La belle performance des jeunes joueurs en séries a en quelque sorte fait oublier l’opportunité ratée de repêcher dans le top 10 qu’avaient les Canadiens après une saison décevante. À l’approche du repêchage, force est d’admettre que des joueurs très talentueux seront aussi disponibles au 16e échelon. Il serait plus surprenant d’obtenir une vedette en soi, mais que ce soit chez les attaquants comme chez les défenseurs, le niveau de talent devrait encore être très intéressant. Nonobstant la glissade d’un joueur comme Cole Caufield l’an dernier, voici cinq cibles qui feraient beaucoup de sens pour le Tricolore avec leur choix de premier tour au repêchage de 2020.

Dawson Mercer – C/AD – Chicoutimi (LHJMQ)

On vous en parlait au printemps dernier et la situation n’a évidemment pas changé depuis : le Tricolore a besoin de talent offensif sur les ailes. Dans cette optique, ajouter un joueur de la trempe de Mercer au 16e échelon serait un coup de maitre quand on sait combien l’ailier terre-neuvien possède de bonnes mains et un sens offensif développé. Mieux encore, son anticipation et sa compréhension du jeu dans toutes les situations seraient également des qualités rassurantes pour le Tricolore qui aime repêcher des joueurs responsables défensivement. Somme toute, le CH a certainement pu observer Mercer de très près cette année et il ferait un superbe choix de premier tour à une position de besoin.

 

Hendrix Lapierre – C – Chicoutimi (LHJMQ)

Contrairement aux croyances de certains analystes, le CH ne repêche que rarement au Québec au premier tour, l’ayant fait en 1998 (Éric Chouinard, 16e) et en 2009 (Louis Leblanc, 18e). En cette excellente année pour la LHJMQ, des Québécois seront certainement parmi les candidats pour le CH au 16e rang, vraisemblablement Mavrik Bourque ou encore Lapierre. Grandement affecté par les blessures la saison dernière, le Gatinois n’a pu justifier les comparatifs à Patrice Bergeron qui lui collaient à la peau avant la saison. Centre très intelligent et capable d’être efficace dans toutes les facettes, il est avant tout un fabricant de jeu hors pair qui a sans aucune doute le potentiel pour jouer sur un top 6 si les blessures le laissent tranquille. Parions que Marc Bergevin s’est bien informé sur son état de santé avant le repêchage et qu’il pourrait être fort tenter d’en faire son premier choix.

 

Jacob Perreault – AD – Sarnia (OHL)

Parlant de Québécois, pourquoi ne pas repêcher le fils de Yanic, qui a disputé trois saisons à Montréal au début des années 2000. Né à Montréal, le jeune homme a toutefois grandi à Chicago, où son père travaille maintenant pour les Blackhawks à titre d’entraineur. Pour sa part, Jacob a été repêché par le Sting de Sarnia au premier tour en 2018 et y a disputé deux excellentes saisons. Excellent marqueur naturel, Perreault mise sur son instinct et sur un lancer dévastateur pour marquer des buts à profusion. Ajoutez à cela des mains rapides et un coup de patin plus que correct et vous obtenez un joueur qui a le potentiel d’être très dangereux sur un top 6 dans la LNH… À condition toutefois d’être plus constant dans ses efforts tant en défensive que de façon générale. Vu la présence du paternel chez les Blackhawks, qui repêchent au 17e rang, il sera intéressant de voir si Bergevin décide de couper l’herbe sous le pied de son ancienne équipe!

 

Rodion Amirov – AG – Salavat Yulaev (KHL)

Au rythme où Amirov produit actuellement en Russie, il souhaiterait peut-être voir le repêchage être retardé de quelques semaines. Dans une ligue qui fait rarement de place à ses jeunes joueurs, le Russe joue présentement en moyenne 14 minutes par match et a déjà marqué 3 buts et récolté 2 aides en 8 rencontres. Si on peut considérer qu’il était impressionnant qu’il dispute 21 match dans la grande ligue l’an dernier, cette production est totalement inattendue pour un aussi jeune joueur, d’autant plus que le potentiel offensif d’Amirov est justement un élément incertain chez lui. Habile patineur qui excelle en échec avant et est très conscient de son jeu défensif, il fournit généralement un effort constant et mise sur un flair de marqueur assez développé pour devenir un bon ailier de 2e trio dans la LNH. On peut s’imaginer que Marc Bergevin aimerait le voir un jour aux côtés d’un Jesperi Kotkaniemi ou Nick Suzuki sur son top 6.

 

Braden Schneider – DD – Brandon (WHL)

Il apparait logique pour le Tricolore, en mal de buts depuis quelques années, de choisir un attaquant au premier tour, mais comme nous l’indiquions en mai dernier, le côté droit de la défensive compte bien peu de relève en vue de l’après Weber/Petry. Très efficace en défensive, Schneider est un arrière typique de la ligue de l’Ouest en ce sens qu’il affectionne le jeu physique et qu’il excelle dans son propre territoire et pour en empêcher l’accès aux attaquants adverses. Ses 42 points montrent tout de même qu’il possède un certain potentiel offensif, notamment grâce à une bonne première passe et à un lancer précis. Sans faire de projection sur l’alignement futur du CH, son style cadrerait à merveille avec celui d’un gaucher plus mobile comme Victor Mete ou Mattias Norlinder. Cela pourrait convaincre le Tricolore de renflouer sa position la plus faible avec le deuxième meilleur arrière droitier de la cuvée 2020, lui qui n’est probablement qu’à une année ou deux de la LNH.

 

Les autres scénarios

Les cinq joueurs ci-dessus sont tous des options logiques et très intéressantes pour Montréal au 16e rang, mais advenant la disponibilité d’un Seth Jarvis ou Jack Quinn, ces attaquants dynamiques seraient vraisemblablement choisis par la Sainte-Flanelle. Il ne faut pas non plus exclure la possibilité d’un échange ou encore la sélection d’un autre joueur prometteur, par exemple Lukas Reichel ou Mavrik Bourque, qui apporteraient tous les deux un potentiel offensif très intéressant à l’équipe. Qu’importe le choix, il sera trop tôt pour crier victoire ou se plaindre de la sélection parce qu’il ne faut pas oublier qu’on parle de joueurs de 18 ou 19 ans qui sont en plein développement et qui pourraient encore éclore ou ralentir. Après tout, le repêchage n’est pas une fin, mais bien le commencement de leur parcours professionnel!

Crédit photo : Vincent Éthier – LHJMQ