La toujours très attendue loterie du repêchage de la LNH aura lieu ce soir, mais elle aura cette fois un format bien particulier. En effet, COVID-19 et séries élargies obligent, seulement 6 formations pourront remporter une place dans le top 3 ce soir… ou plutôt, savoir qu’elles l’ont fait!

Le format choisi pour la loterie fait effectivement en sorte que si l’une des sept pires équipes au classement (les Sharks ont toutefois échangé leur choix dans la transaction d’Erik Karlsson) l’emporte, nous le saurons immédiatement. Mais pour chaque formation classée entre les 8e et 15e échelons qui serait pigée, nous n’en connaîtrons l’identité que lors de la deuxième phase de la loterie. Entre temps, cette équipe sera identifiée par une lettre de A à H et donnera 12,5% de chance à chacune des huit équipes qui aura perdu son premier tour éliminatoire, s’il a bel et bien lieu.

En fait, chaque lettre pigée ce soir accordera ce pourcentage aux équipes éliminées du premier tour, qui seront alors toutes placées sur un pied d’égalité. Ce groupe compte toutes sortes d’équipes allant des aspirants légitimes comme les Penguins et les Maple Leafs aux équipes qui n’y ont pas du tout leur place comme les Canadiens et les Blackhawks en passant par tout ce qu’il y a entre les deux. Vu les petites chances de voir une lettre choisie et le côté aléatoire de la suite des choses si ça devait arriver, concentrons-nous plutôt sur les six formations déjà connues et assurées de choisir parmi le top 9 et sur ce qu’une victoire représenterait pour chacune.  

Les 6 équipes favorites

Red Wings de Detroit : 18,5%

Les Wings viennent de connaitre une saison de misère et méritent clairement le plus d’obtenir un joueur de la trempe d’Alexis Lafrenière. L’équipe compte de bons jeunes éléments comme Dylan Larkin, Anthony Mantha, Filip Hronek, Filip Zadina et Moritz Seider, mais n’ayant pas repêché dans le top 5 depuis 1990, ils sont à la recherche d’une véritable star enfin. N’importe quel joueur du top 3 leur donnerait cet élément, mais Alexis Lafrenière serait pour eux la pierre d’assise de leur reconstruction. 

Sénateurs d’Ottawa :  13,5% + 11,5% = 25%

Quel coup de chance pour les Sénateurs! Un an après avoir vu leur propre sélection aboutir dans le top 5 dans les mains d’une autre équipe (Bowen Byram au Colorado), voilà que, contre toute attente, le premier choix obtenu des Sharks dans l’échange d’Erik Karlsson leur garantit maintenant de choisir deux fois dans le top 6 et d’excellentes chances de parler deux fois parmi les trois premières équipes, du jamais vu depuis 1999 alors que les Canucks avaient mis la main sur les jumeaux Sedin. Les Sénateurs débordent de jeunes prometteurs tant dans la LNH (Tkachuk, White, Chabot) que dans la Ligue américaine (Batherson, Brannstrom, Formenton, Norris, Brown) et même chez les espoirs (Bernard-Docker, Bowers, Pinto, Thomson). Ce qu’ils n’ont pas, c’est un véritable joueur de concession et c’est ce que Lafrenière (ou Stutzle/Byfield, à moindre essiens) leur donnerait. La simple pensée de leur top 6 offensif futur s’ils devaient choisir deux joueurs du top 3 fera peur à tous dans la conférence de l’Est! D’un autre côté, la pensée d’Eugene Melnyk qui mort la poussière a quelque chose de réjouissant en soi. 

