La grande majorité des joueurs repêchés chaque année dans la LNH en sont à leur première année d’éligibilité, mais chaque année, un certain nombre d’espoirs de 19 et 20 ans sont choisis. Pour certains, c’est une deuxième opportunité après qu’une blessure eut bousillé la première alors que pour d’autres, il s’agit plutôt d’une poussée de croissance tardive ou d’un développement tardif au niveau des aptitudes. Quoi qu’il en soit, 2020 ne fera assurément pas exception et des joueurs qui en sont à leur deuxième ou troisième passage trouveront preneur. En voici dix qui ont retenu notre attention!

Nico Daws, G, Guelph (OHL)

Ignoré l’an dernier, Daws trouvera assurément preneur cette année, probablement même dans les trois premières rondes en tant que l’un des trois ou quatre meilleurs gardiens de la cuvée 2020. Il aura 20 ans en décembre, mais considérant que les gardiens mettent naturellement plus de temps à se développer, sa maturité pourrait en fait être un avantage pour l’équipe qui le repêchera puisque celle-ci aura une meilleure idée d’où l’Ontarien est rendu dans son développement. À 6pi4 et misant sur un bon positionnement avant tout, Daws démontre déjà les qualités d’un gardien moderne.

Egor Sokolov, AD, Cap Breton (LHJMQ)

Ignoré deux fois plutôt qu’une, Sokolov s’est finalement bâti un bon dossier pour être repêché cette année grâce à ses 46 buts en 52 matchs dans la LHJMQ, un sommet dans le circuit auquel il a ajouté 3 buts en 7 matchs au Championnat du monde de hockey junior pour la Russie. Véritable armoire à glace à 6pi4 et 240 livres, vous aurez deviné que la grande lacune de Sokolov est son coup de patin, bien en deçà de la moyenne pour un espoir de la LNH. Ou du moins, c’était le cas avant la dernière saison, mais c’est plus ou moins vrai maintenant. Misant sur un lancer dévastateur et des instincts naturels de marqueur en plus de son gabarit, Sokolov sera assurément un espoir à surveiller au niveau professionnel.

Xavier Simoneau, AG/C, Drummondville (LHJMQ)

Du haut de ses 5pi7, il aurait été surprenant que Simoneau soit sélectionné au repêchage après une saison d’à peine 1 point par match en 2018-2019, mais il a pris le taureau par les cornes cette année, enfilant 89 points, dont 61 aides en autant de matchs pour se placer fermement sur le radar des équipes de la LNH. Sa vision du jeu est effectivement sa meilleure qualité, tout juste devant son intensité, laquelle permet d’ailleurs de le remarquer en tout temps sur la patinoire. Même si on aimerait le voir encore plus rapide pour compenser pour sa taille, le capitaine des Voltigeurs a les aptitudes et, surtout, la volonté pour atteindre la LNH et en ce sens, le repêchage n’est qu’une étape de plus vers cet objectif.

Adam Wilsby, DG, Sodertalje (Suède-2)

Le cas de Wilsby est très intéressant. À sa première année d’éligibilité, en 2018, il était l’un des plus jeunes joueurs disponibles et il avait peiné à même obtenir du temps de jeu en ligue junior suédoise. L’an dernier, il y a connu une belle saison, mais rien d’exceptionnel pour un joueur de son âge, obtenant toutefois une première chance en ligue élite. Cette année, prêté en deuxième division, il a carrément explosé, récoltant 30 points en 41 rencontres, au deuxième rang chez les joueurs juniors du circuit et 12 de plus que l’excellent espoir du CH, Mattias Norlinder. Excellent patineur qui adore transporter le disque, il pourrait se développer un bon défenseur offensif sur une troisième paire et en avantage numérique. Étant déjà plus âgé, cela pourrait même se faire plus tôt que tard!

