Les Sharks de San José sont abonnés aux séries éliminatoires. Depuis la campagne de 2003-2004, les Sharks n’ont raté les séries qu’une seule fois et, plus souvent qu’autrement, ont eu un parcours très intéressant. Malheureusement pour eux, ils n’ont jamais pu remporter la Coupe Stanley malgré une participation à la finale de 2016. Tout ce succès est aussi synonyme d’une banque d’espoirs dégarnie, d’abord parce que les Sharks ont très souvent repêché tardivement, mais aussi parce qu’ils avaient tendance d’échanger leurs choix au repêchage ou leurs bons espoirs pour du renfort à la date limite des transactions. À toutes fins pratiques, les Sharks montrent probablement la pire banque de toute la ligue. 

1. Ryan Merkley – DD – 19 ans – Repêché en 2018 (1/21)

Les Sharks ont fait fi de la réputation d’enfant terrible que Ryan Merkley avait lors du repêchage de 2018 pour en faire leur première sélection cette année-là. Incroyablement talentueux et dynamique, Merkley domine complètement la OHL au chapitre des points. À son année de repêchage, il a montré une production de 67 points en 63 matchs, mais a affiché un différentiel abominable de -29. Du point de vue offensif, il a encore mieux fait la campagne suivante (71 points en 63 parties), mais il est toujours vu comme un indésirable dans le vestiaire. Il a été échangé pour la deuxième fois dans la même année, cette fois aux Knights de London, menés par une main de maître par Dale Hunter. Les Sharks doivent espérer que leur meilleur espoir affiche une maturité nouvelle. Si tel est le cas, la formation californienne aura frappé un grand coup.

2. Ivan Chekhovich – AG – 20 ans – Repêché en 2017 (7/212)

Celui qui a été considéré par les Sharks en septième ronde seulement lors de l’encan de 2017 est en voie de donner raison à Doug Wilson et son équipe. Il est tout de même étrange que l’ailier russe ait été sélectionné aussi tardivement. Après tout, à sa première saison professionnelle en Amérique, avec le Drakkar de Baie-Comeau, il a produit à un rythme d’un point par match.  Ce n’est rien d’impressionnant pour le commun des joueurs, mais pour un individu qui ne parlait pas le moindre mot en français ou en anglais avant son arrivée, c’est une production digne de mention. L’attachant attaquant s’est ensuite distingué de brillante façon l’année suivante avec 105 points, ce qui lui a valu quelques matchs avec le Barracuda de San José (AHL). À ses cinq premiers matchs professionnels, Checkhovich a marqué quatre points en cinq parties. Il devrait encore passer l’année dans la Ligue Américaine, mais sa progression fulgurante devrait lui permettre de faire sa niche avec les Sharks très prochainement. 

3. Alexander Chmelevski – C/AD – 20 ans – Repêché en 2017 (6/185)

Alexander «Sacha» Chmelevski est aussi un de ces joueurs sur qui les recruteurs parient en espérant un coup de circuit. Dans le cas de cet attaquant d’origine ukrainienne, mais né aux États-Unis, ceux des Sharks pourraient bien avoir vu juste. Tout comme Chekhovich, Chmelevski a connu une bonne saison, sans plus, lors de son année de repêchage. Et c’est l’année suivante qu’il s’est révélé, menant les 67’s d’Ottawa à la finale du championnat de l’OHL. Ses séries ont été particulièrement électrisantes (31 points en 18 parties) alors qu’il a fait la pluie et le beau temps dans la capitale nationale.  Il excelle en possession de rondelle et en zone offensive. Son jeu défensif reste à peaufiner, mais le temps ne presse pas dans son cas. 

4. Mario Ferraro – DG – 21 ans – Repêché en 2017 (2/49)

L’ex-capitaine de la formation universitaire de U-Mass Amherst devrait faire ses débuts en ligue professionnelle cette saison avec les Barracudas de San José. Bien qu’il ait joué dans l’ombre de Cale Makar là-bas, ses performances au camp d’entraînement qui vient de se clore ont donné très bonne impression. Il demeure un défenseur capable offensivement, nonobstant sa saison plus difficile à ce chapitre, mais il est surtout relativement complet, ce qui devrait lui permettre de se tailler une place dans la grande ligue plus tôt que tard, surtout si les Sharks ont des pépins salariaux.  