Kings de Los Angeles : 9,5%

Après deux coupes Stanley en trois ans, les dernières années ont été difficiles à Los Angeles. Anze Kopitar et Drew Doughty sont encore les leaders, mais l’équipe a amorcé une transition qui lui a permis de renflouer la banque d’espoirs, si bien qu’elle mise maintenant sur l’une des meilleures de toute la ligue. Alex Turcotte, Gabe Vilardi et Arthur Kaliyev sont tous de futurs joueurs du top 6, mais aucun n’a le potentiel d’un Lafrenière qui deviendrait le visage d’une concession qui a connu son lot de difficultés depuis quelques saisons. Il ne serait d’ailleurs pas le ailier gauche québécois à connaitre du succès chez les Kings…

Ducks d’Anaheim : 8,5%

Décidément, l’année n’a pas été facile en Californie… Les Ducks misent aussi sur l’une des meilleures banques de jeunes attaquants du circuit et l’ajout d’un Lafrenière, Byfield ou Stutzle serait presque injuste, mais on ne se cachera pas qu’Anaheim a besoin de réjouissances après avoir sérieusement décliné depuis leur coupe Stanley et les belles années du duo Getzlaf-Perry. Le capitaine est toujours là et apprécierait certainement le regain d’énergie qu’apporterait une jeune vedette, d’autant plus qu’avec les Steel, Comtois, Terry et Zegras, les Ducks ont déjà une tonne de potentiel en attaque. 

Devils du New Jersey : 7,5%

Certains diront qu’il serait injuste que les Devils remportent ENCORE la loterie après l’avoir fait en 2017 et en 2019, mais il faut avouer que la perspective de voir Lafrenière aux côtés de Nico Hischier ou Jack Hughes est emballante. Détenant deux autres choix au premier tour, les Devils frapperaient un énorme coup en s’assurant un choix du top 3 cette année, complétant pour ainsi dire leur reconstruction amorcée non-officiellement avec la retraite de Martin Brodeur. La défensive a encore besoin d’aide au New Jersey, si bien qu’un choix au 5e ou 6e échelon ne ferait pas aussi mal qu’à d’autres formations des bas fonds. Jake Sanderson et Jamie Drysdale sont deux espoirs défensifs au potentiel très élevé, mais gageons qu’ils ne sont pas l’objectif premier à Newark!

Sabres de Buffalo : 6,5%

Les Sabres sont un cas particulier, eux qui semblent avoir été en reconstruction depuis près de 10 ans sans grand succès. Entre Jack Eichel et Rasmus Dahlin, la fondation de l’équipe est excessivement prometteuse et l’ajout d’un Lafrenière serait carrément du luxe. Mais pour une équipe encore sous l’effet de congédiements massifs et de la main de fer (maladroite) des Pegula, cela pourrait représenter finalement le pas en avant qui amène l’équipe vers les aspirations des partisans, en droit de s’attendre finalement à des succès après des années de mauvaise gestion tant chez les joueurs qu’au niveau du personnel. Toute aide que l’équipe peut donner à Eichel sera la bienvenue, parce qu’avouons que même après avoir remporté Dahlin il y a deux ans à peine, les Sabres ont encore besoin de toute l’aide qu’ils peuvent trouver.

Et l’autre scénario? 

Les experts en mathématiques remarqueront que les pourcentages ci-dessus ne totalisent que 75,5%. En effet, l’autre 24,5% appartient aux équipes qui perdront le premier tour éliminatoire (play-in). Si une lettre devait être pigée dans la loterie, c’est donc dire que chacune des huit équipes qui perdront leur série aura une chance sur huit (12,5%) de remplacer la lettre pigée dans l’ordre de repêchage, soit aux rangs 1 à 3. Si deux équipes sont choisies, ce même tirage sera effectué à deux reprises et la même logique s’appliquera si trois lettres sont pigées. Vous comprendrez donc que pour une équipe comme les Canadiens, les chances sont minimes de repêcher dans le top 3 et sont d’abord conditionnelles à une défaite face aux Penguins… N’empêche que le spectacle serait bien meilleur si au moins une lettre devait être présentée par Bill Daly ce soir! L’espoir pourrait alors subsister pendant quelques mois encore!