La dernière fois qu’ils ont fait les séries, en 2009, les Hurricanes ont infligé une défaite crève-coeur aux Bruins lors d’un 7e match chaudement disputé. C’est la peste Scott Walker qui avait annihilé les espoirs des Bruins en prolongation. Dix ans plus tard, il ne reste plus personne à Raleigh qui était là en 2009, si ce n’est que Rod Brind’Amour, le capitaine devenu entraîneur des Hurricanes. Pour les Bruins, gageons que Patrice Bergeron, David Krejci et Zdeno Chara se souviennent très bien de cette défaite amère. Quoi qu’il en soit, dix ans plus tard, le scénario est très semblable. Les Bruins sont parmi les favoris alors que les Hurricanes surprennent avec des séries éliminatoires impeccables jusqu’à maintenant. Lorsqu’on compare les deux équipes, on se rend vite compte que les Hurricanes comptent sur un alignement extrêmement jeune. La grande majorité des joueurs des Hurricanes n’étaient même pas dans la ligue il y a cinq ans, autant à l’attaque qu’en défensive. En fait, Justin Williams et Jordan Staal sont les deux seuls patineurs à avoir plus de 27 ans. Il y a donc certains points d’interrogation du côté des Jerks, mais le jeu inspiré de joueurs de soutien tels Warren Foegele, Lucas Wallmark et Brock McGinn a considérablement solidifié l’attaque des Hurricanes. Ils pourront également compter sur les retours prochains de Micheal Ferland et Saku Maenalanen, qui viendront appuyer Sebastian Aho, Teuvo Teravainen, Nino Niederreiter et Andrei Svechnikov dans ce qui s’avère être un solide groupe d’avants. Les Bruins comptent sur un groupe assez semblable à l’attaque, avec peut-être un peu plus de mordant sur la première ligne. La Perfection Line composée de Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak s’est mise en marche lors des matchs 4 et 5 contre Columbus, permettant aux Bruins d’amorcer une séquence de trois victoires pour remporter la série. Les Bruins ont obtenu de l’aide de leurs quatre trios afin de vaincre Columbus, et s’ils continuent de tirer autant de David Krejci, Charlie Coyle, Marcus Johansson et leur solide quatrième ligne menée par Sean Kuraly, les Bruins seront difficiles à vaincre. Même David Backes s’est remis en marche avec 3 points lors de ses trois derniers matchs. Une meilleure production des jeunes Danton Heinen et Jake DeBrusk serait sans doute appréciée par l’entraîneur Bruce Cassidy. En défensive, les Hurricanes comptent surtout sur Justin Faulk, Jaccob Slavin et Brett Pesce, alors que Dougie Hamilton, Calvin de Haan et Haydn Fleury obtiennent des minutes un peu plus faciles. Les Bruins seront sans Charlie McAvoy, suspendu pour le match 1 entre les deux équipes. C’est Steven Kampfer qui le remplacera dans l’alignement à droite de Matt Grzelcyk, alors que les Bruins donneront de grosses minutes à Connor Clifton à la droite de Zdeno Chara pour commencer la série. Lorsque tout le monde est de la partie, cependant, le top 4 des Bruins est très solide, avec Chara, McAvoy, Torey Krug et probablement le pilier de la défensive en l’absence de McAvoy, le surprenant Brandon Carlo. L’affrontement sera peu orthodoxe dans les filets alors que Curtis McElhinney va vraisemblablement amorcer la série pour les Hurricanes en l’absence de Petr Mrazek. McElhinney a très bien fait contre les Islanders, mais continuera-t-il son bon travail contre les Bruins, qui comptent sur un Tuukka Rask au sommet de son art? Dans les filets, difficile de ne pas donner l’avantage aux Bruins. En fait, la logique nous dicte que cette série sera facile pour les Bruins, mais s’il y a bien une chose que nous avons apprise dans ces séries éliminatoires, c’est que la logique ne vaut rien lorsqu’une équipe est sur une lancée et les Hurricanes ont remporté leurs six derniers matchs. Néanmoins, je ne peux m’empêcher de croire que les Bruins, plus expérimentés et plus talentueux, l’emporteront en six rencontres.