Evgeny Oksentyuk, AD, Flint (OHL)

Si vous suivez les espoirs de près, le nom d’Oksentyuk vous est peut-être familier. En juin 2019, il avait participé au camp de développement estival du Tricolore et avait fait tourner quelques têtes en raison de son haut niveau de talent combiné à sa petite taille. À 5pi8, le Biélorusse devra toujours en faire plus pour convaincre les recruteurs et les entraineurs qu’il a sa place, mais ses aptitudes dynamiques avec la rondelle ainsi que son coup de patin électrisant font de lui un véritable générateur d’offensive pour son équipe. Ses 78 points en 58 matchs en sont un bel exemple.

Alex Cotton, DD, Lethbridge (WHL)

La notion d’éclosion tardive prend tout son sens quand on regarde le cas de Cotton. Défenseur droitier de 6pi2, il est passé d’une saison de 11 points en 54 parties à 67 points en 63 rencontres. Son total de buts a quant à lui décuplé de 2 à 20. Ses instincts offensifs et son excellent lancer sont à l’origine de cette éclosion, tout comme une certaine amélioration à son coup de patin, qui demeure toutefois un point d’interrogation pour un défenseur professionnel. Son jeu défensif nécessitera également beaucoup de travail, mais les instincts offensifs et la production de Cotton ne seront pas ignorés lors des rondes tardives du repêchage.

Gage Goncalves, C, Everett (WHL)

Comme Cotton, la production offensive de Goncalves a fait tout un saut en 2019-2020 alors qu’elle est passée d’un seul but et 15 points à 33 buts et 71 points en moins rencontres! Auparavant connu pour son intelligence, son efficacité défensive et son travail acharné, Goncalves s’est assurément fait remarquer avec une telle production offensive, se montrant particulièrement efficace avec l’avantage d’un homme. Le jeune homme ne sera peut-être jamais un grand producteur offensif dans la LNH, faute d’excellentes aptitudes avec la rondelle ou d’un coup de patin plus explosif, mais son niveau d’effort et son intelligence sur la patinoire pourraient faire en sorte qu’il soit repêché cette année.

Pavel Gogolev, AG, Guelph (OHL)

Bon patineur doté de mains exceptionnelles et d’un sens offensif très développé, Gogolev n’a jamais été repêché, principalement parce que son jeu défensif est carrément inexistant, mais aussi parce que même sur le plan offensif, la production laissait à désirer. Maintenant âgé de 20 ans, le Russe a finalement été en mesure de démontrer tout son talent, obtenant une récolte de 96 points, dont 45 buts, pour le Storm de Guelph. Le duo qu’il y complétait avec l’espoir du CH, Cam Hillis, était l’un des meilleurs du circuit et avec la mise sous contrat de ce dernier, il sera intéressant de voir si les Canadiens voudront recréer cette excellente paire, à Laval, en repêchant Gogolev.

Zach Uens, DG, Merrimack (NCAA)

Évoluant dans l’obscure Ligue junior de l’Ontario (à ne pas confondre avec la Ligue de l’Ontario), Uens avait été ignoré à sa première année d’éligibilité, mais il serait surprenant qu’il subisse le même sort à nouveau, après une superbe saison recrue dans les rangs universitaires américains. L’Ontarien a laissé une excellente impression à ses débuts universitaires avec une fiche de 18 points en 34 matchs, démontrant au passage un jeu défensif efficace et une bonne relance. Mesurant 6pi2, son coup de patin est sa plus grande force et il ne présente aucune grande faiblesse à ce point-ci.

Samuel Johannesson, DD, Rögle (Ligue élite de Suède)

Un an après avoir été bien ordinaire en ligue junior suédoise, Johannesson s’est établi comme un joueur régulier dans le meilleur circuit en Suède, y disputant 44 matchs et semblant bien à sa place. Excellent patineur, il aime joindre l’offensive et est capable de bien relancer l’attaque, mais il devra s’affirmer davantage défensivement, où il tend à être plutôt passif. Son anticipation est toutefois bonne et à 5pi11, il est loin d’être trop petit pour un rôle de défenseur dans la LNH ; il suffit pour lui d’être plus actif en zone défensive afin d’être plus difficile à affronter.

Crédit photo : Ghyslain Bergeron, Journal L’Express