Les Canucks de Vancouver ont connu des années fastes depuis le début des années 2000. Le premier trio de l’époque, composé de Markus Naslund, Todd Bertuzzi et de Brendan Morisson a fait frémir les défensives adverses. Puis, sont arrivés les jumeaux Sedin: ces deux attaquants ont marqué à différents égards la franchise des Canucks. Malheureusement pour les gens de Vancouver, ces succès n’ont pu être traduits par la conquête d’une Coupe Stanley. Alors que le succès était au rendez-vous sur la glace, les repêchages exécrables s’enchaînaient. Il a fallu un reconstruction pour apercevoir des rayons de soleil dans le département du recrutement amateur. Brock Boeser et Elias Pettersson font oublier bien des années de vache maigre à ce niveau, tout comme les espoirs qui sont énumérés dans notre liste. 

1. Quinn Hughes – DG – 20 ans – Repêché en 2018 (1/7)

Le directeur général des Canucks Jim Benning n’en revenait pas: à son rang de sélection, le septième en tout, le défenseur Quinn Hughes était encore disponible. Doté d’une finesse incroyable, d’un sens du jeu déjà très développé et d’une vision du jeu digne des meilleurs défenseurs offensifs, Quinn Hughes a d’abord montré son grand talent au sein de la formation de l’Université du Michigan, là où il a inscrit 29 points en 37 parties comme recrue de 17 ans. Ce défenseur gaucher vient combler une véritable lacune dans l’alignement des Canucks et agira très certainement comme quart-arrière de cette formation. En 12 matchs dans la LNH, Hughes a déjà obtenu six points et, au moment d’écrire ces lignes, domine les Canucks au chapitre du Corsi, tout en n’ayant que 38% de ses départs en zone offensive. 

2. Thatcher Demko – G – 23 ans – Repêché en 2014 (2/36)

Choix judicieux des Canucks en deuxième ronde en 2014. Thatcher Demko se profile comme le gardien de buts de l’avenir de la formation britanno-colombienne. Le gardien de grande taille (six pieds, quatre pouces) a fait ses classes avant de graduer à Vancouver. Après son repêchage, il a évolué pendant deux saisons à Boston College, puis trois saisons avec le club-école des Canucks, à Utica. Il a eu la chance de jouer neuf matchs à Vancouver l’an dernier et a affiché une respectable efficacité de 0.913.  L’athlétique gardien semble donc fin prêt à partager la besogne avec Jacob Markstrom et il montre déjà les dents, avec un rendement de 0.943 en trois parties devant le filet de la troupe de Travis Green.

3. Vasili Podkolzin – AD – 18 ans – Repêché en 2019 (1/10)

Vasili Podkolzin était un joueur très en vue à l’approche du repêchage de cette année, mais il a légèrement descendu dans les prévisions des experts et a finalement été sélectionné au dixième rang par les Canucks. Podkolzin est un attaquant pugnace qui joue sans relâche. Son talent offensif, combiné à sa polyvalence et à son ardeur sur la glace font de lui un élément qui sera primordial dans l’identité prochaine des Canucks. Grosso modo, il est ce que les Canucks espéraient que Jake Virtanen devienne lorsque ce dernier a été repêché, cinq ans plus tôt. Podkolzin doit encore compléter son contrat de deux ans en Russie avant de s’amener en sol nord-américain. 

4. Jett Woo – DD – 19 ans – Repêché en 2018 (2/37)

Le défenseur originaire de Saint-Boniface au Manitoba est une véritable boule d’énergie. Woo sera un couteau suisse pour la défensive des Canucks et complétera à merveille une deuxième unité ou une deuxième vague en avantage numérique tout en étant une force à court d’un homme. À son année de repêchage, une blessure l’a contraint à rater plus d’une vingtaine de matchs, mais il a rebondi de brillante façon l’année suivante en enregistrant 66 points en 62 rencontres avec Moose Jaw.  Il joue de manière robuste, mais propre, chose toujours appréciée dans la grande ligue. 

5. Nils Höglander – AG – 18 ans – Repêché en 2019 (2/40)

Choix au repêchage très intéressant des Canucks en deuxième ronde, Nils Höglander pourrait s’avérer être un coup de circuit. Même s’il ne mesure que cinq pieds et neuf pouces, le diminutif attaquant suédois a un très haut potentiel. En Suède, il évolue actuellement avec Rögle, là où il joue en compagnie de l’espoir des Hurricanes, Dominik Bokk. Il est décrit comme un joueur excessivement évasif et intelligent, alors qu’il sert souvent de savantes passes à ses coéquipiers de trio. Les Canucks bénéficiant déjà d’une profondeur intéressante en termes de jeunes attaquants, cela permettra à Höglander de se développer à l’abri des regards avant de contribuer à l’offensive à Vancouver. 

