Les Sabres ont raté les séries à leurs huit dernières saisons et n’ont pu faire mieux qu’une fiche de ,500 à leurs sept dernières, ce qui représente la pire séquence du genre dans la LNH. Cela signifie qu’ils n’ont pas seulement raté les séries, mais qu’ils n’étaient même pas proches, comme en font foi leurs cinq dernières positions au sein de leur division au cours de cette période. Pour une franchise qui mise sur de jeunes joueurs de concession en attaque (Jack Eichel) et en défensive (Rasmus Dahlin), cette médiocrité est peut-être sur le point de cesser, mais ne pensez pas que les Sabres débordent de jeune talent pour autant. Casey Mittlestadt a déçu à sa saison recrue tandis que d’autres choix récents n’ont jusqu’ici pas atteint les sommets escomptés.

1. Dylan Cozens – C/RW – 18 ans – Repêché en 2019 (1/7)

Repêchant parmi les huit premières équipes pour la septième fois consécutive, Buffalo a cette fois mis la main sur un attaquant complet qui devrait certainement atteindre la LNH, à terme. Doté d’un gros gabarit, d’un excellent coup de patin et de bonnes aptitudes offensives, Cozens devrait être l’un des meilleurs joueurs dans la Ligue de l’Ouest cette saison avant de joindre les rangs des Sabres dès l’an prochain. Il y sera alors un complément de choix pour l’un de leurs jeunes centres bourrés de talent.

2. Victor Olofsson – LW/RW – 24 ans – Repêché en 2014 (7/181)

Peut-être l’espoir le plus méconnu parmi ceux classés au deuxième rang de leur équipe, Olofsson devrait se faire un nom cette saison alors qu’il aura toutes les chances de se faire valoir sur le top 6 à Buffalo. Marqueur redoutable grâce à son excellent tir des poignets, le Suédois s’est bien adapté à la Ligue américaine l’an dernier comme en font foi ses 30 buts en 66 rencontres. Son jeu défensif demeure défaillant, mais Olofsson est là pour marquer des buts et devrait continuer à le faire au prochain niveau.

3. Henri Jokiharju – D – 20 ans – Acquis via échange avec Chicago en 2019

Les Sabres ont réalisé tout un coup lorsqu’ils ont mis la main sur Jokiharju en retour d’Alexander Nylander. Tandis que Nylander peine à atteindre la LNH, le défenseur finlandais compte déjà 38 matchs dans la LNH, au cours desquels il n’a pas du tout mal paru. Il est très surprenant que les Blackhawks aient échangé un défenseur droitier prometteur qui a le potentiel d’être un arrière sur un top 4 grâce à sa son intelligence et à sa vision sur la patinoire. Il ne serait pas surprenant de le voir dans ce rôle à Buffalo dès cette saison.

4. Ukko-Pekka Luukkonen – G – 20 ans – Repêché en 2017 (2/54)

Après avoir déçu à l’international lors des deux années précédentes, Luukkonen a connu une saison 2018-2019 dominante partout où il a joué, y compris dans la LAH, pour une rencontre. Sa venue a transformé les Wolves de Sudbury et il a été étincelant comme portier de la Finlande au Championnat du monde de hockey junior. Physiquement imposant (6’4″), Luukkonen a un positionnement idéal, mais devra travailler sur ses déplacements latéraux pour atteindre son plein potentiel : celui d’un partant dans la LNH.

5. Lawrence Pilut – DG – 23 ans – Signé comme agent libre européen en 2018

Le défenseur suédois est un cas typique de « late bloomer ». Après quatre saisons où il n’avait jamais fait mieux que 12 points dans la Ligue élite de Suède, il a explosé pour 38 en 2017-2018, s’attirant l’intérêt des Sabres. Pilut a poursuivi sur son excellent jeu offensif à Rochester, si bien qu’il s’est mérité 33 matchs à Buffalo où il n’a toutefois pas aussi bien paru. Pilut n’est pas un athlète exceptionnel en termes de taille ou de coup de patin, mais sa vision devrait faire de lui un arrière de calibre LNH qui excelle en avantage numérique. Blessé à l’épaule, il devra toutefois attendre novembre environ pour montrer de quoi il est capable cette année.

