Évoluant dans la AJHL, le circuit junior A de l’Alberta, le défenseur Jacob Bernard-Docker s’est fait un nom à mesure que l’année avançait, passant du 62e au 33e rang sur la liste nord-américaine de la centrale de recrutement de la LNH, si bien qu’il cogne maintenant à la porte de la première ronde!

Date de naissance : 2000-06-30
Lieu de naissance : Canmore, Alberta
Taille : 6pi1
Poids : 170 lb
Lancer : Droite
Position : Défenseur
Équipe : Oilers d’Okotoks, AJHL
Classement : 33e patineur en Amérique du Nord – Centrale de recrutement de la LNH 

À sa deuxième saison dans la Ligue junior de l’Alberta, Bernard-Docker a démontré une belle progression, passant d’une fiche de 7 buts et 14 aides en 54 rencontres à un impressionnant total de 20 buts et 21 aides en 49 parties. Il a en plus ajouté sept autres filets et autant d’aides à sa fiche en 15 matchs de séries, portant son total combiné à 27 buts et 28 passes pour 55 points en 64 parties, des chiffres très impressionnants pour un défenseur, peu importe le circuit. À titre comparatif, le spectaculaire Cale Makar, choisi au 4e rang par l’Avalanche l’an dernier, avait terminé la campagne avec une fiche de 27 buts et 57 aides en 59 parties. Ces statistiques aident donc à mettre en perspective le niveau ou Bernard-Docker se situe. Il faut s’attendre à le voir choisi entre les rangs 25 et 50 lors du repêchage, surtout qu’il demeure un projet à long terme pour l’équipe qui le sélectionnera. Il faut bien entendu aller au-delà des chiffres pour bien saisir l’étendue du talent du jeune défenseur, qui aura 18 ans après le repêchage, soit le 30 juin.

Sa magnifique saison lui a valu le titre de défenseur de l’année de l’AJHL, ce qui n’est toutefois pas nécessairement gage de succès professionnel alors que depuis Chris Phillips en 1995, Makar est le seul autre récipiendaire du trophée à s’être vu repêcher dans la LNH. Il s’agit néanmoins d’une belle reconnaissance pour un jeune homme qui a gagné en confiance tout au long de la saison. Après onze rencontres, il ne comptait pourtant qu’un but et une aide à sa fiche. C’est donc dire qu’à partir de son douzième match, jusqu’à la fin de la saison, il a récolté une moyenne d’au moins un point par match, ce qui très impressionnant pour un jeune homme de 17 ans. L’une des causes de ce changement est une confiance renouvelée en son lancer frappé, qui est absolument dévastateur. Il n’est pas encore très créatif en ce qui a trait à trouver des façons de se donner l’espace pour le décocher, mais lorsqu’il y arrive, il est foudroyant.

Évidemment, les succès de Jacob Bernard-Docker vont plus loin que la qualité de son lancer. Comme la plupart des défenseurs de la cuvée 2018, il est un excellent patineur, mais ce qui le distingue est son habileté à passer d’une vitesse à une autre, ce qui, pour poursuivre l’analogie automobile, inclut également la marche arrière. Son coup de patin est une force à tous les niveaux, que ce soit en termes de vitesse, d’agilité et d’équilibre. Ce dernier point est particulièrement intéressant considérant que le jeune arrière est loin d’avoir atteint la maturité physique qu’on attend aux niveaux supérieurs. Si son lancer frappé définit sa façon de jouer offensivement, sa mobilité est ce qui gouverne son jeu défensif. Il est particulièrement efficace contre les montées adverses alors qu’il peut aisément suivre son homme et qu’il est très difficile à déborder.

Une fois installé dans son territoire, son manque de force physique lui nuit parfois devant le filet ou le long des rampes, mais il est généralement là où l’on s’attendrait à le voir, ce qui dénote un bon QI hockey. Contrairement à d’autres jeunes défenseurs offensifs de cette cuvée, je ne le vois pas vraiment pas comme un futur quart-arrière sur l’avantage numérique, justement en raison du manque de créativité évoqué plus tôt. Il s’est amélioré en tant que passeur, sans toutefois être excellent à ce niveau non plus. En fait, en termes de style, je pourrais le voir se développer de façon similaire à Jeff Petry, des Canadiens, soit un arrière efficace dans les deux sens, capable d’appuyer l’attaque et de se replier rapidement, mais qui est parfois dépassé dans son propre territoire. Si tout se passe bien pour Bernard-Docker, son meilleur atout (son lancer) pourrait toutefois l’amener à des sommets plus élevés que Petry. Bien entendu, comme c’est le cas pour Jonny Tychonick dans la BCHL, il faudra voir s’il peut transposer efficacement ses prouesses dans un niveau inférieur au jeu de la NCAA, puis de la LNH.

LES STATISTIQUES

CE QU’ILS ONT DIT…

Au sein d’une équipe remplie de défenseurs âgés de deux ou trois ans de plus que lui, c’était significatif de voir Bernard-Docker passer de nombreuses minutes sur la patinoire, dans toutes les situations. Quand on le regarde d’une présence à l’autre, c’est facile de voir pourquoi ses entraîneurs lui font autant confiance; il prend constamment la bonne décision et fait les petites choses (comme savoir quand sortir la rondelle en contrôle ou encore la dégager). Son niveau d’effort est excellent bien qu’on aimerait le voir s’appliquer davantage au jeu physique.   – Derek Neumaier, Recrutes.ca

Il y a beaucoup à aimer dans le jeu de Bernard-Docker. Il est très bon joueur offensif qui démontre une excellente lecture de ce qui se passe sur la glace, un bon sens du jeu, une mobilité de haut niveau et un véritable canon depuis la ligne bleue. […] D’un autre côté, il prend beaucoup de chances en zone offensive et se porte souvent à l’attaque. Il est assez intelligent et rapide pour ne pas se faire brûler dans la AJHL, mais il pourrait ne plus être en mesure de parier aussi souvent  aux niveaux supérieurs, quand ses adversaires seront meilleurs.  – Ryan Pike, The Hockey Writers


LES FORCES

+ Lancer frappé foudroyant, excellent sur réception aussi
+ Coup de patin très fluide et excellents changements de vitesse
+ Bonne lecture du jeu et compréhension des situations
+ Capable de jouer de nombreuses minutes

LES FAIBLESSES

 N’excelle pas en possession de la rondelle, devra être plus créatif
Pourrait jouer de façon plus physique
Doit mieux calculer les risques qu’il prend en attaque
Devra prouver qu’il est en mesure de transposer son jeu à un calibre supérieur

LE POTENTIEL LNH 

Un défenseur top 4 qui peut être employé en avantage numérique en raison de la qualité de son lancer

LE SAVIEZ-VOUS ? 

– Il accompagnera son partenaire en défense au plus récent Défi mondial Junior A (U19), Jonny Tychonick, avec les Fighting Hawks de l’université du Dakota du Nord.

– Les 20 buts de Bernard-Docker cette année ont été de loin un sommet dans l’AJHL pour les défenseurs considérant qu’il a devancé son plus proche rival par six filets.

LA ZONE VIDÉO 

Bernard-Docker (#24) appuie l’attaque et marque d’un bon lancer des poignets
Un autre bon lancer des poignets de Bernard-Docker, en avantage numérique cette fois