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Pour la première fois en dix ans, la France accueille une étape de championnat du monde de Formule 1 au circuit Paul-Ricard du Castellet, au sud du pays. 28 ans ont passé entre aujourd’hui et la dernière fois où des monoplaces de F1 ont parcouru le rapide circuit français.

Pour l’occasion, la journée a commencé sous une pluie intense lors de la troisième séance d’essais libres. Heureusement pour les pilotes, la pluie a cessé et seules quelques minimes averses se sont manifestées lors des qualifications, ce qui a fait en sorte que la piste était sèche en après-midi. C’est dans ces conditions que les deux Mercedes de Lewis Hamilton et de Valtteri Bottas ont réussi à se qualifier en première ligne.

Avant de poursuivre la couverture de ce qui s’est déroulé en qualifications, abordons rapidement le circuit français. Le circuit du Castellet est un circuit enchaînant longues lignes droites et courbes rapides. Après la longue ligne droite du Mistral, séparée par une chicane en son milieu, les voitures atteignent des vitesses avoisinant les 325 km/h avant de négocier le virage 10, appelé Signes, à plein régime.

Le tracé est impressionnant, certes, mais montre peu d’opportunités de dépassement, alors que la piste est relativement étroite par endroit. Effectivement, le circuit de Paul-Ricard a récemment été utilisé pour les essais privés des écuries et de Pirelli, ce qui explique la présence constante de très larges zones de dégagement. Pour ces raisons, il semble important d’avoir de bonnes qualifications afin de s’assurer d’une bonne position en course.

Pour l’occasion, Pirelli a amené ses gommes ultra-tendres (mauves), super-tendres (rouges) et tendres (jaune). La stratégie de course attendue est d’un seul arrêt et ce, malgré le haut niveau d’abrasion de la piste.

Première étape réussie pour Mercedes

Comme mentionné un peu plus tôt, les qualifications pourraient s’avérer primordiales pour la course de dimanche. Dans une telle optique, Mercedes ont tout fait pour monopoliser la première ligne et ont réussi leur mission du samedi. Lewis Hamilton a enregistré sa 75e pole position en carrière avec un temps de 1:30.032, à peine 118 millièmes de secondes plus rapide que son coéquipier Valtteri Bottas. Toute la fin de semaine, les Mercedes ont montré un rythme effarent, revigorées par le nouveau moteur qu’ils ont installé dans leurs monoplaces. La mise à jour du groupe propulseur qui devait être implantée à Montréal, il y a deux semaines, a finalement pu être installée en France. Sur un circuit aussi rapide, le changement va de soi.

Le patron de l’écurie Mercedes Toto Wolff a été éloquent après les qualifications. «Le point de mire était sur notre nouveau groupe propulseur, qui a pu être utilisé grâce à un effort exceptionnel de notre équipe à Brixworth, mais nous continuons à apprendre et à améliorer chaque partie de notre voiture. Ce travaille commence à payer,» a-t-il expliqué, optimiste pour la course de dimanche.

De l’aveu même des deux pilotes Mercedes, ils ont signé des tours «moyens» en Q3. Malgré leurs erreurs, aussi petites ont-elles été, leurs temps en qualifications et en essais libres laissent présager que leur forme sera possiblement aussi bonne en course aussi. Néanmoins, rien ne sera facile pour les Flèches d’argent. Wolff l’a bien compris, alors qu’il a mentionné que «la météo n’offre rien de certain pour demain» [NDLR: des averses isolées pourraient survenir durant l’épreuve, dimanche] tout en soulignant l’approche différente adoptée par leurs compétiteurs directs, Ferrari.

Des stratégies différentes: oui, mais… 

Parlons-en, de Ferrari. Sebastian Vettel, l’actuel meneur au championnat, s’est classé troisième pour la course après avoir affiché un retard de 371 millisecondes par rapport à Hamilton. Dans le cas des Ferrari aussi, leurs tours n’ont pas été fameux. Vettel a pu limiter les dégâts alors que Kimi Raikkonen, qui a gaffé à deux reprises, ne partira qu’au sixième échelon. Encore une fois, les Ferrari ont semblé manquer de rythme lors des essais libres, mais ils ont su remédier à la situation de brillante façon.

Contrairement à leurs compétiteurs, les deux pilotes Ferrari s’élanceront de la grille de départ chaussés de la gomme ultra-tendre, la plus performante du spectre offert par Pirelli tandis que les Mercedes et Red Bull vont partir avec les super-tendres. L’avantage de prendre le départ avec une gomme plus tendre est la meilleure performance des pneus au départ. Effectivement, les gommes les plus tendres montent plus facilement en température lors du tour de chauffe, par exemple, ce qui permet une adhérence supérieure à l’extinction des feux.

Les Ferrari se doivent donc d’avoir un bon départ et de capitaliser sur les lancements moyens potentiels des Mercedes et des Red Bull. Leur stratégie de partir sur les gommes les plus tendres nécessite un départ canon de leur part. Sinon, en restant coincé derrière les Mercedes et les Red Bull, Vettel et Raikkonen ne pourront mettre l’avantage des gommes les plus tendres à profit et les useront prématurément, à force de poursuivre leurs adversaires. Ainsi, ils seraient à risque de perdre leurs positions suite à la première séquence d’arrêts aux stands.

