Pressenti comme le joyau de la cuvée 2018 depuis plus de deux ans maintenant, Rasmus Dahlin vivra enfin son grand moment le 22 juin prochain lorsque les Sabres feront de lui le tout premier choix de l’encan 2018. Le Suédois est possiblement le défenseur le plus attendu depuis Denis Potvin en 1973 et pour l’occasion, nous vous présentons un format particulier pour son profil, tout ayant déjà été dit sur le prochain visage des Sabres pour la prochaine décennie!

Date de naissance : 2000-04-13
Lieu de naissance : Tröllhattan, Suède
Taille : 6pi3
Poids : 185 lb
Lancer : Gauche
Position : Défenseur
Équipe : Frölunda HC, Ligue élite de Suède
Classement : 1er patineur en Europe – Centrale de recrutement de la LNH 

Pour ce dernier portrait, nous vous offrons la perspective de trois de nos chroniqueurs au sujet de Rasmus Dahlin.

Un premier aperçu à Montréal, par Toni Chakour

La première présence à un tournoi international d’envergure de Rasmus Dahlin s’est faite lors du championnat mondial junior de hockey qui s’est tenu à Montréal lors des derniers jours de 2016, puis des premiers de 2017. J’ai pu assister à un des matchs de la Suède, celui contre la Suisse, le 28 décembre 2016. D’assez près, j’ai eu la chance d’être témoin de ce prodige sur la patinoire du Centre Bell, alors qu’il n’était âgé que de 16 ans.


Rasmus Dahlin, adossé à la baie vitrée, lors de la période d’échauffement du match Suède-Suisse

Effectivement, Rasmus Dahlin est le plus jeune joueur qui s’est aligné pour la formation suédoise dans l’histoire de ce pays qui a déjà pourtant produit d’excellents joueurs. Habituellement monopolisé par les joueurs plus vieux, âgés de 18 et 19 ans, le tournoi mondial de hockey n’est généralement pas un milieu propice pour des joueurs de 16 ou 17 ans. Par exemple, l’excellent Adam Boqvist n’a pas participé au tournoi de 2018 à Buffalo car il n’avait que 17 ans et ce, malgré son talent supérieur à d’autre défenseurs suédois plus expérimentés.

Alors, imaginez comment devait se sentir Rasmus Dahlin, à un si jeune âge, face aux meilleurs juniors du monde, jouant à Montréal sous les yeux du monde entier. Il devait déjà résolument se distinguer et faire fi de la pression pour montrer aux recruteurs et aux partisans du monde entier ce dont il était capable de faire. Pourtant, il n’en était rien. D’entrée de jeu, lui et son entraîneur désiraient modérer les attentes à son endroit. Après tout, Dahlin n’était que le septième défenseur de la formation suédoise.

Premier match contre le Danemark: victoire de 6-1. Le défenseur de trop venait, mine de rien, d’obtenir deux points en moins de neuf minutes de jeu. Lors de son deuxième match contre la Suisse, une meilleure équipe que celles des Danois, Dahlin a joué environ 12 minutes, mais a été blanchi de la feuille de pointage. Il a tout de même démontré toute l’étendue de son talent en enchaînant les feintes et les belles pièces de jeu. Le constat a été clair et net dès les premières minutes écoulées: il a une vision du jeu et une créativité extraordinaires.

Et contrairement à d’autres défenseurs offensifs, Dahlin ne présente pas de lacunes défensivement. Même à 16 ans, il montrait un tel aplomb, une véritable confiance qui fait parfois défaut chez d’aussi jeunes joueurs. Ses qualités de patineurs et son gabarit (il mesure 6’3 » et pèse 185 lb) lui permettent de contrer tout type de joueur, même les plus vieux et les plus robustes. Il ne craint pas le jeu physique et joue de manière passionnée.

Cet après-midi du 28 décembre 2016 venait confirmer une chose dans mon esprit. Rasmus Dahlin était – et demeure – un joueur d’exception. Bien heureux seront les Sabres de Buffalo qui devraient, en toute logique, mettre le grapin sur ce grand défenseur.

