L’affrontement de deuxième ronde entre les Bruins et le Lightning marquera le deuxième de l’histoire entre de ces deux équipes. En 2011, les Bruins avaient vaincu le Lightning 1-0 dans un 7e match de finale d’association enlevant. Le noyau du Lightning a bougé depuis : seulement Steven Stamkos et Victor Hedman ont connu la défaite face aux Bruins.

Celui qui voudra le plus se venger de cette défaite est sans aucun doute Stamkos, qui doit fomenter envers les Bruins une haine toute particulière. C’est qu’en 2011, le joueur vedette du Lightning, alors âgé de 21 ans, a reçu un tir de Johnny Boychuk dévié par Martin St. Louis en plein visage lors du 7e match. C’est ensanglanté et avec un nez cassé qu’il a serré la main des joueurs des Bruins. Stamkos s’est également cassé une jambe en novembre 2013 face à ces mêmes Bruins. Alors qu’il était engagé dans une course avec Dougie Hamilton, sa jambe avait heurté de plein fouet le poteau.

Pour plusieurs, cette blessure a marqué la fin du statut de joueur élite pour Stamkos, qui a vu sa production de buts diminuer à chaque saison complète depuis cette fracture. Toutefois, cette saison, Stamkos a connu un regain offensif en se redéfinissant comme un passeur plutôt que comme un buteur. Ses 86 points sont un sommet depuis 2011-12, et ses 59 mentions d’aide éclipsent un ancien record personnel de 46. Après avoir perdu en finale contre Chicago en 2015, en plus d’avoir passé à une victoire de la finale en 2011 et en 2016, Stamkos est fin prêt à mener son équipe vers une victoire de la coupe.

C’est une équipe très améliorée, particulièrement en défensive, que le Lightning aligne cette saison. L’ajout de Ryan McDonagh solidifie grandement le groupe complété par Hedman, Anton Stralman, Dan Girardi, Braydon Coburn et Mikhail Sergachev. Un groupe expérimenté et assez solide défensivement, mais avec des failles tout de même. La lenteur de Girardi et Coburn pourrait être exploitée par des joueurs comme Brad Marchand et Jake DeBrusk afin de créer des deux contre un ou des échappées. De même, le duo composé de Coburn et Sergachev est une faiblesse que les Bruins voudront exploiter autant en contre-attaque que lors des possessions en zone adverse. Bruce Cassidy voudra envoyer son gros trio sur la glace dès que Jon Cooper y enverra ce duo. On peut donc s’attendre à voir Cooper favoriser la paire McDonagh-Stralman, sa plus fiable, lors des mises au jeu défensives. Mais chose sûre, avec trois défenseurs (Girardi, Coburn et Sergachev) qui jouent un maximum de 15 minutes par match, la pression sera importante sur les épaules du top 3 du Lightning.

De leur côté, les Bruins font jouer 20 minutes par match à leur top 4 composé de Zdeno Chara, Charlie McAvoy, Torey Krug et Kevan Miller. La paire Chara-McAvoy avoisine les 23 minutes, moins que les 26 minutes de Victor Hedman. Le seul joueur à vraiment être protégé par Cassidy est Adam McQuaid, qui se retrouve sur la troisième paire en séries alors qu’il évolue généralement sur la seconde en compagnie de Torey Krug. Comme la paire Krug-Miller est un désastre jusqu’à maintenant, Bruce Cassidy devrait peut-être songer à retourner à ses anciennes paires et donner davantage de temps de jeu à Matt Grzelcyk, dont le jeu a été impressionnant malgré une majorité de mises en jeu en zone défensive.

Balancer les minutes entre Krug et Grzelcyk permettrait de redonner de la chimie à une défensive qui en manque cruellement en l’absence de Brandon Carlo, le partenaire habituel de Krug. Quoi qu’il en soit, la relative efficacité défensive que les Bruins ont démontrée est compromise contre le Lightning. Entre l’âge avancé de Zdeno Chara, la blessure apparente à Charlie McAvoy et l’absence de chimie entre Krug et Miller, Bruce Cassidy a un défi intéressant à relever face à la meilleure offensive de la ligue.

L’offensive du Lightning telle que conçue actuellement a de quoi donner des maux de tête à Bruce Cassidy. C’est une offensive très profonde, un peu à l’image de celle des Maple Leafs, que devront affronter les Bruins. Une première ligne élite, composée de Stamkos, Nikita Kucherov et J.T. Miller, remplira les tâches offensives tandis que le trio d’Ondrej Palat, Brayden Point et Tyler Johnson se concentrera sur les tâches défensives. On pourrait penser que c’est différent de Boston, où les tâches défensives sont souvent assumées par la ligne de Patrice Bergeron. Il en a été tout autrement lors de la série contre Toronto, alors que Bergeron a été le joueur le plus protégé, avec 47 mises en jeu offensives contre seulement 17 en zone défensive.

Est-ce que Bergeron serait blessé, ou est-ce que Cassidy le juge plus utile en offensive? Quoi qu’il en soit, c’est la 4e ligne qui prend la majorité des mises en jeu en zone défensive. Dans le cas de Sean Kuraly, par exemple, l’attaquant a réussi à obtenir 4 points en 7 matchs tout en ne prenant qu’une moyenne une seule mise en jeu en zone adverse par match. Un tel rythme est probablement impossible à soutenir, mais la 4e ligne des Bruins a l’entière confiance de Bruce Cassidy pour sortir la rondelle de sa zone, avec une moyenne d’environ 75% des mises en jeu en zone défensive. C’est tout le contraire à Tampa, où la 4e ligne est la plus protégée, amorçant environ 60% des jeux en zone offensive.

Dans les buts, il est dur de projeter ce qu’Andrei Vasilevskiy fera. Bien qu’il ait connu une fin de saison difficile, il arrive en deuxième ronde avec une relative confiance en lui et de la part de son équipe. Son pourcentage d’efficacité de 0,941% contre les Devils augure bien pour la suite des choses. C’est toutefois, à 23 ans, la première fois qu’il est le gardien partant lors des séries éliminatoires. Il avait bien fait en 2015-16 en relève de Ben Bishop, mais cette fois, la tâche lui revient entièrement.

Dans le cas de Tuukka Rask, les médias bostoniens doutent encore une fois de son caractère et de sa préparation mentale. La déconfiture de 2010, alors que les Bruins menaient la série 3-0 et ont perdu 4-3 contre les Flyers, est souvent rappelée à la mémoire des gens lorsque les choses tournent au vinaigre pour les Bruins.

Si Rask n’avait rien à se reprocher en 2013, on lui a toutefois reproché de ne pas avoir fait les arrêts clés en 2014 contre Montréal. Mais surtout, son jeu lors des matchs 5 et 7 de la série contre Toronto a de quoi inquiéter les Bruins. Particulièrement lors du match numéro 7, Rask a démontré des signes d’emportement et une agressivité sur ses déplacements latéraux qui lui a coûté deux buts contre Patrick Marleau. La difficulté que Rask a à achever ses adversaires pourrait vraiment jouer sur la confiance que lui accorde sa défensive si les Bruins devaient prendre l’avance dans la série.