Chaque année, on l’entend à répétition : dans la LNH, il ne faut pas repêcher selon ses besoins, mais bien en prenant le meilleur joueur disponible, peu importe où il évolue. Pourtant, depuis quelques années, que ce soit intentionnel ou non, le Tricolore semble s’éloigner de cette maxime pour cibler certaines positions jugées plus faibles au sein de l’organisation.

Ainsi, en 2018, avec un besoin avéré à la position de centre, Marc Bergevin avait sélectionné pas moins de six pivots, incluant le troisième choix au total, Jesperi Kotkaniemi, dans un désir presque avoué de renflouer une lacune qui perdurait depuis des années. L’année suivante, tout le monde parlait de trouver des partenaires à gauche pour Shea Weber et Jeff Petry. Deux semaines avant de mettre Ben Chiarot sous contrat, qu’ont fait les dirigeants du CH? Ils ont repêché quatre défenseurs gauchers consécutifs entre les 2e et 5e rondes. Certes, ces joueurs ne seront pas dans la LNH avant quelques années, mais ils contribuent à mieux visualiser l’avenir de l’équipe, d’un point de vue global.

Alors que les Canadiens se préparent pour un repêchage pour lequel ils seront très bien outillés avec six choix au cours des trois premières rondes incluant un dans le top 10, penchons-nous sur le genre de cibles qui pourraient les intéresser, s’ils décident d’à nouveau regarder les besoins de l’équipe plutôt que de prendre les meilleurs joueurs encore disponibles sans égard à leur position.

Un nouveau projet devant le filet?

Commençons par les gardiens de but, une position particulière, vu le peu de postes disponibles au plus haut niveau. À ce point-ci, Cayden Primeau représente l’avenir de l’équipe après Carey Price et est le seul cerbère à s’être classé parmi les 25 meilleurs espoirs de l’équipe. On peut donc en déduire qu’il pourrait être logique d’ajouter un gardien à un point du repêchage, surtout avec l’abondance de choix que Montréal possède, question de fournir une saine compétition à l’interne et d’assurer ses arrières, mais vu la qualité de Price et Primeau, nul besoin que ça se fasse en tout début de repêchage.

Renflouer le côté droit de la défensive

Ensuite, il suffit d’un coup d’œil au classement des meilleurs espoirs de l’équipe pour s’apercevoir que la position de défenseur gauche est nettement assurée pour l’avenir. En plus de Victor Mete, âgé de 21 ans, l’équipe compte sur quatre espoirs à cette position parmi ses huit meilleurs en Romanov, Struble, Harris et Norlinder. En outre, Gianni Fairbrother et Jacob LeGuerrier pourraient aussi un jour atteindre la grande ligue, tout comme Otto Leskinen, qui y a disputé cinq matchs cette saison.

Le côté droit est toutefois totalement dégarni derrière les deux vétérans (Weber et Petry) alors que seuls Josh Brook et Cale Fleury pointent au classement des 25 meilleurs espoirs du Tricolore. Brook a mis du temps à s’adapter au calibre de la Ligue américaine tandis que Fleury a disputé 41 matchs à Montréal, démontrant en jeu robuste au plus haut niveau, mais rien qui ne laisse présager un rôle sur un top-4 à l’avenir. Au sein de la banque d’espoirs, cette position représente LA plus grande faiblesse de l’équipe à ce point-ci tant en nombre, qu’en qualité.

Du talent en attaque, s’il-vous-plait!

Enfin colmatée par le repêchage de 2018 et l’acquisition de Nick Suzuki, la ligne du centre semble presque déborder quand on voit les Kotkaniemi, Suzuki et Poehling prêts à s’établir comme réguliers dans la LNH en plus des Evans, Hillis, Olofsson, Ikonen et Vejdemo aux niveaux inférieurs. N’empêche, dans une optique de maintenir un flot constance de nouveaux-venus, il ne faudrait pas négliger cette position, d’autant plus qu’il est généralement plus aisé de convertir un centre à l’aile que l’inverse. Par ailleurs, la plupart de ces jeunes sont avant tout des fabricants de jeux et on a vu depuis quelques années à Montréal la différence que peut faire la présence (ou l’absence) d’un marqueur naturel dans une équipe.

Parlant de buts, Cole Caufield est certainement dans une classe à part à ce chapitre, mais derrière lui, seul Joni Ikonen a un véritable profil de marqueur aux niveaux supérieurs et il a été jusqu’ici lourdement ralenti par les blessures. De façon générale, à la position d’ailier, la pépinière est moins nantie qu’au centre. Caufield et Jesse Ylonen sont deux espoirs excitants bien que complètement différents, mais derrière eux, il faut descendre jusqu’à Rhett Pitlick, au 13e rang, pour trouver un autre ailier. Certes, certains centres comme Allan McShane ou Cole Fonstad – tous deux à risque de ne pas être mis sous contrat par l’équipe – pourraient un jour évoluer à l’aile, mais le manque à cette position est flagrant et il l’est encore plus quand on recherche le talent de marqueur.

Des besoins clairement identifiables

Somme toute, si Marc Bergevin devait décider de combler ses besoins lors de l’encan 2020, il n’aurait pas à faire trop d’efforts pour savoir où, avec des ouvertures sur les ailes et sur le côté droit de la défensive en plus de la possibilité d’ajouter un gardien à un point du repêchage. En creusant davantage, on pourrait ajouter que l’équipe bénéficierait certainement de l’ajout de marqueurs naturels ou, plus généralement, de talent naturel en attaque. Reste à voir ce que l’équipe de recruteurs de l’équipe aura planifié et si la qualité des joueurs disponibles à leurs rangs de sélection force l’équipe a modifier ses plans sur le pouce!

En résumé
  • La banque d’espoirs du Tricolore est en meilleure position qu’elle ne l’a été depuis plusieurs années.
  • Certains besoins demeurent toutefois plus criants que d’autres et l’équipe pourrait tenter de les cibler de façon prioritaire lors du repêchage.
  • Le côté droit de la défensive a besoin d’attention, tout comme les ailes, de façon générale, particulièrement en termes de marqueurs naturels.