Peu importe la précarité de leur stratégie, Vettel demeure persuadé que les Ferrari ont leurs chances pour demain. L’écart en qualifications entre les Mercedes et les Ferrari se chiffre à quelques dixièmes de seconde au tour, mais en configuration de course, cette différence est virtuellement nulle. Le pilote allemand l’a lui-même dit en entrevue d’après-course: la Ferrari performe bien en configuration de course et le départ en ultra-tendres pourrait faire la différence pour l’écurie italienne.

L’écurie Red Bull en attente et réaliste

Malheureusement pour l’écurie au taureau rouge, la victoire ne semble pas être un objectif réaliste pour dimanche, s’il n’y a pas de précipitations au programme. Montrant la même stratégie de course que les fulgurantes Mercedes, il leur sera très difficile de les passer à la régulière. D’abord, la présence de Vettel entre les deux équipes rend la tâche plus compliquée, puis il faut dire que le déficit de puissance dû au moteur Renault n’aide pas les choses non plus.

Christian Horner, le directeur de l’écurie a simplement dit que «Mercedes est hors de portée, surtout avec les pneus qui conviennent parfaitement à leur monoplace sur cette surface.» Toutefois, il garde espoir de pouvoir se bagarrer avec les Ferrari. «Ils prendront le départ avec un différent type de pneu par rapport à nous. On espère que cette différence nous donnera des opportunités lors de la course,» a-t-il dit. Il a poursuivi en constatant que «le pneu avant-gauche subit de grandes contraintes sur ce circuit. Si le soleil et la chaleur font leur marque, il sera intéressant de voir laquelle des deux stratégies sera la meilleure.»

La tâche s’avère donc difficile pour Max Verstappen, qualifié quatrième, et Daniel Ricciardo, cinquième. Pour une écurie dont le moteur est moins puissant que celui de ses adversaires, l’importance des réglages aérodynamiques prend tout son sens. Alors qu’il était prévu que les deux pilotes Red Bull testeraient différentes combinaisons lors des essais du samedi matin, la pluie est venue contrecarrer leurs plans, les obligeant à garder leurs réglages tels quels, sans possibilité d’amélioration.

Ricciardo, par exemple, a opté pour des réglages favorisant de plus grands appuis que ceux de son coéquipier. Il sera donc légèrement désavantagé, particulièrement au niveau de la vitesse de pointe en ligne droite. Contre les Mercedes, ce choix ne pardonnera pas…à moins qu’il pleuve.

À surveiller

  • Charles Leclerc: le jeune monégasque de 20 ans a encore une fois épaté la galerie en qualifications. Il avait déjà obtenu son meilleur résultat au Canada avec une 13e place en qualifs, mais il vient d’enregistrer son premier top 8 à bord d’une modeste Sauber. Les points sont certainement à sa portée. «Hier, ce fut un désastre. La voiture n’était pas bonne et je conduisais mal. La nuit a fait son oeuvre, les ajustements ont été apportés et ce fut beaucoup mieux aujourd’hui.»

 

  • Romain Grosjean: le vétéran français n’a toujours pas le moindre point en cette saison 2018 et le temps commence à presser. Il a bien fait cette fin de semaine, affichant même le sixième temps à la fin de Q2!… avant de malencontreusement sortir de piste en Q3. Il partira dixième et pourra enfin s’offrir ses premiers points.

 

  • L’écurie McLaren: Après un début d’année encourageant, McLaren est tout simplement méconnaissable. Clairement, leur voiture n’arrive pas à suivre le rythme sur les circuits rapides comme Montréal et Paul-Ricard. Résultat: les McLaren ont été éliminées rapidement, dès Q1. Fernando Alonso a mentionné que «tout allait bien avec l’équilibre de la voiture aujourd’hui. C’est simple, nous n’étions tout simplement pas assez rapides pour passer à Q2.» Ouch.

 

Prédictions sugérées

  • Lewis Hamilton devrait aisément remporter le Grand Prix de France. (Cote de 1.35 sur MOJ, 1.44 sur Bet365)
  • Hamilton sera accompagné de Bottas sur le podium. (Cote de 1.57 sur Bet365)
  • Carlos Sainz terminera devant Nico Hulkenberg (Cote de 1.40 sur MOJ)
  • Max Verstappen terminera devant Daniel Ricciardo (Cote de 1.55 sur MOJ)
  • Sebastian Vettel terminera devant Kimi Raikkonen (Cote de 1.14 sur MOJ)
  • Pierre Gasly terminera devant Brandon Hartley (Cote de 1.22 sur MOJ)
  • Fernando Alonso terminera devant Stoffel Vandoorne (Cote de 1.22 sur MOJ)
  • Charles Leclerc terminera devant Marcus Ericsson (Cote de 1.14 sur MOJ)