5. Dylan Gambrell – C – 23 ans – Repêché en 2016 (2/60)

Gambrell est plus expérimenté que les quatre espoirs énoncés précédemment. À l’âge de 23 ans, il a déjà eu la chance de disputer 11 matchs dans la LNH, n’enregistrant aucun point lors de ses apparitions. Tout de même, il a pu enregistrer 45 points en 50 rencontres lors de sa première saison avec les Barracudas dans la LAH. Il devrait pouvoir se tailler une place avec les Sharks dès cette année, lui qui a le potentiel d’occuper le poste de quatrième centre derrière les Hertl, Couture et Thornton. Les chances sont élevées qu’il soit employé dans des circonstances qui lui seront favorables afin de faciliter la transition vers la LNH, tout en lui confiant quelques missions défensives. 

6. Artemi Kniazev – DG – 18 ans – Repêché en 2019 (2/48)

Kniazev est un choix intéressant en deuxième ronde pour les Sharks cette saison. Il est considéré comme un projet à long terme, mais il a toutes les aptitudes pour devenir un défenseur offensif de qualité dans la LNH éventuellement. Son coup de patin combiné à son flair offensif fait de lui un prototype du défenseur offensif moderne. À sa première année en Amérique, Kniazev a marqué 34 points en 55 parties, ce qui est très bien. Il est prévu qu’il passe encore quelques temps à Chicoutimi pour s’acclimater au jeu nord-américain. Sa progression sera définitivement à surveiller cette année. 

7. Joachim Blichfeld – AD/AG – 21 ans – Repêché en 2016 (7/210)

L’attaquant originaire du Danmark est sorti de sa coquille lors de la dernière saison avec les Winterhawks de Portland. Entre 2016 et 2018, Blichfeld a enregistré 114 points en 109 parties. Il a explosé offensivement en 2018-2019 alors qu’il a marqué le même nombre de points en seulement 68 parties, entre autres en jouant à l’aile de Cody Glass, espoir des Golden Knights.  À son âge et à sa stature, il est attendu qu’il domine la ligue junior dans laquelle il évoluait. Il doit maintenant transposer sa progression dans la Ligue Américaine. 

8. Josef Korenar – G – 21 ans – Signé comme joueur autonome en 2018

Le gardien de buts tchèque est le meilleur espoir devant les buts pour les Sharks, de loin. À sa première année professionnelle, Korenar a partagé la tâche de garder les filets avec Antoine Bibeau et est pressenti pour s’accaparer du boulot à temps plein dès cette année. Considérant que la situation dans les filets n’est pas optimale à San José avec les performances en montagnes russes de Martin Jones et d’Aaron Dell, l’avenir de Korenar dans l’organisation pourrait être intéressant s’il arrive à progresser avec les Barracudas. 

9. Dillon Hamaliuk – AG – 18 ans – Repêché en 2019 (2/55)

Dillon Hamaliuk est un grand ailier gauche qui pourrait éventuellement faire sa niche dans la LNH comme ailier de puissance sur un troisième trio, par exemple. Hamaliuk s’est blessé après 31 matchs l’an dernier et n’a malheureusement pas pu jouer davantage lors de son année de repêchage durant laquelle il a obtenu 26 points en 31 matchs. Son gabarit devrait lui permettre de se distinguer dans les ligues mineures, alors qu’il évolue cette année avec les Rockets de Kelowna dans la WHL. Sa progression face à des joueurs plus jeunes et plus petits que lui dictera le rôle qu’il pourra accaparer éventuellement dans la LNH.

10. Yegor Spiridonov – C – 18 ans – Repêché en 2019 (4/108)

Spiridonov est un projet à long terme pour les Sharks. Le joueur de centre est encore sous contrat dans la KHL pour deux ans. La qualité première de Spiridonov est sa polyvalence, lui qui est capable de se servir de son bon gabarit pour jouer de façon insistante sur toute la surface glacée, tant à l’attaque qu’en repli.  Il garde son jeu simple et efficace, deux façons de jouer bien appréciées dans la LNH. 

Les Sharks de San José ont encore le luxe d’avoir des jeunes joueurs dans leur noyau comme Timo Meier et Tomas Hertl, mais ils se devront de les entourer avec davantage de joueurs compétitifs. Les meilleurs espoirs du groupe sont notables et pourraient connaître un bel avenir, mais comparativement à d’autres équipes de la ligue, le groupe composant le futur des Sharks n’est pas impressionnante du tout. En attendant, la Coupe Stanley demeure prenable à très court terme.