Le Grand Prix du Canada qui sera disputé ce dimanche marquera la fin du premier tiers de l’édition 2018 du championnat mondial de F1. Alors que Lewis Hamilton, Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo sont les trois meneurs actuels à la course au titre mondial, trois autres pilotes font actuellement piètre figure.

Max Verstappen, Red Bull Racing, 6e avec 35 points

Bien que le jeune pilote néerlandais pointe actuellement au sixième rang du classement des pilotes avec 35 points cumulés en six courses, sa saison 2018 est probablement sa plus décevante en carrière relativement aux attentes qui lui étaient réservées. Malgré d’importants pépins mécaniques hors de son contrôle en 2017, Verstappen a connu une excellente fin d’année avec des victoires dominantes en Malaisie et au Mexique. Depuis, son étoile pâlit alors qu’il multiplie les erreurs depuis le premier Grand Prix de l’année.

Il a d’abord été trop agressif lors de la première épreuve alors qu’il tentait de dépasser Kevin Magnussen et est parti en tête à queue. Sur un circuit où il est compliqué de dépasser, Verstappen a donc terminé au sixième rang, aidé par l’abandon des deux Haas. À Bahreïn, il a d’abord fait une erreur de pilotage en dérapant en virage lors de son tour de qualification, puis a effectué une manœuvre douteuse aux dépends de Lewis Hamilton en course, ce qui a provoqué la crevaison de son pneu arrière-gauche, puis son abandon. En Chine, sa tentative de dépassement trop téméraire lui a empêché de terminer sur le podium alors que Red Bull aurait pu monopoliser les deux premières marches et a aussi grandement nuit à Sebastian Vettel.

Ça ne s’est pas amélioré à Bakou, là où il a fait la chose que toute écurie déteste le plus: entrer en collision avec son propre coéquipier. Tout le long de l’épreuve, Ricciardo et Verstappen ont joué au chat et à la souris et l’inévitable s’est finalement produit alors que Verstappen a changé de trajectoire une deuxième fois lors d’une manœuvre défensive, ce qui est proscrit par le règlement, à la suite du dépassement risqué de son collègue. Enfin, à Monaco, alors que les deux taureaux rouges étaient destinées à se qualifier en première ligne, Verstappen a bêtement fracassé sa monoplace sur les rails lors des essais libres du samedi matin. Résultat: il a dû s’élancer au dernier rang, alors que son coéquipier l’a emporté de brillante façon.

Le résultat net de tout ça est que Daniel Ricciardo a environ deux fois plus de points que Verstappen, chacun en ayant respectivement 72 et 35. Depuis, plusieurs ex-pilotes et commentateurs ont rossé le jeune pilote en l’implorant d’apprendre de ses erreurs et de jauger son agressivité au volant. C’est d’ailleurs le cas du champion 2016, Nico Rosberg.

Christian Horner, le directeur sportif de l’écurie Red Bull est du même avis. Au sujet de Verstappen, Horner a mentionné que «la seule personne qui pourra corriger ce problème est Max lui-même.» Il a aussi ajouté que lui et son jeune prodige «en discutent régulièrement». «Ce qui le frustre le plus est qu’il travaille plus fort que jamais et il sent qu’il en fait peut-être un peu trop actuellement.» C’est aussi ce qui est perceptible aux yeux des analystes et des partisans. Par exemple, lors de son accident sur le circuit monégasque, Verstappen n’avait pas à pousser à ce point-là lors de la troisième séance d’essais libres. Pourquoi risquer un accident alors que les Red Bull étaient en excellente posture pour réaliser un doublé?

Max Verstappen a le talent pour rivaliser avec les meilleurs et l’a déjà clairement démontré auparavant. La RB14 n’est clairement pas vilaine et avec une meilleur concentration et une gestion du risque plus modérée, le numéro 33 pourra retrouver la forme dès la course canadienne.

Stoffel Vandoorne, McLaren, 15e avec 8 points

À sa deuxième saison complète en Formule 1, Stoffel Vandoorne, déjà 26 ans, n’arrive pas à se démarquer au volant de la McLaren équipée du moteur Renault. Alors qu’il ne possède que huit petits points, son coéquipier Fernando Alonso en a déjà 32. Il est arrivé que Vandoorne joue de malchance mais plus souvent qu’autrement, le pilote belge n’arrive pas à se comparer avantageusement à son illuste coéquipier et double champion du monde de 2005 et 2006.