6. Oskari Laaksonen – DD – 20 ans – Repêché en 2017 (3/89)

Le défenseur finlandais est rapidement passé d’un illustre inconnu à un espoir légitime la saison dernière, récoltant 24 points en 46 rencontres dans la Ligue élite finlandaise, un sommet chez les défenseurs d’âge junior. Droitier et mesurant 6’2″, Laaksonen est avant tout un excellent patineur qui excelle en relance de l’attaque. Le focus sera sur son jeu défensif cette saison, après quoi il devrait signer son contrat d’entrée dans la LNH et traverser l’Atlantique en vue de la saison 2020-2021.

7. Rasmus Asplund – C – 21 ans – Repêché en 2016 (2/33)

Le deuxième choix des Sabres en 2016 a bien fait la transition au hockey nord-américain, poursuivant sur sa belle courbe de développement. Rapide patineur, il ne devrait jamais être un joueur clé offensivement, mais il a tous les atouts pour devenir un bon centre de troisième trio avec une chance de monter sur un deuxième, notamment en raison de son excellent jeu défensif. Il goûtera probablement à la LNH pour quelques rencontres cette saison, mais devrait attendre 2020-2021 pour s’y établir comme régulier.

8. Ryan Johnson – DG – 18 ans – Repêché en 2019 (1/31)

Après avoir choisi Cozens au 7e rang, Buffalo a pris une toute autre direction en fin de premier tour, mettant la main sur un défenseur américain de taille modeste qui prendra la route universitaire cette saison, avec les Gophers de l’Université du Minnesota. Très mobile, Johnson impressionne surtout par son positionnement et sa prise de décision sur la patinoire. Il demeure un projet à long terme, mais cadrera très bien dans la défensive mobile que les Sabres semblent vouloir développer.

9. Mattias Samuelsson – DG – 19 ans – Repêché en 2018 (2/32)

Classé derrière une panoplie de défenseurs mobiles et excellents en relance, Samuelsson détonne par son style robuste et son gabarit imposant (6’4″ et 220 livres, déjà). Après une bonne première saison universitaire, au cours de laquelle il a même démontré un peu plus d’offensive qu’attendu, il a été nommé capitaine en vue de la prochaine campagne, pour les Broncos de Western Michigan. Il devra améliorer son coup de patin pour être efficace dans la LNH, mais il aura encore quelques années pour le faire.

10. Marcus Davidsson – C – 20 ans – Repêché en 2017 (2/37)

Pourquoi pas terminer le top 10 avec un septième joueur provenant des pays nordiques? Pratiquement dans le même moule qu’Asplund, Davidsson a très bien progressé en Suède depuis sa sélection en 2017 et a un bon potentiel comme 2e ou 3e centre grâce à son jeu mature dans les trois zones et a ses bonnes habiletés offensives, surtout comme passeur. Contrairement à Asplund, il amorcera toutefois une troisième saison en Suède depuis sa sélection et pourrait donc mettre plus de temps à atteindre la LNH, après un stage potentiel à Rochester en 2020-2021.

Derrière Jack Eichel, ça semble donc être une véritable invasion nordique qui attend les Sabres. Ça a commencé l’an dernier avec Rasmus Dahlin et on peut s’attendre à la venue d’au moins deux autres jeunes suédois et finlandais par année. Jokiharju et Olofsson seront prêts cette année, puis Pilut et Asplund seront les prochains en lice et ainsi de suite… Au-delà de la nationalité, deux tendances ressortent des choix récents des Sabres : des défenseurs mobiles qui bougent bien la rondelle et des attaquants complets fiables dans toutes les facettes du jeu. Difficile de les contredire quant à l’efficacité de cette stratégie!