Comptant déjà six victoires en carrière à Montréal, Lewis Hamilton pourrait très bien profiter de l’édition 2018 de l’épreuve canadienne pour en obtenir une septième en 11 participations. Un tel exploit ferait en sorte qu’il égaliserait l’illustre Michael Schumacher qui détient le record du nombre de victoires sur le Circuit Gilles-Villeneuve, avec sept.

Malgré ses succès sur le circuit montréalais, les adversaires directs de Lewis Hamilton pourraient l’empêcher d’égaler la marque du Baron Rouge. Les premiers en lice sont les deux Red Bull qui ont affiché un rythme effarant lors des deux premières séances d’essais libres.

Voici d’ailleurs les résultats de la deuxième séance, disputée dans des conditions qui ressembleront vraisemblablement à celles qui prévaudront en course.

Max Verstappen est celui qui a dominé les deux périodes d’essais libres avec deux meilleurs temps très convaincants, lui qui a certaines choses à se faire pardonner. Malgré le désavantage que leur confère leur moteur Renault au niveau de la puissance et de la vitesse en ligne droite, les Red Bull arrivent à se battre avec les meilleurs. Cela était en quelques sortes prévisible en considérant les admirables qualités en termes de stabilité en virage des Red Bull. Avec la présence d’une troisième zone de DRS pour la première fois, les écuries peuvent régler leur monoplace en braquant davantage leurs ailerons pour produire plus d’appuis en virage. Comme l’aileron arrière est ensuite relevé en ligne droite trois fois par tour, la traînée générée à ce moment par la voiture se voit être diminuée. Avantage Red Bull à cet égard.

Ainsi, malgré la présence de quatre parties à plein régime – les moteurs des monoplaces roulent à plein régime pendant plus de 60% du temps – il est important de bien négocier les chicanes serrées et c’est dans ce département que Red Bull se démarque. Quant à Daniel Ricciardo, il n’a pu qu’effectuer 17 tours du circuit lors de la seconde période d’essais libres à cause d’un pépin électrique. Rien à craindre toutefois, il a pu retourner en piste et signer le troisième meilleur temps, à quatre dixièmes de seconde de son coéquipier.

Néanmoins, le déficit de puissance du moteur Renault pourrait leur faire mal lors des tours lancés de qualification, là où le rythme sur un tour fait foi de tout. En partant sur la deuxième ou la troisième ligne, il faudra une combinaison de circonstances pour qu’un de Ricciardo ou Verstappen puisse l’emporter dimanche comme, par exemple, un départ canon, l’arrivée de la voiture de sécurité à un moment opportun ou une meilleure utilisation des pneus relativement à leurs rivaux.

Parlons-en des pneus. Cette semaine, Pirelli apporte les mêmes gommes qui étaient disponibles lors du Grand Prix de Monaco.

À Monaco, malgré le fait que ces pneumatiques sont les plus tendres du spectre, plusieurs pilotes ont réussi à ne faire qu’un seul arrêt aux puits en utilisant l’hyper-tendre à flanc rose. Chose qui sera difficilement possible à Montréal, là où le circuit se veut davantage exigeant pour les pneus. Dépendamment des équipes, peut-être que certains pilotes iront pour une stratégie à deux arrêts sur ce tracé qui permet bien les dépassements alors que d’autres tenteront de minimiser les interruptions aux puits.

Il est écrit dans le ciel que Mercedes devrait faire partie de la seconde catégorie. Effectivement, c’est la seule écurie qui n’a toujours pas testé les gommes hyper-tendres à Montréal, ce qui est assez annonciateur de leur jeu. À Monaco, Mercedes n’a jamais réussi à bien les faire fonctionner de manière optimale. Dans le cas où le constat sera le même lorsqu’ils les sortiront pour la première fois samedi matin, pendant la troisième séance d’essais libres, vous pouvez parier que Lewis Hamilton et Valtteri Bottas tenteront de se qualifier à l’aide de la gomme ultra-tendre, celle au milieu du spectre disponible à Montréal.

Est-ce possible sans risquer une élimination hâtive? Regardons les données provenant des tests d’aujourd’hui. Les trois meilleurs temps enregistrés pendant les deux séances sont les suivants:

  1. Max Verstappen – Red Bull: 1:12.198 avec l’hyper-tendre
  2. Kimi Raikkonen – Ferrari: 1:12.328 avec l’hyper-tendre
  3. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:12.777 avec la super-tendre

Hamilton accuse un retard d’environ 0.6 seconde sur Verstappen, mais avec la gomme la plus dure. Il est ainsi très réaliste de voir Hamilton battre facilement les temps affichés par Ferrari et Red Bull à pneumatiques égaux. Les Mercedes sont donc les favoris pour obtenir la position de tête.

