Les joueurs évoluant au sein de très mauvaises équipes sont parfois difficiles à évaluer. D’un côté, ils semblent si loin devant leurs coéquipiers, mais d’un autre, ils ont le bénéfice d’avoir beaucoup plus de latitude que s’ils évoluaient pour une bonne équipe. C’est la situation dans laquelle se trouve le dynamique Peyton Krebs.

PEYTON KREBS
Centre / Ailier gauche
5pi11 | 181 lb | 26 janvier 2001
Ice de Kootenay, WHL
10e patineur en Amérique du Nord
De loin le meilleur joueur du Ice de Kootenay depuis maintenant deux ans, Krebs semble toutefois avoir convaincu les recruteurs qui se déplaçaient dans le sud-est de la Colombie-Britannique souvent uniquement pour le voir, qu’il mérite sa place dans la conversation pour être choisi dans le top 10. Patineur explosif qui a l’air de survoler la patinoire lorsqu’il est à pleine vitesse, le premier choix de la WHL en 2016 était bien seul au sein d’une équipe qui n’a remporté que 40 des 140 matchs qu’elle a disputé pendant cette période. Les chiffres ne mentent pas… en tant que capitaine de sa formation, Krebs a contribué à 37,5% des buts du Ice la saison dernière, loin devant ses rivaux de la WHL, notamment Kirby Dach et Dylan Cozens. Plus impressionnant encore, Krebs a démontré ses excellentes capacités de fabricant de jeu en récoltant étant le premier contributeur (primary assist) sur 17% des buts de son équipe, une statistique phénoménale considérant qu’aucun autre joueur du Ice n’a même franchi la barre de 25 aides au total (Krebs en a récolté 49, dont 30 primaires).

Le jeu de Krebs est avant tout basé sur la vitesse et les aptitudes de passeur, mais il est loin d’être unidimensionnel. Il est également à son mieux en supériorité numérique où il a contribué à 26 des 49 buts marqués par Kootenay cette année et excelle à repérer un coéquipier pour un lancer sur réception. Fougueux, il est souvent l’un des joueurs les plus impliqués, malgré la triste situation de son équipe. Le jeune Albertain tire également son épingle du jeu en défensive, où il est particulièrement efficace pour causer des revirements en repli. Ses aptitudes de leader ne sont plus à remettre en question non plus, lui qui a aussi été capitaine de la formation U18 du Canada en avril dernier, où il a brillé avec six buts et quatre aides en sept rencontres, preuve de son potentiel lors qu’il est mieux entouré. 

Bien sûr, le fait que Krebs était de loin le meilleur joueur de son équipe pourrait aussi lui amener certaines critiques, ou du moins remettre en question ses performances. Sa fiche de -50 pourrait en faire douter plus d’un pour un potentiel choix du top 10. On pourrait aussi questionner son piètre rendement dans le dernier droit alors qu’il n’a pu faire mieux qu’une récolte de sept points en treize matchs. Chacune de ces critiques est valable et démontre qu’il peut évidemment s’améliorer, bien qu’il serait une erreur de s’arrêter à son différentiel pour le qualifier d’handicap en défensive considérant qu’il passait autant de temps sur la patinoire pour une formation avec un différentiel collectif de -143. Krebs devra ajouter du muscle pour être plus efficace dans les zones contestées et utiliser son lancer davantage, surtout quand on voit qu’il a marqué plusieurs buts grâce à des tirs voilés. Autrement, il a toutes les aptitudes techniques (vitesse, agilité, mains) et mentales (vision du jeu, prise de décision, conscience défensive) pour devenir un excellent joueur de deuxième trio, voire de premier. Il aura seulement besoin d’un peu de temps pour devenir un peu plus constant et pour passer au niveau supérieur. Avec un meilleur personnel de soutien, tout cela est loin d’être utopique. 

Montage des meilleurs moments de Krebs en WHL cette année