Une semaine après la victoire éclatante de Sebastian Vettel et de Ferrari en Belgique, le grand cirque de la Formule 1 se trouve maintenant dans la région de Monza, dans le nord de l’Italie. Cette fois-ci, les qualifications se sont déroulées par temps sec avec, comme résultat, un doublé Ferrari en première ligne.

Voici les résultats de la séance de qualification:

La séance de qualifications d’aujourd’hui nous a tenus en haleine jusqu’à la toute dernière seconde. Effectivement, après la première séquence de tentatives en Q3, c’est Lewis Hamilton qui avait signé le meilleur temps et la pole position provisoire avec un tour de qualité. Les deux Ferrari de Sebastian Vettel et de Kimi Raikkonen ont toutefois monté leur performance d’un cran et ont subtilisé la première ligne avec le vétéran finlandais qui a obtenu, sous les yeux émerveillés des tifosi, la position de tête, une dix-huitième en carrière.

Le tour «le plus rapide de l’histoire»

Du coup, Raikkonen devient le plus vieux détenteur de la position de tête depuis Nigel Mansel en 1994. Ce tour est aussi le plus rapide jamais enregistré dans l’histoire de la Formule 1, avec une vitesse moyenne de 263.587 km/h.

Cette performance n’a pas fait le bonheur de tous. Sebastian Vettel semblait visiblement irrité après la conclusion de la qualification alors qu’il n’a pu signer la pole après avoir commis une petite erreur à Variante Della Roggia en effleurant le gravier à la sortie de la chicane. De plus, c’est son coéquipier qui a bénéficié cette semaine de l’aspiration.

En résumé, de manière alternée, un pilote sort devant l’autre en qualifications. Ceci permet au pilote qui suit de circuler dans une zone de basse pression dans laquelle la trainée aérodynamique se veut plus faible. Ainsi, la monoplace suiveuse gagne quelques km/h en ligne droite. C’est ce qu’on appelle «l’aspiration». Sur certains circuits comme celui de Monza, doté de longues lignes droites, le phénomène d’aspiration peut faire la différence.

Malgré le fait que Vettel n’occupera pas la première place en début d’épreuve demain, il aura toutes les chances d’aller chercher la victoire. Il faudra d’abord et avant tout un départ impeccable de la part des deux Ferrari afin de conserver leur priorité face aux Mercedes, qualifiées en deuxième ligne. Par le fait même, ils pourront mieux dicter leur stratégie de course alors que la situation serait plus délicate si une Mercedes s’était intercalée entre les deux Ferrari.

Quant au départ, les deux pilotes Ferrari sont conscients de l’importance de le faire proprement. Lorsque les journalistes ont posé la question à Raikkonen et Vettel, leur réponse se voulait éloquente et diplomate. Raikkonen a d’abord mentionné «qu’évidemment, en tant qu’équipe, nous pouvons nous battre en piste» et que «personne ne prendrait le risque d’endommager sa monture ou celle d’un autre pilote au premier virage.» Vettel a abondé dans le même sens: «c’est sûr que l’objectif est de terminer premier, peu importe qui vous affrontez. C’est aussi certain qu’il faut essayer d’éviter le contact, totalement.»

Lewis Hamilton demeure dans le coup

Parlant des Mercedes, ils ont somme toute très bien fait dans les circonstances. Après le grand coup asséné par l’écurie italienne en Belgique, l’écurie menée par Toto Wolff a fait relativement bonne figure lors des qualifications. Lewis Hamilton a été, comme à l’habitude, excellent et a même failli soutirer la position de tête. Ce fut clairement plus difficile pour Valtteri Bottas qui n’a pu faire mieux que le quatrième temps, à plus d’une demi-seconde de Vettel. À moins d’un revirement de situation, le pilote finlandais chez Mercedes ne devrait pas être dans le coup lors du Grand Prix de demain.

Lorsqu’un journaliste a demandé au grand patron de Mercedes s’il estimait avoir une chance de l’emporter, Toto Wolff a répondu qu’il y croyait «absolument». Bien sûr, une réponse contraire aurait grandement surpris, surtout de la part du chef d’orchestre qui doit garder ses troupes ragaillardies. Et effectivement, les Mercedes ont des chances légitimes de l’emporter.

D’abord et avant tout, comme pour Ferrari, le départ sera crucial. En partant sur la deuxième ligne, les Mercedes peuvent profiter de l’aspiration des Ferrari, un peu comme Vettel l’avait fait à Spa-Francorchamps en dépassant habilement Hamilton sur la ligne droite de Kemmel. Les 600 mètres séparant la ligne de départ au premier virage seront critiques et permettent de prendre avantage de l’aspiration.