Ensuite, supposons que les Mercedes n’arrivent pas à bien faire fonctionner l’hyper-tendre en qualifications, un départ des monoplaces argentées en gommes ultra-tendres n’aura rien de dramatique pour eux, alors qu’ils ont affiché, de loin, les meilleurs temps au tour avec ces pneus avec une priorité de 0.324 seconde sur Kimi Raikkonen, leur plus proche poursuivant.

  1. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:16.012 avec l’ultra-tendre, longs relais
  2. Valtteri Bottas – Mercedes: 1:16.153 avec l’ultra-tendre, longs relais
  3. Kimi Raikkonen – Ferrari : 1:16.326 avec l’ultra-tendre, longs relais

Leur domination est encore plus importante avec la gomme la plus dure des trois, alors que Hamilton a augmenté sa priorité sur Verstappen à presque une demi-seconde.

  1. Lewis Hamilton – Mercedes: 1:15.519 avec la super-tendre, longs relais
  2. Valtteri Bottas – Mercedes: 1:15.561 avec la super-tendre, longs relais
  3. Max Verstappen – Red Bull: 1:15.975 avec la super-tendre, longs relais

C’est donc dire que si Mercedes part avec les gommes ultra-tendres, ils tableront fort probablement sur une stratégie d’un seul arrêt qu’ils compléteront avec les super-tendres. À moins d’un désastre en qualifications ou en course, Lewis Hamilton devrait l’emporter haut la main.

À surveiller chez Mercedes: ils devaient amener à Montréal un tout nouveau moteur plus puissant que la mouture actuelle, mais ce dévoilement a plutôt été remis au Grand Prix de France, dans deux semaines, à cause d’un défaut décelé à temps. Ceci fait en sorte que les Mercedes utiliseront leur moteur pour une septième épreuve consécutive. Les dernières fois que Mercedes a dû prolonger l’utilisation de leur groupe propulseur contre leur gré, il a éclaté (Nico Rosberg en Italie, 2015 et Valtteri Bottas en Espagne, 2016).

Quant à Ferrari, ils ont connu une journée assez mitigée en ce vendredi ensoleillé. Kimi Raikkonen a très bien fait, tant au niveau des courts et longs relais, totalisant 70 tours sur le Circuit Gilles-Villeneuve. Il a continuellement talonné les meneurs au chronométrage sans toutefois les devancer. Du côté de Sebastian Vettel qui a actuellement 14 points de retard sur le meneur à la course au titre, la journée a été plus ardue. Il n’a jamais semblé confortable au volant de sa SF71H, surtout lors de la deuxième séance durant laquelle les mécanos ont longuement travaillé sur sa monoplace. Malgré tout, la Ferrari est intrigante cette fin de semaine. Vettel et Raikkonen bénéficieront d’une amélioration de leur moteur, ce qui pourrait bien leur donner l’avantage face à Mercedes et Red Bull en qualifications et en course. Leur châssis était déjà très compétitif auparavant et devrait le demeurer encore.

Il est de coutume pour Ferrari de cacher leur jeu lors de la journée du vendredi. L’équipe italienne a avoué qu’il leur manque des réponses pour la suite des choses. «Nous ne sommes pas loins, ,ême si je ne suis pas entièrement satisfait et qu’il y a encore du travail à faire» a dit Vettel au terme des essais. «En bout de compte, nous avons besoin de plus de temps pour établir un meilleur portrait de la situation. Nous resterons concentrés sur le travail à faire.»

Si on regarde leur meilleure qualification cette année, celle du Grand Prix de Chine, Vettel avait réussi à se qualifier en pole avec une avance vertigineuse de 0.58 seconde sur Hamilton. Pourtant, la veille, il n’avait jamais fait mieux que les huitième (!) et quatrième meilleurs temps lors des deux premières séances d’essais libres. Sans oublier que Vettel monte généralement son jeu d’un cran en qualifications.


Sebastian Vettel et Ferrari cachent-ils leur jeu ou tirent-ils vraiment de la patte cette fin de semaine? 

En bref:

  • Les Mercedes et Lewis Hamilton sont les favoris pour se qualifier en pole. (Cote de 2.00 sur Bet365)
  • Si Hamilton réussit à se qualifier avec l’ultra-tendre, ils pourront tenter d’exécuter un seul arrêt. Leur rythme avec les gommes les plus dures leur sera favorable et Hamilton pourra l’emporter, dimanche. (Cote de 2.20 sur Bet365)
  • Dépendamment de sa position à la fin des qualifications, Valtteri Bottas pourrait terminer sur le podium (Cote de 2.62 sur Bet365). Il a toujours eu de bons résultats à Montréal, c’est un circuit qui lui sied bien.
  • Si vous désirez y aller plus audacieusement, pariez sur les Red Bull. Avec une intervention favorable de la voiture de sécurité, une victoire de celui qui se qualifie mieux entre Daniel Ricciardo (Cote de 13.00 sur Bet365) et Max Verstappen (Cote de 6.00 sur Bet365) est très envisageable.