Après une belle séquence de sept participations aux séries en huit ans, le Tricolore a maintenant raté le rendez-vous printanier lors de trois des quatre dernières saisons. La bonne nouvelle, c’est qu’en plus de bénéficier de meilleurs rangs de sélection, Montréal a acquis d’autres choix via transaction, si bien que l’équipe a repêché 15 fois lors des trois premières rondes au cours des trois dernières années, renflouant ainsi une banque d’espoirs auparavant bien dégarnie. Avant le repêchage 2017, les meilleurs espoirs de l’équipe étaient Noah Juulsen, Nikita Sherbak, Charles Hudon et Charlie Lindgren tandis qu’on avait encore espoir de voir Michael McCarron et Jacob De La Rose se développer en quelque chose de potable. À peine deux ans et quelques mois plus tard, Montréal mise sur l’une des meilleures banques d’espoirs du circuit avec une belle profondeur partout et celle-ci serait encore plus solide si de jeunes joueurs comme Jesperi Kotkaniemi et Victor Mete avaient pris un chemin plus long pour atteindre la LNH plutôt que de déjà contribuer dans la grande ligue.

1. Cole Caufield – AD – 18 ans – Repêché en 2019 (1/15)

L’équipe de gestion du Tricolore n’en revenait pas de pouvoir mettre la main sur Caufield au 15e rang et avec raison. Le jeune Américain est un marqueur naturel comme on en voit très peu. Sa taille est évidemment au centre des discussions quand on parle de lui et si son ardeur au travail compense (un peu comme pour Brendan Gallagher), c’est avant tout sa grande intelligence sur la patinoire qui permet de croire que sa taille ne l’handicapera pas, du moins pas dans son jeu offensif. En effet, Caufield ne mise pas sur une grande vitesse ou sur des mains à tout casser pour marquer, mais plutôt sur un positionnement et un instinct exceptionnels. Il devrait faire la pluie et le beau temps avec Alex Turcotte à l’Université du Wisconsin cette année avant de possiblement signer un premier contrat professionnel après la campagne.

2. Ryan Poehling – C – 20 ans – Repêché en 2017 (1/25)

Avec tout ce qu’il a accompli jusqu’ici, il est facile d’oublier que Poehling n’a encore que 20 ans. À ses trois bonnes saisons universitaires, il a ajouté deux participations au Championnat du monde de hockey junior, la seconde ponctuée du titre de joueur par excellence du tournoi, ce n’est pas rien. Il a finalement complété sa saison 2018-2019 de rêve avec un tour du chapeau et un autre but en fusillade à son premier match professionnel avec les Canadiens. Loin d’être un marqueur naturel, le style de Poehling est parfait pour la LNH. Doté d’un solide gabarit à 6pi2 et 200 livres, il est très rapide et présente un jeu défensif mature pour son âge. Ajoutez à cela des habiletés de passeur naturel et la touche de marqueur qu’il a démontrée lors de son essai dans la LNH et on comprend vite que son potentiel initial de troisième centre est plutôt celui d’un excellent deuxième centre qui peut être utilisé à toutes les sauces. Il devrait amorcer la prochaine saison dans la LNH ou, à défaut, occuper un rôle très important à Laval où on souhaitera le voir dominer.

3. Nick Suzuki – C/AD – 20 ans – Acquis via échange des Golden Knights en 2018

Quand on voit un attaquant de 5pi11 pas plus rapide qu’il le faut, on l’étiquette souvent Ligue américaine, mais pour Suzuki, il serait surprenant que ça soit le cas. L’attaquant acquis dans l’échange de Max Pacioretty est un joueur qu’on pourrait qualifier de « cérébral » en ce sens qu’il semble toujours être au bon endroit ou prendre la bonne décision avec la rondelle. Doté d’excellentes mains et d’un lancer surprenant, Suzuki a le potentiel de se développer en un attaquant de top 6 qui peut être utilisé à toutes les sauces. En fait, son sens du jeu le rend dangereux même à court d’un homme et ses talents de passeur sont particulièrement remarquables avec l’avantage d’un joueur. Dans tous les cas, attendez-vous à le voir dominer dans la Ligue américaine cette saison, sa première au niveau professionnel, à moins qu’il ne soit gardé à Montréal, où il apporterait une dose de talent supplémentaire à une jeune formation.

4. Josh Brook – DD – 20 ans – Repêché en 2017 (2/56)

Dynamique défenseur droitier, Brook a passé bien près d’être nommé défenseur de l’année dans la Ligue de l’Ouest, n’étant devancé que par Ty Smith. Très mobile et capable de jouer de longues minutes, le Manitobain est très solide défensivement en plus d’exceller en relance. En fait, il est constamment une double menace tant par sa capacité à monter lui-même la rondelle ou encore à réaliser une bonne première passe. Sa constance et sa prise de décisions sont des éléments à améliorer, mais Brook a le potentiel d’aboutir sur un top 4 plus tôt que tard et pourrait même commencer la saison à Montréal dès cette saison, bien que sa destination probable soit Laval.

