Pour la première fois de l’histoire de ces deux franchises, les Stars et les Predators s’affronteront dans le cadre des séries éliminatoires. Fait cocasse: ce sont les deux formations qui ont été sélectionnées pour la prochaine édition de la Classique Hivernale de 2020. Cette série est déterminante pour les deux équipes.

À surveiller:

La production offensive des meilleurs joueurs à Dallas

Les Stars ont commencé leur saison dans de façon un peu chancelante alors que le propriétaire de la formation texane ait ouvertement pointé du doigt le rendement de ses deux meilleurs attaquants Tyler Seguin et Jordie Benn avec des déclarations vitrioliques.

Les Stars se sont depuis repris. Benn a affiché un rendement sous les attentes à l’année longue, mais attendez-vous à ce que l’intensité dans son jeu lui serve bien en séries. Quant à Tyler Seguin, il a tout de même amassé 80 points cette année. Leur apport offensif est bien complété par Alexander Radulov qui, jusqu’à présent, comble toutes les attentes chez les Stars, avec une récolte de 72 points.

Comme les Predators ont, de loin, une attaque beaucoup plus diversifiée, il faudra impérativement que ces trois joueurs constituent la locomotive offensive des Stars. Autrement, cette série se terminera très rapidement. Dallas espère aussi un coup de main de Mats Zuccarello, acquis des Rangers de New York à la date limite des transactions.

Les unités d’avantage numérique

Avoir ces trois joueurs permet aux Stars de monter une unité d’avantage numérique dans le top 10 de la ligue. L’apport des défenseurs John Klingberg et Miro Heiskanen n’est pas étranger à leurs succès dans ces conditions. Klingberg a pu obtenir 20 points en pareille situation cette saison en seulement 64 matchs. S’il n’avait pas raté de matchs et qu’il avait poursuivi sur cette tendance, Klingberg aurait été dans le top 5 des défenseurs les plus productifs lorsque les Stars ont l’avantage d’un homme avec 26 points.

Du côté de Nashville, c’est décidément le point d’interrogation le plus important qui subsiste à leur endroit. Après la saison régulière, ils ont revendiqué le pire rendement de la ligue avec un pathétique taux de réussite de 12.9%. Avec les éléments qu’ils alignent à l’attaque, mais surtout à la pointe, ce rendement est absolument déconcertant. Seuls Roman Josi et P.K. Subban ont dix points ou plus (respectivement 12 et 10) en avantage numérique. Seulement sept buts ont été marqués par des défenseurs des Preds avec l’avantage d’un homme. Il est clair que la brigade défensive devra jouer un plus grand rôle à Nashville.

Dans un contexte où chaque pénalité appelée se fait plus rare en séries éliminatoires et où les matchs sont généralement plus serrés, l’avantage numérique a davantage d’importance. Si Nashville réussit à débloquer à ce niveau, ils pourront facilement prendre l’ascendant sur Dallas.

La contribution des récents ajouts des Predators

Du côté de Nashville, les ajouts de Wayne SimmondsMikael Granlund et de Brian Boyle viennent compléter de brillante façon, malgré leur production décevante jusqu’à present, l’attaque déjà polyvalente des Predators. À eux cinq, ils ne montrent qu’une production de six buts et 13 points. Néanmoins, contrairement aux Stars, Nasvhille pourra aligner quatre trios qui ont la capacité de contribuer offensivement, ce qui mettra la défensive des Stars à rude épreuve.

Les combinaisons concoctées par l’entraîneur Peter Laviolette étaient les suivantes, dans le cadre du dernier match de l’année durant lequel les Predators ont pu s’assurer du premier rang de leur division:

Forsberg – Johansen – Arvidsson
Granlund – Turris – Smith
Sissons – Bonino – Watson
Boyle – Jarnkrok – Simmonds

Deux de leurs meilleurs joueurs, Filip Forsberg et Viktor Arvidsson ont été blessés pour une longue période mais ils sont de retour à temps pour les séries. Forsberg est toujours excellent en séries, comme le montre sa production de 42 points en 55 matchs en série et Arvidsson vient de battre le record du nombre de buts marqués (34) par un joueur des Predators en seulement 58 parties jouées. Depuis que les Predators montrent un alignement complet, ils ont remporté sept de leurs dix derniers matchs, dont cinq de leurs six derniers.

Les gardiens des Stars ont le numéro des Predators

Pekka Rinne est une valeur sûre devant le filet des Predators. Il a encore connu une saison de 30 victoires et sera très certainement leur gardien d’office pour les séries. L’an dernier, il n’a pas été étincelant comme à son habitude en séries en ne montrant qu’un rendement moyen de 0.904 et une moyenne de buts alloués supérieure à 3.00.

Quant aux cerbères des Stars, les deux font actuellement très belle figure. Le gardien partant Ben Bishop est revenu de blessure et a élevé son niveau de jeu récemment, ce qui a permis aux Stars d’assurer leur présence en séries. Il a le meilleur taux d’efficacité dans la ligue (0.934) et un nombre de buts alloués par match inférieur à 2.00 (1.98). Sa santé peut en inquiéter plus d’un, alors qu’il a déjà raté 16 matchs cette année, mais avec Anton Khudobin dans les parages, les Stars peuvent encore compétitionner, du moins, avec l’adversaire.

Les Predators le savent, eux qui ont baissé deux fois pavillon contre le gardien kazakh, ce dernier n’ayant alloué qu’un seul but contre Nashville durant ces deux rencontres. Le tout, incluant une performance de 49 arrêts deux jours après Noël.

La profondeur défensive

Bishop a été bon en saison et il n’aura pas le choix d’être excellent en séries parce que d’un point de vue défensif, les Stars seront à la traîne relativement aux Predators. Il leur manque clairement de profondeur à cette position névralgique. Mis à part Klingberg et Heiskanen, il y a bien Esa Lindell. Après, plus rien. Ben Lovejoy, Taylor Fedun et Jamie Oleksiak ne sont pas des défenseurs qui auront un impact important sur le dénouement de la série.

C’est tout le contraire à Nashville, alors que les deux premières paires composées de Josi, Ryan Ellis, Subban et Mattias Ekholm peuvent dévorer des minutes de jeu à n’en plus finir. Cela fait aussi plusieurs saisons qu’ils ont la chance de jouer ensemble: leur stabilité est un gage d’efficacité. Dan Hamhuis et la recrue Dante Fabbro complètent la troisième paire d’une des meilleures brigades défensives de la LNH.

Pour toutes ces raisons, j’estime que les Predators de Nashville l’emporteront sur les Stars de Dallas en six ou sept rencontres.