Amateurs des Canadiens, soyez rassurés; Marc Bergevin continue de travailler sur tous les fronts afin d’améliorer son équipe. Après s’être assuré du retour de Christian Folin, Nate Thompson et Jordan Weal avec l’équipe en 2019-2020, le DG s’est tourné vers l’Europe pour mettre sous contrat le défenseur gaucher de 22 ans, Otto Leskinen, pour deux saisons.

Si ce nom ne vous est pas familier, n’ayez crainte, c’est tout à fait normal. Son seul contact avec le hockey nord-américain était son invitation au camp de développement des Canadiens l’été dernier. Ça ne veut toutefois pas dire que cette signature est sans importance pour l’avenir de l’équipe.  Âgé de 22 ans, le défenseur finlandais vient de compléter sa troisième saison complète avec le KalPa en ligue élite finlandaise, sa quatrième au total. Un regard rapide à ses statistiques montre un différentiel profondément négatif (-17), mais ça serait une erreur de s’arrêter à cette seule statistique pour évaluer son rendement. Ne vous arrêtez pas non plus à son physique ordinaire (5’11″, 187 lbs).

Tout d’abord, Leskinen est avant tout un défenseur offensif, spécialiste de l’avantage numérique; nous y reviendrons. Ensuite, il était utilisé à profusion sur la première paire défensive de l’une des pires équipes du circuit; ça affecterait négativement la fiche de tout joueur.  À titre comparatif, son partenaire Ryan Wilson, qui compte 230 matchs d’expérience dans la LNH, a terminé la saison à -15. Les deux joueurs ont été parmi les plus utilisés du circuit la saison dernière, Leskinen jouant tout près de 22 minutes par rencontre, le septième plus haut total de la ligue.  Impressionnant pour un joueur qui ne voit pratiquement pas la glace en infériorité numérique.

C’est définitivement en relance et en zone offensive que Leskinen se démarque. Il possède un bon lancer et surtout, il n’hésite pas à l’utiliser. Ses 250 tirs au but en  57 rencontres en sont d’ailleurs la preuve. Véritable quart-arrière de l’équipe en avantage numérique (17 de ses 31 points proviennent de cette situation), je m’attends à le voir jouer le même rôle à Laval et qui sait, peut-être dans la LNH un jour. En tout cas, c’est définitivement le chemin le plus évident par lequel il pourrait atteindre la grande ligue. Au-delà de son lancer et de sa prestance en zone offensive, Leskinen est aussi très efficace pour transporter la rondelle alors qu’il peut se servir de son meilleur outil, son coup de patin, pour amener le disque en zone dangereuse. Ses passes précises, en relance particulièrement, sont un autre domaine où il a un impact positif pour son équipe.  

La composition actuelle de la brigade défensive du Rocket sera appelée à changer d’ici octobre, mais je m’attends tout à fait à voir Leskinen piloter la première unité d’avantage numérique aux côtés de Josh Brook. Ce serait la meilleure façon de le placer dans une situation où il pourrait réussir. De façon réaliste, Leskinen aura besoin d’une saison ou deux à Laval pour peaufiner son jeu défensif avant d’avoir une chance de faire ses preuves dans la LNH, mais avec ses aptitudes offensives, il ne faut absolument pas l’exclure des plans futurs du Tricolore, d’autant plus qu’il évolue sur le côté gauche, possiblement la position la plus faible de l’organisation montréalaise. 

(voyez une belle manoeuvre de Leskinen pour marquer, en cliquant sur le lien ci-dessous)