6. Tyler Madden – C – 19 ans – Repêché en 2018 (3/68)

On peut résumer le jeu de Tyler Madden en un seul mot: vitesse. Le centre de cinq pieds, onze pouces (et de 152 lb seulement!) se démarque tant par sa rapidité sur patins qu’avec la vitesse à laquelle il génère des jeux sur la glace. À prime abord, le fils de John Madden semblait être un choix peut-être hâtif en troisième ronde, mais sa première saison universitaire avec Northeastern a permis d’effacer partiellement les doutes à son sujet. Il s’est aussi démarqué lors du championnat mondial de hockey junior avec la formation des États-Unis, là où il a marqué trois buts en sept matchs. Son développement ne sera pas brusqué et les Canucks prendront vraisemblablement leur temps avec lui. 

7. Olli Juolevi – D – 21 ans – Repêché en 2016 (1/5)

À l’origine, perçu comme un des brillants défenseurs de la cuvée de 2016, Olli Juolevi est actuellement le seul joueur parmi le top 17 de ce repêchage à ne pas avoir encore joué un match dans la grande ligue. Malchanceux, Juolevi a subi une importante blessure au genou l’an dernier et cela l’a limité à 18 petits matchs en 2018. Malgré sa progression en dents de scie, les Canucks ne devront pas perdre patience à son endroit. Il suffit d’une saison dans la Ligue Américaine pour donner confiance à ce défenseur qui demeure, somme toute, un joueur polyvalent qui peut gruger de nombreuses minutes. 

8. Michael DiPietro – G – 20 ans – Repêché en 2017 (3/64)

Michael DiPietro s’est rendu à la finale de la ligue ontarienne l’an dernier avec les 67’s d’Ottawa avant de baisser pavillon face au Storm de Guelph. Malgré ses bonnes statistiques dans la OHL, c’est au championnat mondial junior de hockey que DiPietro s’est distingué avec la formation canadienne, alors qu’il a affiché une excellente moyenne de buts accordés par match de 1.23 et un pourcentage d’arrêt de 0.952. L’affrontement en quart de finale le mettant en scène avec le gardien finlandais Ukko-Pekka Luukkonen était un match d’anthologie. Avec la présence de Markstrom et de Demko à Vancouver, DiPietro aura le temps de se développer à Utica. 

9. Jack Rathbone – DG – 20 ans – Repêché en 2017 (4/95)

Jack Rathbone est un bon espoir à la défensive pour les Canucks, mais il ne se situe pas encore au niveau des Hughes, Woo et Juolevi de ce monde. Il joue pour l’Université de Harvard et a évolué aux côtés d’Adam Fox, récemment acquis par les Rangers de New York, équipe pour laquelle il joue actuellement. Il faudra voir comment Rathbone se débrouillera sans Fox. S’il peut bien paraître en menant la brigade défensive de Harvard, Rathbone verra son statut évoluer grandement dans l’organisation des Canucks. Son potentiel est définitivement là, comme le montrent ses 22 points amassés en 33 matchs lors de son année recrue à l’université, mais il demeure un projet à long terme pour les Canucks. 

10. Zack MacEwen – AD – 23 ans – Signé comme joueur junior en 2017

Le robuste ailier droit originaire de Charlottetown est rapidement devenu un joueur préféré de la foule à Vancouver lorsqu’il a joué quatre matchs l’an dernier avec les Canucks. MacEwen donne toujours le maximum sur la glace et cela est perceptible par son jeu robuste et intense. Il n’est pas le joueur le plus talentueux offensivement, mais il arrive à se débrouiller très bien sur la patinoire, comme le montre sa production offensive à Utica l’an dernier, alors qu’il a tout de même amassé 52 points en 69 parties. Il a repris de plus belle, alors qu’il revendique cinq points en quatre matchs. Il pourrait s’avérer être une pièce importante sur un des deux derniers trios à Vancouver dans un futur proche. 

Somme toute, on peut dire que Jim Benning et son organisation de recrutement chez les amateurs ont réussi à redresser la barre à Vancouver. Il n’y a aucun trou apparent, tant à l’attaque, qu’à la défensive et devant le filet. De plus, les Canucks semblent avoir une propension aux tentatives de coups de circuit avec les joueurs de petite taille. Les sélections de Petrus Palmu et d’Artyom Manukyan, respectivement en 2017 et en 2018, ont fait jaser, compte tenu de leur minuscule gabarit. Malgré tout, si la ligue continue à donner plus de place à la vitesse et au talent brut, ces sélections pourraient s’avérer géniales pour les Canucks à long terme. D’ici là, Benning et compagnie devront trouver les pièces manquantes pour entourer la bande de jeunes joueurs qu’ils ont sélectionnés récemment, question de délaisser enfin l’étape de la reconstruction.