Stoffel Vandoorne, dans sa MCL-33.

L’an dernier, Vandoorne a réussi à se qualifier devant Alonso à seulement trois reprises en 19 occasions. Cette année? zéro en six. Bien que Vandoorne ne soit pas extrêmement expérimenté en Formule 1, ses performances commencent à inquiéter. Certains se demandent même s’il sera encore chez McLaren l’an prochain! Justement, l’écurie anglaise a un pilote prêt à remplacer le Belge dès l’an prochain s’il le faut. Il s’agit du jeune Lando Norris, huit ans plus jeune que Vandoorne, qui agit actuellement comme pilote de réserve pour McLaren et qui mène aussi le championnat de F2, circuit immédiatement inférieur au grand cirque de la F1.

Lors des essais privés d’Espagne, suivant le Grand Prix qui s’est tenu au même endroit, la verte recrue qu’est Lando Norris a battu le meilleur temps enregistré par Vandoorne lors des qualifications, ce qui est un exploit considérable.

Bien sûr, les conditions météorologiques, les conditions de piste et les pneus chaussés par Norris ont pu faire en sorte qu’il lui a été plus simple d’accomplir ce fait d’armes, mais n’empêche: Vandoorne doit déjà sentir la pression du jeune pilote anglais sur ses épaules. Et les effets commencent déjà à se faire sentir: lors du Grand Prix de Monaco, Vandoorne a senti que sa stratégie en course a été défavorisée au profit de celle d’Alonso, chose qui n’est jamais bon signe.

Romain Grosjean, Haas, 19e avec 0 point

La saison 2018 avait pourtant très bien commencé pour le pilote français alors qu’il avait réussi à se qualifier au septième échelon en Australie. Alors qu’il roulait en cinquième place lors de la course, une erreur de son équipe aux puits a provoqué l’abandon prématuré de Grosjean. Il était arrivé la même chose à son coéquipier Kevin Magnussen deux tours plus tôt. Ce dernier a toutefois réussi à enchaîner les performances encourageantes alors qu’il a grugé 19 points au championnat. 19 de plus que son coéquipier.


Romain Grosjean, contraint à l’abandon après son arrêt aux puits raté

En fait, la dernière fois que Grosjean a marqué des points, c’était le 8 octobre 2017 au Japon en terminant neuvième sur le circuit de Suzuka. Depuis, rien. Il y a bien eu les déboires de Haas en Australie, mais les cinq Grand Prix suivants n’ont guère été plus reluisants pour lui. En Azerbaïdjan, alors qu’il montrait une brillante sixième place après s’être élancé bon dernier, Grosjean a bêtement perdu le contrôle de sa monoplace et l’a projetée dans les murets…sous neutralisation de la course. Il a ainsi perdu huit points d’un coup.

Grosjean a atteint le fond du baril lors du premier tour du Grand Prix d’Espagne. Alors dixième sur la grille de départ, il a rapidement gagné deux positions mais a perdu le contrôle de sa Haas au troisième virage. Pour une raison inexpliquée, le pourtant expérimenté pilote a pesé massivement sur le champignon et a replacé sa monture directement sur la trajectoire des autres pilotes, provoquant un important accident et un imposant nuage de fumée. Grosjean a été lourdement sanctionné pour cet écart de conduite, écopant de trois places de pénalité au départ de l’épreuve de Monaco.

Naturellement, ses contre-performances ont alimenté les rumeurs énonçant un probable renvoi éclair de Grosjean, mais le patron de Haas, Gunther Steiner, a rapidement balayé le tout du revers de la main. «Nous n’en avons pas parlé une seconde dans l’équipe. Et je ne suis pas du genre à frapper quelqu’un à terre» a mentionné Steiner à la presse. Entre temps, le vétéran devra absolument se ressaisir car la lutte est intense dans le milieu de peloton. Chaque point perdu par Grosjean pourrait nuire au classement final de Haas, en bataille constante avec Renault, McLaren et Force India.