Il y a quelques années de cela, les Bruins comptaient sur une des meilleures banques d’espoirs de la LNH. La reconstruction rapide entamée par Sweeney, qui avait échangé Milan Lucic et Dougie Hamilton pour une pléthore de choix, y était pour beaucoup. Voilà maintenant qu’après la graduation de Pastrnak, McAvoy, Carlo, DeBrusk, Heinen, Bjork et Grzelcyk, les Bruins se retrouvent avec une banque plutôt dégarnie. Cette situation est amplifiée par le faible nombre de sélections et le positionnement au repêchage des Bruins, qui n’ont repêché que deux fois dans le top 75 lors des deux dernières séances de repêchage. La banque des Bruins demeure néanmoins profonde, bien qu’elle manque de talent brut.

1. Urho Vaakanainen – DG – 20 ans – Repêché en 2017 (1/18)

Le jeune défenseur a déjà démontré qu’il peut se défendre contre des hommes et jouer plus de 25 minutes par match dans sa Finlande natale. Ses chances de percer avec le grand club ont été anhilées dès son deuxième match l’an passé, alors qu’il a été violemment assommé par Mark Borowiecki. Vaakanainen a toutefois connu une bonne saison écourtée à Providence et devrait batailler pour un poste à Boston au camp. Vaakanainen ne sera jamais un défenseur ultra offensif, mais a un potentiel de défenseur top 3 capable de jouer des minutes importantes, notamment à court d’un homme.

2. Jack Studnicka – C – 20 ans – Repêché en 2017 (2/53)

Les comparaisons les plus élogieuses en font un futur Patrice Bergeron. Il est vrai que Jack Studnicka est un jeune centre talentueux et responsable dans les deux sens de la patinoire. L’ancien capitaine des Generals d’Oshawa a un excellent sens du hockey et un flair indéniable pour le filet, comme le témoignent ses 24 buts en 30 matchs après avoir été échangé aux IceDogs la saison dernière. Certains prédisent que le droitier obtiendra le poste vacant dans le top 9 des Bruins, poste qu’il disputera notamment à Karson Kuhlman, Zach Senyshyn, Anders Bjork et Peter Cehlarik.

3. John Beecher – C – 18 ans – Repêché en 2019 (1/30)

Le gros américain correspond au style d’avant que Don Sweeney recherche: il est costaud, mais suprenamment rapide, à l’image de Sean Kuraly, par exemple. La comparaison s’arrête là, toutefois, car en plus d’être efficace défensivement et dans les coins, Beecher est un avant plutôt habile dont les statistiques reflètent son utilisation avec le programme américain. L’an prochain, il évoluera à l’Université du Michigan, où il devrait avoir toute la latitude pour exprimer son talent offensif.

4. Trent Frederic – C – 21 ans – Repêché en 2016 (1/29)

La sélection de Trent Frederic avec causé des remous en 2016 à Boston, un an après les sélections controversées de Jake DeBrusk et Zach Senyshyn. Le sélectionneur Keith Gretzky avait avoué ne pas considérer Frederic comme un joueur de top 6, ce qui avait provoque l’ire des partisans des Bruins et l’hilarité générale. Trois saisons plus tard, Frederic ne semble effectivement pas voué à évoluer sur la deuxième ligne de façon permanente, mais sera à tout le moins un joueur de troisième ligne au-dessus de la moyenne et jouera dans la LNH à coup sûr.

5. Jakub Lauko – AG – 19 ans – Repêché en 2018 (3/77)

Le jeune tchèque Jakub Lauko a un talent brut impressionnant pour une sélection de 3e ronde. Il est probablement l’espoir des Bruins avec le plus haut plafond. Il est extrêmement rapide et possède d’excellentes habiletés offensives. Malgré cela, Lauko est considéré comme un projet à moyen terme, car il doit prendre un peu de masse musculaire avant d’entrer chez les pros en Amérique. Il tentera de continuer sur sa lancée après une bonne saison recrue à Rouyn-Noranda, où il a remporté la coupe Memorial.