5. Alexander Romanov – DG – 19 ans – Repêché en 2018 (2/38)

Sa sélection en 2018 avait mené à plusieurs « qui?! » chez les fans du Tricolore, mais un an plus tard, tout le monde connait le Russe qui a été sacré meilleur défenseur lors du plus récent Championnat du monde de hockey junior. Maintenant à sa deuxième saison en KHL, il y est employé de façon régulière et semble bien en avance sur la plupart des joueurs de son âge. Il sera intéressant de le voir au prochain tournoi mondial junior, mais on est en droit de s’attendre à du jeu dominant de la part de l’arrière mobile qui est aussi capable de jouer très physique. Sous contrat jusqu’à la fin de la saison, parions que les Canadiens feront tout en leur pouvoir pour le convaincre de venir jouer en Amérique dès la saison prochaine (et pas avant, ce serait illégal).

6. Cayden Primeau – G – 20 ans – Repêché en 2017 (7/199)

Le fils de Keith est tellement jeune (il a eu 20 ans en août) qu’on peine à croire le succès qu’il a connu jusqu’ici, surtout pour un choix de 7e tour. Après deux saisons sublimes avec l’Université Northeastern et une performance exceptionnelle au Championnat du monde de hockey junior, on peut affirmer sans se tromper qu’il fait maintenant partie des 10 meilleurs espoirs de la LNH devant le filet. À 6pi2 et doté d’habiletés physiques impressionnantes, Primeau a performé partout où il est passé et fera maintenant ses débuts professionnels avec le Rocket de Laval où il pourrait passer une saison ou deux avant d’avoir l’opportunité de seconder Carey Price, et qui sait, peut-être même le remplacer!

7. Jesse Ylönen – AD – 19 ans – Repêché en 2018 (2/35)

Cinquième meilleur pointeur de la Ligue élite de Finlande parmi les joueurs de moins de 20 ans, Ylönen se trouve en excellente compagnie sur cette liste, derrière les Heponiemi, Kakko, Texier et Kupari, tous de très bons espoirs aussi. Patineur ultra rapide, Ylönen excelle en transport de la rondelle grâce à des mains très habiles. Aussi efficace à préparer des jeux qu’à compléter ceux de ses coéquipiers, le Finlandais a le potentiel d’évoluer un jour sur un top 6 dans la LNH, mais il devra ajouter du muscle à sa carrure pour être plus efficace le long des rampes une fois le jeu installé en zone adverse.

8. Jayden Struble – DG – 18 ans – Repêché en 2019 (2/46)

L’un des joueurs les plus jeunes de l’encan 2019, Struble est un projet à long terme pour le Tricolore, mais son potentiel est particulièrement intéressant. Doté d’un bon gabarit et d’un penchant pour le jeu robuste, l’Américain est aussi l’un des meilleurs patineurs de la cuvée 2019. Il excelle en transport de la rondelle et travaille toujours très fort. Attendez-vous à le voir jouer trois ou même quatre ans à l’Université Northeastern avant de faire le saut chez les pros. Cette période de développement lui permettra de travailler sur son jeu défensif et sa discipline, mais déjà, sa première saison universitaire sera un bon indicateur de la distance qui le sépare d’un premier contrat professionnel.

9. Cale Fleury – DD – 20 ans – Repêché en 2017 (3/87)

Un excellent patineur capable de jouer de façon physique, Fleury a réussi la transition au hockey professionnel avec brio. En effet, il a terminé la saison sur la première paire défensive à Laval et était utilisé dans toutes les situations. La prochaine saison sera intéressante pour voir à quel point son jeu offensif s’est développé, mais ses autres aptitudes lui confèrent un potentiel de défenseur complet pouvant évoluer sur une deuxième paire de même qu’en infériorité numérique. Reste à voir si les beaux flashs offensifs qu’il réalise à l’occasion se transposent aussi au niveau supérieur. On pourrait le voir dans la LNH pour quelques rencontres cette année et comme régulier d’ici deux ans.

10. Jordan Harris – DG – 19 ans – Repêché en 2018 (3/71)

Ne soyez pas surpris si à cette date l’an prochain, Harris occupe un rang bien plus élevé dans ce classement. Excellent patineur qui semble toujours prendre la bonne décision avec la rondelle, l’Américain vient de connaitre une bonne première saison avec l’Université Northeastern, mais le départ de vétérans sur la défensive des Huskies lui donnera beaucoup plus de responsabilités cette année. Il devrait encore passer quelques années à l’université où il pourra gagner en confiance offensivement. Vu sa taille modeste, il doit aussi raffiner son jeu défensif puisque son coup de patin pourrait ne pas suffire une fois chez les professionnels.

Avec des joueurs comme Jake Evans, Mattias Norlinder et Joni Ikonen qui ne figurent même pas sur le top 10, Montréal peut se targuer d’avoir une très bonne profondeur, mais c’est vraiment au sommet que la qualité est impressionnante. Malgré l’absence d’un véritable futur joueur de concession, le top six des espoirs du Tricolore peut rivaliser avec les meilleures banques du circuit, d’autant plus qu’il est composée d’une unité complète (gardien, deux défenseurs, trois attaquants).