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La dernière semaine n’a pas été chaude uniquement au Québec, mais aussi en Angleterre, là où les températures ont constamment dépassé les normales saisonnières lors des derniers jours. Cette tendance se poursuivra demain, alors que se tiendra l’épreuve anglaise du championnat du monde de Formule 1. 

Non, Les Dépisteurs n’ont pas changé leur vocation pour les prévisions météorologiques mondiales. Mais si l’emphase est mis d’entrée de jeu sur les conditions météorologiques lors de la course de dimanche, c’est parce qu’elles sont largement inhabituelles et qu’elles pourraient s’avérer déterminantes. Mais d’abord, voici les résultats de l’épique séance de qualifications à laquelle nous avons eu droit en ce samedi matin.

98 millièmes de seconde. C’est tout ce qui sépare le top 3 qui mènera le peloton à l’extinction des feux, dimanche. Lewis Hamilton a complété un tour d’anthologie pour pouvoir signer sa cinquantième pole position au sein de l’écurie Mercedes. Son deuxième secteur a tout simplement été fumant et c’est grâce à cette performance qu’il a pu devancer Sebastian Vettel, sur Ferrari, par 44 millièmes de seconde. Ce dernier, tout comme son coéquipier Kimi Raikkonen, ont offert une prestation de qualité et pourront grandement rivaliser pour la victoire demain.

Les quatre pilotes de ces deux principales écuries devraient se livrer une chaude lutte dans le cadre de la course. Effectivement, leur rythme respectif montré en qualifications montrent hors de tout doute qu’ils seront les seuls en course, dominant de manière éloquente le reste du plateau et il en est de même si on considère les temps au tour affichés lors du vendredi après-midi, pendant les simulations de course de chaque équipe:

  • Ferrari
  • Mercedes: +0.1 s/tour
  • Red Bull: +0.5 s/tour

Ainsi, à moins d’un revirement de situation majeur, il parait évident que les Ferrari et les Mercedes seront très proches en course.

Des conditions particulières

Sauf qu’il est clair que la chaleur pourtant non-caractéristique du climat estival anglais aura un impact important sur les résultats du Grand Prix de Silverstone. Habituellement, le climat dans cette région réserve au cirque de la Formule 1 une météo parfois active, perturbée par des averses de pluie, mais surtout des conditions fraîches qui permettent aux pilotes d’attaquer les virages rapides du circuit sans se préoccuper d’une usure excessive des pneus due à la température de piste.

Or, ce ne sera définitivement pas le cas en cette fin de semaine de juillet. Des conditions comparables à celles qui prévalaient aujourd’hui seront de nouveau en vigueur pour dimanche:

Avec des températures de piste surpassant les 50 degrés celsius, il est certain que les pneus seront fortement sollicités sur le tracé de Silverstone et ce, malgré le fait que Pirelli ait amené des gommes relativement dures pour cette fin de semaine.

Ainsi, pour la première fois depuis belle lurette, une stratégie de deux arrêts pourrait être de mise dans le cadre de la course de demain. Le pilote Red Bull Daniel Ricciardo l’a lui-même dit en conférence d’après-qualifications: «Nous n’avons pas utilisé deux trains de gommes tendres en Q2, donc nous pensons que si la course nécessitera deux arrêts, nous aurons au moins un autre train de gommes tendres à utiliser. La gomme dure et trop dure […] et je serais surpris s’ils [Ferrari et Mercedes] exécutent une stratégie d’un seul arrêt.»

Il a même révélé que les monoplaces Red Bull ont été réglées pour permettre de ménager les pneus arrières, ce qui peut nuire en qualifications, mais s’avérer être la juste décision dans le cadre d’une course qui s’annonce éprouvante. «La semaine dernière [en Autriche], nous n’étions pas mauvais en course, donc on ne sait jamais,» a-t-il mentionné, en faisant référence à la victoire de son coéquipier Max Verstappen. Les deux pilotes s’élanceront de la troisième ligne demain.