6. Jérémy Lauzon – DG – 22 ans – Repêché en 2015 (2/52)

Ce n’est qu’une question de temps (ou d’opportunité?) avant que Jérémy Lauzon ne se taille une place dans la LNH. L’Abitibien a déjà le gabarit pour y jouer et a prouvé à trois reprises la saison dernière qu’il pouvait jouer plus de 20 minutes par match. Si Lauzon est solide défensivement, il ne faut pas s’attendre à des miracles de sa part offensivement au prochain niveau, lui qui peine déjà à s’inscrire au pointage dans la Ligue américaine.

7. Oskar Steen – C/AG – 21 ans – Repêché en 2016 (6/165)

Le diminutif attaquant suédois a connu une véritable éclosion lors de la dernière saison. Il a terminé au 10e rang des pointeurs de la Ligue élite suédoise, où il a également impressionné de par son jeu défensif responsable. Avec un contrat en poche avec les Bruins, l’explosif attaquant devrait débuter la saison 2019-20 à Providence afin de se familiariser avec le jeu nord-américain.

8. Jakub Zboril – DG – 22 ans – Repêché en 2015 (1/13)

Le défenseur tchèque évolue à Providence depuis maintenant deux saisons et ne cesse de s’améliorer, n’en déplaise à ses détracteurs. Zboril joue bien dans les deux sens de la patinoire, mais c’est surtout son style de jeu physique qui risque d’en faire un favori de la foule à Boston. Son potentiel offensif dans la LNH est plutôt limité, mais il est tout de même capable de distribuer les rondelles en évoluant sur une troisième paire ou, si tout se passe pour le mieux pour lui, une deuxième paire.

9. Zach Senyshyn - AD - 22 ans - Repêché en 2015 (1/15)

Un espoir suspect, un projet à long terme, Zach Senyshyn fait son petit bonhomme de chemin dans la Ligue américaine depuis maintenant deux ans. S’il est maintenant clair qu’il n’atteindra jamais le niveau d’un Barzal ou d’un Connor, Senyshyn a toujours le potentiel d’un marqueur de 25 à 30 buts dans la LNH. Toutefois, il a définitivement stagné l’an passé dans une équipe de Providence moyenne, où il évoluait sur le troisième trio. En deux matchs à Boston, toutefois, il a impressionné. Quel Senyshyn se présentera au camp des Bruins? Ça reste à voir.

10. Axel Andersson – DD – 19 ans – Repêché en 2018 (2/57)

On complète le top 10 des Bruins avec un défenseur suédois qui est la réponse droitière à Torey Krug et Matt Grzelcyk. Don Sweeney doit fantasmer à l’idée de voir ce projet de défenseur offensif se concrétiser, ce qui lui permettrait à moyen terme d’aligner un côté droit extrêmement bien balancé avec McAvoy, Carlo et Andersson. Toutefois, il demeure beaucoup de points d’interrogation dans le jeu d’Andersson, qui s’alignera, si les rumeurs sont justes, avec les Wildcats de Moncton en 2019-20.

Mentionnons également les noms de Kyle Keyser, un gardien floridien signé comme agent libre qui semble être le dauphin de Tuukka Rask pour le moment, ainsi que de Karson Kuhlman et Peter Cehlarik, deux attaquants qui ont déjà de l’expérience dans la LNH et qui devrot monter leur jeu d’un cran afin de se tailler un poste régulier.

Les Bruins comptent donc sur une banque variée, mais composée surtout de joueurs au potentiel certain mais bas, comme Frederic, Lauzon et Zboril, et de joueurs qui ne joueront pas dans la LNH s’ils n’atteignent pas leur potentiel, comme Lauko, Steen, Senyshyn ou Andersson. Il y a une faiblesse notoire à droite, où seulement Senyshyn, Andersson et Kuhlman affichent un certain potentiel à moyen terme. Il y a matière à s’inquiéter pour l’aile droite en particulier, où seulement Pastrnak est assuré d’un poste pour les prochaines saisons. En résumé, la banque d’espoirs des Bruins manque cruellement de punch, et avec un noyau vieillissant, il y a de quoi s’inquiéter à court et moyen terme.