On a eu droit à plusieurs duos ou même trios de frères dans la LNH depuis quelques années et en plus des frères Hughes, on pourrait aussi très bientôt voir à l’oeuvre les frères Robertson. En effet, tandis que le champion compteur de la Ligue de l’Ontario, Jason, a été choisi au 39e rang par les Stars en 2017, son petit frère Nick tentera maintenant d’améliorer ce rang de sélection en se faufilant peut-être même au premier tour! 

NICK ROBERTSON
Ailier gauche
5pi9 | 161lb | 11 septembre 2001
Peterborough, OHL
17e patineur en Amérique du Nord
Certains analystes accordent plus d’importance que d’autres à la date de naissance d’un joueur, mais dans le cas de Nick Robertson, il est difficile d’en faire totalement abstraction, considérant qu’il est passé à cinq jours seulement d’être éligible en 2020 plutôt que cette année! Le fait qu’il soit très jeune a évidemment un impact sur sa maturité physique, lui qui n’est déjà pas très costaud, mais d’un point de vue de recruteur, ça signifie surtout qu’il a encore beaucoup de potentiel d’amélioration et quand on considère son niveau actuel, c’est particulièrement intéressant. Évoluant pour une formation en transition, Robertson a été de loin le meilleur joueur des Petes cette année avec 55 points en 54 rencontres, devançant deux joueurs maintenant âgés de 21 ans. Le fait qu’il ait mené l’équipe avec une si faible récolte en dit long sur la qualité de son équipe, mais est tout de même révélateur quant à son talent. À mesure que la saison avançait, de plus en plus d’analystes et recruteurs l’ont vu; il est d’ailleurs passé du 30e au 17e rang chez les patineurs nord-américains selon la Centrale de recrutement de la LNH depuis la mi-saison.

Le visionnement et les données avancées le confirment, Robertson est une machine à générer de l’offensive, tant pour lui que pour ses coéquipiers. Il se classe très avantageusement dans la majorité des catégories, notamment pour les entrées de zone contrôlées, le Corsi et les opportunités de marquer générées, tout un fait d’armes à son âge. Pour y arriver, il mise avant tout sur un coup de patin explosif qui lui confère l’une des meilleures accélérations chez les espoirs de la cuvée 2019 en plus d’être très agile sur patins.  Bon fabricant de jeu, il se démarque particulièrement par la qualité de son lancer et aussi par sa fougue sur la patinoire. Cette dernière est particulièrement visible quand Robertson travaille en échec avant, où il arrive souvent à forcer l’adversaire à causer un revirement en l’embêtant avec insistance.  Elle lui sert aussi beaucoup autour du filet où il bataille ardemment pour les rondelles libres ou pour une position avantageuse pour dévier un lancer.

Les trois principaux reproches qu’on peut adresser à Robertson sont les mêmes qu’avec plusieurs joueurs de son âge: constance, jeu défensif et maturité physique. Dans son cas, le dernier élément est particulièrement important vu son très petit gabarit, mais avec sa fougue et son centre de gravité assez bas, on pourrait s’attendre à le voir jouer chez les pros autour de 185 livres sans problème. Vu son jeune âge et la taille de son frère (6’2″), l’équipe qui le repêchera espérera sans doute secrètement une poussée de croissance tardive tout de même. Pour ce qui est de la constance, ce n’est pas dû à l’effort dans son cas, mais les résultats n’ont pas toujours été au rendez-vous, mais tant qu’il travaille, ça devrait se replacer de soi-même. Finalement, la conscience défensive demeure le principal élément sur lequel il devra travailler. Son positionnement dans sa zone fait encore souvent défaut et il n’a pas toujours les bons réflexes, sa fougue lui jouant parfois des tours alors qu’il pourchasse un peu trop la rondelle. Aucune de ces lacunes ne peut être corrigée toutefois et avec tout le talent dont Nick Robertson fait preuve, il rendra certainement une formation très heureuse en fin de premier tour ou au début du deuxième. Il pourrait même surprendre et se hisser dans le top 20 si une équipe tombe en amour avec lui et à mon avis, ça ne serait pas du tout un « reach »; l’avenir nous le démontrera. 

Montage des meilleurs moments de Robertson dans la OHL cette année