De plus, Kimi Raikkonen est du même avis que le pilote australien, alors qu’il estime que les Ferrari feront bonne figure malgré les hautes températures attendues:

Par le fait même, Raikkonen semble négliger l’effet des nouvelles gommes que Pirelli ont apportées pour les Grand Prix d’Espagne, de France et d’Angleterre, sur trois circuits récemment surfacés à nouveau et qui ont des virages négociés à haute vitesse. Ces différents pneus ont une bande de roulement plus mince ce qui diminue l’effet de rétention de la chaleur dans les pneus et par le fait même, réduit la formation de cloques à la surface de ceux-ci.

Alors que les Mercedes ont complètement dominé les courses d’Espagne et de France relativement à Ferrari, la chaleur attendue dimanche risque de mêler les cartes, les monoplaces rouges écarlates étant meilleures et plus douces avec leurs pneumatiques dans de telles conditions. On l’a bien vu la semaine dernière: alors que Lewis Hamilton a été contraint d’arrêter aux puits une seconde fois, les Ferrari de Vettel et de Raikkonen ont pu rallier l’arrivée avec un seul arrêt seulement et ce, tout en signant le meilleur tour de la course, gracieuseté du pilote finlandais.

Considérant que les Ferrari et les Red Bull ont encore un train de pneus tendres neufs à leur disposition, ce qui n’est pas le cas des pilotes Mercedes, ceux-ci pourront probablement chausser à deux reprises les meilleures gommes. Ajoutez à ceci le fait que les Ferrari pourraient bien exécuter deux stratégies différentes pour déstabiliser Hamilton, surtout si elles s’avèrent plus rapide sur la piste de Silverstone et ces maigres différences pourraient permettre à Vettel de surpasser Hamilton au fil d’arrivée et du coup, offrir une première victoire pour Ferrari en Angleterre depuis 2011.

Un mot sur Williams

Encore une fois, l’écurie basée à Grove autrefois performante est sortie de qualifications avec un large bonnet d’âne. Lance Stroll et Sergei Sirotkin n’auront jamais réussi à apprivoiser leur FW41 et ont continuellement dû se battre avec leur monoplace récalcitrante. Résultat: les deux Williams se sont retrouvées dans le bac à gravier, rapidement en Q1.

Après avoir investigué sur les causes de cette instabilité déboussolante, les autorités de l’écurie Williams en sont venues à un verdict. Paddy Lowe, directeur technique de l’écurie Williams l’a expliqué ainsi: «Dans le cas des deux sorties de piste, les voitures sont entrées en virage sans appui aérodynamique généré par le diffuseur […] C’est un phénomène causé en partie par l’activation du DRS.» Ouch.

En résumé, lorsque le DRS se désactive à la fin d’une ligne droite, l’écoulement de l’air se rattache au deuxième profil de l’aileron arrière et ce changement soudain dû à la fermeture rapide du DRS cause une instabilité aérodynamique au niveau du diffuseur, responsable d’une grande partie des appuis aérodynamiques qui permettent aux pilotes de négocier les virages à vitesse prévue.

Ce grave problème montre à quel point les Williams sont hors du portrait en 2018.

Nos prédictions pour la course:

  • Sebastian Vettel remportera le Grand Prix d’Angleterre. (Cote de 3.15 sur MOJ, 3.25 sur Bet365)
  • Lewis Hamilton terminera devant Valtteri Bottas (Cote de 1.14 sur MOJ)
  • Charles Leclerc terminera devant Marcus Ericsson (Cote de 1.20 sur MOJ)
  • Pierre Gasly terminera devant Brandon Hartley (Cote de 1.35 sur MOJ)
  • Nico Hulkenberg terminera devant Carlos Sainz (Cote de 1.30 sur MOJ)
  • Fernando Alonso terminera devant Stoffel Vandoorne (Cote de 1.25 sur MOJ)