De plus, les pilotes des Flèches d’Argent se veulent davantage optimistes relativement au Grand Prix de Belgique. Hamilton a dit «se sentir confiant du rythme de course» qu’affiche sa Mercedes tandis que Bottas estime que la W09 se comporte mieux dans les virages ici, relativement aux performances de la semaine dernière en Belgique.

Malgré tout, selon les données des essais libres de vendredi après-midi, c’est Ferrari qui a encore mieux performé sur les longues distances. Cette différence a été estimée à environ 0.4 seconde entre les deux ténors, mais il faut y mettre un bémol: la pluie du vendredi matin n’a pas permis aux écuries de tester autant qu’à l’habitude et il est important de spécifier que les quantités de carburant dans les monoplaces n’étaient peut-être pas semblables.

Et les autres?

Hormis les dominantes Ferrari et Mercedes, la course devrait s’avérer intéressante pour les autres pilotes, spécialement Daniel Ricciardo. Le pilote Red Bull débutera la course à partir de la dernière ligne sur la grille de départ à cause d’un changement de moteur.

Sa monoplace renfermera la toute nouvelle version C du moteur Renault qui devrait permettre à Ricciardo de remonter le peloton. Les prévisions annoncent un gain en temps au tour d’environ trois dixièmes de seconde. Red Bull sera toutefois la seule écurie qui testera le moteur, décrit comme étant moins fiable que sa mouture B. Après tout, l’écurie autrichienne peut se permettre ce pari, eux qui sont seuls au monde au troisième rang des constructeurs. Une sixième place serait un dénouement réaliste pour le pilote natif de Perth. Quant à son coéquipier Max Verstappen, s’il n’y a pas d’incidents à l’avant, il devrait terminer au cinquième rang.

À surveiller aussi, le pilote québécois Lance Stroll s’élancera du dixième échelon après une qualification intéressante pour l’écurie Williams. Il sera alors en position d’amasser des points pour une rare course cette année. Rappelons que Williams figure au dernier rang du championnat des constructeurs avec quatre petits points, tous obtenus par Stroll lors du Grand Prix d’Azerbaïdjan.


Il est envisageable de voir Lance Stroll récolter un ou des points lors du GP de Monza

Enfin, du point de vue stratégique, on s’attend à ce que le Grand Prix de Monza ne nécessite qu’un seul arrêt aux puits de la part des pilotes. Ceux qui partiront de la gomme super-tendre l’échangeront pour les gommes tendres et vice-versa pour ceux qui partiront chaussés des pneus tendres, en fond de grille.

Notre prédiction pour la course

*Au moment de publier, Mise-o-jeu n’avait pas indiqué ses cotes pour les paris de lutte intra-écurie.

Pour la victoire, nous favorisons les Ferrari. Vous pouvez parier en faveur de Kimi Raikkonen (Cote de 3.00 sur MOJ), détenteur de la pole position. Il semble revigoré cette saison, alors qu’il a déjà signé huit podiums cette année, le même nombre que son coéquipier. La cote est très intéressante (il est possible de tripler la mise!), mais quelques éléments pourraient davantage pointer vers une victoire de Vettel.

  • La dernière fois que Raikkonen a signé la pole position, c’était à Monaco 2017. Il avait réussi à garder sa première place jusqu’à la première séquence d’arrêts aux puits après laquelle Vettel a réussi à sortir devant lui. Effectivement, Vettel avait profité des quelques tours à l’air libre après l’arrêt de Raikkonen en signant des tours rapides ce qui, au final, lui a donné l’avantage. Le scénario identique pourrait se reproduire demain.
  • Il ne faut pas oublier que Vettel lutte actuellement pour le titre mondial et qu’il a 17 points de retard sur Lewis Hamilton. La situation idéale dans son cas serait qu’il termine premier, Raikkonen second et Hamilton troisième. de manière réaliste. Ainsi, il retrancherait dix points et porterait l’écart entre les deux rivaux à sept petits points. À quel point Ferrari est-elle à l’aise de provoquer artificiellement, stratégiquement par exemple, le changement de position entre Raikkonen et Vettel, si le Finlandais venait à conserver sa position de tête après le premier tour? Telle est la question. En Autriche, Ferrari a laissé Raikkonen bénéficier de la deuxième place au détriment de Vettel qui a terminé troisième. Mais, au fur et à mesure que la saison avance, chaque point grugé sera primordial pour la course au titre.

 

Pour cette raison, il serait peut-être plus judicieux de miser sur Vettel (Cote de 1.45 sur MOJ).