À la conquête des plus hauts sommets, par François Côté

J’ai moi aussi assisté à la rencontre Suisse-Suède dont parle mon collègue Toni, mais contrairement à lui je n’avais pas trop remarqué Rasmus, peut-être trop occupé à regarder de l’autre côté de la patinoire le jeune Nico Hischier qui gardait la Suisse dans le match à lui tout seul. Sa remise en perspective, par contre, me fait voir que la simple présence de Dahlin à ce tournoi était une preuve indéniable qu’il se trouvait dans une classe à part. À 16 ans, il récoltait presque un point par match (en tant que défenseur!) dans la ligue élite des moins de 20 ans suédoise, tout en jouant 26 parties avec des hommes dans la SHL, n’amassant que 3 points. Cette saison, à sa deuxième chez les professionnels, il a récolté 7 buts et 13 passes en 41 rencontres. Tout cela, il l’a fait avant l’âge de 18 ans, qu’il a atteint tout récemment en avril.

Outre cette partie, donc, je n’ai vu que les faits saillants de la dernière saison de Dahlin. Mais je suis absolument vendu. Dahlin est extrêmement rapide et a des mains magiques, sans doute ses deux plus grands attributs. Mais il est aussi un excellent passeur, a un tir assez puissant, est capable de frapper, de jouer physique… bref, il n’y a rien qu’il ne peut pas faire. Puisqu’il est impossible de ne pas tomber dans l’hyperbole avec lui, je vais le dire ainsi : il est sans doute le défenseur le plus proche de la perfection au moment de son repêchage dans l’histoire de la ligue. Dans la LNH qu’on connaît aujourd’hui, je ne serais pas surpris de le voir battre le record de points pour un défenseur de 18 ans. Le record, 66 points, a été établi par nul autre que Phil Housley, qui sera l’entraîneur-chef de Dahlin la saison prochaine. Une chose est sûre, s’il a la longévité et l’efficacité de son futur mentor, Dahlin aura toute une carrière dans la Ligue nationale.

Le sauveur des Sabres, par Mathieu Lavigne

En tant que partisan des Canadiens, la loterie remportée par les Sabres alors que Montréal avait une réelle chance de mettre la main sur un joueur de concession a fait mal. En rétrospective toutefois, peu d’équipes « méritaient » autant de repêcher le jeune prodige suédois. L’équipe du nord de l’état de New York a raté les séries à chacun des huit dernières saisons, terminant au dernier rang de sa division lors de quatre des cinq dernières années. Afin de vous remettre en perspective, en 2010-2011, année de la dernière participation des Sabres en séries : le plafond salarial était à 59,4 millions; les Jets effectuaient un retour dans la LNH; Taylor Hall et Tyler Seguin faisaient leurs débuts professionnels et surtout… Terry Pegula achetait les Sabres.

Le propriétaire de l’équipe n’a donc jamais participé aux séries depuis qu’il a fait l’acquisition d’une franchise qui y avait pris part lors de quatre des six saisons précédentes. À leur défense, les dirigeants de l’équipe ont fait de bons choix au repêchage, surtout depuis 2013 alors que leurs premiers choix – Rasmus Ristolainen, Sam Reinhart, Jack Eichel, Casey Mittelstadt – sont tous (ou sont en voie de devenir) des joueurs clés au sein de l’équipe. J’ai volontairement exclus Alexander Nylander de cette liste, mais tout de même, elle est impressionnante. Certes, l’équipe se cherche toujours un véritable gardien numéro un d’avenir, mais un tel noyau devrait être suffisant pour bâtir une franchise… mais les résultats tardent à venir.

Rasmus Dahlin apportera aux Sabres beaucoup de talent, il leur apportera un défenseur capable de passer plus de 25 minutes sur la patinoire à chaque match tout en étant une menace constance en attaque et un défenseur sur qui Phil Housley pourra compter pour protéger une avance lors des dernières minutes d’une rencontre. Plus que tout, Rasmus Dahlin apporte l’espoir à Buffalo. L’espoir que les années de malheur de l’équipe sont enfin chose du passé et que les partisans peuvent à nouveau aspirer à de grandes choses de la part de leurs favoris. Jack Eichel était attendu, mais on a vite vu qu’il ne pouvait changer les choses à lui seul. L’engouement autour de Dahlin à Buffalo est inédit et au-delà des résultats qu’il apportera sur la patinoire, sa simple présence est un véritable second souffle pour une concession qui en avait bien besoin.

LES STATISTIQUES

LA ZONE VIDÉO 

Voici une compilation de ses plus beaux jeux en 2017-2018