intérieur de la ligne de cinq l’an dernier, c’est Clement qui pourrait hériter de ces portées, lui qui a eu droit à quatre courses du genre pendant qu’Ajayi n’en avait aucune. Tous ces éléments font en sorte que je crois que les attentes sont trop élevées pour le porteur des Eagles cette année, même au sein d’une attaque puissante dotée d’une excellente ligne offensive.

Ronald Jones – TB – 64,7 (24e)

Au moment d’écrire ces lignes, la recrue, pourtant en chute libre dans les différents classements, pointe encore au 24e rang des porteurs choisis dans les repêchages fantasy. Je vous ai déjà parlé de Jones en abordant le cas de son coéquipier, Peyton Barber, mais avec un rang de sélection aussi élevé, je dois aussi entrer dans le détail pour le jeune porteur de 21 ans. Choisi en tout début de deuxième ronde en avril dernier, Jones connait une présaison horrible. Pourtant un joueur explosif à USC, il n’a pu faire mieux qu’une récolte de 11 verges en douze courses jusqu’ici en présaison. Tout au long du camp d’entrainement, il a aussi été mauvais par la passe, amenant même l’entraineur des porteurs de l’équipe à avouer qu’il y a certainement une raison pour laquelle les Trojans ne l’ont ciblé que 17 fois l’an dernier au niveau collégial. Ouch! Évidemment, Jones représente l’avenir à la position de porteur à Tampa Bay et aura certainement la chance de se faire valoir, mais il serait très surprenant qu’il amorce la saison comme partant et ses déboires jusqu’ici laissent présager une lente courbe d’apprentissage dans son cas; pas exactement ce qu’on recherche avec un choix de 6e ronde fantasy!